L'Armée syrienne libre (ASL) (, al-jayš as-suri al-ħurr) est un rassemblement de groupes rebelles formé le lors de la guerre civile syrienne. Elle forme au début du conflit la principale force armée opposée au régime de Bachar el-Assad, avant d'être supplantée dans certaines régions par des factions islamistes ou djihadistes. Constituée d'anciens officiers de l'armée syrienne, elle se caractérise, pour l'essentiel, par son nationalisme et son objectif démocratique..
Au cours de son existence, l'armée syrienne libre a regroupé plusieurs dizaines de factions. Parmi les principales figurent : la Brigade Ahfad al-Rassoul, la Brigade al-Farouq, les Brigades des martyrs de Syrie, le Mouvement Hazm, l'Armée de Yarmouk, Faylaq al-Cham, le Front du Levant, Alwiyat Saif al-Cham, Faylaq al-Rahman, la côtière, l'Armée libre d'Idleb, la d'infanterie, Liwa Suqour al-Jabal, la , Fastaqim Kama Umirt, Liwa Shuhada al-Islam, Fursan al-Haq, la Brigade de la Tempête du Nord, la Division Sultan Mourad, Jaych al-Ezzah, la Brigade des révolutionnaires de Raqqa, Al-Forqat al-Wasti, la Division al-Hamza, la Brigade al-Moutasem, les Bataillons islamiques al-Safwah, Jaych Ossoud al-Charkiya, la Force du Martyr Ahmed al-Abdo. D'autres groupes rebelles ont fait partie de l'Armée syrienne libre avant de s'en retirer, comme le Liwa al-Tawhid, Suqour al-Cham et le Liwa al-Umma.
À partir de 2017, l'essentiel des groupes de l'Armée syrienne libre se fond dans l'Armée nationale syrienne.
Drapeaux et logos
L'ASL adopte le drapeau de la Syrie mandataire et de la République syrienne précédant le règne du Baas et des Assad. Les couleurs vert-blanc-noir représentent les trois dynasties historiques (Fatimides, Omeyyades et Abbassides) et les trois étoiles, les minorités chrétienne, druze et alaouite.
Histoire upright=1.2|vignette|gauche|Rebelles de l'Armée syrienne libre à Rastane, le 26 avril 2012.
La formation du groupe d'opposition armé est annoncée le dans une vidéo publiée sur le web par un groupe de militaires syriens en uniforme qui ont fait défection. Ceux-ci appellent les membres de l'armée à faire défection et à les rejoindre. Le chef de ces hommes, qui s'identifie lui-même comme le colonel Riyad al Asaad, affirme que l'Armée syrienne libre travaillerait avec les manifestants à la chute du régime, et précise que toutes les forces de sécurité attaquant des civils sont des cibles justifiées. L'ASL est le premier groupe à prendre les armes contre le régime de Bachar al-Assad.
Le , l'Armée syrienne libre (ASL) fusionne avec le Mouvement des officiers libres (MOL, , ħarakat al-ḍubbaṭ al-aħrar) et devient ainsi le principal groupe armé d'opposition. Cette fusion intervient peu après l'enlèvement par les services de renseignement syriens du lieutenant-colonel Huseïn Harmouch, chef et fondateur du MOL qui avait refusé de collaborer avec les Frères musulmans, Ignace Leverrier pour Le Monde, 17 octobre 2011 et qui devait être le porte-parole officiel de l'ASL avant son enlèvement.
Le , l'ASL reconnaît l’autorité du Conseil national syrien (CNS), dont le président Burhan Ghalioun s'oppose à la militarisation de la révolte syrienne : .
À la mi-, un camp de l'ASL est installé en Turquie. Son accès est strictement contrôlé par les Forces armées turquesSophie Shibab, La frustration des déserteurs syriens en Turquie, Le Monde, jeudi 15 décembre 2011, ..
En , Fahad Al Masri a été l'un des fondateurs du premier commandement conjoint de l'Armée syrienne libre intérieur, avec le colonel Qassem Saad Eddin et d'autres officiers, et a contribué au renforcement de la formation de conseils militaires, au niveau des gouvernorats, et à la mise en place de bureaux de presse. Fahad Al Masri a été accrédité en tant que porte-parole du mouvement.
