Mahmoud Ahmadinejad (en / Maḥmud(-e) Aḥmadi-Nežâd ), né le à près de Garmsar, est un homme d'État iranien, sixième président de la république islamique d'Iran de 2005 à 2013.

Nationaliste et partisan des conservateurs, il est membre du Conseil de discernement de l'intérêt supérieur du régime et un fervent défenseur du programme nucléaire iranien. Il est également le principal dirigeant politique de l'Alliance des bâtisseurs de l'Iran islamique, une coalition de groupes politiques conservateurs du pays, et est maire de Téhéran de 2003 à 2005, annulant nombre des réformes de son prédécesseur.

La légitimité de sa réélection à un second mandat présidentiel en juin 2009 est fortement contestée par l'opposition menant à la création du . Sa présidence est marquée par la poursuite du programme nucléaire national. Après sa présidence, il tente à plusieurs reprises de se présenter à plusieurs élections présidentielles mais est écarté par le guide suprême Ali Khamenei après un conflit ouvert avec celui-ci. Ses idées de nationaliser l'islamisme chiite, son opposition à la ségrégation sexuelle dans les stades ainsi que son entourage est baptisé « Courant déviant » par les conservateurs iraniens les plus durs. À l'international, ses attaques contre Israël, son négationnisme et ses liens avec des figures de l'extrême droite occidentale provoquent à plusieurs reprises des scandales internationaux.

Il est membre de la Société islamique des ingénieurs, mais possède une base plus puissante dans l'Alliance des bâtisseurs de l'Iran islamique (Abadgaran), et est considéré comme un des personnages les plus importants de l'alliance des conservateurs.

Après sa présidence, Ahmadinejad multiplie les déclarations montrant un éloignement vis-à-vis du pouvoir, contestant notamment la politique d'Hassan Rohani puis d'Ebrahim Raïssi. Il exprime par exemple ouvertement son soutien à l'Ukraine face à la Russie, allant à l'encontre de la ligne pro-russe adoptée par le régime. En 2025, il déclare également que le Mossad a retourné des individus, pourtant chargés de lutter contre l'infiltration du renseignement israélien.

Le , sa résidence est touchée lors de frappes aériennes américano-israéliennes contre l’Iran ; sa mort est annoncée puis démentie.

Biographie Famille Issu d'une famille modeste, Mahmoud Ahmadinejad est le quatrième enfant d'une fratrie de sept. Son père était forgeron lorsque la famille déménage à Téhéran, après avoir exercé les métiers d'épicier et de coiffeur Hussein D. Hassan, Iran : Profile and statements of President Mahmoud Ahmadinejad, CRS Report for Congress, 16/01/2007Yossi Melman et Meir Javendanfar, The Nuclear Sphinx of Tehran, éditions Caroll and Graff, 2007, page ?. Le déménagement de la famille à Téhéran coïncide avec le changement de leur nom de famille, probablement afin d'éviter de porter leur nom d'origine à consonance arménienne : Sabordjian selon Hussein D. Hassan, Sabbaghian ou Sabarian selon Vincent Hugeux. Un sabor est un peintre sur fil, occupation commune autrefois au sein de l'industrie textile du tapis, notamment dans la région de Semnan. Le déménagement de la famille, désormais connue sous le nom d'AhmadinejadMichel Taubmann dit à ce sujet : « En accolant le suffixe nejad qui signifie "race" à son prénom Ahmad, - qui est aussi un des nombreux prénoms du prophète -, le père de Mahmoud dotait son fils d'un patronyme […] qui signifie "de la race du prophète Mahomet". » in , coïncide avec une période d'exode rural important en Iran. Selon , lorsque le port du nom de famille est devenu obligatoire en Iran, de nombreux ruraux ont choisi des noms évoquant leur profession ou celle de leurs ancêtres. Souvent, ils changeaient de nom en s'installant à Téhéran pour éviter le snobisme et la discrimination des habitants de la capitale « Ahmadinejad's 'Jewish Family' Part II », Radio Free Europe, 7 octobre 2009.. La famille Ahmadinejad s'installe, comme des millions de personnes, dans un des quartiers pauvres de Téhéran Abbas Milani, « Pious Populist. Understanding the rise of Iran's president», Boston Review, Novembre - Décembre 2007. Abbas Milani, professeur d'histoire iranienne à l'université Stanford, rapporte que les parents du jeune Ahmadinejad participaient régulièrement aux événements organisés par les organisations religieuses de quartier, et leur fils mettait un zèle tout particulier à l'apprentissage du Coran et à l'accomplissement des devoirs religieux. Mahmoud Ahmadinejad est marié et a deux fils et une fille.

