Vladimir Cosma est un compositeur, violoniste et chef d'orchestre franco-roumain, né le à Bucarest (Roumanie).

Il a composé la musique originale d'un grand nombre de films du cinéma français, notamment durant les années 1970, 1980 et 1990. Il a écrit les thèmes célèbres de nombreuses comédies, parmi lesquelles Le Grand Blond avec une chaussure noire, Les Aventures de Rabbi Jacob, L'Aile ou la Cuisse, L'As des as ou La Chèvre, mais a signé également les bandes originales de films plus dramatiques comme Diva, Le Bal ou La Gloire de mon père. Parmi ses musiques les plus connues, figurent des chansons comme Destinée (pour Les Sous-doués en vacances), Reality (La Boum), Your Eyes (La Boum 2) ou You Call It Love (L'Étudiante).

Il a aussi créé de nombreuses bandes originales pour la télévision, entre autres pour les séries Châteauvallon, L'Amour en héritage et Les Cœurs brûlés, la série d'animation Les Mondes engloutis ou le téléfilm L'Été 36.

Pour son travail, Vladimir Cosma a été récompensé à plusieurs reprises : il a remporté deux César de la meilleure musique originale (pour Diva et Le Bal) et obtenu deux 7 d'or.

Biographie Enfance et environnement familial Vladimir Cosma est né le à Bucarest en Roumanie, dans une famille de musiciens. Il est le fils du pianiste et chef d'orchestre Teodor Cosma dit « Teddy », et de l'autrice et compositrice Carola Pimper qui fut aussi championne d'Europe de natation.. Sa grand-mère paternelle Clémence est une pianiste concertiste formée par le compositeur italien Ferruccio Busoni, et son oncle Edgar Cosma est un compositeur et chef d'orchestre renommé qui était considéré comme le de toute sa famille.

Il a confié à son biographe Vincent Perrot que son père sur le ventre de sa mère enceinte, ce qui lui aurait donné le sens du rythme . Il rapporte également que ses parents l'ont prénommé Vladimir par amour pour la culture française. Celle-ci était symbolisée en ce temps-là par Wladimir d'Ormesson dont ils pensaient qu'il était , alors que tout indique qu'ils le confondaient avec son frère André qui occupait ce poste en Roumanie à partir de 1933..

Le jeune Vladimir reçoit son en assistant, avec son oncle Edgar, à un concert où la Philharmonie de Bucarest joue la célèbre suite symphonique Schéhérazade de Rimski-Korsakov. Vers l'âge de six ans, il étudie le violon faute de disposer d'un logement suffisamment spacieux pour y loger un piano. Dès ses huit ans, il donne ses premiers concerts accompagné par son père. Après un déménagement dans un appartement plus grand, ses parents font l'acquisition d'un piano. Il abandonne alors temporairement le violon pour ce nouvel instrument et commence à se passionner pour l'écriture musicale.

Formation en Roumanie Il entreprend ses études musicales au Conservatoire national de musique de Bucarest où il perfectionne la technique du violon avec Garbis Avakian. Il y côtoie aussi des professeurs comme Aurel Stroë, Romeo Alexandrescu qui lui fait découvrir la musique impressionniste française, Leon Klepper qui lui enseigne la composition, sans oublier le compositeur Mihail Andricu qui lui permet d'écouter des disques de jazz introuvables en Roumanie à l'époque., dont des enregistrements du quartette de Gerry Mulligan avec Chet Baker qui l'ont beaucoup marqués. À l'issue de sa formation musicale initiale, il obtient deux premiers prix de violon et un de composition.

Dès l'adolescence, il écrit ses premiers arrangements pour l'orchestre de musique légère d'Electrecord dirigé par son père, puis plus tard pour l'orchestre national de la radio roumaine. Au milieu des années 1950, il a la chance de travailler comme arrangeur pour des disques locaux enregistrés par des vedettes occidentales de passage comme Yves Montand ou Catherine Sauvage. Au cours de son service militaire, il compose même une Danse des masques à gaz interprétée par des camarades étudiants du conservatoire. Pendant ce temps-là, son père Teodor, qui avait vécu à Paris durant l'entre-deux-guerres et était désireux de trouver de nouvelles opportunités pour lui et sa famille, prépare en secret leur départ pour la France.

