L’Hôtel-Dieu de Tournus, situé à Tournus (Saône-et-Loire), est un ancien hôpital, construit au , où l'on peut voir une des plus anciennes apothicaireries qui subsiste en France.

Il abritait entre 2000 et 2019 le musée Greuze. Il subsiste une salle dédiée au peintre où sont exposés quelques tableaux de l'artiste.

Protection L'hôtel-Dieu a été classé au titre des Monuments historiques par un arrêté de 1964.

Le bâtiment Le bâtiment de l'hôtel-Dieu a été construit au et agrandi ultérieurement.

Il comporte trois vastes salles et deux chapelles, ainsi que l’une des plus anciennes apothicaireries conservées en France : elle date de 1685 environ et son décor est très ouvragé. Les boiseries à colonnettes torses et dorées ont été conçues pour y placer les pots en faïence des , qui contenaient les remèdes préparés par les sœurs. Le plafond de bois peint représente des anges voletant, fleurs et plantes à la main.

En 2011, l'hôtel-dieu de Tournus s'est enrichi d'une seconde apothicairerie : celle de la Maison de Charité de Tournus (établie en 1675), datant du , dont les boiseries ont été démontées, transférées et remontées (vitrines présentées vides, l'ensemble des pots ayant été détruits par les troupes d'occupation autrichiennes au soir du ).

Le musée Greuze Origines Le , Alexis Bessard, maire de Tournus, Étienne Chanay, président de la Société des amis des arts et des sciences de Tournus, et Jean Martin, bibliothécaire-archiviste-conservateur, inauguraient le musée dans son cadre actuelLe « premier musée » étant trop à l'étroit à l'hôtel de ville et la municipalité de Tournus manquant de fonds pour acheter le moindre bâtiment, Jean Martin s'était rendu propriétaire de l'ancien couvent des Bénédictines (rue du Collège), qu'il avait revendu à fonds perdus à la ville moyennant une faible rente viagère. Source : Jean Duriaud, « Jean Martin, archéologue bourguignon », bulletin de la Société des amis des arts et des sciences de Tournus, tome CXX, Tournus, 2022, . ; il émanait d'une collection, exposée depuis le à l'hôtel de ville, qui avait été créée grâce au legs de la veuve Perrot née Michel (décédée à Paris en 1865) et qui avait grandi par l'activité de la Société des amis des arts et des sciences de Tournus, fondée en 1877. Jean Martin, l'un des auteurs du Catalogue raisonné de l'œuvre de Jean-Baptiste Greuze, était conservateur du musée et de la bibliothèque ; la plupart des estampes de Greuze conservées au musée ont été réunies par luiMarie Lapalus, loc. cit., p. 21..

Collections Les collections du musée Greuze sont très diversifiées. Elles comportent des peintures, des dessins et des sculptures, mais aussi beaucoup de pièces archéologiques, les objets présentés permettant de comprendre l’histoire du Tournugeois, du paléolithique à la période mérovingienne. Le résultat des fouilles, opérées depuis plus de trente ans par le Groupe de recherche archéologique du Tournugeois dans la ville et ses environs (outils de silex, céramiques et objets de bronze ou de fer), retrace l’évolution du peuplement de la région. Les périodes gallo-romaine et mérovingienne sont également représentées, notamment par plusieurs pièces rares, parmi lesquelles une trousse ophtalmologique du , trouvée dans la Saône, ou encore des plaques de ceinturon en fer damasquiné des .

Deux espaces sont consacrés aux œuvres de Greuze : ils présentent certains de ses tableaux, dont deux autoportraits de l’artiste, ainsi qu'une vingtaine de ses dessins, sanguines, lavis d’encre et gravures.

D'autres salles regroupent des peintures des écoles française, flamande et italienne du au , ainsi que de nombreuses sculptures. L'art contemporain est également représenté.

Fréquentation 2005 : le nombre de visiteurs (musée et hôtel-Dieu) est de (données : Comité régional du tourisme). 2024 : la fréquentation de l'hôtel-Dieu s'élève à 6 030 visiteursEn hausse de 2,5 % par rapport à l'année précédente. Source : Le bulletin intercommunal du Mâconnais-Tournugeois, juin 2025 (page 11)..

Responsables Le musée Greuze a eu pour responsables successifs : Jean Martin (nommé conservateur en 1876), qui rassembla des collections homogènes et à qui l'on doit un Catalogue du Musée de Tournus (1910)André Talmard, « Jean Martin, inventeur du patrimoine tournusien », bulletin de la Société des amis des arts et des sciences de Tournus, tome CXX, Tournus, 2022, . ; Gabriel Jeanton (de 1919 à 1943) ; Charles Dard (de 1943 à 1955) ; mademoiselle Viallefond (de 1955 à 1960), qui organisa les salles Greuze ; Émile Magnien (de 1960 à 1983), qui repensa toute la présentation des autres salles ; Christelle Rochette (de 1994 à 2000), qui, en tant que directrice de l’établissement, conçut le projet muséographique de l'établissement ; Clémence Poivet, conservatrice de l'hôtel-Dieu et du musée Greuze ; Valérie Balthazard, conservatrice de l'hôtel-Dieu et du musée Greuze.

Pour approfondir Bibliographie Marie Lapalus, « Greuze au musée de Tournus », in Diderot et Greuze, Actes du colloque de Clermont-Ferrand () réunis par Antoinette et Jean Ehrard (Université de Clermont II, Centre de recherches révolutionnaires et romantiques), Clermont-Ferrand, Adosa, 1986. Christelle Rochette, L'Hôtel-Dieu de Tournus, éd. Ville de Tournus, 1998. Christelle Rochette, Jean Baptiste Greuze (1725-1805) et les collections du musée Greuze de Tournus, avant-propos de Pierre Rosenberg de l'Académie française et président-directeur du musée du Louvre, éd. Ville de Tournus, 2000. Pierre Prost, Les apothicaireries de Saône-et-Loire, revue « Images de Saône-et-Loire » n° 132 (), pp. 11-14. Florence Vidonne, Autour de Greuze : dons d'art graphique d'Edgar Munhall, bulletin de la Société des amis des arts et des sciences de Tournus, tome CXIV, Tournus, 2015, pp. 81-88. . Florence Vidonne, Le transfert de l'apothicairerie de la Charité de Tournus dans l'hôtel-dieu & musée Greuze de la ville, bulletin de la Société des amis des arts et des sciences de Tournus, tome CXIV, Tournus, 2015, pp. 191-203. .

Articles connexes Tournus Tournugeois Pays d'art et d'histoire « Entre Cluny et Tournus »

Notes et références

Tournus Catégorie:Monument historique à Tournus Catégorie:Monument historique classé en 1964 Catégorie:Édifice religieux du XVIIe siècle en France Catégorie:Musée en Saône-et-Loire