Margherita Hack ( née le à Florence, et morte le à Trieste « Margherita Hack : Morta l'astrofisica italiana », sur melty.it le 29 juin 2013.) est une astronome, astrophysicienne, enseignante et vulgarisatrice scientifique italienne. Elle dirige l'observatoire astronomique de Trieste, en Italie, de 1964 à 1987, tout en faisant partie de l'Université de Trieste de 1964 à 1992. Aussi connue en Italie sous le surnom « » (dame des étoiles), elle obtient le prix littéraire Galilée pour la vulgarisation scientifique () en 2009.

L'astéroïde (8558) Hack, découvert en 1995, a été baptisé en son honneur.

Biographie Jeunesse et formation Margherita Hack naît le à Florence, en Italie... Elle est fille unique. Ses parents sont Maria Luisa Poggesi (1887-1960) et Roberto Hack (1889-1971). Sa mère a un diplôme d'enseignement et de l'Académie des Beaux-Arts (elle est miniaturiste à la Galerie des Offices), tandis que son père est comptable et s'est fait une culture scientifique solide en autodidacte. À partir de 1929, Roberto Hack (d'origine suisse et protestant) et Maria Luisa Poggesi (catholique) adhèrent à la Società Teosofica Italiana (société théosophique italienne). Ils ne partagent pas cette philosophie avec leur fille, mais cela a quelque influence et Margherita devient végétarienne.

Margherita Hack, après avoir appris à lire seule, entre à six ans en deuxième année d'école élémentaire. Elle effectue ses études au lycée classique Galilée de Florence, avec une coupure de deux ans durant laquelle elle est affectée d'office au lycée Machiavel, puis termine le lycée — sans avoir passé les examens du baccalauréat (, en Italie), qui sont annulés cette année-là à cause de l'entrée du pays dans la Seconde Guerre mondiale ().

En Italie, le contexte politique est celui des débuts du fascisme au pouvoir. Le Parti national fasciste est fondé en 1921 par Benito Mussolini ; ce dernier est nommé chef du gouvernement en et, à partir de 1924 puis avec les lois fascistissimes de 1925-1926, le pays passe d'une monarchie parlementaire à un régime autoritariste. En 1935, la Société des Nations prend des sanctions contre l'Italie qui a attaqué l’Éthiopie : bien qu'antifascistes, les parents de Margherita Hack font don d'or à leur pays. La jeune fille, elle, verra son antifascisme mûrir réellement à la suite des lois raciales fascistes de .

Après le lycée, Margherita Hack entre à la faculté de lettres de l'université de Florence, mais elle change rapidement d'orientation et se dirige vers la faculté de physique.

Margherita Hack aime le sport, joue au basketball, puis fait, à partir de 1940, de l'athlétisme au sein de la société Giglio Rosso, avec pour guide l'ancienne championne de saut à la perche Danilo Innocenti. Elle devient en championne de saut en hauteur et de saut en longueur lors des championnats nationaux universitaires. Elle se reprochera sa vie durant d'avoir dû prêter allégeance au fascisme pour pouvoir y participer.

Durant l'année universitaire 1942-1943, elle suit son premier cours d'astronomie, auprès de Giorgio Abetti et de son assistant Mario Gerolamo Fracastoro. En 1944, sur le conseil de ce dernier, elle oriente sa thèse sur les Céphéides, un type d'étoiles variables, ce qui inaugure ses travaux de spectroscopie stellaire. Elle obtient le une maîtrise en physique avec une thèse en astrophysique sur les Céphéides, réalisée à Florence à l'observatoire d'Arcetri.

Carrière Margherita Hack est une astrophysicienne, une académicienne et une vulgarisatrice scientifique.

