Ihor Myronovytch Kalynets (en ), né le à Chodorów dans la voïvodie de Lwów (Pologne) et mort le à Lviv, est un poète ukrainien et dissident soviétique.
Il est lauréat du prix national Taras-Chevtchenko pour le livre Treize Analogies en 1992. Son épouse est la poétesse et écrivaine ukrainienne Iryna Kalynets.
Biographie Ihor Kalynets naît à Khodoriv. Il est le fils d'un agronome, et ses parents s'appliquent à respecter les traditions culturelles de l'Ukraine. Dans son enfance, Kalynets a lu de la littérature interdite en ukrainien et observé la déportation de masse des Ukrainiens par les communistes. Ihor Kalynets a reçu un diplôme de l'université de Lviv en 1961. Il a commencé à écrire dans les années 1950 et son premier recueil de poèmes a été édité en 1966. En raison de la censure, le reste de son travail a été édité à l'Ouest en ukrainienWalter M. Cummins, Frontières de décalage : Poésie de l'Europe de l'Est des années 1980, édité par l'université Fairleigh Dickinson,1993.. Il est l'ami des poètes Ivan Dratch et Ivan Dziouba.
Arrestation Ihor Kalynets étant « un nationaliste bourgeois ukrainien » qui s'était opposé aux politiques de russification et à l’anarchie soviétique générale, il a été condamné à neuf ans de camp de travail et à l'exil. Son épouse a été arrêtée en . Ihor Kalynets a refusé de coopérer avec le KGB et a commencé à se comporter d'une façon provocante. En , le du Parti communiste d'Ukraine dénonce la poésie de Kalynets comme « répréhensible », d’autant plus qu'il a autorisé la publication de ses œuvres à l'Ouest. Kalynets est alors accusé au motif qu’il « lance un appel voilé à la lutte contre le gouvernement soviétique », « réclame une renaissance de l'Église uniate », « présente secrètement l'idée que les Ukrainiens sont opprimés par le gouvernement soviétique » et « articule une idéologie nationaliste avec la nostalgie pour le passé et pour un état indépendant ». Accusé d'activités anti-soviétiques, il est arrêté le et condamné le à six ans de camp de travail et à trois ans d'exil par une cour siégeant à huis clos. La sentence a été exécutée au camp politique de Perm. En prison, il a participé au mouvement de résistance. Il a été impliqué dans des grèves de faim, des appels écrits et dans l'écriture de chroniques de la vie dans les camps. vignette|redresse|gauche|Iryna et Ihor Kalynets en 1961. Il a été marié à Iryna Kalynets qui s'est activement opposée à la suppression des Églises catholiques orientales et fut professeur de langue ukrainienne et de littérature à l'université nationale polytechnique de Lviv. Elle a également passé six ans dans un camp de travail pénitentiaire.
Écriture Un des thèmes principaux de la poésie d'Ihor Kalynets est la glorification culturelleDanylo Struk, « Le résumé du silence : La poésie d'Ihor Kalynets », Revue slave, vol. 38, numéro 1, mars 1979, .. Son écriture fait un large emploi d'un vocabulaire contenant des références à la culture. Son travail reflète sa fierté de la culture ukrainienne, de l’héritage de l'antique paganisme et des débuts du christianisme dans son pays. Dans son œuvre la plus célèbre, Le Feu de Kupalo (1966), Ihor Kalynets relie le folklore et les traditions antiques du pays à la vie moderne soviétique. La plupart de ses œuvres ne contiennent pas de critiques politiques ouvertes, mais plutôt une muette dénonciation. Ihor Kalynets a été fortement influencé par Bohdan-Ihor Antonytch et lui a consacré quelques-uns de ses poèmes. Il a également consacré certaines de ses poésies à diverses figures emblématiques de la culture ukrainienne, parmi lesquelles Taras Chevtchenko, le réalisateur de film Alexandre Dovjenko et le compositeur (1879-1979), entre d'autres. Il a refusé de consacrer le moindre poème aux dirigeants soviétiques, rompant ainsi avec l'attitude habituelle des poètes à l'époque.
Distinctions et prix En 1992, Ihor Kalynets reçoit le prix Vassyl-Stous et le prix national Taras-Chevtchenko, qui est la récompense la plus prestigieuse pour l'accomplissement littéraire en Ukraine. Cependant, en raison de la censure soviétique et du fait que la plupart de ses poésies ont été édités dans l'ouest ukrainien, ses travaux ne sont pas largement lus en Ukraine Svitlana Kobets, « Fire of Kupala by Ihor Kalynets », in Derek Jones, Censorship: an International Encyclopedia, éditions Fitzroy Dearborn, Londres, 2001 (lire en ligne sur le site slavdom.com : ,).
En 2009, il est récipiendaire de l'ordre de la Liberté ukrainien.
Recueils poétiques Le Feu de Kupalo, 1966 Poésie d'Ukraine, 1970 Résumer le silence, 1971 Le Couronnement d’un épouvantail, 1972, traduit en allemand en 1975 La Muse réveillée, 1991
Notes et références
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