thumb|Les cibles stratégiques initiales de l'Islande prévues par les Britanniques lors de l'invasion en 1940.

L’invasion de l'Islande, du nom de code opération Fork, est une opération militaire britannique menée par la Royal Navy et les Royal Marines le lors de la Seconde Guerre mondiale. Elle visait à assurer une présence britannique dans l'Arctique et à garder un contrôle sur les convois alliés dans l'Atlantique nord dans le cadre de la bataille de l'Atlantique. Les forces américaines succéderont aux forces britanniques à partir de .

L'opération est un véritable succès ; l'Islande reste officiellement neutre par la suite, bien qu'elle collabore avec les puissances alliées. Les forces d'occupation, qui ont compté jusqu'à environ américains pour , se retirent de l'île après la capitulation allemande en 1945.

Contexte historique

L'invasion fait suite au refus du gouvernement du royaume d'Islande d'Hermann Jónasson (alors dépendant du Danemark sous occupation allemande jusqu'à la déclaration d'indépendance de l'Islande en 1944) d'être un co-belligérant des Alliés et de permettre aux Britanniques de s'installer sur l'île et de garder ainsi un avant-poste dans l'Arctique. Il devenait évident pour les Alliés que l'Islande serait une cible privilégiée du Troisième Reich après ses succès contre le Danemark et la Norvège lors de l'opération Weserübung, alors que le même jour les Allemands lançaient leur grande offensive contre les Pays-Bas, la Belgique et la France dans ce qui deviendra la bataille de France.

Les Britanniques s'étaient déjà installés en avril 1940 sur les îles Féroé, qu'ils considéraient comme « stratégiquement important » afin de mettre en échec tout projet d'expansionnisme allemand dans l'Arctique.

Déroulement de l'invasion vignette|Le croiseur lourd , fer de lance de l'opération. L'invasion débute le , soit le même jour que l'invasion de la Belgique par les troupes allemandes. Les troupes britanniques débarquent à Reykjavik, capitale de l'Islande neutre. Ces dernières ne rencontrent aucune résistance, l'Islande ne disposant d'aucune force militaire. Elles désactivent rapidement les réseaux de communication islandais aux points stratégiques et procèdent à l'arrestation des citoyens allemands. Les Britanniques réquisitionnent les moyens de transport locaux et se déploient à Hvalfjörður, Kaldaðarnes, Sandskeiði et Akranes pour prendre le contrôle des aires d'atterrissage afin de contrer une possible offensive allemande sur l'île. Dans la soirée du , le gouvernement islandais émet une protestation, affirmant que sa neutralité « avait été violée de façon flagrante » et qu'il s'agissait d'une « atteinte à son indépendance. » Elle demande par ailleurs des indemnisations aux Britanniques, qui promettent en retour la « non-ingérence dans les affaires internes islandaises » et le retrait de toutes les forces à la fin de la guerre.

vignette|gauche|Des officiers de la provisoire de Marine en 1941.

La force d'invasion se composait de 746 Marines, mal équipés et seulement partiellement formés. Bien que l'opération fût une réussite et se déroulât sans aucune perte humaine, celle-ci s'avère insuffisante pour défendre une île de . Le , réguliers de l'Armée de terre britannique prennent la relève, assurée ultérieurement par une force de , dont deux brigades de la 49th (West Riding) Infantry Division.

Des unités des forces armées des États-Unis, comprenant un total de avec en tête la 1st Provisional Marine Brigade, prennent également position sur l'île à partir du après la signature d'un traité de défense entre les deux parties, bien que les États-Unis soient alors encore à cette date officiellement neutresVoir : lois des années 1930 sur la neutralité., et relèvent les forces britanniques laissant le commandement le . L'Islande fournit alors une coopération de facto avec les puissances alliées.

Conséquences et bilan Bien que l'Oberkommando der Wehrmacht (OKW) ait prévu d'envahir l'Islande (opération Ikarus), le plan est abandonné en raison de problèmes logistiques. Une seule escarmouche se produit sur le territoire islandais durant le conflit mondial, lorsqu'un Focke-Wulf Fw 200 du Kampfgeschwader 40 de la Luftwaffe stationné en Norvège attaque et coule le pétrolier britannique SS El Grillo dans le fjord de Seyðisfjörður le , ne provoquant toutefois aucune perte.

L'Islande demeure officiellement neutre, bien qu'elle collabore avec le Royaume-Uni et les États-Unis durant la guerre, notamment en termes de ressources énergétiques. Les forces d'occupation qui ont compté jusqu'à environ américains pour se retirent de l'île après la capitulation allemande en 1945.

Une base aérienne américaine reste en activité sur l'aéroport de Keflavík de 1951 jusqu'en 2006 dans le cadre de l'OTAN, le pays n'ayant pas de forces armées.

Notes et références

Annexes Bibliographie . Alexander George Montagu Cadogan, The diaries of Sir Alexander Cadogan, O.M., 1938-1945, Dilks, London: Cassell, 1971 . Karlsson Gunnar, Iceland's 1100 Years : History of a Marginal Society. Hurst, London, 2000 . James Miller, The North Atlantic Front : Orkney, Shetland, Faroe and Iceland at War. Birlinn, Edinburghn 2003 . Magnúss Gunnar, Virkið í norðri : Hernám Íslands: I. bindi. Ísafoldarprentsmiðja, Reykjavik, 1947. Þór Whitehead, Bretarnir koma : Ísland í síðari heimsstyrjöld. Vaka-Helgafell, Reykjavik, 1999 . Þór Whitehead, Milli vonar og ótta : Ísland í síðari heimsstyrjöld. Vaka-Helgafell, Reykjavik, 1995 .

Liens externes La déclaration du président américain Roosevelt au Congrès à propos de l'occupation de l'Islande le 7 juillet 1941.

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