Première partie de carrière Après ses études, elle continue ses recherches scientifiques à l'observatoire d'Arcetri. Elle écrit et publie dans les l'article de recherche résumant les résultats de sa thèse. Après et la fin de la guerre, elle enseigne les mathématiques et la géométrie à l'Institut d'optique de Florence. Ayant réussi à obtenir une bourse d'études supérieures, elle continue ses études à l'observatoire d'Arcetri. En , elle entre au siège milanais de l'entreprise Ducati pour y faire de l'optique auprès de l'ancien directeur de l'Institut d'optique de Florence, Vasco Ronchi ; elle et son époux emménagent dans la ville. L'année suivante, Margherita Hack devient assistante responsable dans la faculté de physique florentine à la place de Mario Gerolamo Fracastoro, qui est devenu astronome. Elle réussit le concours de professeur adjoint d'astronomie en 1950.

À partir de la fin des années 1940, Margherita Hack commence à s'intéresser aux étoiles de type Be, dont le spectre comporte des raies d'émission, contrairement aux étoiles de type B. Fin 1952, elle travaille six mois au très réputé Institut d'astrophysique de Paris, en France : elle s'y consacre à un projet concernant la classification des spectres stellaires, avec l'astronome Daniel Chalogne. En 1954, Margherita Hack devient professeure à l'Université de Florence, après avoir réussi un examen ; elle est aussi, à sa demande, mutée à l'observatoire astronomique de Merate, qui dépend de celui de Brera à Milan. Elle rédige l'ouvrage . Dès 1955, ayant obtenu une nouvelle bourse d'études, elle gagne l'observatoire astronomique d'Utrecht, aux Pays-Bas, où elle travaille sur la structure des atmosphères stellaires avec l'astronome Marcel Minnaert. La même année, elle se rend à l'assemblée de l'Union astronomique internationale, qui se tient à Dublin, en Irlande, et devient membre de cette association. Cet évènement lui permet de rencontrer l'astronome Otto Struve, avec lequel elle travaillera à l'université de Berkeley, en Californie, à partir de la fin de l'année 1955 ou du début de l'année 1956. Dans cet État américain, elle rencontre de nombreux astrophysiciens renommés, dont Walter Baade ou Margareth et Geoffrey Burbidge. Margherita Hack travaille alors à Berkeley et à Merate, alternativement, et visite plusieurs autres observatoires. À l'observatoire de Leyde, aux Pays-Bas, elle rencontre notamment l'important astronome Jan Oort. Puis, invitée par Giampiero Puppi, elle donne en 1960 un cours accéléré d'astrophysique et de radioastronomie à l'Université de Bologne ; elle donne des cours à l'Université de Bari en 1961, puis à Ankara, en Turquie, en 1962. Elle travaillera durant plusieurs années avec des collègues turcs. En 1962 également, elle travaille de nouveau avec Otto Struve, mais à l'université de Princeton, sur un ouvrage commun commencé quelques années plus tôt : — elle terminera celui-ci en 1963, peu après la mort de son coauteur.

Professeure et directrice de l'observatoire astronomique de Trieste Elle devient, à 42 ans, la première femme dirigeant l'observatoire astronomique de Trieste — et première femme à diriger un observatoire astronomique dans ce pays. —, en 1964, avant de devenir une figure scientifique connue dans le monde entier, notamment pour la modernisation de ce laboratoire devenu international et pour ses travaux concernant la spectroscopie des étoiles et la radioastronomie. Elle dirigera l'observatoire astronomique de Trieste durant 23 ans, jusqu'en 1987.

Académicienne, scientifique en recherches spatiales et femme politique

Retraitée, mais vulgarisatrice scientifique Elle prend sa retraite en 1987, mais poursuit notamment ses engagements en faveur de la vulgarisation scientifique et sur d'autres sujets.

Engagements Durant la Seconde Guerre mondiale, elle est opposée au Régime fasciste.

En plus de ses travaux scientifiques, elle est aussi connue pour ses nombreux engagements, dont le féminisme, les droits civils, les droits des personnes homosexuelles, la légalisation de l'avortement, la protection des animaux et l'euthanasie.

