Le château d'Hyères est un château médiéval en ruine qui se situe au sommet de la colline du Castéou (), un des sommets des Maurettes, dominant la ville de Hyères, dans le département du Var. Les vestiges du château sont classés monuments historiques par la liste de 1862 ; le rempart et le vieux château sont inscrits depuis le ..

Localisation Le château domine la ville d'Hyères, dans le département français du Var.

Description

Le château, qui est le plus grand château féodal de Provence., est composé de deux cours basses, d'un puits, d'un donjon et de plusieurs portes (nord, biaise).

Un inventaire dressé en 1423Archives départementales des Bouches-du-Rhône, B 1191 (1428-1448), mentionne une cuisine, une salle, une chapelle, une citerne, la grande tour servant d'arsenal, des chambres, un moulin à sang à deux meules, une forge, une écurie, un cellier et des greniers.

vignette|Le château en 1862. vignette|280x280px On trouve également des tours de flanquement quadrangulaires ouvertes à la gorge, édifiées au , qui faisaient partie la première enceinte.

Elle est construite en calcaire et en schiste, les restes de la première cour basse, où se trouvaient les bâtiments réservés aux services et aux stationnements des garnisons, la deuxième porte qui était précédée d'un pont-levis et d'une herse qui enjambaient un fossé de de profondeur, la porte biaise qui est une porte qui servait à protéger le puits et qui était orientée de telle sorte qu'un bélier ne puisse être utilisé, le puit qui était une source d'eau potable dans l'hypothèse où le château aurait eu à soutenir un siège et qui était protégé par la porte biaise et la tour maîtresse, appelée turris altior magistra (« la tour maîtresse la plus haute ») dans un devis de réparations de 1323Archives départementales des Bouches-du-Rhône, B 1103, , puis grant torre (« grande tour ») dans l'inventaire de 1423. Le terme de « donjon » n'apparaît qu'en 1589.

Elle a été démantelée en 1620, en même temps que l'essentiel du château.

Historique Les Sarrasins qui occupaient la Provence orientale furent chassés du Fraxinet en 972-973 par Guillaume, comte de Provence, son frère, Roubaud, le marquis de Turin et plusieurs grands seigneurs de Provence, dont les seigneurs de Fos (dont un certain Pons de Fos).

En récompense, Guillaume offrit l'actuel territoire d’Hyères, de La Londe et de Bormes aux seigneurs de Fos, déjà propriétaires de l'actuel territoire de Fos-sur-Mer.

Le château est construit par les seigneurs de Fos, probablement au milieu du . Sa première mention date d'environ 1062 : l'archevêque d'Aix Rostaing et ses frères Amiel et Guy donnent alors à l'abbaye Saint-Victor de Marseille l'église Saint-Michel, située « ante castrum quem vulgo nominant Heras » (« devant le castrum qu'on nomme vulgairement Hyères ») ; original : Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 1 H 1, f° 110v.. En 1075, les mêmes frères lui donnent deux salines situées « in territorio castelli quod appellatur Eiras » (« dans le territoire du castellum qu'on appelle Hyères ») ; l'acte emploie ensuite castrum pour le même lieu.. Il se peut que le château ait été construit une trentaine d'années auparavant, à l'emplacement d'une précédente fortification..

Vers 1192, selon Alphonse Denis, les troupes d'Alphonse Ier, comte de Provence et roi d'Aragon, s'emparent par surprise du château d'Hyères ; Amelin de Fos, seigneur du lieu, reprend la ville, bat le comte et obtient la reddition de la garnison. Denis ne cite pas de source et suit vraisemblablement César de Nostredame, Histoire et chronique de Provence (1614).. Le conflit est attesté indirectement par la transaction de 1257, où le procureur de Charles d'Anjou reproche aux Fos d'avoir assiégé le château et d'en avoir « dépouillé violemment » le comte Ildefonse (traduction de l'acte du 14 septembre 1257).. En avril 1196, Amelin de Fos prête hommage au comte pour un tiers d'Hyères, ainsi que pour Bormes, Pierrefeu, Le Puget et La GardeArchives départementales des Bouches-du-Rhône, B 298, citées par ..

