alt=L'image montre une femme et 4 hommes à cheval face à une tente nomade. La femme tient un fouet et regarde en arrière. Cela est peut être un exemple de tradition de "capture" pour un mariage.|vignette|298x298px|L'image montre une femme et 4 hommes à cheval face à une tente nomade. La femme tient un fouet et regarde en arrière. Cela est peut être un exemple de tradition de "capture" pour un mariage. Le mariage par enlèvement est une forme de mariage forcé dans lequel la future conjointe est enlevée de force à sa famille. Cette coutume s'observe dans le Caucase, dans certains pays d'Asie, et dans certaines parties de l'Afrique. Cette pratique diffère de l'élopement, où les deux parties sont consentantes.

Paradoxalement, cette forme d'enlèvement est parfois symbolique et atteste au contraire de la liberté individuelle des femmes. Ainsi, chez les Bwas, un peuple vivant entre le Burkina Faso et le Mali, la femme s'échappe parfois du domicile conjugal pour se réfugier dans une famille alliée, qui fait semblant de la séquestrer pendant un mois tandis qu'elle feint de tenter de s'évaderCécile Leguy « Que disent les noms-messages ? », L'Homme, 1/2011 (n°197), p. 71-92. .

Dans bien des pays méditerranéens le mariage par enlèvement dissimulait un accord tacite des deux familles, qui évitaient ainsi la dépense importante entraînée par des noces officielles et publiques.

Sociétés occidentales au Haut Moyen-Âge

En Occident, la pratique du mariage par rapt a été importante à la fin de l'Antiquité tardive et au haut Moyen Âge. Elle est évoquée dans des sources normatives aussi bien que narratives. Grégoire de Tours nous informe notamment sur cette pratique à l'époque mérovingienne« La femme ravie. Le mariage par rapt dans les sociétés occidentales du haut Moyen Age. » 2012, 518 p., thèse de Sylvie Joye..

L'enlèvement de force est souvent pratiqué pour obtenir une unions qui a été refusée au ravisseur : c'est une stratégie matrimoniale visant à accroître son prestige social ou ses biens, la place des sentiments y est secondaire, voire inexistante.

Le rapt est souvent dénoncé par les autorités séculières car il transgresse l'autorité sacrée des pères et le consentement de la famille. Les mesures sont néanmoins plus ou moins sévères ou souples selon les siècles et les régimes.

Le positionnement de l'Église vis-à-vis du rapt a évolué. À la fin de l'Antiquité tardive, elle s'intéresse essentiellement aux rapts des moniales, puis également à celui des veuves ayant pris le voile. Les ecclésiastiques doivent faire face aux attaques de monastère par des ravisseurs. C'est à partir des Carolingiens que l'Église s'intéresse aux rapts de l'ensemble des femmes et développe une législation visant à éradiquer cette pratique à travers une législation plus dure. La pénitence et l'excommunication sont des mesures souvent prônées. L'évolution de la réflexion des ecclésiastiques sur le rapt est indissociable de celle sur le mariage. Cette institution prend un sens nouveau. Elle est considérée comme la base de la société et la stabilité de l'union permettrait la paix et l'ordre public. Cet esprit est également celui des Carolingiens qui conçoivent le mariage comme une institution sacrée.

Mention biblique Dans le livre des Juges, on présente le rapt des filles de Silo : (Juges 21:22).

Asie

Kirghizistan Au Kirghizistan, selon l'Organisation des Nations unies, femmes sont enlevées chaque année pour être mariées de force ; cette pratique porte le nom dala kachuu (« prends et cours »).. Malgré le durcissement de la législation en 2012, la peine pouvant aller jusqu'à 10 ans d'emprisonnement, cette pratique perdure et concerne encore de 20 à 55 % des femmes kirghizes.

Inde Dans la région du Bihar ce sont les jeunes hommes qui se font enlever par la famille de la mariée afin d'éviter de payer une dot. Cette pratique est appelée Pakaruah shaadi. Les victimes sont souvent violentées par la famille afin d'accepter l'union. En conséquence les hommes non mariés rasent les murs quand ils doivent sortir, les plus riches font appel à des sociétés de sécurité privées. On estime à 300 le nombre d'enlèvements de jeunes hommes par an.

Caucase Il s'agit d'une tradition dans les républiques russes du Daghestan, de Tchétchénie et d'Ingouchie. Ne pouvant passer la nuit dans un autre foyer que celui de ses parents ou de sa famille, la jeune fille enlevée accepte malgré elle de se marier avec l'auteur de son enlèvement. Mais la loi russe condamne désormais celui-ci à huit ans de prison minimum, ainsi qu'à une amende pouvant aller jusqu'à un million de roubles.. Des faits de même nature se produisent dans les républiques voisines d'Ossétie du Nord et de Kabardino-Balkarie mais sont socialement différents. Ils permettent dans la majorité des cas d'empêcher les parents d'un des futurs mariés de contester le mariage, ou alors simplement d'officialiser une relation et donc un futur mariage. L'enlèvement est alors prévu par les deux membres du couple et leurs amis proches.

Dans la culture populaire Dans la comédie La Place Royale ou l'Amoureux extravagant de Corneille (1634), un mariage par enlèvement est par erreur conclu entre Cléandre et Philis. Dans le roman Le Rapt (1962), l'alpiniste et écrivain Roger Frison-Roche décrit la tradition, en Laponie, où l'homme enlève à sa tribu la femme qu'il aime. Dans le film Borat : Leçons culturelles sur l'Amérique au profit glorieuse nation Kazakhstan, Sacha Baron Cohen, dans le rôle d'un journaliste kazakh qui découvre les États-Unis, confectionne un « sac de mariage » pour enlever Pamela Anderson et l'épouser.

Notes et références

Bibliographie

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