vignette|C'est le Château de Beaufort en France. Aucun rapport avec celui de Plerguer (Ille et Vilaine) Le château de Beaufort est un château situé sur la commune de Plerguer en Ille-et-Vilaine (Bretagne). Cette seigneurie relevait du comté de Combourg, pour laquelle il devait au seigneur de Combourg une rente de 5 sols de garde payable à l'Angevine et le devoir de foi, hommage et chambellenageArchives du Château de Combourg., et pour quelques fiefs du marquis de Châteauneuf et de l'évêque de Dol.
Historique Le château originel a pris le nom d'une famille de la région, déjà mentionnée au . On pénètre dans la propriété en passant devant un petit pavillon dit aujourd'hui « pavillon Saint-Irénée » Le premier château fut construit sur la colline, contre laquelle est situé l'actuel château. Alain de Beaufort, en 1222, fait don des dîmes de Taden aux moines du prieuré Saint-Malo de Dinan et scelle cet acte de son sceau. En 1226 et 1247, il reconnaît devoir un soldat pour l'armée de l'évêque de Dol, en raison de sa terre de Beaufort. Les Beaufort font alliance avec la famille de Châteaubriant, par le mariage de sa fille, Jeanne, seule héritière du domaine, en 1251, qui épouse Briand de Châteaubriand, fondant ainsi la branche des Châteaubriant-Beaufort. Les lieux sont chargés d'une partie d'histoire importante de la région.
Luc Jean de Gouyon de Beauvais, ancien officier devient seigneur de Beaufort par son mariage en 1751 avec sa cousine Sophie de Gouyon héritière du fief. Elle meurt en 1765, sans postérité, mais avait fait avec son époux une donation mutuelle. Il conserva le domaine, se remaria avec une autre cousine Antoine-Louise de Gouyon de Launays-Comats en 1766. C'est l'aînée de cette union aux nombreux enfants : Renée qui en 1785, épousa Félix Victor Locquet de Granville. Luc Jean de Gouyon de Beaufort était membre de la commission de la Navigation intérieure des États en 1665, et jouissait d'un certain prestige et d'une fortune non négligeable. Il eut dans l'esprit d'acheter pour son gendre le château de Combourg qui du reste n'était pas à vendreOn dit icy la terre de Combourg en vente, mais je ne puis le croire ; si cela était je tâcherais de la faire acheter à mon gendre, lettre du 7 janvier 1787..
La Révolution Luc Jean Joseph Gouyon de Beauvais-Tourade et comte de Beaufort (1725-1794), épouse sa cousine Françoise Marie Gouyon de Beaufort, veuve de Freslon de la Freslonnière, le à Plerguer en son château de Beaufort. En 1793, il est compromis dans la conjuration de l'Association bretonne, que dirige Armand Tuffin de La Rouërie, arrêté au château de Beaufort, emmené à Paris, jugé et guillotiné le , avec le groupe de Malouins que sous le nom de l'échantillon, Le Carpentier présenta au Tribunal révolutionnaire. Il sera inhumé au cimetière de Picpus où on avait inhumé son gendre Locquet de Granville, quelque temps auparavant et guillotiné également.
En floréal an IX, dans la séance de Germinal est instruit par le Tribunal criminel du département de la Seine le procès contre les nommés Pierre Robinault de Saint-Régeant, François-Joseph Carbon et leurs complices pour la préparation de l'attentat de la rue Saint-Nicaise contre le premier consul. Comparaissent : Aubine Louise Gouyon, veuve de Luc Jean Gouyon de Beaufort, pour avoir hébergé le dénommé Carbon ; Reine Marie Aubine Gouyon ; Angélique Marie Françoise Gouyon. Reine et Angélique Gouyon ne sont pas convaincues d'avoir coopéré au complot et sont relaxées. Aubine Louise Gouyon a hébergé Carbon dans la nuit du 7 au 8 nivôse de l'an VIII, défendue par Larrieu qui plaide que l'accusée n'est pas tenue de faire une déclaration d'hébergement compte tenu que Carbon est resté moins de douze heures. Elle est finalement acquittée et rendue à la libertéCompilation des actes du procès instruit par le Tribunal criminel du département de la Seine contre les nommés Saint-Réjant, Carbon et les autres pour un complot contre la personne du Premier Consul, vol. I, t. II, Impr. de la République, 1801, Floréal An IX. p. 309 à 321..
