L'histoire des troubles mentaux remonte à de nombreux siècles, de l'ère préhistorique jusqu'à l'époque actuelle et moderne. De nombreux peuples, de diverses cultures, ont donné leurs opinions et leur perception sur ce qu'étaient les troubles mentaux. De grands penseurs tels que Platon ou Socrate se sont penchés sur ces anomalies mentales.

Ère préhistorique Il existe quelques sources indiquant que les troubles mentaux remontent depuis l'ère préhistorique. La psychologie évolutionniste suggère que certaines dispositions génétiques, mécanismes psychologiques et demandes sociales étaient présentes, mais que certains troubles se seraient développés à la suite de divers facteurs environnementaux. Certaines anomalies comportementales ont été détectées chez les grands singes non-humains .

Durant l'ère néolithique, la pratique de la trépanation (prouvée par de grands trous dans les squelettes déterrés après des siècles) était courante, sans doute dans le but de guérir les maux, ou plus précisément les troubles mentaux.

Civilisations ancestrales Égypte et Mésopotamie Quelques notes d'un ancien document de l'Égypte antique (document connu sous le nom de Papyrus Ebers) semble décrire certains déficits de la concentration et de l'attention, ainsi qu'une détresse émotionnelle en provenance du cœur et de l'âme. Certains de ces déficits ont été interprétés comme justifiant des signes d'hystérie et de mélancolie. Des liquides biologiques et des incantations magiques servaient de traitements somatiques. Des hallucinogènes auraient apparemment été utilisés pour guérir les symptômes des maladies.

Inde Les anciennes écritures hindoues, connues sous les noms de Ramayana et Mahabharata, contiennent des descriptions fictives de dépression et d'états anxieux. La perception des troubles mentaux impliquait des entités métaphysiques, de pouvoirs surnaturels, de sorcelleries ou pouvoirs maléfiques. Un document, nommé Charaka Samhita, datant de 600 ans av. J.-C., partie intégrante de l'Ayurveda (« connaissance de la vie ») hindoue, considérait que la maladie mentale était une perturbation de l’équilibre des différents éléments qui constituent l'homme. De différents troubles de la personnalité ont également été décrits, tous liés à l'inquiétude et à la difficulté. Les causes provenaient d'une nutrition peu convenable ; le non-respect envers les dieux, professeurs et autre ; un choc psychologique à la suite d'une peur ou d'une joie excessive ; et certaines activités physiques traumatisantes. Les traitements devaient impliquer l'utilisation d'herbes médicinales, de pommades, d'incantations, de prières, de persuasion morale et émotionnelle .

Chine Les troubles mentaux ont été principalement traités grâce à la médecine traditionnelle chinoise par l'utilisation d'herbes médicinales, de l'acuponcture ou de la "thérapie émotionnelle". Le Classique interne de l'empereur Jaune décrit les symptômes, mécanismes et thérapies pour les maladies mentales, associant l'organisme du corps aux émotions. Les conditions comprenaient cinq étapes ou éléments ainsi que le déséquilibre du yin et du yang.

Hébreux et Israélites L'ancienne nation d'Israël était formée d'individus d'origine mésopotamienne et égyptienne. Le concept d'un unique Dieu, comme incombé dans le judaïsme, a mené à la conclusion que les troubles mentaux étaient un problème différent, non pas causés par un Dieu, mais plutôt causés par une relation instable entre l'individu et Dieu. Des passages de la Bible hébraïque / l'Ancien Testament décrivaient quelques cas de troubles de l'humeur.

