Loivre est une commune française, située dans le département de la Marne en région Grand Est.
Géographie vignette|gauche|Canal de l’Aisne à la Marne : maison de l'écluse au lieu-dit les Fontaines.
Le village a été établi dans la plaine Nord-champenoise qui est dominée à l'ouest par le massif de Saint-Thierry. Au sud, elle est dominée par la « butte » de Brimont sur laquelle fut édifié un fort qui faisait partie de la ceinture de défense de la ville de Reims. Il fut un enjeu important des combats de la Première Guerre mondiale dans le secteur. Au nord-ouest de la commune, une légère surélévation sur laquelle furent implantés des moulins à vent.
La commune est située à une dizaine de kilomètres au nord de Reims entre deux anciennes voies romaines dont le tracé est conservé par la (Reims - Laon via Berry-au-Bac) et la . Elle est sur l'axe est-ouest qu'est la de Bourgogne à Fismes.
Le territoire communal est traversé de nord en sud par : les deux anciennes voies romaines déjà citées, par l'autoroute A 26 dite l'autoroute des Anglais, le canal de l'Aisne à la Marne avec deux écluses et un port, une ligne ferroviaire (Reims - Laon) qui fonctionne encore aujourd'hui avec une halte ferroviaire et desservie par la ligne de Reims à Laon du TER Champagne-Ardenne, la vallée de la Loivre qui prend sa source au lieu-dit des Fontaines sur la commune. La Loivre est un affluent de l'Aisne qu'elle rejoint à Berry-au-Bac. Autrefois petit centre industriel et agroalimentaire avec sa sucrerie et sa verrerie, la commune est un village-dortoir dont la population travaille principalement sur l'agglomération rémoise.
Environnement La commune possède une zone humide protégée (vallée de la Loivre).
La commune est aussi un village fleuri avec deux fleurs.
Hydrographie Réseau hydrographique La commune est dans la région hydrographique « la Seine du confluent de l'Oise (inclus) à l'embouchure » au sein du bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par le canal de la Marne à l'Aisne, la Loivre et le ruisseau de Rabassa..
Depuis 1866, le canal de l'Aisne à la Marne reliant Berry-au-Bac à Condé-sur-Marne permet à Reims d'avoir un accès à la Marne à partir des canaux de l'Aisne. Construit à partir du , ce canal à bief de partage possède une longueur de et a permis, lorsque cette voie maritime a été reliée en 1861 par le canal de la Marne au Rhin, de former une grande ligne de navigation qui permit de relier Strasbourg à Lille en passant par le Rhin. Il est mis au gabarit Freycinet entre 1878 et 1883 .
La Loivre, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans l'Aisne à Berry-au-Bac, après avoir traversé .
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de LoivreLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Aisne Vesle Suippe ». Ce document de planification, dont le territoire s’étend sur répartis sur trois départements (Aisne, Marne et Ardennes) et deux régions (Champagne-Ardenne et Picardie), a été approuvé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le Syndicat d’aménagement des bassins Aisne Vesle Suippe (SIABAVES)..
La qualité des cours d’eau peut être consultée sur un site géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid ().. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Chambrecy à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Loivre est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Reims, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (88,4 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (89,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (85,9 %), zones urbanisées (7,7 %), forêts (3,8 %), zones agricoles hétérogènes (2,6 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes Louvria (1159-1181) ; Lovria (1182) ; Oivre (vers 1220) ; Libera (vers 1260) ; Loyvre (1334) ; Loivres (1344) ; Loivre (1386)..
La rivière la Loivre a donné son hydronyme à la commune où elle prend sa source.
Histoire Origines L'origine de la commune est à ce jour incertaine. Elle peut cependant être liée à un établissement d'exploitation agricole gallo-romain. L'église qui a été détruite lors du premier conflit mondial, avait été construite au lieu-dit le Champ Vert au .
L'agriculture a été l'élément dynamique du développement et de l'économie de la commune jusqu'au . Les moulins encore présents avant la Première Guerre mondiale sur les hauteurs au nord-ouest de la commune en attestait l'importance.
Le château des Fontaines Le château des Fontaines a été construit par les seigneurs de Loivre vers le au lieu-dit des Fontaines. Il fut reconstruit au et comprenait alors un corps deux logis, deux pavillons et un grand parc aménagé au et qui descendait jusqu'à la Loivre.
Le moulin Berriot Le moulin à vent fut construit vers 1800 au lieu-dit le Beauscher par la famille Beriot, une dynastie de meuniers.