En juillet 1254, au retour de la septième croisade, Saint Louis et sa famille débarquent à deux lieues du château d'Hyères., sur la plage des Pesquiers, sur celle du Ceinturon ou à l'embouchure du Gapeau..

Le comte de Provence revendique ensuite Hyères, au titre des droits hérités par son épouse Béatrice d'Alphonse Ier. Par une transaction conclue à Tarascon le , Roger, Bertrand et Mabile de Fos, enfants d'Amelin, lui cèdent le château, la ville, son territoire et les îles d'Hyères. Ils reçoivent en échange d'autres terres en Provence, pour une valeur de dix mille sous provençaux de revenu et 1 500 livres comptant. Une charte scellée du règle la part de Bertrand de Fos : elle rappelle l'acte de 1257, et Bertrand y reçoit Le Cannet et un quart de PierrefeuArchives départementales des Bouches-du-Rhône, B 361, pièce 1..

En 1323, lors de la tournée d'inspection de Robert de Milet, une partie du château est décrite dans le devis des réparations à effectuer (tour maîtresse, tour des armes, cuisine...). L'ordre de grandeur de la garnison est indiquée par les vivres qui doivent être provisionnés: 10 hommes pour le château.

Le château appartient au domaine comtal. Le comte le fait garder par un châtelain qu'il nomme et qu'il paie. Le premier connu est Hugues Cassole, viguier et châtelain, qui tient le château avec dix hommes lors de la visite de Robert de Milet en 1323Archives départementales des Bouches-du-Rhône, B 1103.. Au , la charge revient souvent à de grands personnages qui ne résident pas à Hyères et font garder la place par un lieutenant. C'est sans doute le cas d'Arnaud de Villeneuve, seigneur de Trans, châtelain de 1423 à 1431 : l'inventaire de 1423 montre le château habité par Jean Anssart, qui y commandait avant luiArchives départementales des Bouches-du-Rhône, B 1191. C'est aussi le cas de Louis de Beauvau, à qui René engage le château de 1439 à 1444Archives départementales des Bouches-du-Rhône, B 11 ; B 12, f° 154 (Jean de Villart, vice-châtelain en 1441)., et de Jean Cossa, qui en reçoit à vie le gouvernement avant 1464, avec le droit d'en nommer le capitaineArchives départementales des Bouches-du-Rhône, B 15, f° 152v-153.. Entre-temps, Pierre Rodulphe, dit « le baron », reçoit le château en gage en 1444 et l'exerce lui-même au moins jusqu'en 1459Archives départementales des Bouches-du-Rhône, B 13, f° 199-204 ; B 14.. Il est le père de Louis Rodulphe de Limans, à l'origine du béal de Jean Natte.

En 1481, le château passe au domaine royal avec l'ensemble de la Provence, lors de sa réunion au royaume de France. Louis XI en confie la capitainerie à Nicolas de Forbin dès 1482Archives départementales des Bouches-du-Rhône, B 19, f° 65..

En 1524 et en 1536, les armées du roi Charles Quint déferlèrent sur la Provencep.14 in La Provence Moderne de 1481 à 1800 de François-Xavier Emmanuelli, Marie-Hélène Froeschlé-Chopard, Martine Lapied, Michel Terrisse et Martine Vasselin, Ed. Ouest-France, 1991, p.82 in Histoire de la France vol. II Dynasties et révolutions, de 1348 à 1852 sous la direction de Georges Duby, Ed. Larousse, 1971 . La première fois le château résiste puis est occupé, la deuxième fois le château est épargné.

Durant cette période, le château reçoit la visite de deux rois de France, en 1530 et, quelques années plus tard, en 1564.

Pendant les guerres de religion, la ville d'Hyères reste fidèle au roi, mais le château change souvent de main. À partir de 1596, le triomphe d' provoque la conquête de la ville. Mais il fallut un siège de cinq mois pour que le roi réussisse à prendre le château. En punition, il fut décidé de démanteler le château, mais c'est finalement son successeur, qui fit procéder a son démantèlement en 1620Historique du château..

