Les kiosques du tramway de Genève sont des édicules bâtis à certains arrêts du réseau des tramways de Genève en Suisse. Ils ont été nommés de manière variable au cours du temps : station, station-abri, kiosque-abri, kiosque, aubette.

La spécificité de ces bâtiments est de combiner plusieurs objectifs : abri protégeant des intempéries, salle d'attente, billetterie, toilettes publiques, kiosque à journaux, cabine téléphonique ou boutique de fleurs. Parfois des locaux techniques non accessibles au public en font partie, par exemple un transformateur électrique ou un local pour le personnel.

Avec le temps, la plupart de ces bâtiments ont perdu leurs liens avec les tramways et de manière générale avec les transports publics.

Historique Essor et besoins des compagnies de tramway vignette|gauche|«Enlaidissement» du Molard, 1902. De 1862 à 1905, plusieurs compagnies de tramways voient le jour et plus de de voies sont posées. On passe aussi progressivement de la traction équestre à la traction électrique, dès 1894. Ce développement impose des infrastructures : plusieurs petits bâtiment sont érigés, surtout aux terminus des lignes. Ce sont des « gares » et des « stations », empruntant leurs noms au vocabulaire ferroviaire. D’autres bâtiments apparaissent pour les besoins des voyageurs : des vespasiennes et autres toilettes publiques, des colonnes d’affichage, des kiosques à journaux, à fleurs ou encore à fruits. Des transformateurs et des « colonnes téléphoniques » s'y ajoutent.

Des abris regroupant plusieurs de ces fonctions sont construits dès la fin du . Ils ne font pas que des heureux : en 1898, un commentateur s’en prend avec virulence et à plusieurs reprises dans le Journal de Genève à ce qu’il nomme « enlaidissement de la ville » à Bel-Air, à la Fusterie, au Molard. La rédaction dit recevoir de nombreuses lettres allant dans le même sens.

Douze kiosques ont été construits durant la première moitié du , ils présentent une certaine homogénéité et sont au cœur de cet article. Quatre ont disparu : Bel-Air, Molard, Jonction et Cornavin. Un cinquième a été remplacé par de nouvelles constructions en 1980 au rond-point de Plainpalais. Les sept kiosques restants, construits entre 1915 et 1949, sont nommés ici « kiosques historiques ».

Plusieurs abris ont été réaffectés ou détruits dans le cadre du démantèlement du réseau de tramways dans les années 1950, seule la ligne 12 existe encore en 1969. Ceux qui restent, comme le kiosque de Rive et celui de la place des Eaux-Vives, sont des témoins de l'infrastructure créée pour les utilisateurs des transports publics..

De manière générale, les kiosques ont perdu leurs fonctions liées directement aux transports publics, ils n’ont conservé que partiellement des fonctions de service public, certains sont entièrement privatisés. Au , un seul de ces kiosques (Plainpalais) se trouve à l’emplacement d’un arrêt de tram, et deux autres à des arrêts de bus (Rive et Nations). Les arrêts de bus de la place des Eaux-Vives ne se trouvent pas directement à hauteur du kiosque.

Chronologie de la construction des bâtiments +Affectations d’origineLieuCoordonnéesAnnéeÉtatAffectations20px 20px188720pxdétruit20px 20px20pxdétruit en 190720px20pxdétruit en 190220px 20px189120pxdétruit20px189820pxdétruit en 190820px 20px 20px 20px190720pxdétruit en 195320px 20px 20px 190820pxdétruit en 195020px 20px 20px 20px 18px191520pxréaffecté : boulangerie, tearoom20px 20px 18px20px 20px 20px192820pxdétruit en 1978/198020px 20px 20px 20px 20px 20px 18px 18px193020pxréaffecté : kiosque, épicerie(20px) 20px 20px 20px 20px 18px 20px 20px 20px 18px193220pxréaffecté : local associatif20px20px 20px 20px 20px 20px 18px193320pxdétruit en 197920px 20px 20px20px 20px 18px193520pxabri, guichets, toilettes, kiosque20px 20px 20px 20px 18px 20px20px 20px 20px194220pxdétruit en 196520px 20px 20px 18px194220pxtoilettes, kiosque(20px) 20px 20px 20px20px 20px 20px 20px 18px194420pxréaffecté : restaurant20px 20px 20px 20px20px 20px 20px 18px194920pxabri20px 20px20px 20px 20px 20px 18px198020pxabri, toilettes, kiosque20px 20px 20px 20px