En , le général Mustafa Al Cheikh quitte l'ASL et fonde le Haut Conseil militaire et révolutionnaire. Le président du Conseil national syrien Burhan Ghalioun révèle également que son organisation a formé un corps militaire pour rassembler les rebelles du pays sous un contrôle unifié, ce qui est très mal reçu au sein de l'ASL qui n'a pas été tenue au courant.
Le , Burhan Ghalioun annonce que son organisation . Le mois suivant, il se déclare finalement favorable à l'armement de l'ASL par l'extérieur.
Le , Fahad Al Masri a été le premier à rencontrer l'envoyé international en Syrie, Lakhdar Brahimi, après sa rencontre avec le président français François Hollande dans le cadre de sa mission dans le dossier syrien.
Au printemps 2012, l'ASL se dote d'un commandement conjoint regroupant les chefs des brigades établies dans 10 des 14 gouvernorats syriens ; dans le même temps, l’ASL de l’intérieur prend l’ascendant sur les généraux déserteurs réfugiés en Turquie.
thumb|upright=1.2|left|Rebelles de l'Armée syrienne libre à Alep en .
En , l'ASL de l'intérieur annonce son propre plan de transition post-Bachar el-Assad « avec constitution d’un « conseil supérieur de défense » devant à terme choisir un « conseil présidentiel » politico-militaire pour diriger le pays durant la période transitoire » ; mais la proposition est rejetée par le colonel Riyad al Asaad, L'Orient-Le Jour, .
Au début du mois de , le général Mohamed Al-Haj Ali, un officier déserteur, annonce la création d'une Armée nationale syrienne censée s'attaquer à l'influence des réseaux islamistes ou, selon d'autres sources, remplacer l'Armée syrienne libre, Al-Ayam, 3 septembre 2012. Le même mois, le centre de commandement de l'ASL, initialement situé à Hatay en Turquie, est déplacé en Syrie dans le but de mieux contrôler les groupuscules extrémistes agissant en son nom. C'est également en que les brigades islamistes ralliées aux objectifs démocratiques et pluralistes, créent leur propre coalition, le Front Islamique pour la Libération de la Syrie (FILS), qui n'a plus qu'un lien symbolique avec l'ASL.
En , l'ASL, avec d'autres groupes armés, se place sous l'autorité d'une nouvelle direction de 30 hommes chargée de superviser la lutte contre l'armée syrienne et notamment composée de plusieurs dirigeants de l'ASL comme le commandant Riyad al Asaad, le général Moustafa Cheikh et le général Mohammed Hadj Ali, Yahoo !, 16 octobre 2012. Ce nouveau conseil militaire est lancé sous l'influence de la Turquie, de l'Arabie saoudite et du Qatar dans la perspective d'une meilleure transmission d'armes. Fahad Al Masri se rend alors en Turquie pour participer à des réunions avec plusieurs officiers ayant fait défection dans les zones proches de la frontière syro-turque, ainsi qu'avec l'ambassadeur de France chargé du dossier syrien avec plusieurs militaires.
En , le conseil militaire de l'ASL annonce son soutien à la nouvelle Coalition nationale des forces de l'opposition et de la révolution (CNFOR) et sa collaboration avec elle, France 24, 19 novembre 2012. La CNFOR crée un conseil militaire suprême chapeautant l'ASL, Le Temps, 12 août 2013.
En , des manifestations se déroulant à Alep s'en prennent à l'Armée syrienne libre alors que celle-ci avait conquis la moitié de la ville en juillet.
En , l'ASL refuse de reconnaître Ghassan Hitto, élu Premier ministre de la CNFOR chargé de l'administration des territoires rebelles en Syrie, en mettant en cause le défaut de consensus lors de son élection.
Au printemps 2013, l'ASL gagne du terrain au sud de la Syrie, dans la province de Deraa située à la frontière avec la Jordanie, en s'emparant de deux bases militaires et de la ville de Daël, mais en perd par ailleurs avec la bataille de Qousseir. L'ASL réclame alors des missiles antiaériens à courte portée, des missiles antichars, des mortiers, des munitions, des gilets pare-balles, des masques à gaz et une zone d’exclusion aérienne, prévenant du risque d', Libération, 20 juin 2013. Elle affirme peu après avoir obtenu satisfaction en ayant reçu de l'étranger des quantités d'armes susceptibles de : il s'agit d'armes antiaériennes et antichars ainsi que de munitions.