Époque contemporaine Les terres de l'ancien château appartiennent depuis le début du à l'abbaye royale de Saint-Pierre-de-l'Almanarre, dite de Saint-Bernard. Elles sont vendues comme bien national le 7 mars 1791 et adjugées pour à Agnès Balbine Brunet, épouse Isnard. La vente ne comprend que les terrains enclos par les remparts, et non les remparts eux-mêmes.. Après plusieurs mutations, Casimir Valeran (1767-1855), ancien maire d'Hyères, achète la terre en 1831.. Il fait clore la colline, y trace des chemins, plante des mûriers et construit un kiosque, un obélisque dédié « aux héroïques défenseurs de la patrie » et son propre tombeau..

Vers 1840, Valeran démolit une tour pour en réemployer les pierres. Alphonse Denis, maire d'Hyères, député du Var et membre du Comité des monuments historiques, avait signalé les ruines à ce comité, et Denis les dit alors classées ; elles ne figurent pourtant que sur la liste de 1862.. Prévenu par la Commission des monuments historiques, le ministre de l'Intérieur fait intervenir le sous-préfet de Toulon, qui écrit au maire le 12 mai 1840. Valeran reçoit une sommation et s'engage à ne plus toucher aux fortifications. Il fait ensuite graver sur son tombeau l'épitaphe « Ici reposera Casimir Valeran, propriétaire de ce rocher monumental […] ennemi des abus ».

vignette|L'inscription Arearum Castrum, sur un bloc posé en biais au-dessus des marches de l'accès primitif. L'inscription Arearum Castrum visible à l'entrée du site n'est pas une devise du château. Le bloc qui la porte est posé en biais au-dessus des marches de l'accès primitif. Dans les actes médiévaux, castrum Arearum désigne l'agglomération fortifiée d'Hyères, et la forteresse porte le nom de fortaliciumProcès-verbal de la visite des fortifications de Robert de Milet, 20 mars 1323 : les habitants doivent murer la ville ou se retirer « intra fortalicium altius ubi terra fuit primitus » (Archives départementales des Bouches-du-Rhône, B 1103) ; .Lettre de Louis II, 24 août 1408, en faveur des habitants demeurant « subtus fortalicium castri nostri dicte ville Arearum » (Archives départementales des Bouches-du-Rhône, B 612).Enquête du 24 juin 1369 : Geoffroi Monachi, « vicarius et capitaneus castri Arearum » (Archives départementales des Bouches-du-Rhône, B 1158) ; provision de Nicolas Forbin, 1482 : « capitaneo et custodie fortalicii ville Arearum » (Archives départementales des Bouches-du-Rhône, B 19, f° 65)..

Dans les années 1920, la vicomtesse Vroomans-Leclercq, propriétaire d'une partie de la colline, y fait construire le château Saint-Pierre (1920-1923). Elle publie en 1925 une Histoire et archéologie du Vieux Château d'Hyères. La commune achète le domaine du château à Nathalie de Noailles en 1966..

En 2014, la municipalité lance un programme de fouilles au sommet de la colline, sous la direction de David Ollivier (CNRS, LA3M). Les fouilles mettent au jour une partie du château des seigneurs de Fos, antérieur à la reconstruction angevine des années 1260, dont la porte et l'escalier qui y conduit. Cet escalier droit, d'une vingtaine de marches en dalles de calcaire, est taillé dans une faille du rocher. Il a été ré-enfoui après la fouille pour sa conservation..

Aménagements Dans les années 2000, la mairie d'Hyères a rénové les trois tours de l'entrée ainsi que quelques archères. Au sommet du château, deux tables d'orientation ont été installées.

Des panneaux d'informations ont également été installés à différents endroits du site.

Notes et références

Pour approfondir

Bibliographie J. Vroomans Leclercq, Histoire et archéologie du Vieux Château d'Hyères, G. Mouton, 1925, 50 pages. Paul Turc, Hyères et les seigneurs de Fos : fin -1257, Centre Archéologique du Var, Société Hyéroise d'Histoire et d'Archéologie, Mémoire à lire, Territoire à l'écoute, 2003, 141 pages. Le château d'Hyères

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Liens externes

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