Arrivée en France et carrière de violoniste En , il quitte la Roumanie avec ses parents pour s'installer à Paris. Son oncle Edgar, qui les avait précédés depuis peu, les accueille dans son appartement d'Épinay-sur-Seine avant qu'ils ne partent habiter dans un petit hôtel de Levallois-Perret. Leurs conditions matérielles sont difficiles et le jeune homme doit travailler pour faire vivre sa famille en se produisant en tant que violoniste soliste dans plusieurs orchestres symphoniques et ensembles de chambre dont celui de Paul Kuentz.

Très vite, il rencontre à Paris le célèbre Jean Wiener, qui fut jadis le professeur de son père Teodor, et qui le prend lui aussi « sous son aile ».. Parallèlement, il poursuit ses études auprès de Nadia Boulanger au Conservatoire américain de Fontainebleau puis en cours privé. Il obtient aussi une bourse pour intégrer le Conservatoire national supérieur de musique de Paris, se lie avec le pianiste Martial Solal et prend des cours d'harmonie avec le musicologue et compositeur André Hodeir. En plus de la musique dite « classique », il se passionne pour le jazz, la chanson française et américaine, le folklore et toutes les formes de musique populaire.

Pendant plusieurs années, il effectue de nombreuses tournées à travers le monde comme violoniste au cours desquelles il est témoin de l'émergence de monuments du jazz comme John Coltrane, Miles Davis, Bill Evans et son trio, Stan Getz avec Gary Burton, et plus tard de l'éclosion de la bossa nova à Rio de Janeiro, puis du nuevo tango d'Astor Piazzolla à Buenos Aires.

Les débuts comme arrangeur vignette|redresse=0.75|gauche|Vladimir Cosma en 1966.|alt=Photo d'identité noir et blanc de Vladimir Cosma (archives de la Sacem). Toutefois, depuis son arrivée en France, il aspire à intégrer le cercle, à l'époque très fermé, des arrangeurs français dont faisait partie des artistes reconnus tels que François Rauber, Christian Chevallier, Bernard Gérard ou Claude Bolling.

En 1964, sur recommandation de Jacques Dubourg, le directeur artistique du label Polydor, il parvient à réaliser l'arrangement de quatre chansons d'un EP d'Odile Ezdra., une jeune chanteuse débutante. Mais, plus intéressé par le jazz, le jeune musicien rejette les propositions qui lui sont faites de s'inspirer des musiques pop dans ses arrangements et collabore dès l'année suivante avec le célèbre Claude Bolling en l'assistant entre autres sur certains disques des Parisiennes et sur le 33 tours Jazzgang Amadeus Mozart.. La même année, il aborde Michel Legrand qui vient de donner un concert à la salle Gaveau et parvient à obtenir un rendez-vous à son domicile pour lui faire écouter sa musique.. Cette rencontre décisive marque une étape importante dans son parcours car Legrand lui propose, quelque temps plus tard, d'écrire deux arrangements pour le grand orchestre que ce dernier dirige à l'Alhambra où il accompagne le violoniste Stéphane Grappelli. Après cette première collaboration réussie, Legrand le recrute comme arrangeur mais aussi pour l'aider à achever ses nombreuses musiques de films français ou étrangers comme Tendre Voyou, Les Demoiselles de Rochefort, L'Homme à la Buick et même le mythique L'Affaire Thomas Crown. Il n'était pas toujours crédité sur les enregistrements d'alors mais son nom figure tout de même sur certains 45 tours de bandes originales comme Appelez-moi Mathilde. ou Oum le dauphin blanc.. Parallèlement, il se consacre de plus en plus à la composition et écrit différentes œuvres dont Oblique pour violoncelle et orchestre à cordes, Trois mouvements d'été pour orchestre symphonique. et l'opéra Fantômas d'après Robert Desnos.

