vignette|250px|Les armoiries de la ville de Calais se blasonnent ainsi :De gueules à l'écusson cousu d'azur chargé d'une fleur de lis d'or soutenue d'un croissant d'argent, l'écusson timbré d'une couronne royale d'or, accosté de deux croix de Lorraine d'argent et soutenu, en pointe, d'un besant d'argent chargé de la croix de Jérusalem d'or..Ce blason fut accordé, en 1558, par le roi Henri II après la reprise de Calais aux AnglaisLa fleur de lys et la couronne symbolisent le rôle du roi dans le retour de la ville à la France ; le croissant et la croix de Jérusalem font référence aux croisés français et anglais passés par Calais ; le besant symbolise l'occupation anglaise de 1347 à 1558 ; les croix de Lorraine rappellent le rôle de François de Guise dans la reprise de Calais aux Anglais.. Ornements extérieurs :Croix de chevalier de la Légion d'honneur.Croix de guerre 1914-1918.Croix de guerre 1939-1945.
Cet article décrit lhistoire de Calais, commune française située dans le département du Pas-de-Calais et dans la région Hauts-de-France. La ville actuelle de Calais est la réunion de l'ancienne ville antique, cité industrielle, et du courghain, la cité de Calais originelle, cité de marins pêcheurs.
Antiquité Durant l'époque gallo-romaine, le Calaisis fut une base de départ de plusieurs tentatives de débarquement en Angleterre. Jules César y rassembla une flotte de , avec cinq légions et , à la conquête de ce territoireCalais, huit siècles d'Histoire, les amis du vieux Calais, imprimerie Decousser Frères..
Moyen Âge Calais, ville fortifiée En 997, fait améliorer la sécurité du port en le faisant défendre par deux grosses tours qui semblaient déjà exister puisqu'attribuées à Caligula, l'une située au milieu des sables au nord de la ville, et l'autre protégeant l'embouchure de la rivière de GuignesExemple : Dictionnaire encyclopédique de Philippe Le Bas, entrée "Calais", alimentée par le marais de Guînes à l'époque situé sur le littoral qui était plus en arrière des terres qu'aujourd'hui à cause de la transgression marine Dunkerque II.
En 1224, Philippe Hurepel (aussi dit Philippe de France), comte de Boulogne et fils de Philippe Auguste, fait fortifier la ville « d'un mur flanqué de petites tours de distance en distance », signe de l'importance stratégique de la place.
Trois ans après, il y fait élever un « vaste donjon », qui sera démoli en 1560 pour être remplacé par une citadelle.
Le siège de Calais par les Anglais (1346-1347) vignette|300px|Statue des bourgeois de Calais par Rodin.
Lors de la guerre de Cent Ans, le roi d'Angleterre, issu de la maison angevine des Plantagenêts, revendiqua la couronne de France. Après sa victoire à Crécy en 1346, recherchant une ville portuaire pour y débarquer ses troupes, il se presse de commencer, le , l’investissement de la place pour un siège qui devait durer onze mois.
La ville, protégée par les marais inondés à chaque marée, était alors défendue par une garnison placée sous le commandement d’un chevalier originaire de Bourgogne, Jean de Vienne, secondé par un certain nombre de chevaliers d’Artois dont Jean Froissart nous a transmis les noms : Arnoul d'AudrehemArrivé par la mer avec d'autres, il eut ensuite une longue et brillante carrière militaire, fut maréchal de France et ami de Bertrand du Guesclin., Jehans de Surie (ou de Sury), Baudouins de Belleborne (ou de Bellebrune), Joffroy de le Motte, Pépin de Were (ou de Wiere, ou de Werie). La chronique normande y ajoute les sires de Beaulo et de Grigny.
Voyant l’armée anglaise décidée à aller jusqu'au bout, Jean de Vienne, craignant avec raison d’être contraint par la famine à se rendre, résolut de se défaire de bouches inutiles et d’expulser de la ville les personnes dépourvues de biens et de provisions (entre selon les chroniqueurs).
