Léon Curmer, né le dans l'ancien arrondissement de Paris et mort le dans le arrondissement de la même ville, est un libraire et éditeur français du . Son nom reste attaché à la qualité de ses ouvrages illustrés à l'époque romantique. Il utilise la chromolithographie pour reproduire en couleurs d'anciens manuscrits enluminés. Il fait aussi appel à la technique alors nouvelle de la photographie.
Biographie et carrière Henry Léon Curmer naît à Paris, rue Saint-Honoré ( arrondissement ancien, actuel) le . (26 frimaire an X).
Son oncle paternel, le notaire Alexandre François Curmer, pourvoit à son éducation et lui fait entreprendre des études de droitL'acte de naissance précité (référence 1) fut reconstitué le 15 juillet 1872, après la destruction de l'état civil en mai 1871, grâce à un dépôt de l'École de droit de Paris.. Mais Léon Curmer s'en détache assez vite pour tenter sa chance dans le métier de la librairie.
En 1833, il ouvre une boutique parisienne au 25 de la rue Sainte-Anne, transférée par la suite 49 de la rue de Richelieu. Il fait faillite en 1845 mais continue à publier de nombreux ouvrages jusqu'en 1865. Dès 1838, il noue des relations d'affaires avec des éditeurs londoniens, afin de produire des éditions illustrées d'œuvres de classiques britanniques Bernard Goorden, Redécouverte de gravures du 19ème siècle, Bruxelles, Ides et Autres, 2025 — lire en ligne..
Léon Curmer voyagea beaucoup dans toute la France et à l'étrangerPrécision autobiographique fournie, par exemple, dans Les Évangiles des dimanches et fêtes - 1864 - Appendice - Pages IV sqq., à la recherche d'illustrations destinées à ses publications. Issu d'une bourgeoisie dont il partage les valeurs, et notamment la foi catholique, il s'adresse aux classes les plus riches du Second Empire. Toutefois, deux ans avant la révolution de 1848, il publie De l'établissement des bibliothèques communales en France, qui atteste son attention pour les plus modestes.
Il meurt d'un cancerL'article nécrologique paru le 6 février 1870 dans le Journal des débats politiques et littéraires mentionne une longue et douloureuse maladie. à Paris ( arrondissement) le . Inhumé au cimetière de Montmartre (division 4)Concession perpétuelle n° 47 P de 1844 (division 4 - ligne 2 - tombe 1). Cette chapelle funéraire est à l'état d'abandon (décembre 2011)., il repose auprès de sa mère et de ses deux épouses.
Famille et vie privée Son père, Gilbert Léonard Curmer (1776-1812), est marchand de draps. Ruiné par une failliteArchives de Paris - D11 U3 / Carton 35 / Faillite n° 2298 du 12 mai 1806., il suit l'armée napoléonienne mais meurt prématurément à Flessingue (Pays-Bas). Ses ancêtres paternels auraient quitté la ville de Cork en Irlande du sud, après la chute de Jacques II d'Angleterre en 1689, pour s'installer en FranceSelon la tradition orale familiale.. Toutefois, la recherche généalogique infirme cette origine étrangère : Jean Curmer (ca 1656-1696), trisaïeul paternel direct de Léon, se marie en 1684 à Bouquelon (Eure). Par ailleurs, on trouve le patronyme « Curmer » à Honfleur (Calvados) en 1647.
Sa mère, Antoinette Félicité Louvet (1776-1851), appartient à une famille aisée de fabricants de draps établie en Normandie.
Léon Curmer a trois frères cadets : Édouard Nicolas, contrôleur-receveur des contributions indirectes (Paris 1803 - Amiens 1876), père du général Fernand-Alexandre Curmer (1854-1937) - postérité actuellement vivante, dont l'athlète Grégoire Curmer ; Alphonse Alexandre, pharmacien (Paris 1805-1855 - postérité actuelle non établie) ; Adolphe, orfèvre (Boulogne-sur-Mer 1809 - Paris 1890 - postérité actuelle non établie).
Il se marie deux fois : en 1833 avec Marie Catherine Borgers (ca 1801 - 1844), une Allemande, fille d'un cordonnier et veuve d'un tailleur d'habits. Début 1844, elle succombe encore jeune à un cancer de l'utérus, ce qui plonge son époux dans l'afflictionAprès le décès de sa première épouse, Léon Curmer publie hors commerce une plaquette à tirage limité intitulée L'agonie d'un Ange.; en 1846 avec Gertrude Heysters (1826-1919), une Hollandaise, fille d'un jardinier, sa gouvernante . Elle ne se remarie pas et meurt au Pecq en .
Il n'a aucun enfant. Toutefois, d'un précédent mariage, sa première épouse laisse un fils et une fille qu'il élèvera comme les siens : Amand Moller (Paris 1826 - Plourin-lès-Morlaix 1888), commissaire de police ; Léonide Moller épouse Pohl (Paris 1828 - 1875).
Œuvre et production vignette|redresse| Les Heures nouvelles (1841), page de titre. 240px|vignette|redresse| Les Évangiles des dimanches et fêtes (1862-1864). Frontispice.
Léon Curmer édite des ouvrages à caractère artistique. Il fait appel aux plus grands illustrateurs de son époque tels Charles-François Daubigny, Honoré Daumier, Paul Gavarni, Tony Johannot et Ernest Meissonier.
On peut citer, comme publications majeures : Paul et Virginie (1836-1838), l'un des fleurons du livre romantique, orné de 479 gravures sur bois dont certaines dues à Tony Johannot et Charles Jacque ; Discours sur l'Histoire universelle par J.-B. Bossuet, évêque de Meaux (1839), avec un frontispice en chromolithographie et douze gravures sur acier par Ernest Meissonier, Tony Johannot et Émile Ollivier ; Les Français peints par eux-mêmes (1839-1842), encyclopédie morale et critique de la France de Louis-Philippe , contemporaine des portraits de la Comédie humaine ; L'Imitation de Jésus-Christ (1855-1857), illustrée de nombreuses enluminures des siècles passés ; Le livre d'heures de la reine Anne de Bretagne (1861), reproduction intégrale de ce manuscrit célèbre pour son calendrier restituant la vie quotidienne, ses compositions à pleine page et ses innombrables plantes peintes en trompe-l'œil ; Les Évangiles des Dimanches et Fêtes (1862-1864), en 3 vol., comportant cent illustrations polychromes ; L'œuvre de Jehan Foucquet (1866-1867), première monographie consacrée au grand peintre français du .
Notes et références Notes
Références
Bibliographie Jean-Yves Mollier in Dictionnaire encyclopédique du Livre, Paris, éd. du Cercle de la Librairie, 2002, T. 1, M. Cloche, "Un grand éditeur du XIX siècle, Léon Curmer", Arts et métiers graphiques, (1931-1932),
Articles connexes Fernand-Alexandre Curmer
Liens externes
Correspondance de Léon Curmer sur Le Bibliomane moderne par Bertrand Hugonnard-Roche
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