Joseph-Charles Joubert de La Bastide, chevalier puis marquis de Châteaumorand (ou Château-Morand), mort le à Paris, est un officier de marine et administrateur colonial français des . Il est gouverneur de Saint-Domingue du à , et lieutenant général des armées navales (). Il est chevalier de Saint-Louis, et chevalier de l'ordre royal de Notre-Dame du Mont-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem.
Biographie Origines et famille Joseph-Charles descend de la maison de Joubert de La Bastide de Châteaumorand, originaire du Limousin, où son existence est constatée dès 1150. Cette famille a le titre de baron de Châteaumorand depuis le , et celui de marquis depuis le règne de Louis . Cette maison compte parmi ses membres un grand maître de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, Joubert de Syrie, mort en 1177 ou 1179.
Il est le fils d'Annet Joubert de La Bastide, comte de Châteaumorand († 1699) et de Françoise de Costentin de Tourville, sœur du maréchal de Tourville. Parmi ses frères, deux se distingueront au service des armées du roi de France : François-Annet Joubert de La Bastide, marquis de Châteaumorand, capitaine de vaisseau, chevalier de Saint-Louis, décédé en ; Jean François Joubert de La Bastide, marquis de Châteaumorand, lieutenant-général des armées du roi, commandeur de Saint-Louis, mort en 1727.
François Alexis Jubert de La Bastide de Châteaumorand est abbé de Corneville en 1731.
Carrière dans la Marine royale Neveu de Tourville, il entre au service dans la marine sous les auspices de son oncle en 1672 et suit son oncle dans presque toutes ses campagnes. Il sert pendant la guerre de la Ligue d'Augsbourg et se distingue tout particulièrement lors de la bataille de la Hougue, le au commandement du Glorieux, de 66 canons.
L'historien de la Marine Léon Guérin écrit, non sans lyrisme :
C'est à lui que l'amiral anglais Edward Russell, après la bataille de la Hougue, écrivit pour le complimenter sur ce qu'il « avait fait un fort beau feu sur lui et sur ses matelots »« Le grand amiral Russel lui écrivit pour le féliciter de la valeur qu'il avait montrée en le combattant avec des forces si inégales ; il félicitait aussi d'Amfreville et Château-Morand du beau feu qu'ils avaient fait sur lui et sur ses deux matelots » .
Il est fait chevalier de Saint-Louis par le roi, lors de la première promotion en 1693Gazette de France du 6 février 1694.. L'année suivante, il « fait cinq prises considérables qu'il envoie à ToulonGazette de France du 8 mai 1694. ». En 1699, à la suite de la mort de son frère aîné François Annet - en faveur de qui Louis avait érigé la terre de Châteaumorand en marquisat -, il devient le deuxième marquis de Châteaumorand.
Missions en Amérique du Nord et fondation de la Louisiane D'Iberville rentre en France en 1697, où il est choisi par le ministre de la Marine comme chef d’une expédition d’exploration afin de redécouvrir l'embouchure du fleuve Mississippi et de coloniser la Louisiane que les Britanniques convoitaient. Château-Morand est chargé de l'escorter.
La flotte française met les voiles de Brest le . Après trois mois de navigation, elle arrive à l’île de Santa Rosa face à Pensacola, en Floride, le , une ville espagnole. D’Iberville part pour la baie de Mobile, et commence à explorer l’île Massacre, appelée plus tard Dauphin Island. Il s’arrête entre Cat Island et Ship Island le , puis continue ses explorations jusqu’au continent, à Biloxi, avec son frère Jean-Baptiste Le Moyne de Bienville. Le , Château-Morand, qui n'était venu que pour escorter d'Iberville, reprend avec son vaisseau le chemin de l'Europe.
Guerre de Succession d'Espagne (1701-1714)
En 1699, sur l'Agréable et en compagnie d'un autre petit vaisseau, il part pendant deux ans dans l'océan Indien protéger les navires de la Compagnie des Indes, faire la chasse aux pirates et y convoyer des fonds.. Lorsqu'il revient, la guerre a repris en Europe.
En 1702, il est fait capitaine de vaisseau avec de soldeGazette de France du 23 décembre 1702. Au printemps 1704, il « fait une prise fort richeGazette de France du 19 avril 1704 » à proximité du détroit de Gibraltar. Le de la même année, à la bataille navale de Vélez-Málaga, il commande Le Parfait, vaisseau de 74 canons, dans le corps de bataille, conduit par le comte de Toulouse, Amiral de France. Il est alors le matelot du chef d'escadre Jean-Bernard de Pointis.
En 1705, ses appointements sont portés à par anGazette de France du 10 octobre 1705. Il est promu au grade de chef d'escadre en 1712. Il succède à Charles de Courbon au poste de gouverneur de Saint-Domingue« Gouverneur-Général pour le Roi des Isles de la Tortue, Cote Saint-Domingue et Terre-Ferme de l'Amérique Méridionale » à , mais ses « fréquentes indispositions le rendant peu propre à demeurer dans le païs, il demanda son rappel à la Cour ». Il est remplacé le par M. de Sorel. Il est élevé au grade de lieutenant général des armées navales le .
Il meurt à Paris, le .
Notes et références
Voir aussi Sources et bibliographie Ouvrages récents
Ouvrages anciens Louis-Gabriel Michaud, , vol. 57, p.275
Articles connexes Histoire de la marine française de Richelieu à Louis XVI
Liens externes
Sa généalogie sur geneanet.org Sa correspondance sur le site des Archives nationales d'outre-mer
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