Clé des affectations +transports publicsservices publicskiosque & restauration20px 20px 20px 20px 20px arrêt de tramarrêt de busbilletterie20px 20px 18px 18pxabritoilettestéléphonefontaine20px      20px 20px      20px 20px      20pxkiosque à journaux / fleuristetearoom / boulangeriefast food / restaurant

Mise en valeur en 2024 Les Transports publics genevois (TPG) inaugurent un « rallye urbain » en ville de Genève les 7 et , lors des Journées européennes du patrimoine. Ce rallye librement accessible vise à faire découvrir les kiosques et les abris emblématiques du réseau, par l’intermédiaire d’énigmes à résoudre et de présentations historiques à découvrir en ligne via des QR-codes placés sur des totems aux différentes étapes.. Présentation générale du rallye, chronologie du réseau 1862-1977, glossaire.. L'accessibilité à ce « parcours patrimonial » est prévue de à . Il est proposé entre autres à des classes des écoles secondaires I et II..

L’association Memoriav complète l’offre des TPG en réalisant une « vitrine » virtuelle divisée en onze chapitres introduits par de brefs historiques et proposant de nombreuses sources audio-visuelles : photographies, plans, extraits de reportages filmés ou enregistrés..

Kiosques disparus

Rond-point de Rive 1887-1934 Un premier kiosque a été construit à Rive en 1887 ou 1888 par la Société du chemin de fer Genève - Veyrier, puis un second kiosque identique est réalisé en 1890 ou 1891 par la Société genevoise des chemins de fer à voie étroite pour ses lignes de Genève à Douvaine et Jussy.. Ces bâtiments sont visibles sur une photographie prise vers 1900. L’un porte une inscription : « Gare de départ du chemin de fer du Salève »Photographie : Genève, rond-point de Rive: tramway à vapeur, après 1898, avant 1901, Centre d'iconographie genevoise..

Place du Molard 1890s-1907 Le kiosque de la place du Molard a été construit avant 1898 en bordure des Rues-Basses et devant la fontaine du Molard. Cette fontaine a été déplacée début 1899 au centre de la place, et le kiosque des tramways a été reculé. .. « Nous avons ainsi, maintenant, trois énormes kiosques entassés les uns sur les autres et cela est fort laid et incommode ». L’un de ces édicules étant un « transformateur électrique à deux étages ». . Voir cette illustration montrant les trois édicules en cause : :File:KiosqueMolard-JJRedmond-1902.png.. Ce kiosque est reconstruit et agrandi en 1907.

Place du Cirque 1890s-1902 Un kiosque pour la « voie étroite » se trouvait à la place du Cirque, à l’extrémité de la plaine de Plainpalais au tout début de l’avenue du Mail. Il est dessiné en 1898 pour le Journal de Genève, vu depuis le boulevard Georges-Favon, dans le cadre d’une polémique sur un projet de construction au même lieu, déparant la vue des promeneurs. Ce kiosque voisinait un poste de police et une vespasienne.. La destruction de la station est demandée par la CGTE en 1902, le Conseil d’État propose de détruire aussi le poste de gendarmerie (et on ajoute que la vespasienne et le kiosque à journaux pourraient être déplacés)..

Place Bel-Air 1898-1908 Un premier kiosque a été construit à la place Bel-Air en 1898, selon un commentaire critique..

Place du Molard 1907-1953 Le premier kiosque des années 1890 est reconstruit et agrandi en 1906-1907 sur la place du Molard. Il combine alors .Belles photographies du kiosque vers 1920 (collection Jean-Georges Mallet) : Place du Molard, Genève et Place du Molard, Genève., ainsi qu’un transformateur aussi au sous-sol.. Il est finalement démoli en 1953, et la fontaine reprend sa place d’origine.

Il ne restera à cet emplacement que des toilettes publiques, en sous-sol, les escaliers étant bordés par des fontaines.

