René Le Droumaguet, né le à Montpont-en-Bresse (Saône-et-Loire) et mort à Nevers (Nièvre) le , est un médecin français, qui fut nommé d'office maire de Nevers, en 1941-1944, sous l'occupation allemande durant la Seconde Guerre mondialecf. détails en note dans la Liste des maires de Nevers. Il fut aussi connu à Nevers pour quelques écrits publiés, dont de brefs récits de sa Grande Guerre, et des poèmesRené Le Droumaguet est recensé, et ses poèmes cités, dans deux anthologies de poètes nivernais : Les frères Drouillet - Anthologie des poètes nivernais, 1946, ed. Crépin-Leblond, Moulins, 2 tomes, Tome II, , ref. Médiath. Nevers et, plus accessoirement Anthologie des poètes nivernais 1914-1993, 1993, ed. Jeanne Quilain-Dif, déléguée départementale de la Société des Auteurs de Bourgogne, Nevers ref. Médiath. Nevers ; outre le poème Celui que l'on attend, publié par les Frères Drouillet, et un poème manuscrit titré à Raoul Toscan, vendu avec le fonds Toscan par Tessier-Sarrou chez Drouot en 2014, ses rares autres principaux poèmes retrouvés, sont trois longs poèmes, édités dans un petit fascicule titré Trois Épîtres - Extrait du Catalogue de la Exposition du Groupe d'Emulation Artistique du Nivernais, Hervé Saint-Cosme, 1939, 18 p., imprimerie de la Nièvre, Nevers (avec dessins de l'auteur), ref. Médiath. Nevers, ainsi que pour ses caricatures, illustrant diverses publications d'auteurs nivernais dans les années 1920-1930par ex. dans l'ouvrage titré Petites Histoires des quatre saisons - illustrations d'Hervé Saint-Cosme, 1930, Ed. des Jeunes du Nivernais, env. 100 p., recueil de 10 contes patoisants par 9 auteurs locaux, Médiath. Nevers, souvent sous le pseudonyme Hervé Saint-Cosme. Il s'attache à éditer également, en tant que maire, durant la Seconde Guerre Mondiale des cahiers annuels de la Municipalité de Neversces cahiers reproduisent toutes ses interventions, comptes-rendus et courriers officielles, notes techniques, et quelques rares commentaires soigneusement policés (faute d'avoir le droit, pour la municipalité, à toute autre publication, toute presse et édition étant interdite, ou totalement contrôlée par Vichy et l'occupant; néanmoins il y manie avec art une certaine ironique ambiguïté, en prenant parfois aussi certains risques, comme en menaçant par courrier, publié, les autorités, préfecture et occupant, de démissionner; ces cahiers municipaux sont disponibles soit sur BNF-Gallica, sinon à la Médiathèque de Nevers : 1941 Ville de Nevers - L'équipe municipale de 1941, ed. Chassaing, Nevers, 34 p.; 1942 Quelques aspects de la vie municipale en 1942 (extraits de presse), ed. Chassaing, 31 p.; Les cahiers de la municipalité nivernaise - Dernières années de vie municipale - 1943-1944 cahiers &6, 128 p.; ce dernier retrace ses démêlés avec la préfecture et la Feldkommandantur, à Nevers ; il est aussi illustré de photos, et descriptions détaillées, des destructions de Nevers (cathédrale, quartiers entiers), dues aux bombardements alliés -anglais et US- de juillet 1944 -des centaines de bombes, 160 morts le 16 juillet-, ainsi que, vers la fin, des minutes détaillées journalières, rédigées par le maire, retraçant les faits marquants à Nevers jusqu'en septembre 1944, le départ des Allemands, la libération de Nevers et l'arrivée d'une nouvelle équipe municipale BNF-Gallica. Le René Le Droumaguet décède tragiquement dans un avion lors d'un meeting aérien à Nevers en 1946le 8 septembre 1946 à l'aéroport de Nevers, dit de la Sangsue, deux avions militaires, dans le cadre d'un meeting d'aviation organisé par l'Aéronautique du Nivernais (incluant une commémoration de pilotes français locaux morts pendant la guerre) font profiter de vols de démonstration des personnalités locales, dont René Le Droumaguet; ces deux avions se percutent du fait d'une erreur des aiguilleurs au sol (un avion fait un passage en rase-motte, alors que l'autre est en train de décoller); tous les occupants des avions, six au total, sont tués; une personne dans la foule, grièvement blessée, décédera peu après. cf. Le Journal du Centre, Faits d'hier, 11 septembre 2006, reprod. d'un article du JdC du 11 septembre 1946, voir aussi nombreux autres articles de l'époque : JdC du 9 septembre 1946, JdC du 12 septembre 1946 titré "La population nivernaise a fait de grandioses funérailles aux victimes de l'accident d'aviation du 8 septembre", etc.; voir aussi articles dans "Le Nivernais".

