Kimi Räikkönen (), né le à Espoo en Finlande, est un pilote automobile finlandais, champion du monde de Formule 1 en 2007. Les médias l'ont surnommé Iceman en raison de sa capacité à conserver son sang-froid en toutes circonstances, ainsi que son tempérament assez réservé.
Il fait ses débuts en Formule 1 en 2001, avec l'écurie suisse Sauber. L'année suivante, il s'engage au sein de l'écurie McLaren-Mercedes avec laquelle il termine deux fois vice-champion du monde, en 2003 et 2005. Après cinq saisons sans parvenir à remporter le titre, il rejoint la Scuderia Ferrari et devient, dès sa première année, champion du monde en devançant sur le fil, Lewis Hamilton et Fernando Alonso à l'issue de l'ultime épreuve de la saison. Malgré une année 2008 en demi-teinte, il contribue au titre constructeur de son équipe. Fin 2009, Ferrari met un terme à son contrat, ce qui incite le Finlandais à quitter la discipline pour se reconvertir dans le championnat du monde des rallyes, au sein du Citroën Junior Team et du Ice One Racing ; il termine dixième du championnat en 2010 et 2011, en effectuant au passage une pige de deux courses en NASCAR, avec l'écurie Kyle Busch Motorsports.
En 2012, Räikkönen fait son retour en Formule 1 avec Lotus F1 Team et se classe troisième du championnat après avoir renoué avec la victoire, lors du Grand Prix d'Abou Dabi. Après deux saisons au sein de l'équipe britannique, il retourne chez Ferrari, où il fait d'abord équipe avec Fernando Alonso puis avec Sebastian Vettel. En remportant le Grand Prix des États-Unis 2018, après avoir disputé sans s'imposer, il devient, avec vingt-et-un succès, le Finlandais le plus victorieux de la discipline, devant Mika Häkkinen. Fin 2018, la Scuderia Ferrari met un terme à leur collaboration ; l'année suivante, il rejoint Alfa Romeo Racing tandis que Charles Leclerc fait le chemin inverse pour le remplacer au sein de l'écurie de Maranello. Le , il annonce la fin de sa carrière en Formule 1 à l'issue du championnat ; après dix-neuf saisons, il a obtenu 21 victoires, 103 podiums, 18 pole positions, 46 meilleurs tours et un titre de champion du monde.
Biographie
Jeunesse Kimi-Matias Räikkönen, dit Kimi, naît le à Espoo. Il grandit dans une famille modeste : son père, Matti (décédé le à Kimi Raikkonen perd son père, sur fr.motorstv.com.), était conducteur d'engins de construction de routes et sa mère, Paula, était employée administrative. Il a un frère aîné, Rami, lui aussi ancien pilote automobile, qui a évolué en rallye et en Formule 3.
Dans sa jeunesse, Räikkönen se prend de passion pour de nombreux sports, dont le hockey sur glace, qu'il pratique. À cinq ans, il est victime d'une chute de vélo, qui lui cause une contusion au cou et endommage ses cordes vocales. Le Finlandais a expliqué que cet accident était à l'origine de sa voix, décrite comme particulière.
Enfant dyslexique et taciturne, il inquiète ses parents par rapport à ce dernier trait de personnalité et ceux-ci sollicitent un psychologue afin de l'aider. Le psychologue chargé de le suivre enverra plus tard une lettre aux parents de Räikkönen, qui venait de passer des tests de quotient intellectuel. Il y indique que le jeune Kimi avait réussi les tests en 20 minutes, alors qu'un adulte mettait environ trois heures pour les passer, et que son intelligence était supérieure à la moyenne, ce qui pourrait expliquer sa taciturnité.
Les débuts en sport automobile Vers l'âge de sept ans, alors qu'il se consacre principalement au hockey sur glace, Kimi Räikkönen découvre le sport automobile par l'intermédiaire du karting, lorsque son père le conduit avec son frère chez un ami dont le fils pratique le kart ; les deux frères sont conquis.