Les bâtiments actuels datent du . La partie sud de la chapelle témoigne de l'existence du château au .
À la fin du , le marquis Xavier Louis Maris Félix Gouyon de Beaufort fait un don au curé de Roz-Landrieux, pour restaurer son église. Par reconnaissance le curé lui offre une croix en granit du , qui est aujourd'hui dans la cour du château sur le terre-plein central.
Le , La Résistance Pendant la guerre 1939-1945, il servit de refuge au réseau de résistance le Maquis de Saint-Yvieux, pendant le mois d'août 1943. N'étant pas en sécurité les maquisards partirent en forêt de Mesnil et les élèves les plus jeunes du collège de Saint-Malo furent évacués au château de Beaufort en octobre 1943, avec comme encadrement de jeunes prêtres et des séminaristes planqués là pour échapper au STO en Allemagne, dont le père Michel LeutellierPage de l'amicale des anciens élèves du lycée Institution de Saint-Malo-La Providence..
Après la mort du marquis Xavier Louis Marie Félix Gouyon de Beaufort, en 1945, le château et les terres sont cédés à une congrégation religieuse en 1950, qui la cédera à son tour en 1963 à la congrégation des sœurs dominicaines sous la direction du père Mellet avec l'arrivée de quatre religieuses venant du Midi. Les bâtiments étaient dans un état de délabrement très avancé, tenant pour une bonne part à l'occupation allemande. Les religieuses remettront les bâtiments en état. Ce lieu est maintenant connu sous l’appellation de monastère Notre-Dame de Beaufort.
Droits seigneuriaux La seigneurie de Beaufort jouissait du droit de haute justice, qu'elle exerçait au bourg de Plerguer. L'auditoire et les ceps et collier de la seigneurie étaient autrefois près du cimetière de Plerguer. Le sire de Beaufort, siégeait aux Parlements ou États de Bretagne, au premier rang des bannerets du duché<ref>Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, II, 1568 et 1673</ref>.
Prééminences en l'église de Plerguer et autres lieux Au , l'abbé du Tronchet, dont le monastère était sur la paroisse de Plerguer décida de disputer au seigneur de Beaufort qui était fondateur de ladite église de Plerguer, les prééminences de celui-ci dont François de Châteaubriant-Beaufort avait obtenu de l'évêque de Dol confirmation de ses privilèges en 1542.
Dans l'église de Plerguer, derrière une vitre posée derrière le maître-autel se trouvaient les armoiries des sires de Beaufort et de leurs alliances. Au bas du marchepied de cet autel, se trouvait une tombe sur laquelle on pouvait voir en relief, sculpté, un écusson écartelé de Châteaubriant et de Du Guesclin, sur le tout de Beaufort. Dans le chanceau, du côté de l'Évangile, étaient deux bancs à queue blasonnés des mêmes armes et remplissant une arcature pratiquée dans la côtale du chœur; près de ces bancs paraissait une autre pierre tombale également armoriée et au-dessus des bancs dans le fond de l'arcature, étaient sculptés les armes des Beaufort.
Tout le chanceau demeurait prohibitif au seigneur de Beaufort. Il y avait en plus une grande chapelle séparée du chanceau par une arcade et dépendant également de la terre de Beaufort; il s'y trouvait un tombeau élevé de deux pieds de terre, placé sous une arcade dans la muraille, aux armes des Beaufort. En en dedans et au dehors de l'église était peinte une litre seigneuriale présentant les blasons des Beaufort et des Châteaubriant. Telles étaient les prééminences en 1666 du seigneur de Beaufort. Cela n'empêcha nullement l'abbé du Tronchet de maintenir ses prétentions au droit de fondateur de l'église de Plerguer. Des procédures s'étalèrent sur un siècle, un arrêt du Parlement de Bretagne, donna tort à l'abbé et maintint définitivement le seigneur de Beaufort dans ses prééminencesArchives Départementales d'Ille-et-Vilaine
Ils jouissaient en outre du droit de posséder une stalle dans la cathédrale de Dol. Elle était la troisième parmi celles des dignitaires, le seigneur de Beaufort étant directement derrière l'évêque de Dol, en face du premier chanoine dignitaire, le grand chantre de Dol. Cette distinction fut attribuée à Guillaume de Châteaubriant-Beaufort. La stalle était ornée d'un écusson en bannière portant les armes pleines des Châteaubriant; derrière se trouvait un autel où l'on célébrait chaque semaine deux messes pour la famille de BeaufortArchives du Château de Châteauneuf
Tous ces faits démontrent l'importance de cette famille dans la contréeAbbé Amédée Guillotin de Corson..
