thumb|L'arbre joue un rôle essentiel dans les parcs urbains (ici au (parc de Louise) à Mannheim en Allemagne). thumb|Central park : l'un des espaces verts urbains les plus visités au monde. thumb|Autre exemple de grand parc intra-urbain, le Golden Gate Park de San Francisco, également physiquement déconnecté du réseau des forêts naturelles.

La notion d’arbre urbain désigne tout arbre présent en ville, qu'il y soit spontané ou introduit par l'homme. L'arboriculture urbaine concerne plutôt celui qui est dans le deuxième cas, c'est-à-dire volontairement planté puis entretenuLaurent Mailliet et Corinne Bourgery. L'Arboriculture urbaine, Institut pour le développement forestier, collection mission du Paysage. À la différence du patrimoine floral qui est renouvelé selon un cycle court, les municipalités héritent souvent, comme pour le patrimoine architectural, d'un patrimoine ancien d'arbres (hormis pour les villes nouvellesFreytet F., L'Arbre en ville. Essai d’explication des comportements. L’exemple d'une ville nouvelle : Saint-Quentin-en-Yvelines, Paris, ENITEF-IDF, 1990.), donc à gérer sur le long termeCauchat H., Touzard M. La représentation de l’arbre d’ornement et l’horizon temporel, Paris, Ministère de l'Environnement, 1991. (Dans de bonnes conditions, un chêne peut par exemple vivre plus de 500 à 700 ans, et un séquoia bien plus encore).

Quand il s'agit d'arbres spontanés, ils sont souvent d'essences pionnières (saules, bouleaux, etc.) qui se développent naturellement sur des sols difficiles, voire sur les murs ou toitures en Europe par exemple. Elles sont alors souvent accompagnées de buissons d'espèces introduites et invasives comme le buddleia, ou cerisier tardif ou renouée du Japon dans les zones plus humides). Ces espèces s'installent volontiers sur les délaissés, dans les friches, voire sur des murs ou toitures.

Les arbres volontairement plantés, de nombreuses autres essences souvent exotiques, choisis en raison de leur rusticité et de leur caractère décoratif, sont également présents dans les villes. Ils sont plus ou moins utiles à la biodiversité selon les cas. En tout état de cause ils rendent de nombreux services, par exemple en améliorant la qualité de l'air urbainNowak, D.J. The effects of urban trees on air quality; USDA Forest Service, Syracuse, NY.

Typologie L'arbre urbain est introduit ou spontané (quelques espèces sont spontanées ou subspontanées ; ce sont souvent des espèces pionnières, mais qui atteignent rarement un âge avancé en ville). Il est taillé et élagué ou non ; Il est solitaire et isolé ou non ; souvent planté en alignement (Avec , Madrid serait la capitale la plus riche en alignements en Europe, derrière Tokyo dans le mondemadrid au vert, consulté 2011-11-26), ou en bosquet, associé ou non à une flore herbacée, épiphyte. Il est aussi parfois en situation de jardin privé ou parc urbain, voire de forêt urbaine ou périurbaine). On peut le trouver à l'état spontané le long de certains axes (berges d'étangs, rivières, fleuves, de canaux, voies ferrées, etc où il peut faire alors partie d'un système de corridors biologiques intra-urbains plus ou moins fonctionnels. Des arbres peuvent également être installés par l'homme sur des balcons ou des toits en terrasse, mais à la condition qu'ils soient capables d'en supporter le poids. Certains arbres décoratifs sont plantés en bacs sortis à la belle saison et rentrés en serre en hiver (ex : palmiers ou arbres à agrumes en zone tempérée ou froide).

Histoire de l'arbre urbain thumb|Platane planté par Buffon au Jardin des Plantes de Paris en 1785, jamais taillé. Bien que les arbres aient probablement rapidement régressé autour des villes en raison de leurs besoins en bois de construction, cuisson, chauffage, etc. Certaines espèces ont été associées à la ville ; différentes selon les époques et les territoires considérés. Les villes fortifiées disposaient souvent d'arbres (plantées sur les fortifications même par Vauban par exemple) pour répondre aux besoins de « bois de boulange » et bois d'œuvre nécessaires en cas de siège : les végétaux dont les arbres servaient aussi au Aménagements paysagers de la fortification bastionnée ; Table ronde internationale coorganisée par le Réseau des sites majeurs de Vauban et la ville de Longwy, PDF, 7 pages, avec notamment un exposé de Philippe Bragard intitulé La Source des archives, la construction en « végétal », et un exposé de Claude Pribetich intitulé La Végétation dans les traités de fortification.

