Florent-Joseph I Bazelaire (Le Viel-Marché, faubourg de Saint-Dié, - Lunéville, ), avocat au Parlement de Metz, substitut du procureur-général au bailliage de Saint-Dié, prévôt royal de Saint-Dié, lieutenant-général au bailliage de Saint-Dié.

Milieu familial Les Bazelaire pourraient tirer leur nom d'une origine bâloise. À une douzaine de lieues de Bâle, vers 1336, Albrecht Baseler, chevalier, tenait de l’évêque de Strasbourg un fief faisant partie du Haut-Mundat et relevant donc du ban de Rouffach, dans l’actuel Haut-RhinJohan Daniel Schoepflin (1694-1771), L’Alsace illustrée ou son histoire sous les empereurs d’Allenagne et depuis sa réunion à la France, tome (villes impériales – généalogies), Mulhouse : François Perrin, 1852, ..

En tous les cas, les Bazelaire étaient établis dès le en la cité d'Yvoix ou Ivoi, depuis nommée Carignan (Ardennes), dans le Comté de Chiny, où Jehan Bazelaire, dit Petit Jehan (ca 1460 - avant 1505), fut cité à titre posthume dans un acte du . Il comptait plusieurs ecclésiastiques dans sa parenté : Estienne Bazelaire ou Bauzelaire († après le ), religieux de l'ordre de Prémontré, abbé de Mureau de 1499 à 1507Cf. Liasse XX H 12, Archives départementales des Vosges, Épinal, et Liasse B 8, folio 30, Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, Nancy., qui se vit contester la jouissance de la chapellenie de l’ermitage du Bonlieu, à Rouvroy, près de Montmédy, au diocèse de Trèves, en 1510Liasse XX H 119, Archives départementales des Vosges, Épinal. Jehan Bazelaire, curé de Martigny-les-Gerbonvaux, près de Coussey (Vosges), qui fut nommé administrateur de l’hôpital Saint-Éloi de Gerbonvaux par lettres patentes données le par Jehan , comte de Salm (1495-1548)Edmond des Robert, « Moule à gaufre aux armes Bazelaire-Andlau (1728) », in Revue historique de la Lorraine (, fascicule n° 6, novembre-décembre 1931), Nancy : Société d’Archéologie lorraine et du Musée historique lorrain, 1931, 199-204.. Messire Didier Bazelaire († après le ), prêtre du diocèse de Trêves, l'un des six chanoines du chapitre de l’église collégiale d’Ivoix-Carignan en 1581-1588, qui était trésorier de ce chapitre le Cf. notamment « Muno et son prieuré. Notice archéologique » in Institut archéologique du Luxembourg. Annales (tome , ), Arlon : P. -A. Brïick, 1886, 55-56..

Par une transaction du , Florent Bazelaire (ca 1545 - après le ) vendit à son frère Jehan Bazelaire l’Aisné (ca 1530 - après le ) ses droits héréditaires dans la succession paternelle et, fuyant probablement aussi bien les guerres qui achevaient de dévaster le duché de Luxembourg et le comté de Chiny, que la peste qui ravageait la ville d'Yvoix- CarignanCf. M. Jeantin, « Histoire de Montmédy et des localités meusiennes de l’ancien comté de Chiny » ( partie) in Manuel de la Meuse, Nancy : Veuve, 1862, 1290-1292., il alla s'établir à Saint-Dié-des-Vosges. Or, au tout début du , Jehan Bazelaire l’Aisné (ca 1530 - après le ) quitta lui aussi Yvoix pour s'installer à Sainte-Catherine, aujourd'hui en Belgique, dont il était bourgeois en 1605 et échevin en 1607. Jehan avait épousé en premières noces, avant le , une damoiselle Le Menusier, et en secondes noces, avant le , damoiselle Poncette Anthoine dite de Roussel († après le ).

Son fils, Jehan Bazelaire le Jeune (Yvoix ca 1550 - après le ), « bourgeois d’Yvoix-Carignan » en 1577, obtint de Salentin de Wahl, écuyer, prévôt d’Yvoix, de son beau-frère Martin Chardel, « chastelaijn héréditable et recepveur » d’Yvoix, de Thiébault de Hézecques, seigneur d’Inor et de Messencourt, de Poncelet Bonny, lieutenant, ainsi que de Jehan La Briche, Gérard du Mont, et Jacquemin Henriot, jurés, et de Jacquemin Corpel, clerc juré, un jugement du basé sur des reconnaissances émanant des justices de Neufchâteau et du Pays messin ainsi que sur des titres authentiques, établissant sa noblesse et celle de « ses prédécesseurs, ayeux, bisayeuls, parens et alliés »Louis de Bazelaire de Saulcy, Généalogie de la famille de Bazelaire en Lorraine, Toulouse : P. Rivière, 1882.. Toutefois, à Saint-Dié-des-Vosges, la descendance de Florent Bazelaire tomba rapidement dans la roture et abandonna le style de vie et les attributs de la noblesse, jusqu'à la seconde moitié du où elle amorça un processus d'ascension sociale.