Place Bel-Air 1908-1950 En 1908, le Conseil municipal approuve la construction d’un kiosque au long du Rhône, , pour un coût de , avec un rendement de . Voir photographies montrant le kiosque : ; . Une cabine téléphonique à prépaiement est installée dans le kiosque en 1930, ainsi que dans d’autres kiosques et à l’intérieur de colonnes d’affichage..

En 1950, pour résoudre les problèmes de circulation, la place a été élargie grâce au trottoir construit en encorbellement sur le Rhône. Le « kiosque-abri » a été détruit.. Il est remplacé en 1951 par un « modeste abri » pour les usagers des lignes de bus 3, 4 et 7..

Rond-point de Plainpalais 1928-1978 Plusieurs lignes de tramway se croisent au rond-point de Plainpalais, en limite de la plaine de Plainpalais, déjà au début du . Il y avait alors seulement des colonnes Morris et vespasiennes.Photographie : Rond-Point de Plainpalais, carte postale envoyée le 30 juin 1903, éditions Charnaux (Genève), collection Albin Salamin sur notrehistoire.ch..

Une réorganisation des refuges est réalisée en 1928, pour former un ovale central facilitant les transferts. Un kiosque de forme oblongue est construit à ce moment, avec une salle d’attente et un kiosque à journaux.Visible sur des photographies publiées sur notrehistoire.ch : Rond-point de Plainpalais, mars 1979, par Claude-André Fradel ; Rond-point de Plainpalais, avril 1974, par Roland Kallmann, collection BGE.. Un court film de 1962 montre un conducteur de tramway qui prend son service à cet arrêt..

Place Cornavin 1933-1979 Dans les années 1930, plusieurs lignes de tramways passent par la place Cornavin, devant la gare Cornavin, qui est aussi un lieu de transit important pour les véhicules privés (automobiles et cycles) et pour les piétons. Il est décidé de créer une « boucle », un « refuge central » autour duquel le trafic se fera à sens unique. Les travaux de déplacement des voies ont lieu en 1931-1932. .. Le refuge est une grande place piétonne et certains se plaignent des « passages étroits » laissés aux autos.. Un grand kiosque circulaire est construit en .Photographies : Place Cornavin en 1939, Place Cornavin avant 1950 et Place Cornavin en 1945.. Outre la salle d'attente, le guichet, le kiosque à journaux et les WC en sous-sol, l’édifice est doté d’un premier étage, une petite tour vitrée offrant une vue panoramique sur la place et la circulation.

Ce kiosque est détruit en , lors de travaux sur la place, la construction d’un garage souterrain de et d’une galerie marchandePhotographie et commentaire : . RTS, Émission "Un jour une heure" : .. Il est remplacé par des voies d'accès et un puits de lumière vers le sous-sol, où se trouvent la zone commerciale « Metro Shopping Cornavin » avec une quarantaine d’arcades, les toilettes publiques (presque à l’emplacement de l’ancien kiosque), et le parking. Le guichet des TPG a déménagé dans une nouvelle arcade située dans le complexe de la gare (côté place de Montbrillant).

Rond-point de la Jonction 1942-1965 La construction de cette « station-abri » est demandée par le conseil administratif de la ville en , car elle est .. Le bâtiment en béton est de forme circulaire et couvert par une dalle formant couvert, il est constitué d'une salle d'attente et de deux WC en sous-sol. Il se trouve devant l’immeuble du 1 boulevard de St-Georges, sur un des îlots formant un giratoire dans ce carrefour du boulevard de Saint-Georges et de la rue des Deux-Ponts, le giratoire étant coupé par les rails de tram selon ces deux axesVoir la photographie : Ce 4/4 155 + 3 voitures au Rond-Point de la Jonction en été 1950 – Photo J.Chapuis – BVA..

Cet abri dessert principalement les lignes de tramway 2 (« Parc des Eaux-Vives – Stand de Saint-Georges ») et 15 (« Quai de la Poste - Bernex », puis « Rive - Bernex » depuis 1950). La ligne 15 fusionne avec la ligne 2 en 1954 (« Parc des Eaux-Vives – Bernex »), elle est remplacée par des trolleybus en 1961Voir les historiques : ligne 15 et ligne 2-22..