Richard Jamieson (né le à Montréal, province de Québec) est un entraîneur professionnel de hockey sur glace franco-canadien.
Entraîneur de l’Association des sports de glace de Tours de 1980 à 1982, puis de 1985 à 1989, avec laquelle il est deux fois vice-champion de France, il est président du comité de l'Est de hockey français de 1996 à 1998 et membre du conseil fédéral du comité national de hockey sur glace (CNHG) français de 1998 à 1999. Alors qu'il est entraîneur de La Roche-sur-Yon en Division 2 française, il cesse ses fonctions le .
Biographie Richard Jamieson est un Québécois francophone dont le père, Roger, n'a jamais parlé l'anglais, la famille étant de lointaine origine irlandaise. Il grandit à Montréal, à l'époque de Maurice Richard des Canadiens de Montréal qui a remporté huit coupes Stanley gagnées entre 1944 et 1960. Il fait son entrée dans le domaine du hockey professionnel, d'abord comme défenseur en Ligue de hockey junior majeur du Québec puis comme entraîneur. Professeur de sport de formation, il entre dans la vie professionnelle en travaillant notamment dans des centres de loisirs et de sports près de Montréal dont il devient le directeur, mais aussi comme chef des ventes des distilleries Melchers à Montréal.
Ligue de hockey junior majeur du Québec Il a 31 ans lorsqu'il se consacre entièrement au hockey : les Olympiques de Hull, de la LHJMQ, font appel à lui comme entraîneur-chef, le . En effet, à la fin de janvier, . Une grève des « cols bleus » de la ville de Hull éclate et est suivie d’une grève patronale. . Richard Jamieson se forge une belle réputation, qualifiant Hull pour les séries éliminatoires, mais les Olympiques terminent leur saison en s’inclinant en quatre rencontres consécutives contre Cornwall lors de la première ronde. Pour 1978-79, Richard Jamieson reste en poste et prépare son premier camp d’entraînement junior majeur. À l’aube de cette saison, il mise sur la jeunesse et l'inexpérience Jamieson fait le « ménage » et de nombreux changements, mais les succès se font attendre. Le , il quitte Hull pour se rapprocher de sa famille et paraphe un pacte d'entraîneur et de manager général avec le National de Laval, club de Montréal. Avec un effectif limité qu'il ne peut accroître, Richard Jamieson ne peut qualifier Laval pour les séries. Plus généralement, son regard sur sa propre évolution et le milieu des joueurs de hockey est aussi parfaitement lucide : .
Ligue internationale de hockey aux États-Unis Le , Richard Jamieson entre de plain-pied dans le hockey professionnel : les Admirals de Milwaukee, club du Wisconsin évoluant en Ligue internationale de hockey (l'antichambre de la LNH), annoncent qu'ils viennent de le faire signer comme entraîneur-chef pour un contrat d'un an, sur les recommandations d'André Caron, lui-même ancien entraîneur du club. Bill Chimo, le manager général, explique son choix : . Ce à quoi Jamieson répond :
Lors du camp d'entraînement des Admirals à Montréal, Jamieson annonce la couleur au sujet d'un groupe de joueurs qui n'a pas 22 ans de moyenne : L'entraîneur a même décrété un couvre-feu pour ses joueurs. [...] . Alors que les Admirals ont perdu le québécois Michel Lachance - élu meilleur défenseur de la LIH et parti pour les Rockies du Colorado (LNH), Richard Jamieson devra en fait attendre la pour que son équipe enregistre seulement sa cinquième victoire de la saison, en battant 5-3 à domicile la belle équipe des Flags de Port Huron. explique un Jamieson satisfait. . L'exploit sera sans lendemain et l'équipe continuera à perdre, révélant toujours plus de carences en défensive après le départ de trop de joueurs-clés vers la LAH et la LNH avant le début de la saison. Il se murmure alors qu'il y a conflit de personnalités entre Jamieson et les joueurs, lesquels ne sont pas contents du management de leur entraîneur à leur égard, le qualifiant d'arrogant. Ils se réunirent avant d'aller porter leurs doléances à l'attention des dirigeants. Richard Jamieson et les dirigeants se mettent ensuite à chercher des renforts d'expérience pour sauver ce qui reste de la saison d'une équipe trop inexpérimentée. Les Admirals ont beau être club filial des Nordiques de Québec, ils ne trouveront pas d'aide de ce côté-là, les Nordiques ayant eux-mêmes fort à faire pour leur première saison en LNH. La saison, débutée le , s'achève brutalement le pour Richard Jamieson, . Richard Jamieson assistera quand même à la rencontre victorieuse et souhaite alors . Il quitte les bords du lac Michigan pour rentrer à Montréal.