Seigneurs Alain de Beaufort, époux d'Avoise d'Avaugour, en 1222, il fait don des dîmes de Taden aux moines du Prieuré Saint-Malo de Dinan et scella cet acte de son sceau portant ses armoiries. Briand Ier de Châteaubriant-Beaufort(+ après 1301), épouse en 1251, Jeanne de Beaufort, fille d'Alain de Beaufort (1200 + après 1247), seigneur de Beaufort et de Dinan-Nord. Guy de Châteaubraint-Beaufort, il alla à Rome en 1309, on ignore le nom de son épouse. Il est le fils du précédent Briand II de Châteaubriant-Beaufort, fils du précédent, épousa Marie de Beaumanoirselon certains généalogiste : Isabelle du Chastellier. Il ratifia le traité de Guérande, le . Bertrand de Châteaubriant-Beaufort, seigneur de Beaufort en 1386, épouse Tiphaine du Guesclin, fille de Pierre II, puis Jeanne du Mesnil, décédée veuve le A. D. de la Loire-Inférieure. Il laissa un fils de sa seconde union. Briand III de Châteaubriant-Beaufort (+ 8 juillet 1462), seigneur de Beaufort et du Plessis-Bertrand, amiral de la flotte qui battit les Anglais au Mont-Saint-Michel le , chambellan du roi Charles VII, en 1439, chambellan du duc de Bretagne. François de Bretagne, lui accorda le droit de tenir une foire chaque année au bourg de Plerguer, en 1446. Il épousa Marguerite de Téhillac et hérita de sa cousine, Tiphaine du Guesclin, décédée en 1417 la terre du Plessix-Bertrand. Il rendit son âme à Dieu le . Bertrand II de Châteaubriant-Beaufort, fils du précédent, épousa Marie d'Orange, dame dudit lieu, et mourut en juin 1479. Jean de Châteaubriant-Beaufort, fils du précédent, chambellan du duc de Bretagne en 1482, épousa Jeanne d'Espinay, de cette union naquit : Guillaume et Jean II de Châteaubriant-Beaufort; Guillaume, sire de Beaufort, en 1509 et 1513, n'eut point d'enfant de son union avec Gyonne le Porc, il décéda le , son frère Jean II, époux de Marguerite des Planches, le suivit quelque temps après, dans la tombe. La seigneurie passa à l'enfant mineur de ce dernier; François de Châteaubriant-Beaufort, sa mère Marguerite des Planches fut sa curatriceA.D. de la Loire-Inférieure, il épousa Jeanne de Tréal et eurent deux fils : Christophe et Georges, qui lui succédèrent l'un après l'autre. Il fut inhumé dans l'église de Saint-Coulomble Christophe de Châteaubriant-Beaufort (1563), marié avec 1° : Jeanne de Sévigné et 2° fois : Charlotte de Montgommery, les deux unions sans postérité. Georges de Châteaubriant-Beaufort (1580), les deux frères rendirent aveu au seigneur de Combourg pour leur terre de BeaufortArchives du château de Combourg. Épouse en 1574, Gabrielle Bruslon, dont : Pierre de Châteaubriant-Beaufort, marié en 1607 à Françoise de Saint-Gilles, Pierre est mort en 1631 et son fils Gabriel, devint seigneur de Beaufort Gabriel de Châteaubriant-Beaufort, épouse Marie de Montigny et décède sans postérité en 1653, la seigneurie revient à sa sœur Renée. Renée de Châteaubriant (v.1610 - + le au manoir de Gardisseul, à Plestan), héritière de la seigneurie de Beaufort fut mariée à François de Bourblanc qui revendit la seigneurie le . Elle eut plusieurs unions sans postérité. Maurille de Fordanz ou Forsanz, seigneurs des Loges, en La Mézière (1666), et Marie de Romelin vend la seigneurie en février 1675, à :