Le gouvernement Monti (Governo Monti) est le de la République italienne, investi durant la législature du Parlement italien ; cet exécutif était présidé par l'économiste indépendant Mario Monti. Chargé des affaires courantes depuis sa démission, le , son mandat prit fin le , après la prestation de serment du gouvernement Letta.
Il s'agit du second gouvernement de la , élue en 2008 ; il a, par ailleurs, reçu la plus large confiance de l'histoire parlementaire italienne en dehors des vingt ans de fascisme au cours desquels ne fut autorisé qu'un seul parti..
Considéré par certains comme un « technicien » (tecnico) bien que nommé sénateur à vie depuis le et donc membre du Parlement italien, d'autres, du fait de ses mandats dans la Commission Santer, comme commissaire européen du Marché intérieur et des Services (1995-1999), puis dans la Commission Prodi, comme commissaire chargé de la Concurrence, présentent Mario Monti comme un homme politique de tout critère « Le défi d'un technicien », La Repubblica, ..
Chronologie La nomination Le , le gouvernement Berlusconi IV perdit sa majorité parlementaire, après l'approbation, par 308 voix favorables, d'un compte-rendu portant sur le Budget. Le même jour, un communiqué de la présidence de la République annonce la prochaine démission du cabinet de Silvio Berlusconi, lorsque la loi de Finances sera formellement approuvée par les deux Chambres du Parlement. À la suite de cette annonce officielle, le nom de l'économiste Mario Monti, auparavant membre de la Commission européenne, est alors évoqué par la presse italienne pour la constitution d'un gouvernement ; une charge que le chef de l'État, Giorgio Napolitano lui conféra le suivant.
Selon la presse transalpine, le nouveau gouvernement devrait comprendre douze ministres techniciens, quand bien même le président du Conseil désigné souhaitait nommer des parlementaires dans son cabinet.. La principale tâche de cet exécutif serait la mise en œuvre de la lettre d'intentions rédigée par le gouvernement Berlusconi IV pour la Commission européenne, celle-ci ayant pour sujet la réduction du déficit public et les difficultés liées à la dette italienne.
D'autre part, certaines parties de l'échiquier politique réclament du nouveau gouvernement la réforme complète de la loi électorale en vigueur (le Porcellum ou « cochonnerie », comme elle est désignée) dans l'attente d'un référendum abrogatif qui rétablirait le Matarellum. Le , au lendemain de sa désignation par le président Napolitano, le chef du gouvernement désigné déclare que « les marchés sauront être patients, la démocratie [ayant] sa propre durée », précisant qu'il « n'accepterait pas [de diriger] un gouvernement limité dans le temps et sans l'appui des partis ».
Le président de la Chambre des députés, Gianfranco Fini, annonce que le vote de confiance devrait se tenir le . Monti confirme lui-même qu'il entend gouverner jusqu'au printemps 2013, c'est-à-dire jusqu'à la fin de la législature, s'il est investi. Le , après avoir mené ses dernières consultations, y compris les syndicats et les forces sociales, Mario Monti annonce qu'il lèvera définitivement sa réserve le lendemain, à , en acceptant la présidence du Conseil et présentant la liste de ses ministres au président Napolitano, durant un entretien au palais du Quirinal « Monti : “Travailler dans un cadre défini avec le Pdl et le Pd” », La Repubblica]. « Monti, “prêt à donner la liste des ministres” », La Repubblica, .. Les possibles entrées de Gianni Letta (PdL) comme de Giuliano Amato (ex-socialiste) dans un tel gouvernement semblent être contrecarrée par les deux partis opposés mais aussi par le Nouveau Pôle pour l'Italie « Le Journal de la crise », Corriere della Sera, ..
