La famille de Lastic est une famille subsistante de la noblesse française, d'extraction chevaleresque sur preuves de 1298, originaire d'Auvergne.

Elle compte parmi ses membres des chanoines-comtes de Brioude, un grand maître de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem en 1437, trois lieutenants-généraux des armées du roi, cinq évêques, un député. Elle fut maintenue noble en 1666 et reçue aux honneurs de la Cour en 1757.

Histoire Son origine est incertaine. Tous les auteurs la font bien venir de Lastic en Haute-Auvergne. Jusqu'à Étienne IV inclus vers 1450, on trouve le nom de Bompar fréquemment accolé à celui de Lastic..

Au , La Chenaye-Desbois rapporte que selon un mémoire dressé par M. Clabault, archiviste et généalogiste, cette famille remonte à Hugues de Lastic, déjà chevalier en 1211, issu d'un puiné de la maison de Mercœur. Il était toujours vivant en 1225 et avait épousé Ermengarde, dont il eut Bompar qui continua la lignée et Guillaume, religieuxFranc̜ois Alexandre Aubert de La Chesnaye-Desbois, Dictionnaire de la noblesse, 1774, pages 497-498..

Jean-Baptiste Déribier du Chatelet écrit dans son Dictionnaire statistique: ou Histoire, description et statistique du département du Cantal (1856) que la famille de Lastic est issu de Henri de Thierstein, chevalier, du diocèse de Bâle en Suisse, qui vint se fixer en Auvergne vers 1084 par suite de son mariage avec Aldéarde de MercœurJean-Baptiste de Ribier du Châtelet, Dictionnaire statistique: ou Histoire, description et statistique du département du Cantal, 1856, tome 2, page 6..

D'après la Société héraldique et généalogique de France (1882), le rattachement de la famille de Lastic, à la maison de Mercœur « est une hypothèse qui repose uniquement sur ce fait que le château féodal de Lastic, situé à trois ou quatre kilomètres de Saint-Flour, en Auvergne, relevait du duché de Mercœur. On a dit aussi que les trois fasces d'hermines sur champ de gueules de la maison de Mercœur avaient été réduites à une par les cadets de cette maison, propriétaires de la terre de Lastic et qu'avec le temps, l'hermine s'était transformée en argent. Ce sont là, on le voit, des présomptions beaucoup trop vagues pour qu'on puisse admettre la descendance des Lastic de la maison de Mercœur. »Bulletin de la Société héraldique et généalogique de France,1882, pages 641-646.. L'auteur ajoute : « Ce qui est certain c'est que, dès 1161, on trouve le nom de Lastic dans la liste des chanoines-comtes de Brioude, qui, dès cette époque, devaient être nobles de race. Outre Etienne de Lastic, chanoine, mort en 1161, on trouve dans le même chapitre noble, Sylvestre de Lastic en 1200. La filiation de la famille de Lastic est historiquement prouvée depuis Hugues de Lastic, chevalier, qui, en 1211, décida Simon de Montfort, chef de la croisade contre les Albigeois, à ne pas attendre le comte de Toulouse et à se jeter dans Castelnaudary. »

Henri Jougla de Morenas dans le Grand Armorial de France (1939) écrit que la famille de Lastic est connue depuis Hugues de Lastic vivant en 1211 et remonte sa filiation prouvée à Pierre Bompar seigneur de Lastic et de Valeille vivant en 1298Henri Jougla de Morenas, Grand Armorial de France, 1939, tome IV, page 422..

François-Joseph-Jean Lastic écrit en 1919 la Chronique de la maison de Lastic, s'appuyant sur les archives du château de Parentignat qui abrite une grande partie des documents de famille. Dans cette chronique, il réfute les opinions fréquentes selon lesquelles les Lastic sont issus des seigneurs de Thierstein, qui lui donneraient une lointaine parenté avec la maison de Habsbourg. Il explique que ces ascendances, comme chez beaucoup de vieilles maisons, ont été inventées au cours des siècles pour flatter leurs membres. Selon lui, la famille de Lastic avait dès le début son existence propre, et les premiers Lastic auraient été récompensés par les seigneurs de Mercœur (alors parmi les plus puissantes familles du royaume) qui les firent co-seigneurs de Lastic. Le premier Lastic dont il trouve des traces est Pierre Bayart, chanoine-comte au chapitre de Brioude qui reçut par la suite de nombreux membres de la famille. Être chanoine comte de Brioude demandait alors d'avoir huit quartiers de noblesse, ce qui laisse penser que la noblesse de cette lignée serait encore plus ancienne. Néanmoins, aucun document ne permet de prouver une filiation avec les futurs seigneurs de Lastic. Le dit « marquis » de Lastic (par courtoisie) fait ainsi remonter la filiation en 1211 avec Hugues de Lastic qui joua un rôle important lors de la croisade contre les Albigeois.

