La religion sérère ou la spiritualité sérère (sérère : A ƭat Roog, signifiant « la voie du Divin » ou « le chemin De Dieu » ou « la vie religieuse »Senghor, Léopold Sédar, Éthiopiques, Issues 55-56. Grande imprimerie africaine, 1991, p. 60Kalis, Simone, Médecine traditionnelle, religion et divination chez les Seereer Siin du Sénégal, L'Harmattan, (1997), p.31, [in] L'Harmattan), regroupe les croyances, pratiques et enseignements religieux du peuple sérère installé dans la région de Sénégambie. Les Sérères croient en une divinité suprême universelle appelée Roog (ou Rog). Parmi les peuples cangins, Roog est désigné comme Kooh Ndiaye, Ousmane Sémou, "Diversité et unicité sérères : l’exemple de la région de Thiès", Éthiopiques, no 54, vol. 7, 1991 (ou Koox), Kopé Tiatie Cac, Kokh Kox, etc. Les croyances religieuses sérères se fondent sur des chants et des poèmes anciens ; elles comprennent la vénération et les offrandes aux saints, anciens Sérères, ainsi qu'aux esprits ancestraux (Pangool ( en )), mais aussi des croyances astronomiques et cosmologiques, des rites d'initiation, des pratiques médicales et la préservation de l'histoire, de la culture et de l'identité sérère, ce qui inclut l'interdiction des mariages mixtes et la préservation de la pureté sexuelle jusqu'au mariage – une pratique à laquelle adhèrent fortement les Nones, où la conséquence de la violation de cette coutume pourrait signifier être condamné au célibat pour le reste de sa vieNdiaye, Ousmane Sémou, « Diversité et unicité sérères : l’exemple de la région de Thiès ». Éthiopiques, no 54, vol. 7, 2e semestre 1991. Roog est à la fois partout et nulle part. C'est la raison pour laquelle il n'y a pas de maison de Roog. Les Sérères prient Roog – par le biais d'intercesseurs –, mais ne lui font pas directement de sacrifices d'animaux Issa Laye Thiaw, « Mythe de la création du monde selon les sages Seereer », Salif Dione, L’Éducation traditionnelle à travers les chants et les poèmes sérères, Dakar, Université de Dakar, 1983, 344 p. (Thèse de ) Gravrand, Henry, La civilisation sereer, vol. II : Pangool, Nouvelles éditions africaines, Dakar, 1990.
À propos de « A ƭat Roog », le professeur Simone Kalis écrit que :
« La vie religieuse ou "chemin de De Dieu" / a fat Roog se fonde sur le culte des ancêtres / pangool . Ils sont le pivot autour duquel s'originent tous les rituels que composent les pratiques religieuses et thérapeutiques . Le prêtre / o yaal pangool, maître du culte, se situe à mi-chemin entre le monde de l'au-delà et de l'ici-bas ; l'invisible et le visible, les morts et les vivants ».
Croyances Divinité
Les Sérères croient en une divinité suprême universelle appelée Roog, et parfois dénommée Roog Sene (sérère: Roog Seen, signifie « Roog l'Immensité » ou « Dieu Miséricordieux » Louis Diène Faye. Mort et Naissance le monde Sereer. Les Nouvelles Éditions Africaines, 1983. . ). Ils ont une tradition religieuse élaborée traitant des diverses dimensions de la vie, de la mort, de l'espace et du temps, des communications avec les esprits ancestraux, et de la cosmologie. Le nombre total de cérémonies religieuses et de fêtes sérères est supérieur à celui de toutes les fêtes abrahamiques rassemblées (celles du judaïsme, du christianisme et de l'Islam) ; chacune est aussi ancienne que le peuple sérère lui-même. Roog Sene est le créateur ; il n'est ni un dieu, ni une déesse, mais au-dessus d'eux ; ni diable, ni génie, il est le seigneur de la créature Thiaw, Issa Laye, « La religiosité des Seereer, avant et pendant leur islamisation », in Éthiopiques, 54, volume 7, 1991 . Roog est l'incarnation même de la foi, mâle et femelle, auquel on fait des offrandes au pied des arbres (comme le baobab, arbre sacré), sur la mer, le Sine (fleuve sacré), dans les foyers ou dans les sanctuaires collectifs. Roog Sene est inaccessible sauf, dans une moindre mesure, par les grands prêtres et prêtresses sérères (Saltigué), qui ont été initiés et possèdent les connaissances et le pouvoir d'organiser leurs pensées en une seule unité cohérente.
