Clesles est une commune française, située dans le département de la Marne en région Grand Est.
Géographie Actuellement, parmi les dix-huit communes du canton d'Anglure qui regroupent et une population de habitants, Clesles se place au sixième rang quant à l'importance de sa superficie, avec , et sixième également quant au nombre d'habitants, avec un chiffre de 560 âmes. C'est dans ce canton, un bourg d'une certaine importance formant l'un des maillons de la couronne nord de l'agglomération de Romilly-sur-Seine et de ses habitants. C'est la commune située la plus au sud du département.
La Seine, imposant cours d'eau, « véritable chemin qui marche et porte où l'on veut aller », selon Pascal, et sa vallée au sol fertile, permirent dès les premiers âges la fixation d'une population exceptionnellement nombreuse, et assura une très forte activité à tous les riverains. On y voyait bateaux, margotas, barques de tous genres, trains de bois et même, avant l'établissement des chemins de fer, des coches ou vedettes pour voyageurs entre Troyes et Paris. Mais cette vallée fut aussi une route d'invasion, et les historiens se trouvent devant un très ancien et respectable passé, conséquence de l'importance de la situation géographique des lieux. Pour l'historien Calmette, les habitants de Clesles descendraient d'une colonie helvétique.
Hydrographie La commune est dans la région hydrographique « la Seine de sa source au confluent de l'Oise (exclu) » au sein du bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par la Seine, l'ancien canal de la Haute Seine, le canal des Moulins de Sauvage, divers bras des Moulins de Sauvage, la noue de Ferloup, la noue des Fourchus, la Seine, le canal des Moulins de Sauvage, le cours d'eau 01 des Menus Prés, le Fossé 01 de la Presle, le Fossé 01 du Clos Baillot, le Fossé 01 du Gobyat, le Fossé 02 du Gobyat, divers bras de la Noue de Ferloup, divers bras des Moulins de Sauvage et divers autres petits cours d'eau..
La Seine, un fleuve long de ., coule dans le Bassin parisien et notamment dans le département de l’Aube en le traversant du sud-est au nord-ouest. Elle irrigue la commune dans sa partie centrale
L'ancien canal de la Haute Seine est un canal, chenal non navigable de reliant Barberey-Saint-Sulpice à Marcilly-sur-Seine où il se jette dans l'Aube.
Le canal de Sauvage est un cours d'eau naturel non navigable de qui relie Clesles à Saint-Just-Sauvage où il se jette dans la Seine.
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de CleslesLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid ().. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Romilly-sur-Seine à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Clesles est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Romilly-sur-Seine, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (48 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (45,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (46,5 %), forêts (43,4 %), zones urbanisées (6,6 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (2 %), zones agricoles hétérogènes (1,5 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le mot Clesles a bien entendu évolué au cours des siècles et l'on relève successivement : Année Nom 1124 Cleellae 1128 Clelle 1168 Chaeles 1202 Esclelloe 1209 Chaellae 1222 Claelle, Clavelle 1226 Chaelae 1284 Cleeleae, Claeelles, Claelles 1313 Cleelles 1506 Claesles 1532 Cleesle vers 1700 Clesle
Au point de vue toponymie, deux origines latines sont supposées : de Clusella qui signifie petit fort, et Clitellae dérivé de Clita qui a donné barrière.
Les habitants s'appellent les Cleslions mais furent parfois surnommés les Souris, les têtes de Saulx, car l'on fabriquait ici des sabots avec du bois de saule.
Histoire De la préhistoire à 450 De l'ère quaternaire jusqu'à la période des Tricasses, dévoilée par la disposition des bâtiments, la forme des toits, la nature des tuiles. De la période néolithique, période la plus rapprochée de la préhistoire, on a découvert en 1880, au Pré de la Pierre, une pierre druidique de sacrifice, un menhir et un polissoir au lieu-dit Haute Borne. La période gallo-romaine, de 50 av. J.-C. à 450 de notre ère, a laissé un tumulus désigné « La Butte du Chemin des Vignes », de nombreuses urnes funéraires remplies de cendres, des substructions, c'est-à-dire des cryptes et de nombreuses monnaies romaines.