Elle est maintenue noble en 1666 et reçue aux honneurs de la Cour en 1757 Dictionnaire de la noblesse française, 1975, page 613..

Arnaud Clement écrit qu'elle fut maintenue noble en 1666 et 1670.

Filiation non prouvée La filiation de la famille de Lastic devient certaine pour tous les auteurs à partir de 1298 avec Pierre Bompar. Néanmoins, la filiation suivante, bien que non prouvée, est citée par La Chesnaye-Desbois, Déribier du Chatelet, Henri Jouglas de Morenas et le « marquis » de Lastic: Hugues Bompar, seigneur de Lastic et de Montsuc, chevalier. Il participe à la croisade contre les Albigeois. Marié à Ermangarde en 1226, il fait diverses fondations à l'église de Brioude ; il meurt vers 1240; il eut : Bompar qui suit ; Guillaume, chanoine-comte de Brioude; il est témoin dans différents actes, en 1221, 1222. Il est élu abbé de Pibrac en 1224. Il obtient en 1231 de Robert, comte de Clermont, la confirmation de tous les droits de l'abbaye. Il reçut, en 1236, d'Odilon de Mercœur, prévôt de Brioude, la terre de la Roche. Il abdiqua après dix ans de gouvernement de son abbaye. Il est vivant en 1248 car il est qualifié dans une charte de prieur de Vieille-Brioude. Il est vraisemblable qu'il participa à la croisade de 1248. En effet, on trouve à la Bibliothèque nationale une charte d'emprunt des croisades de l'an 1250 souscrite par quatre chevaliers d'Auvergne, dont "Willelmus Bompar" qui signe avec les armes de Lastic. Pierre, chanoine comte de Brioude, bailli de ce chapitre en 1254; il est désigné comme abbé de Pibrac dans un acte de 1236, et cité dans un acte de 1266; Étienne, chanoine comte de Brioude ; il prête serment d'obéissance, en 1285, à Guy de la Tour du Pin, évêque de Clermont; Bompar , seigneur de Lastic et de Valeilles. Il transige ainsi que d'autres seigneurs d'Auvergne avec Alphonse de Poitiers, seigneur de la terre d'Auvergne, en 1254, au sujet des franchises et des immunités de la noblesse d'Auvergne. Il est désigné comme seigneur de Lastic dans cet acte. Il est marié en 1230 avec Alix, dame de Valeilles ; il ne vivait plus en 1256; il eut de son mariage : Bertrand Bompar qui suit ; Guillaume Bompar, chanoine-comte de Brioude, abbé de Saint-André-de-Mégemont-lès-Clermont entre 1243 et 1251; il fait un don en au chapitre de Brioude; en 1280, il assiste à un traité entre le chapitre de Brioude et Béraud, seigneur de Mercœur, dans lequel il est cité comme prieur de Vieille-Brioude ; Louise, mariée à Dalmas de Fontenille, chevalier; citée dans une donation faite en 1261 ; Bertrand Bompar II, seigneur de Lastic, de Montsuc, de Valeilles et de Pauliac. Il rend hommage, en 1256, à sa mère Alix, dame de Valeilles, pour la seigneurie de Valeilles, à l'évêque de Clermont, pour son comté d'Alleuze. Il prend la qualité de sire de Lastic, entre 1263 et 1270, date de sa mort, suivant le nécrologe de Saint-Julien de Brioude; marié en 1258 avec Alde d'Aurillac, d'où : Pierre. Bertrand, marié et eut trois enfants : Guérin, témoin en 1316, sans descendance ; Dragon, chanoine-comte de Brioude ; Étienne. Il rend hommage de ses terres à l'évêque de Clermont en 1329; il est abbé de Saint-Amable de Riom en 1340, mais ne l'est plus en 1345. Guy Bompar, abbé de Saint-Amable de Riom en 1292 ; Guillaume, chanoine-comte de Brioude en 1277, abbé de Chantoin, puis, le , abbé de Saint-Amable de Riom;