Naissance Baptisé le en l’église Saint-Martin du Viel-Marché, faubourg de Saint-Dié-des-Vosges, Florent-Joseph I Bazelaire fut le filleul de Paul I Dolmaire (1623-1709), seigneur de Provenchères-sur-Fave, de La Tressonnerie, et d’Anould en partie, juge civil et criminel ès sièges bailliager et prévôtal de Saint-Dié, et de dame Marguerite Lhuillier de Spitzemberg, femme de Gérard de La Grandmaison, capitaine au régiment de L’Huillier-Infanterie, qui demeurait place de La Grandmaison à RambervillersRegistres de baptêmes de la paroisse Saint-Martin du Viel-Marché (Saint-Dié-des-Vosges) de 1652 à 1675, ‘’Ms 1712’’ microfilmé puis numérisé sous la cote 10NUM65682/EDPT419/GG_20 aux Archives départementales des Vosges, Épinal. Cf. http://www.vosges-archives.com/ArchivesEnLigne/Recherches/. Troisième enfant et deuxième fils de Florent III Bazelaire (Le Viel-Marché, probablement le - ibidem, ), conseiller de police et maître des postes à Saint-Dié-des-Vosges, et de sa femme Anne Gérardin (Saint-Dié-des-Vosges, probablement le - mariée à Saint-Dié-des-Vosges, - Le Viel-Marché, ), il était ainsi l'un des frères du révérend père Célestin de Saint-Dié, provincial des capucins de Nancy à trois reprises.

Formation et charges Après avoir étudié le droit en l’université de Pont-à-Mousson, Florent-Joseph I Bazelaire fut reçu avocat en la cour du Parlement de Metz le Cf. Emmanuel Michel, ‘’Biographie du parlement de Metz’’, Metz : Nouvian, 1853, p. 19. Signalons que le parlement de Metz fut créé le par le roi Louis XIII, siégea à Toul à partir du , avant de faire retour à Metz le . Supprimé par édit du , il vit son ressort intégré à la cour souveraine de Nancy, avant son rétablissement à Metz, le 26 septembre 1775., Substitut du procureur général au bailliage de Saint-Dié, Val-de-Lièvre et Saint-Hyppolite dès le , prévôt royal en la prévôté de Saint-Dié du au au moins, il exerça ensuite la charge de lieutenant-général et chef de police au siège bailliager de Saint-Dié du au au moins. À sa suite, «pendant plus d'un siècle, la charge de lieutenant-général du bailliage fut occupée par des membres de la famille de Bazelaire», en particulier par son fils, Charles-Joseph, puis, après la mort de celui-ci, par son frère, Charles Bazelaire Edouard Ferry et Gaston Save, Bulletin de la Société philomatique vosgienne, , 1888 - 1889, Imprimerie L. Humbert, Saint-Dié, 1889, page 214. Par acte passé le , il acquit la terre et seigneurie de Lesseux, comprenant Lesseux, Lusse, Colroy, Neuvillers, Beulay, Provenchères et Raves, érigée en comté par lettres patentes de Charles, duc de Lorraine, données le à Nancy.

Armes En 1701, Florent-Joseph I Bazelaire fut le dernier à enregistrer ses armes en l’Armorial général colorié de la province de Lorraine pour le bureau de Saint-Dié, suivant l’ordre du registre I (n° 27)Folio 122 dans le volume écrit, intitulé Armorial général (ms. Fr. 32.211), ou bien folio 183 dans le volume peint, intitulé Armorial général. Blasons coloriés (ms. fr. 33.245).. Estropié, son patronyme devint Bayelaire, comme l’a fait remarquer en son temps Henri Bardy (1829-1909), dans « L’Armorial de Saint-Dié en 1697 »Cf. Bulletin de la Société philomatique vosgienne [année 1905-1906], Saint-Dié : C. Cuny, 1905, p. 13.. Bien qu’il ne fût accompagné d’aucun prénom, on peut croire qu’il désignait le futur lieutenant-général de Saint-Dié ou son frère Charles I. On notera l’aspect luxembourgeois du blason enregistré : « party d’argent et de sinople ; et un chef de gueules, chargé de trois merlettes [rangées] d’argent » ; tout en rappelant celui des seigneurs de Belvaux et celui des d’Aspremont justement dits aux Merlettes, son chef est exactement celui que portèrent les seigneurs de Clervaux et de Meysembourg.