Éducation À cette époque, le a connu un renouveau dans les milieux populaires sous l'impulsion des . . Michel Taubmann ajoute que l'on retrouve des membres des Hojjatieh dans l'entourage d'Ahmadinejad après son accession à la présidence et que lui-même reprend leurs thèses.

Ahmadinejad raconte que c'est à sept ans, en 1963, qu'il tombe sous le charme de l'ayatollah Khomeini. .

Il suit sa scolarité primaire et secondaire à Téhéran, et il est admis à l' (Elm-o Sanaat) en 1976. Des incertitudes subsistent sur son entrée à l'université, détaillées plus loin. . Selon les souvenirs de Mahmoud Ahmadinejad, évoqués sur son blog en 2006. Cité par .

Premiers engagements politiques pendant la révolution iranienne

En 1978, Voir aussi l'entretien en persan avec Ebrahim Asgharzadeh. Traduit en français par Ramin Parham.. Hassan Daioleslam se souvient : Entretien avec Hassan Daioleslam, le 28 août 2007. . Ahmadinejad représente alors le pouvoir clérical dans l'université, avec , lequel accompagnera Ahmadinejad durant toute sa carrière, en tant que conseiller ou chargé de missions spéciales.

Au début de l'année 1979, Selon les souvenirs de Mahmoud Ahmadinejad, évoqués sur son blog en 2006. Cité par .

Après 1979, il s'engage résolument dans l'aile la plus conservatrice du Bureau pour le renforcement de l'unité, une organisation fondée par l'ayatollah Mohammad Beheshti pour assurer la liaison entre les universités et les séminaires théologiques Mahmoud Ahmadinejad sur iranchamber.com. Son rôle actif dans ces organisations étudiantes lui vaudra de participer à la planification de la prise d'otages à l'ambassade américaine à Téhéran : Alireza Haghighi et Victoria Tahmasebi rapportent en effet que lors de la préparation de l'opération, deux délégués de chaque université se sont rencontrés pour planifier l'opération, et Mahmoud Ahmadinejad était un des deux délégués de l'université de science et de technologie. Selon Abbas Milani, il aurait cherché à obtenir une fatwa de l'ayatollah Khomeini pour justifier l'opération, mais les organisateurs voulant laisser Khomeini en dehors de l'affaire pour ne pas le compromettre, Ahmadinejad fut écarté de l'opération. Quelques semaines plus tard, quand il devint clair que Khomeini se servait de cette prise d'otages pour consolider son pouvoir, Ahmadinejad essaiera d'intégrer de nouveau le comité des étudiants à l'ambassade, mais il ne sera pas le bienvenu. Une controverse s'est élevée après son élection sur son rôle dans l'affaire des otages, certains des otages l'accusant d'avoir été l'un des gardiens. D'autres personnes participant à la prise d'otage nient la participation d'Ahmadinejad.

Guerre Iran-Irak (1980-1988)

Durant les huit années qu'a duré la guerre Iran-Irak, Mahmoud Ahmadinejad prend part à la guerre, bien que son rôle exact pendant celle-ci reste mystérieux (voir ci-dessous). Un an avant la fin de la guerre, Ahmadinejad obtient à 31 ans un doctorat en ingénierie des transports publics de l'université d'Elm-o Sanat en 1987.