Tout en prenant part à de nombreuses compétitions de karting, il se passionne vite pour de nombreuses disciplines automobiles, admirant des personnalités comme Marcus Grönholm et Tommi Mäkinen, respectivement double et quadruple champions du monde des rallyes.
Dès ses dix ans, le jeune Kimi connaît une longue série de succès.
En 1999, il participe pour la première fois à des courses de monoplaces et se fait remarquer en gagnant les quatre courses auxquelles il participe en Formule Renault. En 2000, il remporte le championnat britannique en s'imposant à sept reprises sur les dix courses figurant au calendrier. 1987-1990 : karting, victoires en classes A, B et C dès 1988. 1991 : karting national en classe Mini. 1992 : karting national en classe Raket Junior. 1993-1994 : karting national en Classe Raket et Coupe de Finlande ( en 1993, en 1994). 1995 : karting en Formule A (première course et première victoire, le ). 1996 : karting GP Séries Européennes. Courses des Championnats Mondial et Nordique. en Formule A. 1997 : Champion de Finlande en Classe A intercontinentale, en Championnat Nordique Classe A intercontinentale, Karting Grand Prix et championnat mondiaux. 1998 : Champion de Finlande et Champion Nordique de Formule A, vainqueur du « Karting Grand Prix » européen, en Formule Intercontinentale Super A, de la coupe de Monaco Super A, Championnats Mondiaux, en Formule Super A. 1999 : des Championnats Finlandais de Formule A, des Championnats Mondiaux de Super A, Première course en Formule Renault chez Haywood Racing (), Champion de Formule Renault Winter Series, avec Manor Motorsport (quatre victoires en quatre courses). 2000 : Champion de Formule Renault britannique avec Manor Motorsport (sept victoires, six pole positions, sept meilleurs tours, sur le podium pour les dix courses auxquelles il participe). Trois courses de Formule Renault européenne (deux victoires, deux pole positions, deux meilleurs tours). Essais en Formule 1 pour Sauber sur le circuit du Mugello.
2001 : débuts prometteurs en Formule 1 chez Sauber vignette|La Sauber C20 pilotée par Kimi Räikkönen en 2001. Une telle performance attire l'attention des responsables des écuries de Formule 1 et, après des essais au cours desquels il étonne les ingénieurs de l'écurie suisse Sauber, Peter Sauber l'engage pour la saison 2001. La FIA hésite à accorder une super licence, sésame indispensable pour pouvoir piloter en Formule 1, à un si jeune pilote qui parait totalement inexpérimenté, ayant seulement disputé dix-sept courses en monoplace (treize victoires, trois podiums et un abandon) et âgé de au moment de sa signature.
Après avoir finalement obtenu sa super licence, d'abord à titre provisoire, le Finlandais dispute la saison 2001 chez Sauber-Petronas, aux côtés de l'Allemand Nick Heidfeld, protégé de McLaren Racing, saison durant laquelle il termine notamment deux fois à la quatrième place en Autriche et au Canada, cinquième en Grande-Bretagne et sixième pour son premier Grand Prix en Australie ; le classant finalement dixième avec neuf points. Cette performance paraît suffisante à McLaren pour l'engager au détriment de son coéquipier à qui la place semblait promise, après avoir obtenu le seul podium de l'écurie en 2001 et de se classer devant lui au championnat pour remplacer Mika Häkkinen parti à la retraite.
2002-2006 : cinq saisons sans titre chez McLaren vignette|Kimi Räikkönen lors du Grand Prix des États-Unis 2002. En 2002, la McLaren MP4-17 n'est pas la voiture la plus fiable du plateau (Räikkönen abandonne d'ailleurs les onze fois où il n'inscrit aucun point) mais cela ne l'empêche pas de prendre rapidement la mesure de son équipier David Coulthard qui dispute sa septième saison chez McLaren et de se classer sixième du championnat, avec quatre podiums dont le premier de sa carrière obtenu en Australie en terminant troisième, et un meilleur tour en course. Il passe proche de sa première victoire à l'occasion du Grand Prix de France où, piégé par une traînée d'huile, il cède le commandement de l'épreuve à Michael Schumacher à quelques boucles de l'arrivée. Le Finlandais termine sa deuxième année à la sixième place avec quand son coéquipier termine cinquième avec .
vignette|gauche|Kimi Räikkönen durant le Grand Prix de France 2003.