Esprits ancestraux Les Sérères ordinaires adressent leurs prières au (l'esprit des ancêtres, qui sont les intermédiaires entre le monde des vivants et le divin). Un Sérère orthodoxe doit rester fidèle à l'esprit des ancêtres car son âme est sanctifiée en raison de cette intercession. L'importance du Pangool est autant historique que religieuse. Les esprits des ancêtres sont reliés à l'histoire du peuple sérère du fait de l'association du Pangool à la fondation des villes et des villages sérères : un groupe de Pangool devait accompagner les fondateurs du village, appelés Lamanes (ou Lamans, les anciens rois sérères), sur leur chemin en quête de terres à exploiter. Sans eux, les exploits des Lamanes n'auraient pas été possibles. Les anciens Lamanes ont érigé des sanctuaires au Pangool, devenant ainsi les prêtres et les gardiens du sanctuaire. En tant que tels, ils sont devenus les intermédiaires entre la terre, le peuple et le Pangool Dennis C. Galvan, The State Must Be Our Master of Fire: How Peasants Craft Culturally Sustainable Development in Senegal, Berkeley, University of California Press, 2004. Lorsqu'un roi, une reine ou tout autre membre de la lignée lamane passe dans le monde des esprits, la communauté sérère tout entière les célèbre en l'honneur des vies exemplaires qu'ils ont vécues dans le monde des vivants. Ces célébrations sont inspirées des enseignements de la religion sérère. De même, en adressant leurs prières au Pangool, les Sérères reprennent les chants anciens et offrent en sacrifice des buffles, des moutons, des chèvres, des poulets ou des récoltes.
Divinité et humanité Dans la religion sérère, Roog Sene est l'élément vital auprès de qui les âmes incorruptibles et sanctifiées retournent à la paix éternelle quand elles quittent le monde des vivants. Rog Sene n'interfère pas dans les affaires quotidiennes du monde des vivants. Cependant il voit, sait et entend tout. Des esprits intermédiaires agissent au nom de Roog dans le monde physique. Ainsi, les individus disposent d'un libre arbitre pour vivre une bonne vie spirituelle, conforme aux doctrines religieuses. Roog Sene n'intervient pas dans la façon dont on vit, chacun dispose donc de la volonté de faire ce qu'il croit être juste. Ceux qui font le bien et vivent une vie spirituellement remplie seront légitimement récompensés dans la vie future. Ceux qui vivent leur vie contrairement aux enseignements seront jugés comme il se doit dans l'au-delàFondation Léopold Sédar Senghor. Éthiopiques, Issues 55-56. 1991. . right|220px|thumb|Symbole du « jaaniiw » (la demeure sacrée des âmes des morts). Seules les bonnes âmes atteignent jaaniiw.
