Ama Diouf Gnilane Faye Diouf (sérère: Ama Juuf Ñilan Fay JuufVariates: Amajuf Ñilan Fay Juf; Amat Diouf; Amadiouf Diouf; Ama Diouf Faye; Ama Joof Gnilane Faye Joof; Ama Diouf Faye; Ramat (surnom); etc.) était un roi du Sine, qui fait maintenant partie du Sénégal. Il régna de c 1825 à 1853Klein, Martin A., Islam and Imperialism in Senegal Sine-Saloum, 1847–1914, Edinburgh University Press (1968), , xv.Yves-Jean Saint-Martin, Le Sénégal sous le second empire, KARTHALA Éditions, 1989, , . Il parlait couramment plusieurs languesAbbé Boilat, Esquisses sénégalaises. Il est issu de la Maison royale de Semou Ndiké Diouf (la troisième et dernière maison royale fondée par la famille Diouf du Sine et du Saloum au ). Maad a Sinig signifie roi du Sine dans la langue Sérère. Le terme de Bur Sine (également orthographié Buur Sine ou Bour Sine) est également utilisé de façon interchangeable avec le titre Maad a Sinig. Ils signifient tous deux "roi du Sine". Bour Sine est généralement utilisé par le peuple Wolof pour désigner les rois Sérères. Le peuple Sérère utilise généralement le terme Maad a SinigOu : Maad Sine, Maad Siin, Mad Sine, Mad a Sinig. Maat est utilisé dans des circonstances particulières. en se référant à ses roisOliver, Roland, Fage, John Donnelly, Sanderson, G. N., The Cambridge History of Africa, Cambridge University Press, 1985, Diouf, Marcel Mahawa, Lances mâles : Léopold Sédar Senghor et les traditions sérères, Centre d'études linguistiques et historiques par tradition orale, Niamey, 1996, p. 54.

Biographie

Parents Ama Diouf était le fils du Sandigui N'Diob Niokhobai Diouf et de Lingeer (ou Linger; Linguère : princesse royale ou reine mère) Gnilane FayeKlein. . Sandigui N'Diob est un titre de noblesse très important dans le Sine désignant le chef de village de N'Diob près de la frontière du BaolKlein. . Son père, qui était donc Sandigui N'Diob, appartenait à la famille Diouf, une des lignées patrilinéaires royales Sérères du Sine et du Saloum. Lingeer Gnilane Faye, sa mère, appartenait à la famille Faye, une autre lignée royale patrilinéaire Sérère du Sine et du Saloum. Du côté maternel, elle était issue de la lignée matrilinéaire royale des GuelwarSarr, Alioune, Histoire du Sine-Saloum, Introduction, bibliographie et Notes par Charles Becker, BIFAN, Tome 46, Serie B, , 1986–1987.

Succession Ama Diouf Gnilane Faye Diouf a été couronné roi du Sine au début de son adolescence, quand il avait environ 12 ou 15 ansDiouf, Niokhobaye, Chronique du royaume du Sine, Suivie de Notes sur les traditions orales et les sources écrites concernant le royaume du Sine par Charles Becker et Victor Martin. Bulletin de l'Ifan, Tome 34, Série B, , 1972, . Son père, le seigneur de guerre et puissant Sandigui N'Diob Niokhobai Diouf, avait auparavant assuré sa montée sur le trône du Sine en battant d'autres maisons royales. Niokhobai Diouf ne pouvait pas accéder au trône selon les règles de cette époque. Bien qu'issu de la dynastie Diouf par son père, sa mère, bien que noble, n'était pas une Guelwar (la lignée royale matrilinéaire). Niokhotai Diouf passe un accord avec l'oncle de son fils, Ama Coumba M'Bodjégalement orthographié : Amakoumba Mbodg. Ce dernier devient régent jusqu'à ce que Ama Diouf Gnilane Faye Diouf soit majeur (Ama Diouf Gnilane Faye Diouf n'avait alors qu'environ 7 ans)Niokhobaye Diouf. Chronique du royaume du Sine, . Lorsque Ama Coumba et son frère Bakar Mbodg tentèrent de renverser Ama Diouf Gnilane Diouf Faye, ce qui allait à l'encontre de l'accord, Niokhobai Diouf réunit la famille Diouf du Sine et du Saloum pour la dernière fois et les vainquit à la Bataille de Tioupane. Ama Coumba s'exila et chercha refuge à MbodièneInstitut fondamental d'Afrique noire. Bulletin: Sciences humaines, Volume 34, 1972, . Il était encore en exil quand les missionnaires français ont commencé à arriver en 1848. Selon certains, le Sandigui N'Diob était l'homme le plus puissant du pays.

Relation avec les missionnaires français Le Roi avait une relation tumultueuse avec les missionnaires français. Joal, une de ses provinces est devenue une source de conflits avec les missionnaires français. La mission à Joal a d'abord été créée sans que le roi donne sa permission. Des émissaires du Roi persuadèrent le Père Gallais de se rendre à Diakhao, la capitale du SineKlein. .

