William Edmund Ironside ( - ) est un officier de l'armée de terre britannique qui a servi comme chef d'état-major général impérial durant la première année de la Seconde Guerre mondiale.

Ironside rejoint l'Artillerie royale en 1899 et sert pendant la guerre des Boers, suivie d'une brève période d'espionnage des forces coloniales allemandes dans le Sud-Ouest africain. Il sert au sein d'une division de l'armée régulière au cours des deux premières années de la Première Guerre mondiale avant d'être nommé chef d'état major de la toute nouvelle canadienne, formée en 1916. En 1918, il reçoit le commandement d'une brigade sur le front occidental, mais est rapidement promu commandant de la force d'intervention alliée dans le nord de la Russie en 1919, puis d'une force d'occupation alliée en Turquie et, enfin, d'une force britannique en Perse en 1921. On lui propose le poste de commandant des forces britanniques en Irak, mais il n'est pas en mesure de prendre le poste à cause de blessures subies dans un accident d'avion.

Il retourne ensuite à l'armée de terre comme commandant du , où il devient un défenseur des idées de J. F. C. Fuller, promoteur de la mécanisation. Il commande ensuite une division, ainsi que des districts militaires en Grande-Bretagne et en Inde, mais sa jeunesse et son approche brutale ont limité ses perspectives de carrière et, après n'avoir pas été retenu pour devenir le chef de l'état-major général impérial en 1937, il devient gouverneur de Gibraltar, poste traditionnel avant la retraite. Il est rappelé de son « exil » au milieu de 1939 et nommé inspecteur général des forces d'outre-mer, rôle qui conduit la plupart des observateurs à s'attendre qu'on lui confierait le commandement de la Force expéditionnaire britannique dès le déclenchement de la guerre.

Cependant, après des manœuvres politiques, John Vereker reçoit ce commandement, et Ironside est nommé chef de l'état-major général impérial. Il pense avoir un tempérament inadapté à cette tâche, mais se sent obligé de l'accepter. Au début de 1940, il soutient fortement une intervention des Alliés en Scandinavie, mais ce plan est abandonné à la dernière minute lorsque la guerre d'Hiver finno-soviétique prend fin. Lors de l'invasion de la Norvège et de la bataille de France, il intervient peu ; sa participation dans la dernière est limitée par une rupture des relations entre lui et Vereker. Il est remplacé comme chef de l'état-major général impérial à la fin de mai et prend le poste pour lequel il est plus adapté : commandant en chef des Home Forces, qui est responsable de la défense contre l'invasion et commanderait l'armée de terre en cas de débarquement allemand. Toutefois, il sert moins de deux mois à ce poste avant d'être remplacé. Après cela, Ironside est promu au rang de feld-maréchal et élevé à la pairie en recevant le titre de baron ; il se retire dans le Norfolk pour écrire, ne prend plus part au service actif et n'occupe plus de poste officiel.

Biographie Enfance Ironside est né à Édimbourg, en Écosse, le . Son père, le chirurgien-major William Ironside, de la Royal Horse Artillery, est décédé peu après, laissant sa femme élever leur fils avec une pension de l'armée limitée. Comme le coût de la vie, à la fin du , était considérablement plus faible en Europe qu'en Grande-Bretagne, la mère d'Ironside a beaucoup voyagé sur tout le continent, où le jeune Edmund a commencé à apprendre un large éventail de langues étrangèresIronside (1962), . Cette compréhension du langage allait devenir l'une de ses caractéristiques ; à l'âge adulte, il parlerait couramment sept langues et maîtriserait en partie quelque dix autres languesLa question de savoir quelles langues parlait Ironside, et dans quelle mesure, est une question intéressante. Cairns dit qu'on lui « reconnaissait une bonne connaissance de douze à dix-huit langues ». Bond note simplement qu'il était interprète dans sept langues (). Harold Nicolson note qu'enfant, il a appris le flamand et que, pendant la guerre des Boers, il a appris le « taal », mais on ne sait trop à quelle langue ce terme fait référence (Nicolson, ). Il était un interprète de première classe dans cinq langues (en allemand, en danois, en norvégien, en néerlandais, et en afrikaans), un interprète de deuxième classe en français et avait une connaissance du russe, du turc et du persan ; au moment de la rédaction en 1940, il pouvait parler un total de quatorze langues (Nicolson, ). Si on inclut l'anglais, cela donne un total de onze (douze si l'on compte le « taal ». Dans son journal, il a noté qu'il apprit l'italien en 1919, et accessoirement, il avait appris le magyar / hongrois (); il note également une conversation en Perse avec un vieil homme qui « parlait bien l'ourdou » (), ce qui porte fortement à croire qu'Ironside le parlait assez bien pour porter un jugement sur son interlocuteur. Cela donne quatorze ou quinze langues au total, et il se peut que d'autres n'aient tout simplement pas été mentionnées..