Grecs et Romains Certains savants durant l'ère de la Grèce antique supposaient que les maladies étaient causées par les quatre tempéraments du corps. Hippocrate (460-377 av. J.-C.), influencé par la théorie des quatre éléments, suggère une triade de troubles mentaux incluant la mélancolie, la manie et la phrénite (un sévère trouble mental accompagné de fièvre). Il parle également de certaines maladies telles que la phobie, et est crédité comme le premier penseur à rejeter les explications surnaturelles ou divine de la maladie mentale. Il pense que ces troubles sont, en réalité, causé par des facteurs environnementaux, de mauvaises habitudes alimentaires ainsi que de l'hygiène de vie, et non pas par une punition infligée par les Dieux. Platon (427-347 av. J.-C.) explique qu'il existe deux types de maladie mentale : la maladie mentale « divinement inspirée » donnant à l'individu des pouvoirs prophétiques, et un second type causé par une maladie physique . Aristote (384-322 av. J.-C.), ayant étudié grâce à l'aide de Platon, abandonne la théorie de la maladie mentale divinement causée et suggère plutôt que les troubles mentaux sont causés par les problèmes physiques.

Dans la Rome et la Grèce antique, la folie était stéréotypée et associée à une errance sans but ainsi qu'à la violence. Cependant, Socrate y voyait quelques aspects positifs comme des initiations mystiques ; une inspiration poétique, et la folie des mœurs. Perçu comme un véritable penseur et fondateur de la philosophie, Socrate admet librement qu'il faisait l'expérience d'hallucinations (qu'il a, par la suite, appelé ses ). Pythagore entendait également des voix .

À travers un long contact avec la Grèce Antique, ainsi que durant leur conquête, les Romains s'inspirent de la maitrise médicale grecque Von Staden, "Liminal Perils: Early Roman Receptions of Greek Medicine", in Tradition, Transmission, Transformation, éd. F. Jamil Ragep and Sally P. Ragep with Steven Livesey (Leyde, Brill, 1996), pp. 369-418.. La théorie des quatre tempéraments est alors répandue. Le physicien grec Asclépiade (124 – 40 av. J.-C.), localisé à Rome, désapprouve la théorie d'Hippocrate, et insiste plutôt sur les causes liées à l'hygiène de vie. Arétée (30-90) explique qu'il est difficile de savoir réellement d'où proviennent les troubles mentaux. Galien (129-200), localisé en Grèce et à Rome, approuve la théorie des quatre tempéraments . Galien, cependant, adopte une approche symptomatique plus simple comme l'étude des états d'âme tels que la tristesse, l'excitation, la confusion et la perte de mémoire.

Quelques dramaturges comme Homère, Sophocle et Euripide décrivent les hommes rendus fous par les Dieux, et des humeurs ou circonstances instables. Le physicien Celsus explique que la démence est véritablement présente lorsque celle-ci est continuelle et lorsque l'esprit est à la merci de l'imagination. Il suppose que les individus doivent guérir à la connaissance philosophique et de leur propre force morale. Il met au grand jour les pratiques communes utilisées pour « guérir » les troubles mentaux soit - une alimentation saine, prises de sang, médicaments, thérapies, incubation dans les temples, exorcisme, incantations, restrictions ainsi que « tortures » (dans le but de restaurer le rationnel) comme la famine, l'intimidation, la peur, la lapidation ainsi que la violence. Un grand nombre, cependant, ne reçoit aucun traitement mais reste aux côtés de leur famille ou errent dans les rues, vulnérables aux agressions et à la dérision. Certains individus se considéraient comme des personnalités célèbres, des animaux, des objets inanimés, ou encore un être mystique venu d'ailleurs. Certains même ont été arrêtés pour des raisons politiques comme Jésus ben Ananias. Romains considéraient Jésus de Nazareth comme un fou insensé et trompé.

