La fosse 24 - 25 de la Compagnie des mines de Courrières est un ancien charbonnage du Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, situé à Estevelles. Le puits 24 est commencé le , la fosse est opérationnelle en 1932. Le puits 25 est commencé le . Des cités sont construites à proximité de la fosse, mais également à Carvin dans le hameau Saint-Paul. Le terril cavalier 248 relie la fosse 21 - 22 à la fosse 24 - 25. Un terril 98 conique puis tabulaire est édifié à l'est du carreau.

La Compagnie des mines de Courrières est nationalisée en 1946, et intègre le Groupe d'Hénin-Liétard, mais la fosse 24 - 25 intègre le Groupe d'Oignies. Un lavoir est construit en 1955, et un criblage deux ans plus tard. En 1971, l'extraction est assurée par la fosse 10 du Groupe d'Oignies, la fosse 24 - 25 ne sert dès lors plus qu'au service et à l'aérage. Une bowette longue de six kilomètres avait été creusée deux ans plus tôt. Le lavoir est détruit en 1979. Le puits 24 est remblayé en 1989, le puits 25 l'est deux ans plus tard. Les chevalements sont détruits en 1993.

Au début du , Charbonnages de France matérialise les têtes des puits 24 et 25. Les Camus hauts construits post-Nationalisation à Annay ont pour la plupart été détruits, les autres cités, sises à Estevelles et Carvin ont été rénovées. Bien que les ateliers-magasin aient été détruits fin 2011, il subsiste de nombreux bâtiments sur le carreau, qui est devenu un espace naturel protégé. Les terrils 98 et 248 sont des espaces de promenade. La cité moderne Saint-Paul, la cité pavillonnaire de la fosse n° 24, et le terril n° 98, 24 Nord de Courrières, le cavalier minier, et des Camus-hauts, ont été classés le au patrimoine mondial de l'Unesco.

La fosse

Peu de temps après la mise en service de sa fosse 23 à Noyelles-sous-Lens, la Compagnie des mines de Courrières décide d'implanter une nouvelle fosse dans la partie nord de sa concession, jusqu'alors inexploitée.

Fonçage

Les travaux du puits 24 sont commencés le à Estevelles, à au sud-sud-est de la fosse 6 des mines de Meurchin puis de Lens, à à l'ouest-sud-ouest de la fosse 4 des mines de Carvin, et à au nord-ouest de la fosse 8 - 16 des mines de Courrières. la fosse 6, très proche de la fosse 24 - 25, est fermée en 1932.

Exploitation

La fosse est fonctionnelle à partir de 1932. Le puits 25 est commencé le .

La Compagnie des mines de Courrières est nationalisée en 1946, et intègre le Groupe d'Hénin-Liétard, mais la fosse 24 - 25, à l'instar de la fosse 8 - 16, intègre le Groupe d'Oignies. Un lavoir est construit en 1955, et un criblage deux ans plus tard.

Au début de 1968, le service d'exploitation fond du siège 25 Nord-Ouest du Groupe Centre a découvert un important panneau de houille de de longueur et de de relevée, avec une pente moyenne de quinze à vingt degrés. Deux possibilités pour l'exploiter ont été étudiées. La première consiste en un creusement de voie intermédiaire pour l'installation de deux tailles successives de , à avancement rapide. La seconde solution consiste à équiper un seul chantier de grandes dimensions, avec des techniques nouvelles. Des engins capables de s'attaquer à une telle longueur ont été trouvés, et bien que d'après les études l'amortissement serait assez considérable, c'est le second projet qui a été adopté. Ce choix s'est avéré judicieux, puisqu'en 1968, l'exploitation de la taille Beele 11 a représenté 50 % de la production du siège, et un rendement cumulé de par ouvrier.