En , Le Figaro révèle que .
En , des groupes appartenant à l'ASL affirment, de concert avec treize des groupes rebelles islamistes les plus puissants en Syrie et dont l'ASL était proche, qu'aucune organisation basée à l'étranger, y compris la Coalition nationale, ne saurait les représenter : ils forment alors une alliance avec les djihadistes du Front al-Nosra. De nouveaux groupes de l'ASL font défection en octobre. Une quinzaine de brigades de l'ASL forme le Front révolutionnaire syrien.
En , l'ASL perd le contrôle de ses bureaux, à Bab Al-Hawa, près de la frontière turque, ainsi que de plusieurs entrepôts, situés dans cette région, celle de Homs et celle d'Idlib. Ces sites, qui abritent du matériel fourni par des pays alliés (notamment par les États-Unis), passent sous le contrôle du Front islamique. D'après la Coalition des forces de l'opposition et de la révolution, les rebelles du Front islamique sont arrivés sur les sites à sa demande, pour éviter qu'ils ne tombent dans les mains de l'État islamique en Irak et au Levant. Mais, selon un proche de Selim Idriss, et rien n'indique selon lui qu'ils sont disposés à rétrocéder leur prise de guerre.
Le , Selim Idriss est limogé de son poste de chef d'état-major de l'Armée syrienne libre par le Conseil militaire supérieur (CMS), qui invoque « la paralysie au sein de l'état major au cours des derniers mois », la nécessité de le « restructurer » et « les difficultés que rencontre la révolution syrienne » face au régime du président Bachar el-Assad. Il est remplacé par le brigadier général Abdel Al-Ilah Al-Bachir. En , le gouvernement de la Coalition nationale syrienne dissout le Conseil supérieur militaire de l'Armée syrienne libre et défère ses membres devant le comité de contrôle financier et administratif du gouvernement pour qu'ils fassent l'objet d'une enquête.
Ossama Abou Zayed, porte-parole de l'ASL, indique en : .
thumb|upright=1.2|Des rebelles de l'Armée syrienne libre engagés dans l'Opération Bouclier de l'Euphrate, au nord d'al-Bab, le 10 février 2017.
Le , Djamil Raadoun, chef de la brigade Soukour Al-Ghab de l'ASL, est tué par un attentat dans la province de Hatay en Turquie.
En , la brigade Tajamu’Al-Izza, affiliée à l'ASL et habilitée à recevoir des missiles antichars par les États-Unis, est touchée par des frappes russes d'après des officiels américains, tandis que la Russie affirme avoir ciblé l'État islamique. Mediapart indique en qu'.
Selon Mediapart en , l'ASL .
En 2018, des accords sont conclus entre le gouvernement et l'armée syrienne libre. Après des semaines de bombardements, la Ghouta orientale est évacuée jusqu'au . En juillet, c'est au tour de la province de Deraa qui était alors contrôlé à 70 % par les rebelles. Après des bombardements et quelques légers combats, les rebelles sont à leur tour déplacé avec leurs familles. Ils partent tous vers les zones où il y a une présence turque, Idleb, Afrine.
Conflit au Liban En , face aux accusations de l'agence libanaise (ANI), l'ASL dément toute implication dans le rapt de pèlerins chiites libanais dans le nord de la Syrie, accusant le régime syrien d'en être à l'origine.
En , Hassan al-Mouqdad, issu d'une puissante famille chiite proche du Hezbollah, « sniper à la solde de Damas » selon ses ravisseurs, est enlevé par des hommes se réclamant de l'ASL. En réponse, le clan al-Mouqdad organise l'enlèvement d'une vingtaine de Syriens et d'un Turc, et des rixes anti-syriennes ont lieu dans les quartiers chiites de Beyrouth, tandis que l'aéroport devient inaccessible. Un message diffusé sur une chaîne pro-Hezbollah menace également les citoyens du Qatar et de l'Arabie saoudite, ce qui incite ces deux pays ainsi que les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Koweït à intimer à leurs ressortissants de quitter le Liban. Mais le Conseil militaire de l'ASL dément être lié à l'enlèvement de Hassan al-Mouqdad.