Le nombre d'arbres de rue varie beaucoup selon les villes, avec dans l’UE-17 un taux allant de 50 à 80 arbres de rue pour en Europe centrale, jusqu'à seulement 20 arbres pour à Nice. En outre, plusieurs maladies et parasites émergents affectent les marronniers et platanes qui comptaient parmi les arbres considérés comme les plus rustiques et adaptés au contexte urbain européen.

Valeurs et fonctions dévolues à l'arbre urbain L'arbre en ville est considéré depuis longtemps comme un bien commun et une source de services écosystémiques, voire comme étant d'intérêt public et général ; pour des raisons sociologiques, psychologiques, politiques, éthiques… Il est notamment associé à la détente, aux jeux d'enfants, à l'art et à la nature, à l'éducation à l'environnement, à la santé et qualité de vie, à la biodiversité urbaine.

Il joue depuis le un rôle important dans l'aménagement urbainC.C. Konijnendijk, T.B. Randrup, Landscape and planning, Urban Forestry Encyclopedia of Forest Sciences, 2004, pages 471-478 (on parle même parfois d' urbanisme végétalCaroline Stefulesco, L’Urbanisme végétal, Institut pour le développement forestier, collection mission du Paysage) et dans l'hygiène urbaine. Depuis les années 1970 au moins, c'est un élément incontournable de l'écologie urbaine et on lui accorde maintenant une importance en matière de services écosystémiques et au moins potentiellement (écopotentialité) de biodiversité (en particulier pour les forêts urbaines ou périurbainesBrice de Turckheim, La futaie irrégulière, Max Bruciamacchie - Edisud - 2005, surtout si elles sont bien intégrées dans un réseau écologique).

Fonctions symboliques thumb|L'arbre est aussi porteur de charges symboliques, avec par exemple Adam et Ève et l'arbre de la connaissance du bonheur et du malheur, ou du bien et du mal selon les formulations ; métaphore diversement illustrée (ici par Lucas Cranach l'Ancien) et interprétée par la glose, l'exégèse biblique et d'autres commentateurs, dont laïques, au cours des âges. L'arbre d'alignement et d'ornement sont porteurs de charges symboliques et sociales contemporainesGontier C., L’arbre d’ornement, marqueur symbolique et social des espaces publics urbains : le cas des politiques de la zone de Fos Étang de Berre, Paris, ministère de l’Environnement, 1993, mais qui remontent aussi loin dans le temps, au moins à l'Antiquité.

Tout en étant élément de décor et d'aménagement urbain (jardins de Babylone, l'arbre semble avoir dans certaines civilisations été fortement associé à l'image du paradis attendu et/ou perdu, avec néanmoins l’ambiguïté de l'arbre tantôt valorisé comme arbre de vie mais aussi parfois associé au fruit défendu de la connaissance. Cette ambiguïté semble prendre source dans le Livre de la Genèse selon lequel Dieu planta dans le jardin d’Éden deux arbres qui ont suscité de nombreux commentaires Genèse, 2, 8-9, in Traduction œcuménique de la Bible, éd. SBF/Cerf, 1978, . L'arbre médiéval (Arbre de vie et Pâques fleuriesMichel Pastoureau (sous la direction de), L'Arbre - Histoire naturelle et symbolique de l'arbre, du bois et du fruit au Moyen Âge ; Cahiers du Léopard d'Or…), l'arbre à palabre en Afrique ou les arbres de cimetières dans de nombreux pays (If notamment en Europe) en sont d'autres exemples.