La taille de Beele 11 est équipée d'un rabot-ancre à deux moteurs de cinquante chevaux aidé de pousseurs hydrauliques Sabès à pression de cinquante à soixante kilos, permettant une profondeur de passe de dix centimètres, alors que l'attaque habituelle d'un rabot classique est d'environ six centimètres. Une poutre spéciale pour gisement penté maintient l'installation en tête de taille. Le soutènement est réalisé au moyen d'étançons à friction. Un convoyeur blindé muni de chaînes à trois brins est actionné par trois moteurs de et des réducteurs à grande et petite vitesse pour assurer la desserte de la taille. À ce pied de taille se trouve un répartiteur qui a la particularité d'être suspendu sur monorail. Ce dernier procédé a pour avantage de permettre un ravancement de cinq à dix mètres en un temps très court, et avec un personnel très réduit de trois hommes pendant deux heures. Un broyeur rapide, installé sur le répartiteur, permet de casser les gros blocs. Les produits sont alors acheminés dans un convoyeur à bande d'une largeur inusités d'un mètre jusqu'à un point de chargement fixe. La lutte contre les poussières est conduite à la fois par infusion et par pulvérisation. L'infusion est faite à partir du front sur une profondeur de six mètres, la pulvérisation abat les poussières dans l'entrée d'air, aux points de déversements, dans la taille au-dessus du blindé et dans le retour d'air. L'organisation du chantier a permis de résoudre certains problèmes comme le placement du personnel, l'amélioration des méthodes, l'utilisation du chantier, et la profondeur de passe du rabot.

Le chantier a débuté en , et son exploitation a cessé en . Au , ont été déhouillés pour une production de . Les tonnages journaliers produits par la taille sont de l'ordre de à . Les statistiques pour le mois de indiquent un abattage de par jour, soit , un avancement de par jour, et de par descente en taille. l'essai est donc très concluant. Une bowette longue de six kilomètres relie la fosse 24 - 25 à la fosse 10 en 1969.

En 1971, l'extraction est assurée par la fosse 10 du Groupe d'Oignies, la fosse 24 - 25 ne sert dès lors plus qu'au service et à l'aérage. Le lavoir est détruit en 1979.

Le puits 24, d'une profondeur de , est remblayé en 1989, mais le puits 25 sert encore à l'aérage. Ses sont remblayés en 1991, après qu'il a assuré le démantèlement des installations du fond. Les chevalements sont démolis deux ans plus tard.

Reconversion

Au début du , Charbonnages de France matérialise les têtes des puits 24 et 25. Un exutoire de grisou est mis en place sur le puits 24. Le BRGM y effectue des inspections chaque année. Les ateliers-magasins sont détruits en octobre et , mais il subsiste les garages et leurs annexes, les bureaux, les locaux sociaux, le logement du garde, les bains-douches ouvriers, la salle de paye et le local du sondage.

Les terrils

De l'exploitation de la fosse 24 - 25, il subsiste deux terrils dont un cavalier minier.

Terril 98, 24 Nord de Courrières thumb|left|Le terril 24 Nord de Courrières. thumb|Le terril Cavalier du 24 d'Estevelles.

Le terril 98, situé à Estevelles, est le terril tabulaire de la fosse 24 - 25. Il fait partie des répartis sur qui ont été classés le au patrimoine mondial de l'Unesco. Il constitue une partie du site 51.

Terril 248, Cavalier du 24 d'Estevelles

Le terril 248, situé à Estevelles, Pont-à-Vendin et Annay, est un terril cavalier reliant la fosse 21 - 22 à la fosse 24 - 25 des mines de Courrières. Ce cavalier a été classé au patrimoine mondial de l'Unesco.

Les cités

Des cités ont été établies à Estevelles au sud de la fosse, principalement le long d'une avenue. D'autres cités ont été établies dans le hameau Saint-Paul à Carvin. Après la Nationalisation, des Camus-hauts ont été construits à Annay. La plupart d'entre eux a été détruit à la fin des années 2000.

La cité moderne Saint-Paul fait partie des répartis sur qui ont été classés le au patrimoine mondial de l'Unesco. Elle constitue le site 50. La cité pavillonnaire de la fosse 24 constitue une partie du site 51, tandis que les Camus-hauts forment le site 52.

Notes et références

Notes

Références

Références aux fiches du BRGM

Références à

Références à

Références au magazine Relais

Voir aussi

Articles connexes Compagnie des mines de Courrières Groupe d'Hénin-Liétard Liste des biens du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais classés au patrimoine mondial de l'Unesco, sites 50, 51 et 52

Bibliographie

Fosse 24 - 25 Courrières 24 - 25