Le département de Boundiali, circonscription administrative et collectivité territoriale, est un département de Côte d'Ivoire portant le nom de son chef-lieu, la ville de Boundiali. Outre la sous-préfecture de Boundiali, il comprend celles de Ganaoni, Gbon, Kolia, Kasséré, Sianhala et SiempurgoKouto qui était auparavant une sous-préfecture est devenu un département en mars 2008.

Peuplé depuis l'ère préhistorique, il se situe dans la région des Savanes, au nord du pays, près du Mali, et compte environ . Bien que les parcelles cultivées ne représentent qu'une très faible superficie en regard de l'immensité de la savane, son économie est essentiellement agricole et il vit au rythme des calendriers rizicole et cotonier.

Après la crise politico-militaire de 2002 qui a conduit à une partition de fait de la Côte d'Ivoire, entre sa partie septentrionale et sa partie méridionale, le département de Boundiali s'est retrouvé sous le contrôle des Forces nouvelles de Côte d'Ivoire. Depuis l'accord de Ouagadougou, conclu en 2007 entre les protagonistes du conflit, qui a mis fin aux affrontements armés, l'administration publique s'est réinstallée dans le département ; ce qui a permis la reprise des projets de développement.

Géographie Situation thumb|right|upright=1.5|Région de Boundiali (cliquer pour agrandir) Le département fait partie de la vaste région des savanes, la plus septentrionale du pays, à la frontalière du Mali et du Burkina Faso. Les départements voisins, nommés d'après leur chef-lieu, sont ceux de Korhogo et Tingréla dans la même région, ceux d'Odienné et Madinani dans la région du Denguélé jouxtant la Guinée et le Mali, ceux de Séguéla et Mankono dans la région du Worodougou. Il se situe à d’Abidjan, la capitale économique et plus grande ville du pays et à de Yamoussoukro, la capitale politique. Son chef-lieu se situe à 9°32 de latitude nord et 6°29 de longitude ouest ().

Géologie Les formations géologiques du nord de la Côte d'Ivoire sont constituées d'une succession de bandes de roches schisteuses, de roches migmatites et de roches plutoniques. Il s'agit essentiellement de granites, de granodiorites, de zones de schistes indifférenciés et des schistes sériciteux. Il en résulte plusieurs types de sols dont les lithosols qui couvrent environ 39 % des sols du département de Boundiali et présentent des aptitudes culturales faibles en raison d'un manque de profondeur utilisable, de leur faible capacité de rétention en eau et aussi de leur insuffisante réserve minérale. L'on distingue également les vertisols, qui couvrent 4 % des sols et sont présents exclusivement dans certaines plaines alluviales et des bas-fonds. À ceux-ci s'ajoutent les sols ferrugineux couvrant environ 57 % des sols.

Relief

Sur un relief plat parsemé d'inselbergs, situé à au-dessus du niveau de la mer, deux « montagnes » (terme effectivement utilisé par la population locale) entourent la ville de Boundiali. Elles sont d'origine volcanique et constituent le résultat géologique de la dorsale guinéenne, ligne de montagnes qui culmine au mont Nimba à Thèse de l'université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand : Le Volcanisme du sillon de Boundiali, phénomène principal du Protérozoïque inférieur de cette région N.NW de la Côte d'Ivoire publiée par Yao Alphonse Kouakou sous la direction de Paul Tempier. L'une d'elles abrite des grottes qui étaient utilisées jadis comme refuge en cas d'invasion, selon la tradition orale locale rapportée par les griots sénoufos.

En direction d’Odienné, près de Madinani, à une trentaine de kilomètres de Boundiali, s'élève un massif montagneux dont le point culminant atteint et qui fait partie du « Massif du Denguélé »Du nom du point culminant, qui, en langue malinké, signifie « fils unique de la montagne ».

Climat Le climat, qualifié de « climat soudanais »Le terme « climat soudanais » fait référence à l'époque où le Mali portait le nom de Soudan français, est tropical sec de savane, classé de type As (Classification de Köppen). Ce climat chaud se caractérise par une très longue saison sèche, d'octobre à mai et une saison des pluies marquée par deux maxima pluviométriques, l'un en juin et l'autre en septembre. Pendant la saison des pluies, les précipitations peuvent se prolonger pendant une semaine sans interruption, ou tomber violemment pendant quelques heures avant que le soleil ne réapparaisse. On compte en moyenne de pluie par an dans le département de Boundiali, le total des précipitations annuelles se situent autour des à Site du Conseil général de Boundiali. Les températures varient peu, allant de 21 à Le climat de la Côte d'Ivoire sur Côte d'Ivoire Tourisme, consulté le 6 juin 2009Climat : la Côte d'Ivoire peut être divisée en deux zones climatiques, site du Ministère français des affaires étrangères. En mai, la température de l’air avoisine les . En janvier et février, les mois les plus froids, l'harmattan, un vent puissant venu du Sahara abaisse considérablement la température qui se situe toutefois toujours aux alentours de . Il arrive parfois que des vents de sable, issus du désert malien, atteignent la région et la recouvrent d'une couleur ocre. Les activités agricoles, et notamment la riziculture, qui constituent l'essentiel de l'activité économique du département, dépendent étroitement de la pluviosité et de sa répartition annuelle.