Filiation prouvée Souche commune Pierre I Bompar III, seigneur de Lastic. Chevalier damoiseau. Il rend hommage, en 1276, à l'évêque de Clermont pour sa terre de Valeilles qui avait été soumise à cet évêché en 1256 par son aïeule. En 1281, il rend hommage au roi Philippe le Hardi pour sa terre de Lastic. Il est mort en 1317; il avait épousé, en 1276 Galienne du Bec, dame de Valeilles, de la maison de Crespin qui ne vivait plus en 1299 au moment du testament de son mari. Étienne II Bompar IV; seigneur de Lastic, fils du précédent. Il est qualifié dans la charte de l'église de Pibrac, en 1296, de damoiseau et de haut et puissant seigneur. Il s'est marié, en 1298, avec Soubeiranne, fille de Gislebert, seigneur de Pierrefort. Elle vivait en 1334, lors du testament de son mari. Elle était morte en . Il est présent au mariage de son fils Étienne, en 1336 ; il est mort le . Son fils cadet Pierre était chanoine-comte de Brioude. Le pape Clément VI unit le prieuré de Saint-Ilpise à l'abbaye de Pibrac, à la démission de ce dernier, titulaire du prieuré et chanoine de Pibrac Pierre II Bompar V, dit Bayart pour le distinguer de son frère cadet Pierre chanoine comte de Brioude, fils du précédent. Il meurt sans héritier mâle. Étienne III Bompar VI, seigneur de Lastic, fils cadet d'Étienne II et frère du précédent. Il rend hommage en 1352 à l'évêque de Clermont pour ses terres de Valeilles. En 1356 il est à la bataille de Poitiers et sert ensuite dans les guerres contre les Anglais sous les règnes de Jean II et Charles V. Il rend hommage en 1364 à Dauphin, comte d'Auvergne, sire et baron de Mercœur, pour les seigneuries et terres de Lastic et Saint-Pons; il était mort en 1371; il avait épousé, en 1336, Ahélis de Montaigu, dame de Champeils, de Saint-Pons et de Lodève, fille de noble et puissant seigneur Pierre de Montaigu, et d'Isabelle, dauphine d'Auvergne, fille de Robert III, dauphin d'Auvergne et d'Isabeau de Châtillon, dame de Jaligny. vignette|Jean de Lastic, grand maître de Rhodes (tableau du au château de Versailles).|alt= Jean Ier Bompar VII, seigneur de Lastic, fils du précédent. Ayant servi contre les Anglais, il est leur prisonnier en 1385. Il était mort en 1392. Il est marié en avec Hélis de Moncellez (ou Alix de Moncellès, seigneurie près de Saint-Germain-LembronJean-Baptiste Bouillet, Nobiliaire d'Auvergne, tome IV, 169, Clermont-Ferrand, 1851), dame d'Unzac et de Segonzac, après son premier mariage avec Jean du Breuil. Ses filles Jeanne et Gabrielle ont respectivement épousé les seigneurs d'Apchier et de Murols. Son fils cadet est Jean de Lastic (1371-1454), il entre dans l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem et en devient grand maître le Bertrand Galimard Flavigny (2006) Histoire de l'ordre de Malte, Perrin, Paris, p. 317-319. vignette|Les armes de Jean de Lastic à Rhodes.|alt= Étienne IV Bompar VIII, seigneur de Lastic, fils du précédent. Sa fille Alix, dame de Collat, est mariée le à Géraud IV Bastet (vers 1355-1441), seigneur de Crussol et de Beaudisner. Elle lui apporta la terre de Collat dans le diocèse de Saint-Flour qui lui avait été donnée par sa grand-mère maternelle, Hélis de Vissac. Leur fils aîné Louis Bastet de Crussol (1425-), sire de Crussol, Beaudisner et, par mariage, de Florensac, a été grand panetier et bailli de Chartres en 1461, maître général de l'artillerie en 1469. Favori de Louis XI, Louis épouse Jeanne de Lévis-Mirepoix, dame de Florensac, dont il eut Jacques de Crussol (1455-) marié à Simone d'Uzès. Un fils cadet, Giraud, a été archevêque de Tours puis évêque de Die et Valence;