Les premières consultations Le « Le PDL et le PD appellent aux réformes et soutiennent Monti », La Repubblica, ., le président de la République, Giorgio Napolitano a reçu, au palais présidentiel du Quirinal, les représentants des dix-neuf partis représentés au Parlement italien, terminant ses consultations par la réception des chefs du Parti démocrate (PD) et Le Peuple de la liberté (PdL), les deux plus grandes forces politiques du pays, avec chacun. Alors que la Ligue du Nord se place seule dans l'opposition, ce gouvernement doit, pour obtenir l'investiture et durer, prendre en compte les principales attentes des dix-huit autres partis. Le PD veut un gouvernement à fort caractère technique et de rupture, capable d'un vaste paquet de réformes parmi lesquelles la réforme électorale. Pier Luigi Bersani souligne que « pour nous l'Italie vient avant tout et c'est pourquoi nous nous engageons pour un gouvernement d'urgence et de transition, pour un gouvernement totalement neuf, composé de personnages sérieux et techniciens, pour faire face à l'urgence ». « Nous souhaitons que le Parlement mette la main à des réformes urgentes, y compris celle électorale, la réduction du nombre de parlementaires, la réforme des règlements et d'autres réformes institutionnelles ». Le PdL veut limiter le mandat du gouvernement aux engagements pris avec l'Europe : . Mais néanmoins, il donne son assentiment à cette investiture et souligne que seuls les engagements européens doivent constituer le contenu essentiel du programme du gouvernement. La durée reste corrélée au programme qui sera présenté. En matière de composition, le PdL préfère des techniciens plutôt que des politiques. l'Italie des valeurs (IdV) souhaite un court séjour de Monti au palais Chigi. Le parti d'Antonio Di Pietro attend de connaître la composition et le programme de Monti et surtout sa durée, avant d'accorder ou non sa confiance : « Nous attendons de connaître l'équipe, le programme, l'agenda. Nous souhaitons que ça marche et nous travaillons pour que ça devienne une réalité ». l'Union de Centre, l'Alliance pour l'Italie et Futur et liberté pour l'Italie, au nom du Nouveau Pôle pour l'Italie, « souhaite(nt) la naissance d'un gouvernement jusqu'à la fin de la législature parce que des considérations tactiques et des fourberies ne seraient pas admises ». Pier Ferdinando Casini souligne aussi que « Les partis italiens sont à la croisée des chemins : ou ils spéculent sur la situation actuelle en espérant quelque avantage électoral, ou ils assument des responsabilités comme nous leur avons demandé les premiers, et souvent seuls, durant cette période ». la Ligue du Nord (LN) : « Nous avons dit non à la mêlée. Ils n'ont pas besoin de nous. Nous resterons dans l'opposition. Nous resterons vigilants. Nous verrons ce qu'il y a dans le programme » (Umberto Bossi après son entrevue avec Napolitano). Bossi quitte Rome et refuse toute consultation ultérieure avec Mario Monti. Il rouvre le Parlement de la Padanie à Vicence. les minorités linguistiques, l'Union valdôtaine et Roberto Nicco d'Autonomie Liberté Démocratie appuient pleinement l'essai de Monti et repoussent les élections à l'échéance normale, de même que la Südtiroler Volkspartei qui cependant « appréciera proposition après proposition » (Siegfried Brugger, président du groupe mixte). le Mouvement pour les autonomies est « prêt à soutenir le gouvernement Monti », de même que les centristes de Raffaele Lombardo. Le sénateur Giovanni Pistorio attend du nouvel exécutif une attention extraordinaire aux thèmes de la Cohésion nationale et surtout de l'équité sociale et territoriale. le Parti socialiste italien est d'accord pour un gouvernement technique mais souhaite la présence de politiques dans le nouvel exécutif. Il demande de l'équité par le biais de Riccardo Nencini. FareItalia : les anciens supporteurs de Gianfranco Fini appuient Monti et « un gouvernement composé de techniciens de grande valeur avec un programme défini sur la ligne de la rigueur et du développement. L'Italie a besoin de réformes, pas d'élections ». le Parti républicain italien, par le biais de Francesco Nucara a exprimé son plein appui au nom de Mario Monti. Peuple et territoire par le biais de Silvano Moffa donne le consentement de son groupe à un gouvernement « formé uniquement par des personnalités qui ne soient pas partisanes. Notre soutien ne manquera pas si le programme sera celui en ligne avec la lettre à l'Europe et, une fois ces résultats atteints, la parole doit revenir aux électeurs ». Grande Sud : appréciation avec réserve du chef de la délégation, Arturo Iannaccone : « Monti semble être le nom sur lequel s'enregistrent les convergences majeures. Nous attendons désormais le programme. La confiance sera accordée ou pas selon les déclarations programmatiques ». le Parti libéral italien, Roberto Antonione, représentant la nouvelle composante parlementaire a laissé le Quirinal sans faire de déclaration. Avec lui, de nombreux ex-PdL comme Giustina Destro, Giancarlo Pittelli, Fabio Gava et Luciano Sardelli. les Libéraux-démocrates donnent leur plein appui à Monti, sans condition, comme le souligne Daniela Melchiorre. Mais elle souhaite « la pleine participation des partis politiques ».