Vie privée En , elle épouse Aldo De Rosa, un ami d'enfance devenu professeur de littérature. Ils s'étaient rencontrés durant l'été 1933 et étaient devenue des amis proches mais le déménagement de la famille d'Aldo les avait fait se perdre de vue jusqu'en 1943. Bien qu'athée, la jeune femme accepte un mariage religieux pour faire plaisir à sa belle-famille. Le couple est très lié et Aldo De Rosa, bien qu'atteint de tuberculose, accompagnera Margherita De Rosa dans ses déplacements.

À partir de 1933, Margherita Hack possède un animal, un chien nommé Leo ; elle aura plus tard des chats et les animaux resteront pour elle des compagnons importants.

Mort Margherita Hack meurt le à Trieste, en Italie.

Activité scientifique Elle est professeur d'astronomie à temps plein à l'université de Trieste de 1964 au premier , année où elle a été placée « hors rôle » pour ancienneté. Puis elle est devenue professeur émérite à partir de 1998. Elle a dirigé l'observatoire astronomique de Trieste de 1964 à 1987, le portant ainsi à une renommée internationale. Membre des plus prestigieuses sociétés physiques et astronomiques, Margherita Hack est aussi directrice du département d'astronomie de l'université de Trieste de 1985 à 1991 et de 1994 à 1997. Elle est membre de l'Académie nationale des Lyncéens. Elle a travaillé dans de nombreux observatoires américains et européens et a été pendant longtemps membre des groupes de travail de l'Agence spatiale européenne (ESA) et de la NASA américaine. En Italie, elle a obtenu que la communauté astronomique italienne élargisse son activité dans l'utilisation de plusieurs satellites en parvenant à un niveau de renommée internationale. Elle a publié de nombreux travaux sur des revues internationales et de nombreux livres soit populaires soit au niveau universitaire. En 1994, elle a reçu le prix Giuseppe Piazzi pour sa recherche scientifique. En 1995, elle reçoit le prix international Cortina Ulisse pour la vulgarisation scientifique. En 1978, Margherita Hack fonde la revue italienne bimensuelle L'Astronomia dont le premier numéro paraît en ; par la suite, avec Corrado Lamberti, elle dirige la revue de vulgarisation scientifique et de culture astronomique Le stelle. En signe d'appréciation de son importante contribution, on a attribué son nom à un astéroïde (astéroïde 8558 Hack). Elle a obtenu le titre honorifique de citoyenneté des communes de Castelbellino de Medicina et de San Casciano in Val di Pesa.

Activité sociale et politique vignette|Margherita Hack lors d'une conférence de l'UAAR à Rome le 30 mars 2007. Margherita Hack est aussi très connue pour ses activités sociales et politiques. Elle est athée, elle ne croit en aucune religion ou forme de surnaturel. Elle retient en outre que l'éthique ne dérive pas de la religion, mais de « principes de conscience » qui permettent à quiconque d'avoir une vision laïque de la vie, c'est-à-dire respectueuse de son prochain, de son individualité et de sa liberté. Défavorable à chaque forme de superstition, les pseudosciences comprises, elle est garante scientifique du CICAP depuis 1989, présidente d'honneur de l'Union des athées et des agnostiques rationalistes depuis 2002 ; elle est inscrite depuis 2005 à l'association Luca Coscioni, pour la liberté de recherche scientifique. Dans le passé, elle a été inscrite au Parti radical transnational. Elle a été candidate aux élections régionales de 2005, en Lombardie, sur la liste du Parti des communistes italiens en obtenant 5.634 votes dans la ville de Milan. Après son élection, elle a cédé sa place à Bebo Storti. Elle a de nouveau rejoint le Parti des communistes italiens pour les élections politiques de 2006 : candidate dans de nombreuses circonscriptions de la Chambre, elle a été élue mais elle a finalement renoncé au siège obtenu, pour continuer à se consacrer à l'astronomie. Margherita Hack estime que l'euthanasie est un droit, un moyen de soulager la peine d'un homme qui souffre. En 2011, elle souscrit son testament.