Il a commencé ses études à Saint Andrews avant d'être envoyé à l'école de Tonbridge, dans le Kent, pour ses études secondaires ; à l'âge de seize ans, il quitte Tonbridge pour un répétiteur, ne s'étant pas montré très doué pour les études supérieures. Il est admis à l'Académie militaire royale, à Woolwich, en à l'âge de dix-sept ans. À Woolwich, il s'épanouit en travaillant dur dans ses études et le sport ; il apprend la boxe, devient capitaine de la seconde équipe de rugby et joue pour l'Écosse. Il est fait pour ces deux sports, mesurant pour , ce qui lui vaut d'être surnommé « Tiny » (minuscule) par ses condisciples. Ce surnom lui restera toute la vieCairns (2004) ; ..

Guerre des Boers Après avoir fréquenté l'Académie royale militaire de Woolwich, il a été nommé officier de l'Artillerie royale le .. La même année, il a été envoyé en Afrique du Sud avec la de l'Artillerie de campagne royaleIronside (1962), . Il a combattu tout au long de la seconde guerre des Boers et a été blessé trois foisCairns (2004), Il a été promu au grade de lieutenant et a reçu sa première citation en 1901..

À la fin de la guerre, il a fait partie de la petite force qui a escorté Jan Smuts jusqu'au lieu des négociations de paix. Il s'est ensuite fait passer pour un Boer parlant l'afrikaans et a travaillé comme charretier pour les forces coloniales allemandes dans le Sud-Ouest africain. Ce travail de renseignement s'est toutefois terminé sans succès ; Ironside a été identifié et s'est enfui peu de temps avant d'être capturé. Cette escapade l'a conduit plus tard à prétendre que , personnage des romans de John Buchan, était basé sur son histoire personnelle. Ironside appréciait ces romans, lisant sur le siège passager d'un biplan à cockpit ouvert volant de l'Irak en PerseIronside (1972), .

Ironside a ensuite été affecté en Inde, où il a servi avec la batterie I de la RHA, et en Afrique du Sud, avec la batterie Y de la RHA. Il a été promu capitaine en , puis nommé capitaine d'état-major en septembre, la même année, et en . Il est rentré chez lui en . afin de fréquenter le .

Première Guerre mondiale Les deux années d'étude d'Ironside au Collège d'état-major, qu'il trouve peu stimulantes, ont été brutalement stoppées par le déclenchement de la Première Guerre mondiale en ; le , il est nommé capitaine d'état-major et affecté à Boulogne-sur-Mer, puis à Saint-Nazaire, deux grandes bases de l'armée de terre soutenant le corps expéditionnaire. Selon certains, il a été l'un des premiers officiers britanniques à arriver en FranceLife, 31 July 1939, . Online edition. Il a été promu major et rattaché à la d'infanterie, fraîchement arrivée à la fin , comme officier d'état-major général de troisième classe (GSO3). Il est resté avec la division et a été promu GSO2 en .