De 400 à 750 De la période mérovingienne (de 400 à 750 environ) on a situé près de l'église un cimetière franco-mérovingien, au lieu-dit Moyen Payen, une tombe en pierre à couvercle et un bol en verre bleu. De même, en creusant le canal de la Haute-Seine, beaucoup d'os humains, des débris de poterie et de monnaies françaises. On n'a pas trouvé dans les musées régionaux d'objet archéologique provenant du territoire de Clesles, mais uniquement des carreaux vernissés du dont il sera parlé plus loin. Comme lieux anciens plus récents, l'on relève à cent mètres au sud de l'église, la Motte Bordes, Motte des Murs, Mottes des Courtils, Motte de Saint-Lazare couramment appelée « La Moute », qui est un ancien château féodal : puis, à la sortie du village, au sud de la route se dirigeant vers Méry, un deuxième château la Motte Hérault, entouré d'eau, vraisemblablement de construction moderne, et qui serra démoli au début du , le couvent des Trinitaires dans la contrée de la Mathurine, une ladrederie ou léproserie au lieu-dit la Fin aux Ladres qui disparaîtra vers 1552, l'existence de deux moulins sur le territoire du Champ Dolent, de la Rosière et des Rosiers.
Les invasions barbares En 451, l'invasion des Huns venant de Châlons, occupant et pillant toute la vallée avant de passer la Seine à Pont-sur-Seine pour se diriger ensuite vers Orléans.
En 862, l'arrivée des Normands, arrivant sur leurs drakkars bateaux spéciaux de 30 rameurs et 30 soldats, remontant la Seine, pillant tout sur leur passage avant d'aller en 892 incendier Troyes et sa cathédrale.
En 1128, Aton, évêque de Troyes, confirme l'église de Clesles à l'abbaye de Saint-Gond détruite par les Normands. Au , Clesles faisait partie de la région du Morvois dont le chef-lieu était Pont-sur-Seine et regroupait les écarts du Mesnil, du Marais et du Moulin-à-eau construit en 1120. Deux moulins existaient en 1226, qui ont brûlé par la suite.
Vers 1170 apparaissait le premier seigneur connu : Beuve de Clesles. Il devait faire tous les ans deux mois, puis par la suite trois, de garde au château de Méry dont relevait son fief. En outre, il était tenu envers les comtes de Champagne à l'hommage lige dont une des obligations principales était le service personnel en cas de guerre. Beuve mourut vers 1200-1205. Son fils fut probablement Hugues de Clesles dont la terre de Clesles était tenue en fief par Robert de Saint-Médard dans la première moitié du .
En octobre 1226, on relève une transaction entre les religieux de Macheret et le seigneur de Saint-Just, en l’occurrence de Dampierre Saint-Dizier.
Le Moyen Âge et la Renaissance De 1249 à 1274 vivaient également d'autres personnages dits « de Clesles », dont le degré de parenté avec Hugues de Clesles n'est pas connu, et dont on ne sait pas s'ils furent des seigneurs du village ou des hommes libres importants : Philippe de Clesles, nommé en même temps que Thibaut IV comte de Champagne, dans un acte du mois de mai 1249 ; Girard de Clesles tint ses biens à Ferreux, Pars-les-Romilly, Saint-Pouange, Hugues de Clesles à Droupt-Saint-Basle, Pierre de Clesles, Saint-Jean-de-Bonneval, Mesnil-les-Pars, Agnès de Clesles à Droupt-Saint-Basle et Droupt-Sainte-Marie, Isabelle de Clesles à Payens (Saint-Lyé) et Villacerf. Au cours du est également seigneur du lieu messire Perinet, mais sans précision sur la période exacte.
Au apparaissent, en 1328, Oudart de Clesles, Adenet de Clesles, puis de 1371 à 1383 Ogier VII de Clesles, écuyer qui, en 1376, reçoit un marc d'argent de Pierre de Villiers, évêque de Troyes, pour avoir porté ce dernier, lors de son avènement et suivant la tradition, de l'abbaye Notre-Dame-aux-Nonnains, aujourd'hui préfecture de l'Aube, jusqu'à la cathédrale de Troyes ; et en 1383 Jeanne de Saint-Aoul, veuve de Ogier VII qui, le 9 juin, fait hommage à l'évêque de Troyes, son suzerain, pour la terre de Clesles. En 1364, la cure devient dépendante de l'abbé de Montier-la-Celle près de Troyes.
Au , avec la guerre de Cent Ans, ce village eut aussi beaucoup à souffrir de la proximité de Méry occupé par les Anglais. En janvier 1409, une copie collationnée par deux notaires aux Chatelet mentionne le duc de Berry, comte de Poitou, seigneur de Clesles. En juillet 1431, ce dernier est le duc de Termouille, par ailleurs seigneur de Saint-Just. Cette année-là, la population souffre encore beaucoup. En 1468, Jean de Salazar, dit le Grand Chevalier, achète à Louise de la Tremouille la seigneurie de Saint-Just, comprenant Clesles, et meurt en 1479 après avoir rendu de grands service à Charles VII contre les Anglais.