Le développement industriel
Un développement lié aux infrastructures de transport Petit bourg de plaine entre deux voies de circulation antiques, la commune va connaître un essor important avec la réalisation au de deux infrastructures importantes : le canal de l'Aisne à la Marne et la voie ferrée qui va relier Reims à Laon. Le canal de l'Aisne à la Marne de type Freyssinet a été achevé en 1866. Il comportait sur la commune de Loivre un port entre deux écluses. La voie ferroviaire est mise en service en 1857 par la Compagnie des chemins de fer des Ardennes et relie Reims à Laon. Ces deux infrastructures majeures vont permettre l'établissement d'une sucrerie et aussi d'une verrerie. vignette|La sucrerie détruite lors de la Grande Guerre.
La verrerie - 1854 vignette|Carte postale de la verrerie. Eugène-Louis de Bigault de Granrut (1828-1894) qui épousa, en 1859, Isabelle De Boullenois de Senuc (1838-1908), et son frère Gabriel-Alfred de Bigault de Granrut (1827-1904) prirent la décision d’éteindre une partie des fours de la vallée du Four de Paris aux Islettes, en Argonne, devenus peu rentables et de délocaliser leur activité à Loivre. Leur sœur Marie-Emilie de Bigault de Granrut était mariée à Marie-Charles-Auguste Ruinart de Brimont dont les ancêtres étaient originaires de Loivre..
En 1853, ils se portèrent acquéreur du domaine des Fontaines, à Loivre, château et fermes et édifièrent en bordure du canal de l’Aisne, une verrerie pour répondre au marché des bouteilles de Champagne. Leur beau-frère Henry de Boullenois les rejoignit. Avec des millions de bouteilles, produites chaque année, elle fut rapidement célèbre et rentable. Dès 1855, la verrerie Granrut frères occupe un stand à la première exposition universelle de Paris. Eugène est mort en 1894 à Loivre, au château des Fontaines et inhumé dans le cimetière des Alleux dans les Ardennes où il avait acheté le domaine de Maison-Rouge. Sa tombe fut transférée ensuite à Senuc le pays de son épouse. Charles Marie Joseph Albert Louis comte de Bigault de Granrut succéda à son père et repris le titre de maître verrier, d’abord en société avec sa mère et sa sœur Lucie Marie Gabrielle Angèle de Bigault de Granrut (1862-1942), puis seul à partir de 1899. Il épousa en 1892 Paule Charlotte Henriette de Puget de Barbentane de Cabassol du Real (1865-1936) et habitèrent le château des Fontaines à Loivre et le Four de Paris. Sa sœur Lucie, qui avait épousé Maurice Guy Marie Gautier de Charnace (1857-1923) habitait le château d'Aulnois à Aulnois-sur-Seille..
La sucrerie - 1885 vignette|Colonne de soldats allemands entre Loivre et Brimont, dans le département de Marne, en France, en 1918.
La sucrerie a été par MM. Chovet et Thiery sur des terrains actuellement rues de Verdun et de Courcy qui utilisa le port du canal pour ses expéditions. Son directeur, M. Lemaire mourut au champ d'honneur. Après la guerre la sucrerie fusionna avec celle de Condé-sur-Suippes. Près de la verrerie était aussi installée, avant la Première Guerre mondiale, une fabrique de paillons utilisés pour le transport des bouteilles et qui fonctionna jusqu'en 1930.
La Motterie Jusqu'à la Première Guerre mondiale, il existait à Loivre à l'emplacement de ce qui est devenu ensuite une décharge, une motterie, lieu d'extraction de mottes de craies qui servaient pour la fabrication du blanc d'Espagne. Les galeries d'exploitations servirent de champignonnières. La Motterie fut détruite lors de la Première Guerre mondiale. C'est l'ancien mécanicien de l'aviateur Guynemer, le colonel Pinot qui remit le site en exploitation à partir de 1945 avec l'entreprise MEAC (marnages et épandages d'amendements calcaires) jusque dans les années 1960.
La gendarmerie À proximité immédiate de l'axe important qu'est la RN 44, Loivre est dotée d'une gendarmerie qui sera construite rue de la Vinderie (aujourd'hui rue du Général-Leclerc). La gendarmerie sera reconstruite le long du CD 30 avec deux bâtiments pour loger les gendarmes. Elle sera reconstruite en 1985 pour la gendarmerie actuelle.