Ironside a été promu à titre temporaire et GSO1 en .. Il avait espéré devenir GSO1 — chef d'état-major divisionnaire — de la mais, à sa grande surprise, il a été affecté à la canadienne, nouvellement formée. Il a encouragé un régime d'entraînement dur avec l'intention de mener la division au front le plus tôt possible et d'éviter qu'elle ne soit scindée pour renforcer les trois autres divisions du corps canadien. En raison de l'inexpérience du commandant de division, , qui était un soldat volontaire, il s'est trouvé presque à commander la division à plusieurs reprises et a noté dans ses mémoires que Watson transmettait ordinairement les ordres d'Ironside sous son propre nomIronside (1972), ; Cairns (2004). À son arrivée en France, à la fin de 1916, la division a participé à la fin de la bataille de la Somme avant d'être déplacée vers le nord en prévision de l'attaque de la crête de Vimy. Pendant la phase finale des combats de Vimy, Ironside a repris officieusement le commandement de la division en outrepassant l'ordre ambigu de stopper l'attaque donné par Watson, qui était alors hors de contact au quartier général, et en ordonnant personnellement aux bataillons de tête d'entrer en actionIronside (1972), .

Il est resté avec la division pendant toute l'année 1917, au cours de laquelle il a combattu à la bataille de Passchendaele, et, en , a reçu une affectation administrative, le commandement du (Corps-École des armes légères), avec le grade temporaire de colonel.. Il est cependant rapidement revenu sur le front occidental, quand il a été nommé commandant de la avec le grade provisoire de brigadier-général à la fin du mois de mars 1918.

Russie et Perse Ironside est resté avec la seulement six mois ; en , avant l'armistice du , il a été affecté à la force expéditionnaire alliée qui combattait les bolcheviks en Russie septentrionale (à Mourmansk et à Arkhangelsk) , et s'est vu confier le commandement de cette force alliée en . Ce fut son premier commandement indépendant, et il s'y donna corps et âme. Pendant plus d'un an, il a voyagé en permanence le long de la Dvina septentrionale pour garder le contrôle de ses forces internationales dispersées, et à un moment, il a échappé de peu à une tentative d'assassinat. Toutefois, l'Armée rouge a pris l'avantage dans la guerre civile russe et, à la fin de 1919, il a été contraint d'abandonner l'Armée blanche à son sort (L'amiral Koltchak a été exécuté par les Bolcheviks en ) . En , il a remis le commandement à Henry Rawlinson, qui superviserait le retrait, et est retourné en Grande-Bretagne. Ironside a été fait chevalier commandeur de l'ordre du Bain. et promu major-général. pour son action, ce qui en fit l'un des plus jeunes majors-généraux de l'armée..

Au début de 1920, il a commandé une mission militaire qui a supervisé le retrait des forces roumaines laissées en Hongrie après la guerre hongro-roumaine de 1919. À l'été, il a été affecté à la force d'occupation d'İzmit, en Turquie, alors qu'elle se préparait à se retirer. À la fin août de la même année, sa troisième affectation à l'étranger a été en Perse, où, entre autres, il a nommé Reza Khan au commandement de la brigade d'élite cosaque; Reza Khan allait plus tard prendre le pays en main et devenir Shah d'Iran de 1925 à 1941. Le niveau exact de la participation britannique au coup d'État de Reza Khan est encore un sujet de débat historique, mais il est presque certain qu'Ironside a au moins fourni des conseils aux comploteursThe Cambridge History of Iran, vol. 7 (1991) ; , 219-220... À son départ de la Perse en 1921, le shah lui a décerné l'ordre du Lion et du Soleil..

Après la Perse, Ironside a assisté à la conférence du Caire, où Winston Churchill l'a persuadé de prendre le commandement des forces britanniques, nouvellement réorganisées, en Irak, mais, de retour en Perse, en avril, l'avion qu'il pilotait s'est écrasé, et il a été rapatrié après plusieurs mois d'hôpital.

Entre-deux-guerres