Au lendemain de sa démission, et durant la réception de Mario Monti par le président de la République, au palais du Quirinal, Silvio Berlusconi fit une déclaration télévisée de huit minutes, reprise par toutes les chaînes nationales, au cours de laquelle il déclara son soutien au prochain gouvernement, tout en assumant le travail accompli.
Réactions de la presse étrangère D'une façon générale, la presse étrangère salue Monti comme l'« anti-Berlusconi » : Le Monde titre « Ave Mario » en soulignant le fort contraste entre Berlusconi et son successeur (en matière d'austérité notamment). Le Figaro en fait de même : « Italie : Mario Monti, l'anti-Berlusconi » en Une. Libération titre : « Berlusconi parti, Monti pressenti » et souligne la porte dérobée du palais du Quirinal par laquelle est sorti Berlusconi, tandis que l'espagnol El Mundo souligne le manque de modestie du personnage qui à l'occasion d'une intervention télévisée inhabituelle sur toutes les chaînes a souligné « avec orgueil » sa gestion catastrophique et le quotidien de droite souligne l'héritage empoisonné reçu de son prédécesseur, avec la difficulté de s'éloigner du grotesque du personnage pour regagner la confiance des marchés. Tandis que La Vanguardia s'interroge sur le fait que « Berlusconi est-il l'unique coupable de la situation économique et financière désastreuse de l'Italie », ce que confirme El País qui rappelle que « Berlusconi s'en va, mais les dommages qu'il a créés dans les institutions démocratiques et dans l'économie italienne, resteront encore pour longtemps ». The Independent souligne que « l'eurozone ne survivra pas si Monti échoue » tandis que le Financial Times titre « les Italiens veulent un retour pas un déclin ». Beppe Severgnini affirme : « La comédie est finie et dit que les Italiens seront certes des « émotifs » mais ne sont pas « stupides », parce que nonobstant les Alléluias devant le Quirinal, ils sont également capables de comprendre qu'à chasser Berlusconi du pouvoir, ce ne sont pas eux, mais les institutions européennes ».
Confiance du Parlement La confiance fut largement confiée au gouvernement par le Parlement italien les et , date du vote à la Chambre des députésCertains milieux lui reprochent en effet de représenter « les pouvoirs forts » (la finance internationale et les banques, notamment)., à la majorité absolue de contre 61, soit la plus forte de l'histoire de la République « Gouvernement Monti : la confiance de la Chambre accordée , 556 votes favorables, 61 contre », Corriere della Sera, .. Les contraires sont celles des de la Ligue du Nord et des représentants du PdL : Domenico Scilipoti et Alessandra Mussolini. Le gouvernement reçoit ainsi la confiance de dix-huit partis représentés au Parlement italien et la seule opposition de la Ligue du Nord.
Coalition et historique