La psychohistoire est l'étude des motivations psychologiques des événements historiqueshttp://www3.interscience.wiley.com/journal/119612862/abstract?CRETRY=1&SRETRY=0.. Elle essaie de combiner les concepts de la psychothérapie avec la méthode scientifique des sciences sociales pour comprendre l'origine émotionnelle des comportements sociaux et politiques des groupes et des nations, passés et présents. Son sujet d'étude principal est l'enfance et la famille (en particulier la maltraitance des enfants), et l'étude psychologique de l'anthropologie et l'ethnologie.

Description thumb|Le sacrifice d'Isaac, peinture de Rembrandt, inspirée de l'Ancien Testament.

De nombreux concepts de la psychohistoire proviennent de domaines qui semblent ignorés par les historiens conventionnels en tant qu'éléments fondateurs de l'histoire humaine (en particulier : les effets de l'accouchement, les méthodes d'éducation des enfants, et la maltraitance)..

Les impacts de l'inceste, l'infanticide et du sacrifice d'enfants sur l'Histoire sont examinés. La psychohistoire soutient que des sociétés humaines peuvent passer de pratiques infanticides à des pratiques non-infanticides, et a inventé le terme « mode d'éducation infanticide précoce » (« early infanticidal childrearing » en anglais) pour décrire la maltraitance et la négligence observées par de nombreux anthropologues. Lloyd deMause a proposé un système de modes psychogènes (voir plus bas) qui décrit l'éventail de styles d'éducation des enfants par les parents qu'il a observé à travers l'Histoire et dans les différentes cultures.

De nombreux anthropologues affirment que .. Et Émile Durkheim, dont les contributions ont été fondamentales dans la formation de la sociologie et de l'anthropologie, posa le principe suivant : "La cause déterminante d'un fait social devrait être cherchée parmi les faits sociaux qui l'ont précédé, et non parmi les états de conscience individuels".. Les psychohistoriens, de leur côté, suggèrent que des comportements sociaux tels que le crime et la guerre pourraient être un rejouement autodestructeur de maltraitances et de négligences infantiles; que des régressions inconscientes à des peurs primordiales et des modes d'éducation destructeurs pourraient dominer les comportements individuels et sociaux...

La psychohistoire se fonde en grande part sur la biographie historique. Des exemples notables de biographies psychologiques sont celle de Lewis Namier, qui écrivit sur la Chambre des communes du Royaume-Uni, et Fawn Brodie, au sujet de Thomas Jefferson.

Domaines d'études psychohistoriques Il y a 3 domaines d'études psychohistoriques interconnectés..

L'histoire de l'enfance qui se penche sur des questions telles que : Comment les enfants ont-ils été élevés au cours de l'Histoire Comment la famille s'est-elle constituée Comment et pourquoi les pratiques ont-elles évolué au cours du temps La place et la valeur changeantes accordées aux enfants à travers les temps Comment et pourquoi notre vision de la maltraitance et de la négligence ont changé La Psychobiographie qui cherche à comprendre des personnalités historiques et leurs motivations. La psychohistoire de groupe qui cherche à comprendre les motivations de grands groupes, y compris des nations, dans l'histoire et l'actualité. Pour ce faire, la psychohistoire promeut l'analyse des fantasmes de groupe visibles à travers les discours politiques, les caricatures politiques et les gros titres des médias, suivant l'idée que les termes utilisés donnent des indices sur l'état de l'inconscient collectif et les comportements collectifs.

Émergence comme discipline

Wilhelm Reich a combiné ses théories psychanalytiques et politiques dans son livre La Psychologie de masse du fascisme en 1933.

Le psychologue et philosophe Erich Fromm a écrit sur le sujet de la motivation psychologique derrière l'idéologie politique, en commençant par La Peur de la liberté en 1941.

Son premier usage académique est apparu dans le livre d'Erik Erikson Young Man Luther (1958), où l'auteur appelait à la création d'une discipline de "psycho-histoire" pour examiner l'impact du caractère humain sur l'Histoire.

Lloyd deMause a développé une approche formelle de la psychohistoire à partir de 1974.

Indépendance en tant que discipline DeMause et d'autres ont soutenu que la psychohistoire est un domaine particulier de l'étude universitaire avec ses propres méthodes, objectifs et théories, qui le mettent à part de l'analyse historique conventionnelle et de l'anthropologie. Certains historiens, experts des sciences sociales et anthropologues ont, cependant, prétendu que leurs disciplines décrivent déjà les motivations psychologiques et que la psychohistoire n'est donc pas un sujet à part. D'autres ont rejeté les théories et objectifs de deMause, argumentant que la préférence de la psychohistoire pour la spéculation sur les motivations psychologiques des gens dans l'histoire en fait un champ d'étude indiscipliné.

Les psychohistoriens maintiennent que la différence porte sur ce sur quoi l'accent est mis : dans l'étude conventionnelle, les récits et les descriptions sont centraux, tandis que les motivations psychologiques sont à peine effleurées.. Pour deMause, la maltraitance des enfants est au premier plan. Les psychohistoriens accusent la plupart des anthropologues et ethnologues de présenter sous un jour positif l'inceste, l'infanticide, le cannibalisme et le sacrifice des enfants.. Ils maintiennent que les critères qui définissent la maltraitance des enfants sont des critères objectifs, et que certaines pratiques que les anthropologues excusent (comme les sacrifices rituels) peuvent engendrer la psychose, la dissociation et la pensée magique : particulièrement chez les enfants survivants dont le frère ou la sœur a été sacrifié par leurs parents. Dans une interview de 1994 de deMause dans The New Yorker, l'interviewer a écrit : "The talk of the town", The New Yorker, authored by Editors of the periodical (December 5, 1994), pp. 55-56.. Les psychohistoriens considèrent aussi que le relativisme culturel est contraire à la lettre et à l'esprit des droits humains..

