Glossaire de la peinture chinoise est un glossaire non exhaustif de la peinture chinoise établi par Élizabeth M. Owen.
Ce glossaire est établi dans un ordre alphabétique afin de retrouver facilement la définition et dans certains cas l'explication des mots et termes employés dans l'histoire commentée de la peinture chinoise des origines à nos jours.
Pour se conformer à l'usage international, la transcription pinyin est utilisée pour les noms propres d'origine chinoise. Ainsi peut-on lire: Beijing (Pékin), Nanjing (Nankin), Guangzhou (Canton), etc.
Introduction
selon James Cahill.
Les origines de la peinture chinoise
Au , Zhang Yanyuan rédige la première histoire générale de la peinture chinoise, qui rend compte d'une époque légendaire où écrit et peinture sont réunis dans les pictogrammes. Il affirme que la séparation de l'image et du mot, dans les premiers temps historiques, a donné naissance à la peinture en tant qu'art indépendant. Mais, « on ne peut pas parler de subtilité de la peinture avant les dynasties Qin (221-206 ) et Han (206 - 220 ) » ; et l'art n'atteint sa maturité qu'avec l'émergence des grands maîtres, sous les Wei (220-265 et les Jin (265-420)Zhang Yanyuan, Lidai minghua ji (Mémoire sur les peintres célèbres au cours des dynasties successives) (Shanghai: Shanghai remmin chubanshe, 1963), entrée: Zhang Zao.
A
Académie Hanlin: fondée au par l'empereur Xuanzong des Tang (618-907), cette académie impériale a pour membres des lettrés (dont certains ont des qualités artistiques reconnues) et d'autres personnalités de valeur, parmi lesquelles des artistes professionnels de renom. Sa première charge ne concerne pas l'art : l'Académie Hanlin doit rédiger les décrets et autres textes officiels. Elle parraine les compilations et autres travaux d'érudition commandités par l'empereur, et assure le maintien des normes dans le domaine des lettres, de l'éducation et de l'art. L'Académie Hanlin est instituée à Bianliang à proximité du Palais impérial en 984, sous Taizong des Song du Nord. Elle sera reconstituée à Hangzhou sous les Song du Sud. Académie impériale de la peinture chinoise ou Académie de peinture: au début de la dynastie des Tang, les artistes de la cour sont regroupés dans diverses organisations correspondant à des petites académies de peinture; pendant les Cinq Dynasties, la cour des Tang méridionaux et celle des Shu, rassemblent les plus grands artistes de leur cour en une institution assez lâche. Un département de l'Académie Hanlin spécialisé dans le domaine de la peinture est fondé par Huizong (1100-1125) des Song du Nord, et cet empereur le structure durant son règne en exigeant que tous ses membres aient une culture de lettré et un réel savoir dans le domaine de la peinture, autrement dit qu'ils ne soient pas des amateurs. L'Académie des Song du Sud est établie à Hangzhou par l'empereur Song Gaozong. Au début de la dynastie des Ming, une nouvelle académie est créée, d'abord à Nanjing puis à Pékin. La dernière Académie impériale de peinture est celle qu'organisent les empereurs mandchous à Pékin pendant la dynastie des Qing, et elle est fortement influencée par l'art occidental. Académique (Style): peinture produite à de nombreuses époques dans le style qui s'est constitué à l'Académie impériale de peinture (à partir de 1100 env.) des dynasties Song (960-1279) et Ming (1368-1644): peinture relativement réaliste et colorée, sans passer aux yeux des personnes cultivées pour un travail d'artisan comme ce fut le cas, sous les Qing, pour la peinture occidentale naturaliste. Ce style se rencontre souvent dans certaines représentations des animaux, des végétaux lorsqu'ils sont méticuleusement détaillés, dans la peinture architecturale qui est toujours précise, dans l'illustration de poèmes ou d'autres thèmes littéraires et dans certaines peintures de paysage et de personnages lorsqu'ils sont détaillés et assez réalistes avec de fins contours et souvent des parties colorées de couleurs intenses