Grauves est une commune française située dans le département de la Marne, en région Grand Est.
Ses habitants sont des Grauviots.
Géographie
Localisation Grauves se situe dans une large vallée de direction sud-est/nord-ouest., créée par le Darcy et entourée par les plateaux de l'est du Bassin parisien, à dix kilomètres au sud d'Épernay. Grauves se trouve dans la région viticole de la Champagne et est généralement rattachée à la côte des Blancs, bien qu'étant sur les coteaux opposés de la montagne d'Avize. La commune s'étend sur selon l'EHESS et selon le cadastre de 2000..
vignette|centre|redresse=1.8|Carte de la commune.
Relief Si l'altitude moyenne dans le village est de ., elle varie de 122 à sur l'ensemble du territoire communal. Ainsi, les plateaux encerclant la commune dépassent les et le hameau de Montgrimaux se situe à plus de d'altitude.. Les coteaux ceinturant le village sont particulièrement pentus et sont appelés « falaise » quand le roc s'y fait à pic. Au pied de ces falaises ou dans d'anciennes carrières, on retrouve notamment des fossiles de coquillages marins. Les falaises grauviotes sont particulièrement fissurées provoquant parfois, comme en 1937 et 2001, des chutes de blocs de roche.
Au nord et à l'est de Grauves, le sommet du plateau calcaire qui surplombe le village est la montagne d'Avize. Elle sépare Grauves d'Avize à l'est, de Cramant au nord-est et de Cuis au nord. Une partie de cette montagne appartient à la commune, il s'agit du bois de Favresse. Si aujourd'hui les plateaux dominants le village sont recouverts de forêts, des prairies, séparées par des bois touffus, occupaient presque tous leurs sommets et ce jusqu'au milieu du . Au sud-ouest, c'est le bois de Grauves qui sépare la vallée du Darcy de celle de Moslins et Morangis tandis qu'au sud-est de la commune c'est le Rouge-Bois qui marque la frontière avec le bois d'Oger.
Géologie et hydrographie Le sous-sol communal se compose de craie et de roc calcaire grossier qui rendent le territoire grauviot humide et saturé d'une eau ruisselante, où l'on trouve plusieurs sources. Le plateau nord-est est constitué d'argiles rouges tandis que celui du sud-ouest est formé d'une terre argilo-siliceuse sparnacienne. La vallée est recouverte d'alluvions dont l'épaisseur varie, étant la plus profonde au pied de la montagne d'Avize en raison de glissements de terrain. En bas des plateaux, le sous-sol est fort sableux. Par ailleurs, dans cette région karstique, la roche est craquelée et creusée de caves souterraines s'effondrant parfois.
On ne compte qu'un étang de taille importante dans les limites administratives de la commune, celui de la Noue, entre Grauves et Fulaine-Saint-Quentin. Il s'étendait dans les années 1950 sur , mais ne cesse de se réduire, approchant aujourd'hui . Approvisionner par les eaux de pluie et du ruissellement, l'étang de la Noue est peu profond. Les autres mares, celles du Darcy, de Montgrimaux et du village, ne dépassent pas les .
La commune est traversée par le ruisseau du Darcy, d'une longueur. de et qui prend sa source sur le territoire d'Oger dans le sol marécageux le bois des Bouleaux, au-dessus du lieu-dit de la Halle aux Vaches, à plus de d'altitude. En contrebas de Monthelon, le Darcy est rejoint par le ruisseau de Mancy, continuité du ruisseau d'Argensolle et mesurant au total de long.. Il se jette finalement dans le Cubry, affluent de la Marne, à Pierry, après avoir arrosé le centre de Grauves ainsi que le hameau moussytier de La Loge Turbanne.
Hydrographie La commune est dans la région hydrographique « la Seine de sa source au confluent de l'Oise (exclu) » au sein du bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par le Darcy..
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de GrauvesLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Deux plans d'eau complètent le réseau hydrographique : la mare du Darcy () et l'étang de la Noue ()..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid ().. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Chouilly à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Environnement
Urbanisme Typologie Au , Grauves est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Épernay, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (50 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (50 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (45,4 %), cultures permanentes (31,5 %), terres arables (16,2 %), zones urbanisées (4,6 %), zones agricoles hétérogènes (2,4 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Morphologie urbaine
Logement En 2007, la commune comptait 283 logements soit 29 de plus qu'en 1999 et 119 de plus qu'en 1968. Parmi ceux-ci 93 % étaient des résidences principales ; le nombre de résidences secondaires restant stable depuis 1990 au nombre de sept. Grauves étant une petite bourgade rurale, on ne dénombrait que sept appartements contre 276 maisons, représentant quant à elles 97,5 % du nombre total de logements. Du fait du poids écrasant des maisons, 69,5 % des résidences principales comprenaient cinq pièces ou plus et 21,8 % en possédaient quatre. Ainsi, seul 8,8 % des logements étaient pourvus de trois pièces ou moins. Le nombre moyen de pièces par domicile était de 5,2 (5,3 pour les maisons contre 2,9 pour les appartements)..