Confirmation et rehabilitation d'ancienne noblesse et anoblissement (1705) Florent-Joseph I Bazelaire et son frère Charles Bazelaire, ayant remontré qu'ils étaient issus de l'ancienne famille noble des Bazelaire en la province de Montmedy, reçurent d’une part des lettres patentes de confirmation et de réhabilitation d'ancienne noblesse et d’autre part des lettres patentes d'anoblissement, données ensemble le à Lunéville par Léopold Ier de Lorraine. Par les premières lettres patentes, le duc Léopold voulait «qu'ils soient tenus censéz et réputés pour nobles d'ancienne extraction, qu'en cette qualité ils puissent parvenir a tous degrés de chevallerie et autres tiltres et dignitéz réservéz a l'ancienne noblesse». Dans les secondes lettres patentes, le duc Léopold indiquait à propos de Florent-Joseph : « nostre cher et féal Florent-Joseph Bazelaire, lieutenant général et chef de police en nostre siège bailliager de St-Diey et nostre cher et bien-aimé Charles Bazelaire, son frère, advocat en nostre cour souveraine, nous ayant remontré que pour parvenir à cette éminente qualité, ils se seroient addonnez dès leur jeunesse à l’estude des belles lettres, et y auroient fait assez de progrès pour que ledit Florent-Joseph Bazelaire eut à la vingt-quatrième année de son âge, esté estimé digne par nostre très cher et très honoré grand-oncle Charles IV, d’heureuse mémoire, de posséder la charge de substitut de nostre procureur général ès-offices de St-Diey, Val-de-Liepvre et St-Hypolite, et peu de temps après celle de prévost dudit St-Diey ; lesquelles [charges] il a toujours exercé[es] avec intégrité, et au contentement du publiq, suivant les tesmoignages qu’on nous en a rendus, de mesme que de sa capacité et de son mérite ; ce qui nous porta, peu après nostre avènement à la Couronne, à le pourvoir de l’estat et office de lieutenant-général et chef de police en nostre siège bailliager dudit St-Diey, dans lequel il s’est pareillement comporté, avec toutte la probité, la prudence et le sage conduite que nous pouvions désirer, ainsy qu’en plusieurs commissions dont nous l’avons depuis honoré et desquelles il s’est acquitté de mesme à nostre satisfaction »Cf. Registre B 124, folio 199 verso et 200 recto, Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, Nancy.. Il fut parrain à une trentaine de reprises en l’insigne église de Saint-Dié.

Mariage Florent-Joseph I Bazelaire épousa le en l’église paroissiale Saint-Jacques de Lunéville, damoiselle Françoise Parxel ou Parcelle (Lunéville, ou – Saint-Dié-des-Vosges, ), aînée des enfants d’honorable homme Nicolas Parcel dit des Roger († à Lunéville, le ), cavalier dans une compagnie de Chevau-Légers du régiment du maréchal de La Ferté-Sénecterre en 1654, hôtelier en 1660, en la grand rue de Lunéville où pend l’enseigne de La Couronne en 1673, cofondateur de l’ermitage de Sainte-Anne à Deuxville, et de son épouse Jacquatte ou Jacqueline Géneval (Lunéville, – y mariée le – ibidem, )Cf. Chanoine Albert Bruneau (1907-1991), Généalogies de toutes les familles de Lunéville (de 1562 à 1792) d’après les registres paroissiaux, manuscrit photocopié et consultable en usuel aux Archives départementales de Nancy, sous la cote 44J 328..

Postérité Mort le à Lunéville, « estant au lit malade dans une chambre au derrière de la maison du sieur Jean-Pierre Le Brun, son beau-frère »D’une famille anoblie par lettres patentes données à Nancy le , Jean-Pierre Le Brun, prévôt et chef de police à Lunéville, avait en effet épousé Marie-Antoinette Parcel, sœur de Françoise., Florent-Joseph I Bazelaire fut inhumé le surlendemain, aux côtés de sa femme, dans le cloître de l’insigne église de Saint-Dié-des-Vosges, « proche la porte de l’église Notre-Dame » de Galilée. Il a laissé 9 enfants de sa femme Françoise Parxel :