Au cours de sa carrière d'arrangeur, Vladimir Cosma a travaillé pour des artistes aussi divers que Charles Trenet, Jeanne Moreau, Jacqueline François, Juliette Gréco, Mireille Mathieu et même le compositeur Philippe Sarde qui était à l'époque encore adolescent et dont il reprendra son fameux thème des Choses de la vie sur un 45 tours. datant du début des années 1970.

Musiques de films La complicité avec Yves Robert vignette|redresse=0.9|droite|Le réalisateur Yves Robert collabore avec Vladimir Cosma de 1967 à 1994.|alt=Portrait en noir et blanc d'Yves Robert le 16 mai 1979. En 1967, le cinéaste Yves Robert téléphone à Michel Legrand pour lui confier la musique de son prochain long métrage Alexandre le Bienheureux. Legrand lui explique alors qu'il doit partir à Los Angeles pour s'y et qu'il ne peut absolument pas répondre à sa demande. Cosma, qui avait déjà rencontré le réalisateur à l'époque où Legrand écrivait la musique de son film Monnaie de singe, propose alors à ce dernier d'écrire la musique à sa place.. Legrand rappelle ensuite Yves Robert et lui donne les coordonnées de son arrangeur.. C'est le début d'une longue collaboration et d'une amitié indéfectible jusqu'au décès du cinéaste.

Dès Alexandre le Bienheureux, Cosma essaye de se démarquer des épanchements symphoniques chers à son mentor Michel Legrand. pour développer un style basé sur des et dont il se resservira de façon récurrente par la suite. Pour le thème du chien du personnage principal incarné par Philippe Noiret, le compositeur choisi un ocarina basse soliste, tandis que le thème de son maître est joué par une cithare.. En 1969, il signe la musique de Clérambard, où il utilise des instruments anciens comme la flûte à bec et le cromorne pour illustrer le monde suranné d'Hector de Clérambard, un châtelain de la Belle époque joué à nouveau par Philippe Noiret. Cette bande originale connaîtra une longue postérité puisque l'un de ses morceaux sera repris entre autres dans une publicité pour l'annonceur Nestlé-Ricoré.

Mais c'est en 1972, avec Le Grand Blond avec une chaussure noire, que leur collaboration décolle véritablement. Pour cette comédie policière, le scénario de Francis Veber prévoyait de pasticher le thème de James Bond, un cliché musical que le compositeur désirait surtout éviter. Ce dernier propose alors au réalisateur un thème radicalement différent à base de flûte de pan et de cymbalum, en lui expliquant que le faux-espion joué par Pierre Richard dans le film n'est pas forcement anglo-saxon mais pouvait éventuellement venir d'Europe centrale. La bande originale du film obtient un succès inespéré qui va donner un coup d'accélérateur à la carrière du jeune musicien.

À partir des films suivants, et en accord avec les goûts musicaux du cinéaste, il fait de plus en plus appel à des musiciens de jazz comme l'harmoniciste Toots Thielemans sur le mélancolique Salut l'artiste, un quintette de saxophones pour Nous irons tous au paradis, le guitariste Philip Catherine pour Courage fuyons et même le légendaire trompettiste Chet Baker pour Le Jumeau.

Sur le morceau Hello Marylin dUn éléphant ça trompe énormément, il va même jusqu'à ajouter à la musique des bruitages océaniques avec des cris de mouettes afin de renforcer son atmosphère onirique. Mais quand le sujet l'exige, il n'hésite pas à recourir à un orchestre symphonique plus conventionnel, notamment sur le diptyque La Gloire de mon père / Le Château de ma mère (d'après l'œuvre de Marcel Pagnol) où il rend hommage à la musique classique française en s'inspirant de compositeurs tels que Maurice Ravel, Erik Satie ou Francis Poulenc..

Succès en série pour des comédies populaires