Le Suroît, également appelé le Haut-Saint-Laurent ou le Sud-Ouest, est une région géographique et historique du Québec située au sud-ouest de la plaine du Saint-Laurent. Son territoire correspond à la partie ouest de la région administrative de la Montérégie et à l'ancienne sous-région de la Vallée-du-Haut-Saint-Laurent.
Géographie vignette|gauche|Rivière Châteauguay à Sainte-Martine. vignette|gauche|Montagne de Rigaud.
Territoire Le Suroît englobe historiquement les territoires des actuelles municipalités régionales de comté (MRC) de Vaudreuil-Soulanges, du Haut-Saint-Laurent, de Beauharnois-Salaberry, la ville de Châteauguay et ses environs, de même que le sud de la MRC des Jardins-de-Napierville.
Le pays du Suroît prend ses racines dans la partie sud-ouest de la Montérégie.. Sa limite se dessine, au nord et à l'ouest, le long de la rivière des Outaouais, à partir de l'île Perrot jusqu'à Rigaud puis la frontière de l'Ontario puis celle de l'État de New York. Si la limite ouest de la région ne pose pas d’ambiguïté – étant toujours la frontière au sud de l'Outaouais – la limite est varie selon les auteurs. Suivant la définition la plus restrictive, la limite est engloberait Covey Hill jusqu'à Beauharnois. Pour d'autres, la région s'étend entre les rivières Richelieu et des Outaouais.. Le Suroît est souvent assimilé au Haut-Saint-Laurent ou Vallée-du-Haut-Saint-Laurent. La région couvre ainsi, par extension, la totalité des MRC des Jardins-de-Napierville et de Roussillon..
La région comprend ainsi la presqu'île de Vaudreuil-Soulanges, l'ile Perrot, le bassin versant de la rivière Châteauguay, la plaine au nord des Adirondacks et la plaine entre le lac Champlain et le bassin de Laprairie. Le Suroît est borné au nord par la région des Laurentides et l'île de Montréal, desquelles elle est séparée respectivement par la rivière des Outaouais (lac des Deux Montagnes) et le fleuve Saint-Laurent (lac Saint-Louis). La région est bornée au nord-est par l'agglomération de Longueuil, à l'est par la région du Richelieu, au sud par le de l'État de New York et à l'ouest par l'Est de l'Ontario, carte.. Elle couvre une superficie totale de , dont terrestres.
Le Suroît chevauche un territoire urbanisé au nord, en continuité de la région métropolitaine de Montréal, et un ensemble rural à l'ouest et au sud. Une partie significative de la région se trouve donc à l'intérieur du territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal.
Relief, climat et hydrographie Le Suroît se situe dans les basses-terres du Saint-Laurent. Il constitue une dénivellation importante entre le lac Saint-François en amont du fleuve Saint-Laurent et le lac Saint-Louis en aval, passant de d'altitude à et formant une série de cascades.. Le relief est relativement plat, hormis les élévations comme la montagne de Rigaud, qui s'élève à , carte. et le piedmont des Adirondacks dans la zone frontalière Haut-Saint-Laurent..
La région du Suroît tire son nom de suroît, qui désigne le vent du sud-ouest, terme qui origine du mot normand surouet. Ce vent dominant, annonciateur de ciel bleu et de réchauffement du temps, conditionne le climat régional. Le Suroît est ainsi la région la plus chaude du Québec et son climat est agréable en raison de l'effet tempérant des importants plans d’eau qui s'y trouvent.
La région est arrosée par le fleuve Saint-Laurent, la rivière des Outaouais, les lacs fluviaux Saint-François, Saint-Louis et des Deux Montagnes. Plusieurs tributaires arrosent la région, notamment les rivières Châteauguay, Saint-Louis, de la Tortue, Rigaud, à la Raquette, Rouge, Beaudette.
Flore et faune Le maskinongé, l'achigan, la perchaude, le doré, le brochet, l'esturgeon jaune, la carpeallemande et le brochet maillé vivent dans les eaux du fleuve Saint-Laurent dans la région.
Urbanisme Occupation du territoire vignette|gauche|Maison Sauvageau-Sweeny à Mercier. gauche|vignette|Centrale de Beauharnois. Le territoire est en grande partie occupé par l'agriculture. Les forêts, essentiellement de feuillus, se retrouvent sur la montagne de Rigaud et une bande couvrant Saint-Lazare et Hudson, à Kahnawake, de même que le territoire limitrophe de la frontière américaine.
