Un hautes-alpes, appelé vin de pays des Hautes-Alpes jusqu'en 2009, est un vin français d'indication géographique protégée (le nouveau nom des vins de pays) départementale qui a vocation à labelliser, après dégustation, les vins de ce département qui ne peuvent postuler à une appellation d'origine.

Histoire Moyen Âge Au Moyen Âge, la première mention écrite d'un vignoble dans cette partie des Alpes se trouve dans le cartulaire de l'abbaye d'Oulx : cette charte, datée du , indique que dans l'Argentièrois l'abbaye possède des vignes. C'est la plus ancienne mention d'un vignoble dans les Alpes du Sud.

vignette|gauche|À Châteauroux-les-Alpes, son coteau de sud-est au sol caillouteux protégé du vent du nord ( d'altitude). L'archevêché d'Embrun ainsi que l'abbaye de Boscodon possédaient des vignes sur les coteaux de Remollon et de Saint-André-d'EmbrunVin de pays des Hautes-Alpes. Puis les archevêques découvrirent le vignoble de Châteauroux-les-Alpes qui s'étage de 900 à près de mètres d'altitude. En dépit de sa hauteur, son exposition privilégiée de coteau de sud-est et son sol caillouteux protégé du vent du nord permirent très tôt d'y élaborer un vin qui retint l'attention archiépiscopale. Au , les archevêques rattachèrent cette paroisse à leur mense, car de plus, ce vignoble était facilement accessible par la via Cottia, qui fut doublée ensuite par une route médiévale puis par celle construite en 1756Histoire de la vigne dans les Hautes-Alpes.

Quand fut fondée des deux côtés des Alpes, la République des Escartons (1343-1789), toute famille avait sa vigne et son pressoir qui était actionné par un levier à contrepoids de pierre. Ces pressoirs étaient en bois de mélèze, et sur les du site de La Vignette, à Saint-Martin-de-Queyrières, il en a été retrouvé quatre-vingt.

La Vignette est un site compris entre et mètres d'altitude qui longe la vallée de la Durance, à l'amont de l'Argentière, c'est le plus haut vignoble des Alpes françaises. Abandonné après le phylloxéra, il a été réhabilité dans les années 2000 par une association qui a entrepris de replanter et de cultiver la vigne, ainsi que la restauration des restanques, du pressoir de l'Encombrouze et du cellier bâti dans un habitat troglodyte.

Période moderne vignette|La côte de Neffes. En 1811, le statisticien Jacques Peuchet, rapportait que dans les Hautes-Alpes méridionales et sur les bords de la Durance, . Par contre, il considérait que ceux de la partie septentrionale du département étaient en général très mauvais.

Il indiquait que : , tout en précisant que leur réputation ne dépasse pas les limites du département.

Victor Rendu, inspecteur général de l'agriculture sous le Second Empire, nota dans son Ampélographie, en 1862, que . Il convient pourtant que les vins de ces quatre vignobles ne sortent pas du département, ils sont consommés sur les lieux mêmes et dans la ville de Gap.

Il indique que les de vignes de Jarjayes sont implantées sur un coteau très pentu exposé au sud-sud-est, le long de la rive droite de la Durance. Le terroir est constitué de schiste argilo-calcaire. Le rendement de ce vignoble est de 18 hectolitres par hectare. .

Le second vignoble, celui de l'Étret couvre sur un terroir identique à celui de Jarjayes. Son exposition, plus méridionale, lui permet d'atteindre un rendement moyen de 30 hectolitres à l'hectare. .

Les deux derniers vignobles sont situés dans la vallée de Roussines, parallèle à celle de la Durance. Celui de Neffes s'étend sur au lieu-dit la Côte de Neffes. Son sol est siliceux et le rendement à l'hectare est limité à 14 hectolitres. .

Le vignoble de Châteauvieux, est implanté au sud-ouest, sur le revers opposé de la vallée. Il couvre , et la moyenne de son rendement est de 20 hectolitres/hectare. . vignette|gauche|Vignes des crus renommés, lieu-dit d'Espinasses, à d'altitude. Alors que pour Jacques Peuchet la Clairette de la Saulce égalait la Clairette de Die et il en donnait pour preuve que l'on en exportait dans plusieurs départements, l'ampélographe fait un sort à cette Clairette, un vin blanc que l'on fabriquait près de Gap, en indiquant : . vignette|Cellier de la maison Planche à L'Argentière. Il conclut son descriptif en notant : . Déjà Jacques Peuchet, affirmait .

La crise du phylloxéra atteignit le département en 1908 en remontant jusqu'à la haute vallée de la Durance. Elle mit fin à la viticulture haut-alpine. La culture de la vigne y avait été cependant importante comme en témoignent les nombreuses installations liées à son exploitation même dans des lieux aussi improbables comme L'Argentière-la-Bessée. Son cellier de la maison Planche en est un exemple unique puisqu'il a conservé en totalité tout son équipement, y compris son rare pressoir à banc qui se situe en son premier niveau (cad. E 2203)Ancien cellier de la maison Planche.