comme en avait produit durant la dynastie Tang (618-907). Ce style fut très apprécié à la Cour des Yuan (1279-1368) amis aussi, bien que très différemment, sous les Qing avec de nombreuses architectures placées dans des paysages. Accumulation d'encre (Technique d'-): méthode de peinture associée à Dong Qichang et Gong Xian un pinceau légèrement imbibé de diverses nuances d'encre allant du clair au foncé est appliqué de façon répétitive au même endroit, pour créer un riche effet atmosphérique. Agnat: appartenance à une famille. Anhui (École de l'.): groupe d'artistes du début de la dynastie des Qing, concentrés dans la province de l'Anhui, en particulier le district de Huizhou ou de Xin'an, comprenant Xiao Yuncong, Hong Ren, et Mei Qing, dont les œuvres reflètent des styles très individualisées. Leur sujet de prédilection et le mont Huang. Aussi appelée École de Xin'an. Animaux et symboles directionnels: le Guerrier Sombre (une tortue avec un serpent enroulé autour de son corps) représente le nord et l'hiver; le Dragon Vert, l'est et le printemps; l'Oiseau Rouge, le sud et l'été; le Tigre Blanc, l'ouest et l'automne. apsara: créature céleste ou divinité. Le terme est généralement appliqué aux musiciens et danseurs célestes qui entourent les bouddhas et bhodisattvas. Architectural (Peinture ou dessin) (jichua): représentation architecturale méticuleuse tracée avec des lignes fines, à l'aide de l'équerre et de la règle. Arhat: disciple du Bouddha historique Shâkyamuni, qui mènent des vies ascétiques, dans la dévotion sincère à l'esprit des enseignements du Bouddha. Ces personnages éclairés, aussi nommés Lohan, sont répartis en groupe de seize, dix-huit ou cinq cents. Aspersion d'eau: Aspersion d'eau sur une peinture qui est déjà colorée, de façon que l'eau se mélange avec le pigment sur le papier pour rehausser la couleur et accroitre l'intensité. Aspersion de poudre: adjonction de poudre colorée à une peinture déjà imbibée d'eau, de façon que la poudre et l'eau se mélangent sur le papier pour rehausser la couleur et accroître l'intensité.
B
báimiáo: dessin au trait à l'encre noire, sans aucune couleur. Se rattache au Gongbi. baohui tang: salle où les peintures sont conservées comme des trésors. Baoji : pavillon, (nommé Précieuses Traces de Pinceau), construit dans le palais impérial des Sui, afin d'y abriter les chefs-d'œuvre. Blanc volant: voir Feibal. Bochen (École de, Chine): les artistes de cette école inaugurée à la dynastie des Ming par Zeng Jing et ses disciples, dont fait partie Xie Bin, sont célèbres pour leurs portraits réalistes en trope-l'œil. Le Style de Zeng Jing a une grande influence sur les portraitistes de la dynastie des Qing et les peintres ultérieurs. bodhisattva: Être illuminé; Bouddha potentiel qui renonce à une renaissance finale dans le Nirvana afin d'apporter le salut à l'humanité souffrante. Bouddha – voir Bouddha Amitābha; Maitreya; Shakyamuni. Bouddha Amitābha: le Bouddha de l'Infinie Lumière, qui préside le Paradis de l'Ouest. Bouddhisme Chan: bouddhisme Zen, en japonais. Cette secte bouddhique mystique et populaire défend l'idée du salut par la méditation, qui permet de découvrir la nature du bouddha qu'on porte en soi. Introduit en Chine au par le moine indien Bodhidharma, le Chan influence profondément l'art et la culture, tout spécialement la peinture à l'encre, qui est réalisée dans des instants éphémères d'inspiration Chan. Bouddhisme Ésotérique: bouddhisme secret et spirituel, secret dans le sens où les enseignements ne sont pas révélés aux non-initiés et où il suppose des doctrines mystérieuses, des incantations et formules magiques; spirituel dans le sens où les significations profondes qui sous-entendent toutes les significations apparentes doivent être appréhendées par l'intuition et ne peuvent être expliquées. Branches en Pinces de Crabe (xiezhao): courts traits de pinceau incurvés vers le bas, qui ont l'air de tomber comme des gouttes et ressemblent à une pince de crabe.