Transport La structure des réseaux de transport du Suroît s'explique par sa position géographique, d'une part comme lieu de passage obligé entre le Québec, l'Ontario et l'état de New York, d'autre part par sa proximité de Montréal. Le réseau routier s'articule autour de quatre autoroutes principales traversant son territoire. Celles-ci se développent dans l'axe de Vaudreuil-Soulanges de même que dans l'axe du bassin de La Prairie-Lac Champlain, et enfin en ceinture de Montréal. L'autoroute du Souvenir (A-20) relie Montréal à Toronto et Détroit vers le sud-ouest. L'autoroute Félix-Leclerc (A-40), segment de la route Transcanadienne, relie Montréal à Ottawa et Winnipeg à l'ouest. L'autoroute 15 relie Montréal à New York par le poste frontalier de Saint-Bernard-de-Lacolle. L'autoroute de l'Acier (A-30) relie Vaudreuil-Dorion à Candiac et Sorel-Tracy au nord-est. Cette voie relie les différentes parties de la Montérégie et remplit le rôle de ceinture périphérique sud de Montréal.
Le réseau routier supérieur comprend trois routes principales : la route 138 (ancienne route 4) longe la rivière Châteauguay et relie l'état de New York à la hauteur d'Elgin à Montréal; la route 201, de classe nationale et régionale, traverse le Suroît entre Rigaud et Franklin. La présence de plusieurs cours d'eau et plans d'eau majeurs amène plusieurs ponts et liens fluviaux. Deux ponts traversent le fleuve Saint-Laurent entre Vaudreuil-Soulanges et Salaberry-de-Valleyfield, soit les ponts Monseigneur-Langlois (R-201) et Serge-Marcil (A-30). Entre Vaudreuil-Soulanges et Montréal, trois ponts franchissent l'Outaouais, soit le pont de l'Île-aux-Tourtes (A-40) de même que les ponts Taschereau et Galipeault (A-20) desservant l'île Perrot. Trois routes relient l'Ontario et les municipalités de Vaudreuil-Soulanges entre elles dans l'axe est-ouest convergent vers Vaudreuil-Dorion. Ce sont : le chemin du Fleuve (R-338 et ancienne route 2), longeant le fleuve Saint-Laurent et le canal de Soulanges, le chemin de la Cité-des-Jeunes (R-340) entre Saint-Télesphore et Saint-Lazare, et le chemin Harwood (R-342 et ancienne route 17), parallèle au lac des Deux Montagnes en direction de Pointe-Fortune et Hawkesbury. La route 325, collectrice, relie les municipalités rurales de l'ouest du territoire entre Rivière-Beaudette et Rigaud. Trois services de navette fluviale assurent des liaisons l'été entre Vaudreuil-Soulanges et Beauharnois-Salaberry, soit Les Coteaux/Salaberry-de-Valleyfield, Les Cèdres/Salaberry-de-Valleyfield et Beauharnois/Notre-Dame-de-l'Île-Perrot, et deux services de traversier permettent les déplacements par le lac des Deux-Montagnes vers les Basses-Laurentides, soit les traverses de Pointe-Fortune-Carillon et d'Oka-Hudson, carte.. Le réseau cyclable du Suroît propose 174 km de pisteRéseau cyclable du Suroît.
La région du Suroît est bien desservie par le transport collectif grâce aux services d'Exo, de la Société de transport de Salaberry-de-Valleyfield, des MRC de Beauharnois-Salaberry, du Haut-Saint-Laurent et de Vaudreuil-Soulanges. On compte sur son territoire cinq gares de trains de banlieue, toutes sur la ligne Exo 1, qui relie Hudson à Montréal en 1h15. On y retrouve 33 circuits d'autobus, tant locaux que intermunicipaux. Toutes les MRC de la région du Suroît offrent à leurs résidents un service de taxibus, permettant de se déplacer dans la région, et ce, à moindre coût.