Mois Temp. (C) Précip. (mm) Janvier 20,3 10 Février 20,8 19 Mars 25,0 39 Avril 30,0 95 Mai 32,5 117 Juin 30,5 186 Juillet 24,8 271 Août 30,9 366 Septembre 30,8 275 Octobre 28,8 144 Novembre 28,3 42 Décembre 25,4 10

Hydrographie

La rivière Bagoé, à mi-chemin de la ville de Boundiali et du village de Ponondougou, coule vers le nord avant de confluer avec le Baoulé pour former le Bani en territoire malien, à une centaine de kilomètres à l'est de Bougouni et à une centaine de kilomètres également à l'ouest de Sikasso. Elle prend sa source à l'ouest du département, vers Madinani, près des villages de Kébi et Niempurgué. Son principal affluent dans sa partie ivoirienne est le Niangboué et elle est aussi alimentée, un peu au nord-est de Boundiali, près du village de Fahani, par une autre rivière, La Palée, qui prend sa source dans la forêt du même nom. Son cours mesure avant de quitter le territoire de Côte d'Ivoire et son bassin versant couvre une superficie d’environ au niveau de la sous-préfecture de Kouto.

Dans le département prennent aussi leur source le Bandama blanc et le Bandama rouge, aussi appelé la Marahoué. Ces deux fleuves se regroupent au centre du pays, au sud-est de Bouaflé, pour former le Bandama, l'unique fleuve du pays ayant son bassin versant, d'une superficie de , entièrement situé en Côte d'Ivoire.

Flore

La végétation du département, comme celle de toute la région, est une savane de type ouest soudanienne, selon la classification des écorégions définie par le . Elle se caractérise par des arbres d'une hauteur comprise entre 8 et, et arbustes, disséminés avec une densité de couvert de l'ordre de 25 à 35 %.

Le département abrite quatre forêts classées : celle de Niangboué, d'une superficie de , celle de la Palée, d'une superficie de , celle de Fengolo, située entre Kolia et Madinani, d'une superficie de et celle du Nyangbou, d'une superficie de Forêts en région des savanes, rapport FAO , rapport de Ouattara N'Klo. On y trouve notamment du bois d’Iroko, bois blond, qui, de même que l’acajou, est utilisé en particulier pour la fabrication de mobiliers et des jeux d'awalé ainsi que du teck qui est le bois le plus abondant dans le nord de la Côte d'IvoireContrairement à ce que prétendent parfois des commerçants peu scrupuleux, le bois d'ébène n'existe pas en Côte d'Ivoire..

Les flamboyants et les hibiscus sont nombreux. La savane est plantée de fromagers dont le bois grisé et léger est facile à travailler, de baobabs séculaires ainsi que d'anacardiers, de nérés et de karités, « arbres miracle » dont le fruit peut se manger tel quel ou se transformer en « beurre » qui remplace l'huile et toutes les matières grasses dans les régions de savane et qui est aussi utilisé comme produit cosmétique.

On y retrouve aussi les habituels arbres à fleurs tropicaux tels que les frangipaniers, les bougainvilliers, les acacias ou les ananas roses ainsi que de multiples variétés d'orchidées, spécialité du paysLes Orchidées de Côte d'Ivoire, livre de Francisco Perez-Vera, paru en 2003 aux Éditions Biotope.

Faune thumb|left| Dans la région de Boundiali, l'on croise notamment des cobes de Buffon

thumb|right| Dans la région de Boundiali, l'on croise notamment des phacochères

La rivière Bagoué abrite quelques hippopotames. Dans la région, on croise de nombreux babouins, des Cercopithèques, des civettes, des phacochères, des potamochères, des hylochères, des perdrix et des francolins, des bubales ainsi que des antilopes, essentiellement des cobes de Buffon, des guib harnachés et des céphalophes. Les forêts abritent des panthères que, nécessité faisant loi, les villageois abattent parfois, bien que la chasse soit interdite sur tout le territoire du pays depuis 1974. On y trouve également beaucoup d'agoutis dont la chair est très appréciée, des boas, des pythons et les Gekkos. Dans la région vivent des corbeaux, des aigles, des éperviers et de nombreux hérons garde-bœufs, ici appelés « pic-bœufs », ainsi que les calaos désignés par le terme local de Sèdjèn par les sénoufos qui les considèrent comme des animaux fétiches et les vénèrent de multiples façons.

Certains animaux, et en particulier le bétail constitué de zébus, sont parfois affectés de la maladie du sommeil causée par la présence de la mouche tsé-tsé. Cette présence a conduit à l'abandon d'une vaste zone sylvo-pastorale de , la Zone de la Palée. Elle a aussi donné lieu à d'importants programmes de coopération ivoiro-allemande et ivoiro-française pour tenter d'éradiquer ce fléau.

On trouve aussi des caméléons, des mygales, des scorpions et des termites, qui construisent de gigantesques termitières, fertilisant la terre, et qui sont aussi nombreuses que leurs ennemies, les fourmis magnans.

Histoire

Préhistoire