Moyen Âge Perse, Arabie et Empire ottoman Les savants perses et arabes étaient grandement impliqués dans la traduction ainsi que l'analyse des textes et concepts grecques. Alors que la civilisation islamique s'étend, plusieurs croyances religieuses se mettent en place. De nouveaux concepts et idées sont développés. Les textes arabes contenaient énormément de descriptions sur la mélancolie. La manie et autres troubles tels que les hallucinations et illusions ont également été décrits. Les troubles mentaux étaient associé à l'égarement, à une perte de raison, à certaines lésions cérébrales et à des nombreuses anomalies spirituelles/mystiques . Al-Balkhi rédige son avis sur la peur, l'anxiété, la colère, la fureur, la tristesse, la déprime ainsi que les obsessions. Il a également donné son opinion sur l'intelligence et le gain de confiance. Al-Razi (Rhazès) met en avant l'avantage des chocs émotionnels et des problèmes religieux associés à l'esprit. Al-Farabi rédige son opinion concernant les effets thérapeutiques positives de la musique pour apaiser l'âme. Al-Ghazâlî explique que les maladies spirituelles sont dangereuses et qu'elles dérivent depuis l'ignorance envers Dieu. Ibn-Sina (Avicenne) fait une approche psychologique et physiologique, expliquant les conditions telles que les hallucinations, l'insomnie, le vertige, la mélancolie et la manie. Il spécule sur les influences physiologiques cérébrales, les troubles mentaux et également sur les interventions psychologiques. Al-Majusi décrit les maladies en rapport avec le cerveau, ce qui implique perte de mémoire, hypocondrie et amour .

Dans le culte islamique, les individus souffrant de troubles mentaux étaient ne méritaient ni protection, ni traitement médical . Certains pensaient que les troubles mentaux pouvaient être causés par un djin (génie) . Les perceptions islamiques dépendaient des traditions locales. Au Maroc, les berbères étaient animistes et le concept de la sorcellerie était associé aux troubles mentaux .

Le premier hôpital psychiatrique est fondé à Bagdad en l'an 705, et les asiles psychiatriques ont été bâtis à Fès au début du , au Caire en l'an 800 ainsi qu'à Damas et Alep en l'an 1270. Les patients étaient bénévolement traités à l'aide de bains, médicaments, musiques et autres activités thérapeutiques .

Europe chrétienne La folie durant le Moyen Âge en Europe était un mélange de divinité, de mal, de magie et de transcendantalisme. La théorie des quatre tempéraments (bile blonde et noire, phlegme et sang) était appliquée, souvent séparément (question de ) et souvent mélangée avec les théories d'esprits diaboliques (question de ). Arnaud de Villeneuve (1235–1313) allie les aux théories des quatre tempéraments de Galien et propose la trépanation pour libérer les démons. D'autres remèdes incluaient purges, saignées et flagellations. La folie était également perçue comme une punition pour avoir péché. La théologie chrétienne endosse un nombre de traitements comme la prière pour ceux qui sont étrangers à Dieu et l'exorcisme des individus soi-disant possédés par le diable . Ainsi, bien que les troubles mentaux étaient considéré comme une punition pour avoir péché, d'autres causes ont été également explorées incluant l'alimentation, l'alcool, la surcharge de travail et la souffrance physique . Le frère franciscain Barthélemy l'Anglais (1203 - 1272) suggère que la musique pourrait apaiser les esprits.

Plusieurs périodes de manie dansante ont été dénombrées à l'époque du Moyen Âge, Hecker, J. F. C. traduit par Babington, B.G. Dancing Mania Of The Middle Ages History World International. Dès lors, une hystérie collective est déclenchée durant les siècles successifs Robert Bartholomew and Erich Goode (2000) Mass Delusions and Hysterias Highlights from the Past Millennium Skeptical Inquirer Magazine, mai-juin..

Les familles devaient prendre soin de leurs membres malades. Des intercessions auprès saints-patrons spécifiques (Dymphne de Geel, Romuald de Ravenne, Victurnien, Namphase) sont également demandées par les chrétiens, qui pouvaient également effectuer des pèlerinages vers leurs reliques.

Périodes moderne Du

Un bon nombre d'individus atteints de troubles mentaux ont été victimes des chasseurs aux sorcières à l'époque moderne . Les individus potentiellement violents, pour eux-mêmes ou pour leur entourage, étaient forcé à l'isolement.

La folie a également été décrite dans les œuvres littéraires, comme celles de Shakespeare ou Éloge de la Folie d'Erasme.