Depuis les années 1960-1970, Grauves connaît un nouveau développement, notamment grâce à l'arrivée de néoruraux, comme viennent en témoigner plusieurs chiffres. D'abord, si environ un quart des résidences principales dataient en 2007 d'avant 1949 et un autre quart des Trente glorieuses, la moitié du parc résidentiel avait ainsi moins de 32 ans en 2007, dont près de 20 % dataient d'après 1990. D'autre part, 35,5 % des ménages résidant dans le village y étaient arrivés depuis moins de 10 ans. Toujours en 2007, une grande majorité des résidences principales (84,7 %) étaient occupées par leurs propriétaires alors que 9,9 % étaient louées. Par ailleurs, seuls deux domiciles n'avaient ni douche, ni baignoire. Enfin, l'enquête de l'Insee de 2007 indiquait également que de plus en plus de Grauviots préféraient le chauffage individuel « tout électrique » puisque leur pourcentage était passé de 19,4 % en 1999 à 27,1 % en 2007.
Voies de communications et transports La principale route desservant la commune est la route départementale 240, en provenance d’Épernay et Monthelon et en direction de Gionges et Oger. Elle traverse le centre du village par les rues d’Épernay, des Buttes et de Vertus. La route départementale 19 vers Avize, par le bois d'Avize, débute depuis la D 240 au hameau du Darcy. La route pour Cuis prolonge les rues du Buat et des Hurlots vers le Nord. Deux routes vont de Grauves à Mancy : une partant de la D 240 à la limite entre les communes et l'autre passant par Montgrimault et Allancourt.
Membre de la communauté d'agglomération Épernay, Coteaux et Plaine de Champagne, Grauves bénéficie du service de transport à la demande (TAD) du réseau Mouvéo.. La commune dispose de quatre arrêts (Rue de Vertus, Mairie, Grand Pré et Montgrimaux Le Lavoir) sur la ligne I entre Grauves et Épernay, qui propose en 2025 deux allers et deux retours par jour (du lundi au samedi hors jours fériés).. Le ramassage scolaire est assuré par le SIVOM du canton d'Avize..
Grauves est relativement isolée dans sa vallée et la route est donc l'unique moyen pour y accéder. D'une part, le Darcy est clairement trop étroit et trop peu profond pour la navigation. L’aérodrome le plus proche est celui de Plivot, à de Grauves. La seule gare ferroviaire à proximité est celle d’Épernay, à environ .
L'automobile a donc une place importante dans les déplacements. Ainsi, en 2022, 94,2 % des ménages de la commune disposent d'au moins une voiture (dont 59,3 % comptent deux voitures ou plus). et 90,4 % des actifs se rendent sur leur lieu de travail en voiture ou en camion..
Toponymie En 1224, le village apparaît pour la première fois dans un document écrit, sur le cartulaire de Saint-Martin d’Épernay, sous le nom de Grava. En 1233, il est fait mention de Graves puis Grauva en 1252, d'après les Archives nationales. En 1300, on retrouve le nom de Grave puis Grauve en 1308. La première utilisation de l'orthographe actuelle apparaît en 1367 ; en 1515, l'abbaye voisine d'Argensolles fait état de Grauvez. Au cours du , on trouve différentes orthographes : Grama en 1542, Grosves ou Grove en 1574 puis Graulve l'année suivante. La présence du s s'affirme au cours du siècle suivant avec Groves (1664) et Graulves (1673).. En 1793, elle possède son nom actuel mais le s final disparaît sur des documents de 1801 jusqu'aux années 1930.. Le gentilé de Grauves est « grauviot » et « grauviotte ».
Le nom Grava proviendrait du latin et signifierait « petite pierre », « endroit caillouteux ». L'abbé Enart lui trouve cependant le sens de « un bois ». Pour d'autres, l'appellation du village proviendrait de grôma ou grûma qui qualifiait le centre du camp romain où était plantée la groma. Néanmoins, la première explication apparaît comme la plus vraisemblable.