C
cA: frottage avec un pinceau dont on a exprimé toute l'encre claire ou foncée dont on l'a d'abord imbibé. cakravartin : celui qui fait tourner la roue de la loi. CAO, CAOSHU: littéralement, écriture «d'herbe». Style calligraphique très stylisé, où chaque caractère s'écrit d'un seul coup de pinceau. caocao : rapide et négligent (ou esquisse). Chang'an (École de): peintres modernes ( concentrés à Xi'an, parmi lesquels Zhao Wangyun, Shi Lu et Huang Zhou qui préconisent la réforme du paysage traditionnel en dessinant d'après nature et en explorant de nouveaux styles. Chanvre effiloché (Trait de pinceau en—): voir fibre de chanvre (Trait de pinceau en—) cheng : sincérité. Cinq éléments (Les): bois, feu, terre, métal et eau. Cinq Montagnes Sacrées (wu yue): le mont Tai à l'est (province du Shandong), le mont Hua à l'ouest (province du Shaanxi, le mont Heng au nord (province du Shaanxi), un autre mont Heng au sud (province du Hunan, et le mont Song au centre (province du Hunan). Classiques, Classiques confucéens: ils comprennent les Quatre Livres—la Grande Étude, l'Invariable Milieu, les Entretiens de Confucius et le Mencius—et les Cinq Classiques (jing) qui sont le Livre des Mutations, le Canon des Documents, les Mémoires sur les Rites, le Livre des Odes, et la Chronique des Printemps et Automnes. À la dynastie des Tang, un sixième classique est ajouté, le Livre de la Musique. Il y en a eu jusqu'à treize à la fin de l'empire. Colophon: poésie ou annotation en prose écrite par un ami de l'artiste, un commentateur ou un collectionneur, qui se trouve à la fin d'un rouleau portatif ou sur une toile de montage d'un rouleau mural. Les colophons poétiques font généralement l'éloge de la peinture ou sont inspirés par elle. Coopérative Kui Hai: Groupe de quatorze peintres modernes de la province de Guangdong. La coopérative devient ultérieurement la Société pour l'étude de la peinture chinoise. Coup de hache (Trait de pinceau en—): trait non calligraphique tracé de haut en bas avec le côté du pinceau. Ces traits présentent des arêtes vives, puissantes, avec une attaque nettement marquée qui fait l'effet d'un coup de hache dans le bois; ils sont utilisés pour rendre la matière de la roche dans les motifs paysagers. Utilisé pour la première fois par Li Tang. Culture de Longshan: culture circonscrite dans la province du Shandong et datant d'environ 3000-1700 Elle est connue pour ses poteries monochromes raffinées, avec des motifs imprimés ou en relief. Culture de Yangshao: importante tradition néolithique, connue pour sa céramique peinte de motifs zoomorphes. La culture Yangshao se développe dans la vallée du fleuve Jaune, entre le et le millénaire Ses sites comprennent Banpo, dans la province du Shanxi; Miaodigou, dans la province du Henan; et Majiayao, Machang et Banshan, dans la province du Gansu. cun: littéralement, «rides». Voir aussi Cunfa. cunfa: technique d'ombrage et de modelé des formes avec des traits de pinceau, afin de rendre la matière des troncs d'arbre, des rochers et des montagnes.
D Daoxue jia : école de l'Étude du Dao. Dessin ou esquisse à main levée. Voir Xieyi. Deux Yuan (Les) : artistes de la dynastie des Qing: Yuan Jiang (1690-1724) et Yuan Yao (actif 1746-1780). deyi : saisir l'idée. Dian : pointillé à l'encre noire ou à la couleur pour accentuer ou définir les surfaces et les contours. Les points sont employés le long des rochers et des arbres pour suggérer la mousse. Documentation : la signature, les sceaux, la mention du titre, l'attribution et le matériel de montage d'une peinture. Les autres formes de documentation sont les écrits contemporains et postérieurs à la peinture et les registres des catalogues.