En , après que le chef de Joal eut décidé que la chapelle de la mission devait être construite en paille plutôt qu'en bois, Gallais fait le premier de plusieurs voyages à Diakhao. Accueilli par le jeune roi et son père, le Sandigui N'Diob, Gallais reçoit la permission de construire une petite chapelle en bois. En décembre, le roi vint à Joal, monté sur un cheval orné et accompagné par un groupe de griots et plus d'un millier de guerriers Sérères.

En 1849, le roi accorde à Gallais une terre pour le Père Kobès (un missionnaire français que Maad a Sinig Coumba Ndofféne Famak Diouf a plus tard menacé de tuer s'il osait désobéir à ses ordresKlein, Martin A., Islam and Imperialism in Senegal Sine-Saloum, 1847–1914, Edinburgh At the University Press (1968), ). Le Père Kobès espérait notamment utiliser ces terres pour son école. Après l'octroi de terres, la mission de Ngazobil a été fondée vers 1850. Toutefois, les dirigeants Sérères ne sont pas restés amicaux très longtemps.

Les Sérères du Sine ont vu les missionnaires français comme des agents de l'administration française au Sénégal. Cette rumeur a été exacerbée par la présence de canonnières françaises dans les eaux côtières.

Les missionnaires ont interdiction de construire en pierre. La raison pour cela était religieuse autant que politique. La construction d'une chapelle en pierre au cœur du Sine animiste était inacceptable pour les Sérères qui étaient adeptes fervents de la Religion sérère. Sur le plan politique, le roi craignait que, s'il permettait aux Français de construire en pierre, ils pourraient ensuite construire un fort. Dans ce contexte, le Sandigui N'Diob dit à maintes reprises aux missionnaires français de s'installer à Diakhao. Il a également invité Gallais à vivre avec lui comme un de ses invités. Diakhao était la capitale et, en y invitant la mission française, le Sandigui N'Diob espérait la contrôler. Le roi Ama Diouf Gnilane Faye Diouf et son père voulaient utiliser les missionnaires de la même manière qu'ils utilisaient leurs marabouts : secrétaires, sources d'information. Bien que Gallais ait été intéressé un moment par le déplacement de la mission à l'intérieur, il a finalement décliné l'invitation.

Presque dès le moment où la mission de Ngazobil a été créée en 1850, les missionnaires subissent un harcèlement systématique pour les forcer à quitter le pays. On interdisait aux gens de vendre quoi que ce soit à la mission. Ils ont également interdiction d'envoyer leurs enfants à l'école de la mission. La chapelle de Ngazobil est pillée. Tout au long de cette période et pendant les années à venir, le facteur de motivation le plus important des dirigeants Sérères était de préserver leur indépendanceKlein. .

En , Kobès qui avait auparavant visité le Gabon décide de s'arrêter à Joal. Les émissaires du roi Ama Diouf Gnilane Diouf Faye lui demandent le passage sur son bateau. C'est seulement après qu'ils soient arrivés à Gorée que Kobès réalise que ses compagnons de voyage étaient porteurs d'une lettre du roi ordonnant que la mission de Ngazobil soit fermée. En , le Sandigui N'diob meurt. Gallais va présenter ses condoléances au roi. Il saisit cette occasion pour le persuader de ne pas fermer Ngazobil. Il y réussit momentanément. Toutefois, le harcèlement systématique des Français reprendra à nouveau et la mission de Ngazobil fut ferméeKlein. . Mort de Ama Diouf Lorsque le Sandigui N'Diob meurt en 1851, beaucoup attendaient le retour au pouvoir d'Ama Coumba, l'oncle du roi, mais ce ne sera pas le cas et Ama Diouf reste au pouvoir jusqu'à sa mort précoce en 1853. Lui succède Maad a Sinig Coumba Ndofféne Famak Diouf. Après la mort du Sandigui N'Diob, le départ du Père Gallais en 1852 et la mort du roi Ama Diouf, il n'y eut plus aucun contact important entre les missionnaires et les dirigeants Sérères. Sur la Petite Côte, seule la mission de Joal a continué, généralement tolérée mais parfois harcelée.

Voir aussi Articles connexes Royaume du Sine Sérères Religion sérère Royaume du Saloum Royaume du Baol Famille Diouf

Notes

Bibliographie Diouf, Marcel Mahawa, Lances mâles : Léopold Sédar Senghor et les traditions sérères, Centre d'études linguistiques et historiques par tradition orale, Niamey, 1996 Diouf, Niokhobaye, « Chronique du royaume du Sine, suivie de notes sur les traditions orales et les sources écrites concernant le royaume du Sine par Charles Becker et Victor Martin », Bulletin de l'IFAN, tome 34, série B, , 1972 Klein, Martin A., Islam and Imperialism in Senegal. Sine-Saloum, 1847–1914, Edinburgh University Press, 1968 Oliver, Roland, John Donnelly Fage et G. N. Sanderson, The Cambridge History of Africa, Cambridge University Press, 1985 Saint-Martin, Yves-Jean, Le Sénégal sous le Second Empire, Karthala, 1989 Sarr, Alioune, « Histoire du Sine-Saloum. Introduction, bibliographie et notes par Charles Becker », Bulletin de l'IFAN, tome 46, série B, , 1986–1987

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