De l'Amérique du nord à l'Europe
A Montréal, Richard Jamieson ne va pas rester inactif et songe à rejoindre l’Europe. L’ASG Tours, championne de France de Nationale A française en titre, n’est pas insensible à son bagage et à son statut d’entraîneur professionnel. Son président, Albert Pasquier, avec l'appui de « Mammouth », investit une petite fortune pour offrir une équipe championne. Durant l’été 1980, Jamieson arrive en France pour signer avec le président Albert Pasquier. À peine arrivé, Jamieson est informé du départ du joueur emblématique André Peloffy pour Villach en Autriche, puisque l’ASG Tours n’a pas accepté ses nouvelles prétentions salariales. Le départ de Peloffy annoncé, le staff ne sait plus vraiment s'il doit garder comme sa seule licence étrangère autorisée Joe Fidler, un joueur américain, mais au caractère imprévisible. Jamieson tranche : Fidler doit partir et il active alors ses réseaux pour trouver une solution. Il songe à Paulin Bordeleau, qui a joué en LNH avec les Canucks de Vancouver. . Mais il est en avec les Nordiques de Québec et n’a pas joué de toute la saison 1979-80. Son frère ainé Christian avait annoncé sa retraite en , avant de revenir sur sa décision. La direction des Nordiques refusa alors de le reprendre avant que le litige ne se règle à l’amiable. Néanmoins, la direction des Nordiques promet un grand ménage pour briser l'influence des « cliques » dans le vestiaire et Paulin Bordeleau, solidaire de son frère, en fait les frais. Les Fleurdelisés sont admis en LNH et repêchent 16 joueurs, dont un certain Roland Cloutier.
Paulin Bordeleau, d’abord réticent - le hockey français est à l'époque amateur - se laisse convaincre par Richard Jamieson et signe avec l’ASG Tours un de canadiens après impôt pour la saison ( canadiens ou constants en 2011). De plus, le club lui fournit un logement et une automobile. À cette époque, l'ASG Tours et son professionnalisme de fait agacent prodigieusement les clubs traditionnels du hockey français basés dans les Alpes. . . Pourtant, on accepte facilement l'homme, ses méthodes d'entraînement pas toujours. Le joueur se voit forcé de jouer un rôle providentiel dans l'équipe. Il devient sacro-saint. Son engagement implique des objectifs spécifiques, dans l'optique des dirigeants. On attend de lui une grande production de buts et les spectateurs, de leur côté, admettent rarement les contre-performances. On le considère comme le meilleur et il doit le prouver.
Quelques mois après son arrivée, Richard Jamieson livre déjà son analyse concernant le hockey canadien et le hockey européen : . Pour Jamieson, la différence se situe ailleurs et il est décidé à étaler ces points noirs devant les dirigeants du hockey français : .
En 2020, Richard Jamieson revient en tant que conseiller technique au sein du Castres Hockey Club.
Vice-champion de France
Dès le camp d’entraînement, Richard Jamieson est fidèle à sa philosophie : se remémore Jean Stinco, champion de France 1980, spécialiste de mise en échec avant et récupérateur de rondelle pour Peloffy, puis Bordeleau. Jamieson impose à ses joueurs deux entraînements intensifs par jour, misant sur leur rapidité soutenue pour profiter au maximum des grandes surfaces glacées, ce que trouvera exténuant Paulin Bordeleau. Pour Richard Jamieson, ses raisons sont limpides : .
Parcours d'entraîneur 1977-79 : Olympiques de Hull (LHJMQ) 1978-79 : National de Laval (LHJMQ) 1979-80 : Admirals de Milwaukee (LIH) 1980-82 : ASG Tours (France) 1982-85 : ASG Angers (France) 1985-89 : ASG Tours (France) 1989-90 : CPH Dijon (France) 1994-99 : HC Colmar (France) 1999-05 : Intrépide de l'Outaouais (Québec) 2005-07 : HC Colmar (France) 2010-12 : HC Yonnais (France) 2020 : Castres Hockey Club (France)
Notes et références
Bibliographie
Catégorie:Naissance en septembre 1946 Catégorie:Naissance à Montréal Catégorie:Entraîneur québécois de hockey sur glace Catégorie:Entraîneur français de hockey sur glace