Modes psychogènes Les psychohistoriens ont beaucoup écrit sur les changements dans la psyché humaine au cours de l'histoire ; des changements qui selon eux sont produits par les parents, et spécialement la capacité croissante des mères à éprouver de l'empathie pour leurs enfants. Un concept-clé de la pensée de deMause est le concept de psychoclasse, qui émerge d'un style particulier de traitement des enfants et de maltraitance par les parents, à une période particulière du développement d'une société. Le conflit entre les anciennes et les nouvelles psychoclasses est aussi souligné dans les réflexions des psychohistoriens. Ceci se reflète, par exemple, dans le conflit entre les électeurs du Parti démocrate (États-Unis) et ceux du Parti républicain (États-Unis) dans les États-Unis contemporains...

Un autre concept-clé de la psychohistoire est celui de fantaisie de groupe, que deMause considère comme une force médiatrice entre les expériences communes à l'enfance dans une psychoclasse (et les conflits psychiques qui en émergent), et le comportement de cette psychoclasse en politique, religion et d'autres aspects de la vie sociale..

En psychohistoire, un mode psychogène est un type de mentalité (ou psychoclasse) qui résulte de, et est associé à, un style particulier de traitement des enfants. Les principaux modes psychogènes décrits par deMause sont.. :

Mode Caractéristiques du traitement des enfants Manifestations historiques Infanticide : Sacrifices rituels. Taux d'infanticide élevés, incestes, mutilations corporelles, viols d'enfants et tortures. Sacrifices d'enfants et infanticide dans les sociétés tribales, (Mésoaméricains et Incas); dans les religions Assyrienne et Cananéenne. Phéniciens, Carthaginois et certains des premiers états sacrifiaient des enfants à leurs dieux.

D'un autre côté, les relativement plus éclairés Grecs et Romains abandonnaient certains de leurs bébés (). : Certains jeunes enfants ne sont pas exagérément rejetés par leur mère, mais de nombreux nouveau-nés, spécialement les filles, sont abandonnés à leur sort. Abandonnant Les premiers Chrétiens considéraient un enfant comme ayant une âme à la naissance, bien que possédé par des tendances maléfiques. La coutume de l'infanticide était remplacée par l'enrôlement dans la fantaisie de groupe du sacrifice du Christ, qui avait été envoyé par son père pour être tué pour les pêchés des autres. L'habitude de pédérastie avec les garçons continuait dans les monastères et ailleurs, et le viol des filles était monnaie courante. L'infanticide est remplacé par l'abandon. Les enfants qui ont survécu n'ont pas internalisé un surmoi complètement meurtrier. Bébés emmaillotés plus longtemps, placés dans une famille, chez une nourrice, abandon des enfants dans des monastères et des nurseries, et en apprentissage. Ambivalent Le a vu l'apparition des premiers manuels d'éducation et de lois rudimentaires de protection des enfants, bien que la majorité des mères rejetaient toujours émotionnellement leurs enfants. Les enfants étaient souvent traités comme des objets érotiques par les adultes. Les derniers siècles du Moyen Âge virent la fin de l'abandon des enfants dans les monastères. Lavements, violences physiques, emmaillotage plus court, deuil pour les enfants décédés, début d'empathie. Intrusif Au cours du , particulièrement en Angleterre, les parents cessèrent d'essayer de bloquer la croissance des enfants pour se mettre à essayer de les contrôler et les rendre obéissants. Les parents étaient disposés à leur accorder de l'attention aussi longtemps qu'ils contrôlaient leurs esprits, leurs corps, leur colère et les vies qu'ils menaient. Les parents intrusifs commencèrent à arrêter d'emmailloter leurs enfants. Éducation précoce à la propreté, répression de la sexualité de l'enfant. Les menaces de damnation formèrent l'enfant puritain si familier des premiers ouvrages modernes d'éducation des enfants. D'un autre côté, la fin de l'emmaillotage et du placement chez une nourrice ont rendu possible le décollage fulgurant des avancées scientifiques modernes. Socialisant À partir du , les mères commencèrent à réellement apprécier de s'occuper des enfants, et les pères commencèrent à prendre part au développement des plus jeunes. L'objectif restait de faire intégrer les buts parentaux plutôt que d'encourager l'individuation. La manipulation mentale et la fessée étaient utilisés pour rendre l'enfant obéissant. La menace de la damnation et les sanctions disciplinaires les plus dures incluant l'usage d'objets pour battre l'enfant disparurent. De nos jours, le Mode Socialisant reste le modèle le plus populaire d'éducation des enfants en Amérique du Nord et en Europe de l'Ouest. Usage de la culpabilité, « discipline mentale », humiliation, émergence de l'instruction obligatoire, délégation désirs parentaux inconscients. À mesure que les injonctions parentales continuent à diminuer, le traitement des enfants devient moins un processus de conquête de sa volonté que de formation. La psychoclasse socialisante a construit le monde moderne. Soutenant À partir du milieu du , certains parents adoptèrent le rôle de soutien aidant leurs enfants à atteindre leurs propres buts dans la vie, plutôt que de les « socialiser » en les poussant à accomplir les désirs parentaux. Moins de manipulation psychologique, plus d'amour inconditionnel. Les enfants élevés de cette manière sont bien plus empathiques envers les autres dans la société que les générations précédentes. Mouvement pour les droits de l'enfant, déscolarisation et école libre, accouchement naturel, Taking Children Seriously et abandon de la circoncision. Les psychohistoriens maintiennent que les six modes de maltraitance éducative (à l'exclusion du "mode soutenant") sont reliés à des troubles psychiatriques allant des psychoses aux névroses.