Après la vie (Jaaniiw) Il n'y a pas de paradis ou d'enfer dans la religion sérère où l'immortalité de l'âme et la réincarnation (« ciiɗ » en langue sérèreCiiɗ signifie la poésie en langue sérère, il peut aussi signifier la réincarnation ou la mort qui cherchent à se réincarner dans la religion sérère. Deux chapitres sont écrits à ce sujet par Faye. Voir: Faye, Louis Diène, Mort et Naissance Le Monde Sereer, Les Nouvelles Édition Africaines (1983), , ) sont des croyances fortes. Les esprits des ancêtres —Pangol— qui ont vécu d'une manière pure sur terre atteignent le plus haut degré de spiritualité. À leur mort, ils sont canonisés et vénérés comme des saints et obtiennent le pouvoir d'intercéder entre les vivants et le divin. En raison de leur pureté, ils sont les seuls à posséder la possibilité de se réincarner. Dans la croyance sérère, l'acceptation d'une âme dans le royaume des ancêtres est proche de la notion de paradis alors que le rejet de celle-ci, qui sera dès lors condamnée à se perdre et à errer, est proche de la notion de l'enfer Faye, Louis Diène, Mort et Naissance le monde Sereer, Les Nouvelles Éditions Africaines, 1983. . Seules les bonnes âmes vont à « Jaaniiw »Gravrand, "Pangool" (1990) pp. 33, 217−8Faye, Louise Diène, « Mort et Naissance le monde Sereer ». Les Nouvelles Editions Africaines (1983), pp. 17–25, .
Totems de famille Chaque famille sérère a un totem (o tiim / tiim ou timDupire, Marguerite, "Sagesse sereer: Essais sur la pensée sereer ndut, KARTHALA Editions (1994), p. 116). Les totems représentent les interdits aussi bien que les protections. Ils peuvent être des animaux, des plantes, etc. Par exemple, le totem de la famille Diouf est l'antilope. Toute brutalité contre cet animal par la famille Diouf est interdite. Son respect procure à la famille Diouf une sainte protection. Le totem de la famille est le lion ; le totem de la famille est le lièvre et celui de la famille est la girafe et le chameau Jean-Marc Gastellu (M. Sambe - 1937). L'égalitarisme économique des Serer du Sénégal. IRD Editions, 1981. p 130. . Gravrand, Henry, La civilisation sereer, vol. I : Cosaan, Nouvelles éditions africaines, Dakar, 1983.
L'ordre secret du Saltigué
Les hommes et les femmes peuvent être initiés dans l'ordre secret du Saltigué. Conformément à la doctrine religieuse sérère, pour devenir un aîné spirituel (Saltigue), il faut être initié, en particulier dans les mystères de l'univers et du monde invisible, ce qui est réservé à un petit nombre. Le Xoy (également orthographié Xooy ( en ) ou Khoy)) est une cérémonie religieuse et un événement spécial dans le calendrier religieux des Sérères. C'est le moment où les grands prêtres et prêtresses sérères (le Saltigué) viennent prédire l'avenir face à la communauté. Ces devins et guérisseurs adressent des sermons lors de la cérémonie de Xoy qui ont trait au temps qu'il va faire, à la politique, à l'économie, etc Alioune Sarr, « Histoire du Sine-Saloum » (introduction, bibliographie et notes par Charles Becker), in Bulletin de l'IFAN, tome 46, série B, nos 3-4, 1986-1987 . C'est un événement très spécial qui rassemble dans cette région du Sine-Saloum des milliers de personnes venues de toutes les parties du monde. Les Sérères ultra-orthodoxes et les Sérères syncrétistes (convertis à l'islam ou au christianisme et qui mélangent leur religion nouvellement acquise avec l'ancienne religion sérère) ainsi que des peuples non sérères comme le peuple Lébou (qui forment des groupes distincts mais qui respectent toujours les pratiques religieuses de leurs ancêtres sérères) se rassemblent autour du Sine pour cette ancienne cérémonie. Les Sérères qui vivent en Occident planifient parfois leur pèlerinage plusieurs mois à l'avance. L'événement se déroule sur plusieurs jours pendant lesquels les prédictions des Saltigué occupent une place centrale. La cérémonie débute habituellement dans la première semaine de juin à Fatick.
Quelques cérémonies sérères thumb|200px|Mbot, symbole de l'initiation Ndut.
Xoy (également orthographié Khoy) Ndut Jobai Randou Rande Mindisse Mbosseh (ou Mbossé) Mboudaye Tobaski Gamo (également Gamou) Tourou Peithie Mor Sadio Niang, « Cérémonies et fêtes traditionnelles : Tourou Peithie », in Éthiopiques, 31, 1982) Daqaar Mboob
Pèlerinage Raan à Tukar