Période contemporaine vignette|gauche|Chabrot dans les Hautes-Alpes. vignette|Cave coopérative vinicole de Tallard. Le vignoble, qui avait disparu depuis le phylloxéra, est replanté après la Première Guerre mondiale et recommence à produire du vin. La cave coopérative de Tallard est fondée en 1932, elle a vocation de produire du « vin de table » (VDT, les actuels VSIG). Elle en produira jusqu'à , en 1979, en regroupant qui cultivaient Cave vinicole de Tallard.

Dans les années 1950, des producteurs délaissent les hybrides et recherchent des cépages de qualité. Leurs efforts ont permis que leurs vins puissent postuler à l'obtention du label « vin de pays » depuis 1984Vignes et vignerons du Trièves, sous le nom de « vin de pays des Hautes-Alpes » (en application du décret de 1968 créant le label « vin de pays », VDP), publié au JORF du ., ce dernier encadré par les décrets du et communs à tous les VDP.

Depuis 1988, à l'initiative de l'« Association de rénovation viticole des coteaux de la Durance », une vigne expérimentale a été implantée à Châteauroux-les-Alpes. Elle est prise en charge par les viticulteurs locaux, la municipalité de commune et le Parc national des Écrins. Son objectif est de tester huit cépages. Ce sont le jacquère, l'altesse, la marsanne, le chardonnay, le chasan B, le müller-thurgau, le pinot noir et le pinot gris. Le but est de sélectionner les mieux adaptés au climat alpin. Des essais de vendange tardive ont pu être faits avec les variétés jacquère, altesse et marsanne. L'Association produit aussi des vins blancs, rosés et rouges appréciés. Le concours de Clairet, organisé tous les deux ans, permet de les découvrir. Paul Minvielle signale une autre vigne expérimentale : . En 2004, les producteurs se sont regroupés au sein du . Depuis 1988 a été ouverte une route des vins de , tracée à travers le vignoble entre Chorges et Tallard.

Dans le cadre de la réforme de la filière viti-vinicole et de l'harmonisation européenne, les vins de pays changent de nom en 2009 pour devenir des indications géographiques protégées (IGP), publié au Journal officiel de l'Union européenne du . et dépendent désormais pour leur contrôle de l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO). ; le vin de pays des Hautes-Alpes devient donc le l'IGP , publié au Journal officiel de l'Union européenne C 187 du .. Le cahier des charges est publié en (autorisant les mousseux), homologué par l'arrêté du publié au JORF du .. En 2012, la Fédération nationale des producteurs et élaborateurs de crémant (FNPEC), craignant la concurrence, saisi le Conseil d'État pour faire annuler homologuant des cahiers des charges (pour autant d'IGP) autorisant du mousseux, au motif que ces documents ne démontraient pas suffisamment l'existence d'un lien entre ces territoires et la production de mousseux. Dans le cas de l'IGP hautes-alpes, elle fut débouté en Décision du Conseil d'État le ..

Vignoble Aire de production

vignette|Vignoble et oliviers en bord de Durance sur la commune de Remollon. L'IGP hautes-alpes peut être produite sur toutes les communes du département des Hautes-Alpes. Le vignoble haut-alpin s'étend le long des berges de la Durance sur les coteaux orientés au sud. Le vignoble se trouve essentiellement au sud du Gapençais et au sud de l’Embrunais, sur les communes de Tallard, Châteauvieux, Valserres, Remollon, Théus et Espinasses. En dehors de ce noyau peuvent encore se trouver quelques vignes sur des coteaux bien exposés au sud en moyenne altitude. Leur présence témoignent encore de la période pré-phyloxerrique où la viticulture était une culture vivrièreCahier des charges de l'IGP Hautes-Alpes. En ce début de , 23 communes possèdent des exploitations où de la vigne est cultivée, mais seulement 16 ont véritablement des parcelles cadastrées.

Orographie et géologie vignette|Parcelles de vignes au Plan de Phazy dans le Guillestrois. Le vignoble est implanté sur la rive droite de la Durance, généralement et sur les éboulis schisteux des bas de falaises ou sur les versants de la rivière.

Victor Rendu, indiquait qu'au : .

Paul Minvielle et Marc Donato reviennent sur cette pratique : .

Entre la haute et la basse vallée de la Durance quatre couches de sédiments se superposentM. Jorda, « Histoire géomorphique et paléoécologique : un environnement durancien », in DRAC PACA, Recherches archéologiques en Val de Durance : travaux de sauvetage sur le chantier de l’autoroute A51, Éditions de la société des Autoroutes Estérel Côte d’Azur, 1990, p. 9: une nappe alluviale grossière et liée, d’environ d’épaisseur, datant de la glaciation de Riss ; une couche de limons de d’épaisseur environ, datant de la même époque ; un paléosol, parfois recouvert de graviers apportés par des ruissellements torrentiels ; une couche de colluvions superficielle.

Climat

On dénombre dans ce secteur en moyenne 101 jours par an avec gel et 85 jours par an avec des précipitations supérieures ou égales à . La température record la plus froide est de , enregistrée le , et la plus chaude de enregistrée le et le . Embrun est l'une des villes les plus ensoleillées de France avec heures de soleil par anInfoclimat Embrun, Hautes Alpes (05), 871m - (1971-2000).

Encépagement