Khomeyni avait fondé les Gardiens de la Révolution (aussi appelés Pasdaran), milice idéologique du nouveau régime, ainsi que les Basij, un mouvement de masse dont les jeunes membres avaient été préparés à mourir en martyrs pour le nouveau régime. Ahmadinejad aurait été instructeur au sein de l'organisation des Basij selon Hussein Hassan ou Matthias Küntzel. Selon la biographie officielle du président, il aurait servi pour les Basij au front et dans différentes unités du génie au cours de la guerre Iran-Irak.

En 1986, Ahmadinejad se porte volontaire pour faire partie des forces spéciales des gardiens de la révolution. Il a alors un poste d'officier à la garnison de Ramazan, stationnée à proximité de Kermanchah. Cette garnison était chargée des « opérations extra-territoriales » des Gardiens de la révolution, et . Ahmadinejad devient ensuite un des officiers supérieurs de l'unité d'élite Qods au sein des Pasdaran. Selon certains rapports, il a dirigé plusieurs assassinats politiques au Moyen-Orient et en Europe, dont celui du chef kurde Abdul Rahman Ghassemlou à Vienne en Mahmoud Ahmadinejad sur le site Globalsecurity.org, accédé le 25/02/2008.

À la fin de la guerre, les gardes de la révolution et les Basij qui sont démobilisés sont choqués par la corruption de certains dirigeants, qui se sont enrichis en prenant possession de biens confisqués pendant la révolution ou en jouant un rôle dans le marché noir en temps de guerre. Les plus dévôts des Basij, dont fait partie Ahmadinejad, planifient alors un retour aux valeurs des premiers jours de la révolution. Ahmadinejad ne cache pas son attachement aux valeurs de Basij : il apparait régulièrement vêtu du foulard noir et blanc caractéristique des Basij, et parle souvent en termes positifs de la « culture Basij » et du « pouvoir Basij ».

Incertitudes et controverses sur la carrière d'Ahmadinejad Plusieurs incertitudes subsistent sur la biographie officielle et le parcours de Mahmoud Ahmadinejad. Son entrée à l'université est sujette à interrogations de la part de plusieurs observateurs. Selon Ahmadinejad lui-même, il serait arrivé au concours national d'entrée à l'université, sur plus de cette année-là. Cependant, Abbas Milani, directeur des études iraniennes à l'université Stanford, estime cette affirmation peu vraisemblable, car l'université qu'il choisit se situe dans le second-tiers des universités iraniennes. Cette affirmation est confirmée par Michel Taubmann qui écrit : .

En juin-, juste après les élections iraniennes, une controverse se fait jour sur le rôle de Mahmoud Ahmadinejad dans la crise iranienne des otages américains. Son engagement dans le Bureau pour la consolidation de l'unité et à l'association des étudiants islamiques lui ont permis de participer à la planification de cette prise d'otages. Quelques jours après son élection fin , d'anciens otages américains disent reconnaître en Mahmoud Ahmadinejad un des participants à la prise d'otages dans l'ambassade des États-Unis à Téhéran entre 1979 et 1980 Brian Knowlton « Some held hostage in '79 in Iran say Iran's chief was a captor », International Herald Tribune, juillet 2005.. Les preuves disponibles, ainsi qu'une enquête de la CIA, ont montré que ces allégations étaient fausses et qu'Ahmadinejad n'avait fait que participer à la planification de l'opération, mais pas à son exécution.

La participation de Mahmoud Ahmadinejad à la guerre Iran-Irak est, elle aussi, entourée de mystère. Son rôle exact au sein des Basij et des Gardiens de la révolution est inconnu : il aurait été instructeur et aurait eu un rôle au sein d'unités du génie, mais aucun détail n'est disponible sur ses affectations exactes. Selon plusieurs sources, les informations sur la carrière d'Ahmadinejad pendant la guerre Iran-Irak ne sont pas très fiablesVoir les éléments de biographie d'Ahmadinejad donnés par Abbas Milani, Matthias Küntzel ou le site globalsecurity.org.

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