En 2003, au volant d'une monoplace qui n'est qu'une évolution de celle de la saison précédente, il lutte pour le titre contre Michael Schumacher (Ferrari) et Juan Pablo Montoya (Williams-BMW). Après une troisième place en Australie, il remporte sa première victoire lors du Grand Prix de Malaisie et se hisse pour la première fois en tête du championnat. Il croit gagner l'épreuve suivante, au Brésil avant que, quelques jours plus tard, la FIA ne reconnaisse une erreur et accorde finalement la victoire à Giancarlo Fisichella. Il se classe deuxième derrière Michael Schumacher à Saint-Marin et reste en tête du championnat avec treize unités d'avance sur son coéquipier Coulthard. Il abandonne dès le premier tour du Grand Prix d'Espagne. Il cède sa place de leader à l'Allemand après le Grand Prix du Canada après ses abandons en Europe (casse moteur alors qu'il partait pour la première fois en pole position) et en Allemagne (accrochage avec Rubens Barrichello au premier tour).
Durant le Grand Prix du Japon, dernière manche du championnat, il est le seul pilote en mesure de ravir le titre à Schumacher qui compte neuf unités d'avance. Sa deuxième place est toutefois insuffisante et il termine vice-champion du monde à deux points de son rival. Il a dominé Coulthard toute l'année, ce dernier terminant septième du championnat avec quand Räikkönen en a inscrit 91.
vignette|Räikkönen au Grand Prix des États-Unis 2004.
Ses espoirs de bien figurer au championnat 2004 sont rapidement douchés par le manque de compétitivité de la MP4-19 qui s'avère en outre peu fiable. Les trois premiers Grands Prix de la saison se soldent tous par un abandon ; Kimi Räikkönen inscrit le point de la huitième place à Imola. Onzième en Espagne, il connaît deux nouveaux problèmes moteur à Monaco et en Europe ; ainsi, après les sept premières manches du championnat, le Finlandais a vu seulement deux fois l'arrivée et n'a inscrit qu'un point, ce qui le place en seizième position au championnat. La situation s'améliore avec sa cinquième place lors du Grand Prix du Canada et sa sixième aux États-Unis.
Au Grand Prix de France, McLaren sort sa McLaren MP4-19B, une profonde évolution de sa monoplace qui permet enfin à Räikkönen de viser les avant-postes bien qu'il ne termine que septième. À Silverstone, il réalise la pole position et se classe deuxième derrière la Ferrari F2004 de Michael Schumacher, obtenant le premier podium de l'année d'une McLaren et remontant à la septième position du championnat. Les Grands Prix d'Allemagne et de Hongrie sont plus difficiles, car il abandonne par deux fois et subit un gros accident à Hockenheim. Durant le Grand Prix de Belgique, malgré une qualification ratée où il se classe seulement dixième, il se hisse en première place et, après une course à rebondissements au cours de laquelle la voiture de sécurité intervient à trois reprises, il remporte la deuxième victoire de sa carrière en contenant les assauts de Michael Schumacher, sacré champion du monde pour la septième fois. En Italie, il abandonne pour la dernière fois de la saison (sur casse moteur), puis réalise deux nouveaux podiums (troisième en Chine puis deuxième au Brésil) sur les trois derniers Grand Prix. Il se classe septième du championnat avec , toujours devant Coulthard qui termine dixième avec et quitte McLaren pour Red Bull Racing. L'Écossais est alors remplacé par le Colombien Juan Pablo Montoya.
En fin d'année, Räikkönen et son manager Steve Robertson fondent la structure , qu'ils engagent en championnat de Grande-Bretagne de Formule 3 lors de la saison suivante.
vignette|Kimi Räikkönen lors du Grand Prix du Canada 2005.