Il y eut peu de batailles sur terre autour de Calais, mais en mer, le roi anglais fit placer vingt-cinq bateaux devant Calais. Des navires génois, au service de la France, ainsi que des navires normands et d'autres d’Abbeville, réussirent cependant à forcer le blocus pour ravitailler Calais et ses assiégés.
résolut de bloquer l’entrée du chenal avec des obstacles de toute nature et à partir de , il fut impossible pour les Français de ravitailler CalaisGeorges Daumet, archiviste aux Archives Nationales, « Calais sous la domination anglaise », , d’après les Chroniques de Froissart (Imprimerie Repressé-Crépel et Fils, Arras 1902)..
En désespoir de cause, Jean de Vienne écrivit une lettre à , lui demandant de venir lui porter secours : « …la garnison n’avait d’autres alternatives que de tenter une sortie désespérée : nous aimons mieux mourir aux champs honorablement que de nous manger l’un l’autre ! » Cette lettre transmise par l’intermédiaire d’un bateau génois fut interceptée par la marine anglaise et ne parvint donc jamais à .
Le , l’armée française parut néanmoins à hauteur de Sangatte. Des Flamands et des Teutons se portèrent du côté anglais, et des Hennuyers du côté français. Deux légats du pape négocièrent une trêve de trois jours. L'investissement de Calais par les Anglais empêchant le roi de France d’intervenir, Jean de Vienne, pressé par la population assiégée depuis onze mois, demanda alors à négocier la reddition de la ville à condition d’épargner la population et la garnison.
Furieux de la résistance de Calais, voulait en massacrer la population, mais il accepta néanmoins, aux termes de cette négociation, de l’épargner à la condition que six notables viennent à lui, tête et pieds nus, avec une corde autour du cou pour être pendus : ce furent Eustache de Saint Pierre, Jehan d’Aire, Pierre de Wissant et son frère Jacques, Jean de Fiennes et Andrieux d’Andres.
À leur arrivée auprès d’, ces six bourgeois de Calais furent toutefois épargnés grâce à l’intervention de son épouse, Philippa de Hainaut, qui, fondant en larmes, implora son mari de les épargner. céda, mais exila tous les Calaisiens qui ne lui faisaient pas serment d’allégeance pour les remplacer par des sujets anglais.
Face à l'hôtel de ville de Calais, l’original des neuf copies du monument exécuté par Auguste Rodin, les Bourgeois de Calais, est érigé en commémoration de cet évènement.
L’occupation anglaise (1347-1558) vignette|150px|Le drapeau à croix nordique de Calais. La ville fut occupée par les Anglais, fin , et le roi rembarqua pour l’Angleterre, laissant des troupes à la garde de Calais sous les ordres de Jean de Montgomery au service du roi anglais, avec les chevaliers français prisonniers – parmi lesquels les précités Jehan de Vienne, Jehan de Sury et Ernoul d'Audrehem.
racheta ces nobles prisonniers lorsqu’ils furent mis à rançon en 1348 après être demeurés six mois en Angleterre.
Pendant trois ans, à partir de 1347, étant satisfait de maintenir Calais, des trêves furent conclues entre la France et l’AngleterreJean Froissart - « Œuvres de Froissart », publiées par le baron Kervyn de Lettenhove, Bruxelles, 1868-1876..
La charte municipale de Calais précédemment accordée par la comtesse d’Artois fut confirmée la même année par Édouard.
vignette|gauche|Quart de noble d'or frappé à Calais entre 1361 et 1369 au nom d’ au cours de l'occupation anglaise de la ville.
En 1360, le traité de Brétigny soumit Guînes, Marck et Calais - collectivement dénommés Pale of Calais (« Calaisis » en français) - à la domination anglaise à perpétuité, mais cette soumission fut informelle et n’a été appliquée qu’en partie.
En 1363, Calais devient port douanier. Le , revendique à nouveau la couronne de France, et en , le duc Jean de Lancastre débarque à Calais et s'avance jusqu'au pays de Caux..
Devenue division administrative parlementaire, elle envoie, à partir de 1372, des représentants à la Chambre des communes du Parlement d'Angleterre, gardant toutefois un lien avec la France en continuant de faire partie du diocèse ecclésiastique de Thérouanne.
Pendant ces années, Calais fut considérée comme faisant partie intégrante du royaume d’Angleterre.
