thumb|Couverture du premier numéro Le Nigog est une revue littéraire canadienne fondée en janvier 1918 à Montréal, au Québec.

Historique

Le Nigog est fondé en 1918 par l'architecte Fernand Préfontaine, l'écrivain Robert de Roquebrune et le pianiste, compositeur et critique musical Léo-Pol Morin. C'est chez Préfontaine, qui tient salon à Westmount, que jaillit l'idée. Un nigog est un mot autochtone désignant un outil pour harponner le saumon. Le but avoué de la revue, fortement influencée par les tendances culturelles provenant de Paris, est d'éveiller la curiosité des Canadiens français pour la littérature et l'art contemporains. La figure mythique d'Émile Nelligan symbolise la valeur fondamentale de la revue: l'autonomie de l'ArtLittérature québécoise : Les « Exotiques ». Or l'art se soucie peu du contexte social ou politiqueMichel Biron et al., Histoire de la littérature québécoise, Montréal, Boréal, . .

En 1918, une querelle oppose deux conceptions de l'art canadien. La revue Le Nigog défend que l'art canadien est celui réalisé par des Canadiens, mais qu'il n'a pas besoin de parler du Canada tandis que pour la revue Le Terroir l'art canadien est celui qui parle du CanadaFortin, Andrée, « De l’art et de l’identité collective au Québec », Recherches sociographiques, vol. 52, n° 1, 2011, p. 49‑70..

Outre les fondateurs, le bloc de rédaction énumère près de quarante collaborateurs, dont René Chopin, Guy Delahaye, Jean Loranger et Victor Barbeau. Rapidement, la revue s'attire des ennemis en raison de son idéologie qui proclame la primauté de la forme sur le sujet. Sa parution apparaît en fait comme le point culminant de la bataille entre les régionalistes et les exotiquesMichel Biron et al., Histoire de la littérature québécoise, Montréal, Boréal, . . La réaction est forte : L'Action française, qui défend le régionalisme dénonce l'exotisme en littératureAnnette Hayward, La Querelle du régionalisme au Québec (1904-1931). Vers l'autonomisation de la littérature québécoise, Le Nordir, 2007, . . La revue ferme ses portes après la Première Guerre mondiale, alors que ses principaux animateurs, Morin, Roquebrune, Préfontaine, Dugas, Panneton et Barbeau quittent le Québec pour la France<ref>[https://agora.qc.ca/dossiers/tribu_des_casoars L'Agora, La tribu des Casoars « Exotiques »]</ref>. Après la disparition du Nigog, le débat se poursuit dans les pages de La Presse, où Victor Barbeau publie une série d'articles incendiaires.

Liste des principaux artisans du Nigog vignette|upright=1.7|Quelques-uns des collaborateurs à Saint-Hilaire, le 4 mai 1918 Près de 30 collaborateurs sont impliqués dans la revue. Fernand Préfontaine, architecte Robert de Roquebrune, écrivain Léo-Pol Morin, pianiste, compositeur et critique musical Ozias Leduc, peintre René Chopin, écrivain Marcel Dugas, écrivain Jean-Aubert Loranger, écrivain Victor Barbeau, écrivain Adrien Hébert, peintre Alfred Laliberté, sculpteur Paul Morin, écrivain Jean-Charles Drouin, écrivain

Notes et références

Annexes Bibliographie Annette Hayward, La Querelle du régionalisme au Québec (1904-1931). Vers l'autonomisation de la littérature québécoise, Le Nordir, 2007, 622 p. Le Nigog'', Montréal, Réimpression à l'identique des 12 numéros: janvier à , Comeau & Nadeau, 1998

Liens externes

Article sur le Nigog dans l'Encyclopédie canadienne

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