Histoire vignette|gauche|Site archéologique Droulers-Tsiionhiakwatha à Saint-Anicet. Le toponyme du Suroît désigne un vent du sud-ouest qui origine du mot normand surouet La particularité géographique du Suroît, à la confluence de l'Outaouais et du Saint-Laurent en amont de l'archipel d'Hochelaga dans une zone de rapides sur le fleuve, détermine son histoire à toutes les époques, que ce soit chez les Amérindiens, en Nouvelle-France, sous le régime britannique ou au cours de la Confédération canadienne. De tout temps, les « Rapides-d'en-Haut » sont tantôt un verrou, tantôt une voie de pénétration, à la fois frontière réelle et zone de contact. Peu de régions sont ainsi liées à toute l'histoire économique canadienne. Les Amérindiens s'alimentent beaucoup de poisson, nombreux dans les nombreux cours d'eau.
Étienne Brûlé, considéré comme le premier Ontarois, est le premier Européen à naviguer sur l'Outaouais. Lors de la colonisation française, les rapides entre les lacs Saint-François et Saint-Louis rendent difficile la remontée du Saint-Laurent, la rivière des Outaouais devient ainsi la voie de pénétration des explorateurs puis de la traite des fourrures, les gouverneurs François-Marie Perrot puis Pierre de Rigaud de Vaudreuil installeront ainsi des comptoirs dans leurs seigneuries respectives de L'Île-Perrot et de Rigaud, la première en amont de Ville-Marie, la seconde stratégiquement située près des rapides de Carillon, qui y obligent le portage et donc un arrêt des voyageurs.
L'ouverture successive de canaux de gabarits toujours plus imposants, tant du côté de Soulanges, avec le canal de Coteau-du-Lac en 1783, le canal des Cascades en 1805, le premier canal de Soulanges inauguré en 1899, que du côté de Beauharnois, avec le premier canal de Beauharnois ouvert en 1845 et le canal actuel de Beauharnois en 1959., permettent à la région de se développer.
De 2004 à 2015, la région du Suroît a été reconnue comme sous-région de la Montérégie, portant le nom temporaire de Montérégie-Ouest puis nommée Vallée-du-Haut-Saint-Laurent. Une conférence régionale des élus rassemblait les représentants de la population.. Cette structure a été abolie en 2015 à l'instar de toutes les conférences régionales des élus du QuébecFoire aux questions - Dissolution des conférences régionales des élus.
Chronologie {| class="wikitable alternance centre" |+ Événements au Suroît
! scope="col" | Événement
! scope="row" | 6500 | Premières traces de la présence de Paléoindiens sur l'île Thompson (lac Saint-François)
! scope="row" | 3000 | Expéditions de chasse et pêche des Amérindiens de l'Archaïque dans l'archipel de Coteau-du-Lac
! scope="row" | 1450-1500 | Village iroquoïen sur le site de Saint-Anicet |- ! scope="row" | 1715 | Implantation de colons français sur le territoire des Cèdres |- ! scope="row" | 1780 | Construction du canal de Coteau-du-Lac |- ! scope="row" | 1792 | Création du comté de Huntingdon |- ! scope="row" | 1799-1811 | Concession des cantons du Haut-Saint-Laurent |- ! scope="row" | 1801 | Fondation de plusieurs écoles dans les cantons anglophones |- ! scope="row" | 1813 | Bataille de la Châteauguay |- ! scope="row" | 1819 | Début des services de bateau à vapeur sur les lacs Saint-Louis, Saint-François et des Deux Montagnes |- ! scope="row" | 1836 | Rattachement des paroisses catholiques de la région au nouveau diocèse de Montréal |- ! scope="row" | 1838 | Combat des Patriotes à Beauharnois |- ! scope="row" | 1839 | Village de Napierville dévasté |- ! scope="row" | 1842-1845 | Construction du canal de Beauharnois |- ! scope="row" | 1855 | Constitution des premières municipalités |- ! scope="row" | 1857 | Création du district judiciaire de Beauharnois, les comtés de Vaudreuil et de Soulanges demeurent les seuls des environs de Montréal à dépendre du district de Montréal. |- ! scope="row" | 1873 | Ouverture de la première beurrerie canadienne à Athelstan (Howick) |- ! scope="row" | 1878 | Ouverture de l'usine de textiles de la Montreal Cottons à Salaberry-de-Valleyfield |- ! scope="row" | 1887|Ouverture de la ligne de trains de banlieue Lakeshore West par le CP, renommée Montréal/Dorion-Rigaud par la CTCUM et devenue exo 1 en 2018. |- ! scope="row" | 1912 | Réouverture de l'Hôtel-Dieu à Salaberry-de-Valleyfield |- ! scope="row" | 1930-1932