Fonctions sanitaires, hygiénistes Les tilleuls étaient déjà réputés calmants et capables d'assainir l'air au Moyen Âge. Source de tisanes bienfaisantes, ils étaient plantés en Europe près des hôpitaux et maladreries. On a récemment montré que chez de jeunes Japonais, quelques dizaines d'heures consécutives (3 jours, 2 nuits) passées en forêt diminuaient significativement la fréquence cardiaque, le taux de cortisol salivaire (hormone de stress), et augmente l'activité du système nerveux parasympathique en inhibant celle du système sympathique (par rapport à l'environnement urbain). Des tests psychologiques faits à cette occasion ont montré que ce stimulus élève les scores de sentiments positifs et diminue les scores en sentiments négatifs (par rapport à des stimuli urbains)J. Lee, B.-J. Park, Y. Tsunetsugu, T. Ohira, T. Kagawa, Y. Miyazaki, Effect of forest bathing on physiological and psychological responses in young Japanese male subjects ; Public Health Volume 125, Issue 2, février 2011, pages 93-100 .

Il existe un lien largement démontré entre le niveau socio-économique des individus et la durée de vieBartley, M., Blane, D., Montgomery, S., 1997. Socio-economic determinants of health: health and the life course: why safety nets matter. BMJ, 314, 1194-1203Brunner, E., 1997. Socio-economic determinants of health: stress and the biology of inequality. BMJ, 314, 1472-85.Davey-Smith, G., Shipley, M.J., Rose, G., 1990. The magnitude and causes of socio-economic differentials in mortality: further evidence from the Whitehall study. J. Epidemiol Community Health, 44; 260-265, mais on a aussi démontré en contexte urbain un lien entre espérance de vie et accès aux espaces vertsTakano, T., Nakamura, K., Watanabe, M., 2002. Urban residential environments and senior citizens’ longevity in mega-city areas: the importance of walk-able green space. Journal of Epidemiology and Community Health, 56, 12; 913-6.Tanaka, A., Takano, T., Nakamura, K., Takeuchi, S., 1996. Health levels influenced by urban residential conditions in a megacity – Tokyo. Urban Studies, 33; 879- 894.), et entre la présence d'espaces verts et le sentiment d'être en bonne santé par la personnede Vries, S., Verheij, R.A., Groenewegen, P.P., Spreeuwenberg, P., 2003. Natural environments – healthy environments ? Environment and Planning, 35; 1717-1731..

Il est scientifiquement démontré qu'un contexte urbain arboré contribue à diminuer le stressK Tzoulas , Promoting ecosystem and human health in urban areas using Green Infrastructure: A literature review, Landscape and Urban, 2007 - Elsevier (en augmentant la bonne humeur d'autant plus que la naturalité de ce contexte est élevée, selon une étude récenteEdward R. Wilson, Anna Jorgensen et Agnes E. van den Berg ; Impact of inter-personal differences on the restorative effect of trees and vegetation in urban green spaces, in Forum EFUF 2011). Les espaces verts de grande taille semblent plus efficaces pour diminuer le stressMaas, J., Berg, A. van den, Verheij, R.A., Groenewegen, P.P. Green space as a buffer between stressful life events and health. Social Science & Medicine: 2010, 70(8), 1203-1210

L'ONU via l'OMS, face à une tendance au surpoids et dans un contexte de vieillissement de la population) encourage plus d'activité physique, et une augmentation des surfaces d'espaces verts.

Fonctions aménitaires, sociale et récréatives thumb|Enfant jouant avec une balançoire suspendue à la branche d'un arbre. thumb|Grimper aux arbres, y jouer développe la coordination motrice (Mid-City, La Nouvelle-Orléans, avril 2009). L'arbre est un élément important des parcs, squares, berges et lieux extérieurs de détente, de repos et de plaisir ; Il est indispensable à la santé, à l'équilibre psychique et physique des citadins qui apprécient sa présence dans les espaces où se promener, promener les chiens, pratiquer le jogging ou la marche nordique, le cyclisme, etc. Les grands arbres et bosquets, les ambiances forestières et naturelles ont un effet apaisant et sont considérés comme un élément positif du cadre de vie. Leur ombre portée est recherchée dans les régions sèches et chaudes.