Au-dessus de la porte principale, une inscription (Then shall the Frenchmen Calais win When iron and lead like cork shall swim) proclamait qu’elle ne serait française que lorsque le fer et le plomb flotteraient comme le liège..
La grande importance de Calais comme lieu d’accès au commerce de l’étain, du plomb, du tissu et des laines lui vaut d’être qualifiée de « joyau le plus brillant de la couronne anglaise ».. Ses recettes douanières s’élevaient parfois à un tiers du revenu du gouvernement anglais. Sur une population d’environ , étaient liés au commerce de la laine. Un officier de la Couronne d'Angleterre, le trésorier de Calais (Treasurer of Calais) y administrait les finances royales.
Le gouvernorat de Calais était une charge publique lucrative fort prisée ; ainsi, Richard Whittington fut simultanément seigneur-maire de Londres et de Calais en 1407.
Le siège de Calais par Philippe le Bon, duc de Bourgogne (1436)
En 1435, une rencontre fut proposée à Arras entre Bourguignons, Français et Anglais en vue de faire cesser les hostilités : les Anglais refusèrent cependant de participer aux négociations. Le roi et le duc de Bourgogne Philippe le Bon conclurent une alliance défensive, le traité de paix d'Arras du Lors du traité d’Arras de 1435, des villes, telles Abbeville, Amiens, Corbie, Péronne et Saint-Quentin, furent concédées au duc de Bourgogne par le roi de France.Ph. Le Bas, France, Dictionnaire encyclopédique, 1841, p. 5. ; Société française de numismatique, Revue numismatique, 1862, p. 119 ; ADN Lille, Archives de la Chambre des Comptes des Ducs de Bourgogne à Lille, Registre des chartes, côté 10, fol 237 v°. ; J.Fr. Michaud et J.J.F. Poujoulat, Nouvelle collection de mémoires pour servir à l’histoire de France, , vol. 3, 1837, p. 209 ; J. Michelet, Histoire de France jusqu’au , Vol. 5, Edit. L. Hachette, Paris, 1852, p. 325 ; P.G. Daniel, Histoire de France, depuis l’établissement de la monarchie françoise dans les Gaules, , t. 4, p. 114-115 ; J.C.F. De Hoefer, Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours, F. Didot frères et fils éditeurs, 1862, p. 981 ; Académie d’Archéologie de Belgique, Annales de l’Académie d’Archéologie de Belgique, Anvers, 1856, p. 108 ; R. Brooke, Visits to fields of battle, in England, of the fifteenth century, Publ. J.R. Smith, 1857, p. 230-231 ; J. Riddick Partingdon and Bert S. Hall, A history of Greek fire and Gunpowder, JHU Press, 1998, p. 115., ce qui mécontenta les Anglais.
Ceux-ci attaquèrent les terres du duc et menés par Jean de Croÿ furent défaits dans le Boulonnais par . La population de Londres fut « autorisée » à piller les maisons des Hollandais, Flamands et Picards (tous sujets bourguignons) établis dans la capitale anglo-saxonne. Les Flamands irrités se soulevèrent et le duc de Bourgogne, furieux d’apprendre que ses ambassadeurs avaient été malmenés à Londres, déclara dès lors la guerre à l'Angleterre : il prit quelques possessions anglaises telles le château d’Oye, dont il fit pendre une partie de la garnison, Sangatte, Vaucliguen et diverses autres forteresses des environs.
vignette|250px|Siège de Calais, miniature du manuscrit de Martial d'Auvergne, Les Vigiles de la mort de Charles VII vers 1484 (BnF).
Puis, en , il vint faire le siège de Calais avec des milices flamandes (des Gantois, au nombre de , et d’autres villes flamandes) ainsi qu’avec des troupes levées en Picardie et en Bourgogne et un grand nombre de ribauldequins, portans canons, coulevrines, arbalestres, et plusieurs aultres gros engins : environ aux ordres de Philippe le Bon se trouvèrent ainsi devant la ville de Calais.
Le duc de Bourgogne ordonna aussi au seigneur de Croÿ d’aller, de son côté, faire le siège de Guînes aux mains des Anglais.