Biographie Il est le fils de (même prénom usuel) cf. arbre généralogique René Marie Le Droumaguet, originaire de La Roche-Derrien (Côtes-d'Armor, 22), chef de comptabilité puis secrétaire général à la mairie de Nevers, après un premier emploi à la Mairie de Montpont-en-Bresse (Saône-et-Loire, 71), et de Valentine Bourgeois, fille d'un notable (vignoble, commerces) et maire de Montpont-en-Bresse. Le René Le Droumaguet sera l'aîné d'un frère, André, père jésuite, et de deux sœurs, Yvonne (décédée à 13 ans) et Jeanne.

Excellent élève au lycée de Nevers de 1907 à 1914cf. palmarès détaillé toutes ses années de collège et lycée, dans "Histoire du lycée de Nevers" par J Bugarel, voir rubrique Sources, il obtient son bac en 1914, à 17 ansdiplôme alors d'une infime élite; on évoque moins de 1000 bacheliers par an à la fin du sc., et il y avait alors vers 1900-1914 moins de 5000 diplômés du bac par an, pour des tranches d'âge annuelles d'env. 900000 p., soit env. 0.5% d'une tranche d'âge, contre env. 20% en 1970, 60% en 1995, et 80% après 2010 cf. page baccalauréat en France, historique, et notes associées, juste avant la déclaration de guerre du . En 1915 il obtient à Poitiers le certificat PCN alors imposé aux bacheliers pour entrer en faculté de médecinesource familiale : écrits de sa sœur Jeanne et sa fille Marie-Claire; PCN est alors l'abréviation usuelle, depuis la fin du sc. pour certificat d'études Physiques, Chimiques et Naturelles (zoologie, botanique) , un certificat spécifique imposé aux bacheliers pour pouvoir accéder aux études de médecine et pharmacie, correspondant à une année universitaire préalable en faculté de sciences, voir le sous-§ baccalauréat ès sciences du sc., partie médecine et pharmacie de la page baccalauréat et notes associées.

Des projets d'études de médecine mis à mal par la Grande Guerre : Il est mobilisé quatre ans, dans la Marine, dont trois au front -3 chevrons sur sa vareuse en 1919 de médecin auxiliaire-; il se bat aussi pour essayer en même temps d'étudier la médecine. La mobilisation ou appel est avancé à début pour sa classe 1917 (année des 20 ans)durant la Grande Guerre les ajournements (report de mobilisation) pour études, surtout longues, sont très contrôlés et rares, quasi abolis plus la guerre avance; par ailleurs peu après l'entrée en guerre d'août 1914 et la mobilisation de leurs élèves, les écoles de santé navale, école principale et préparatoires sont fermées, transformées en hôpitaux; traditionnellement, jusqu'en 1913 et la loi Barthou, les jeunes gens partaient au service militaire l'année de leurs 21 ans, après avoir été recensés l'année précédente (année de leurs 20 ans, désignant ainsi leur 'classe'). La loi Barthou en 1913 avance d'un an recensement puis départ, et porte de 2 à 3 ans le service militaire. Puis la guerre, au gré des besoins en jeunes conscrits, va encore raccourcir erratiquement ces délais, la mobilisation ayant lieu à 18-19 ans; surtout la démobilisation n'aura lieu pour les survivants, jeunes 'nouveaux appelés' comme plus vieux 'rappelés' jusqu'à 47 ans, que courant 1919, après 4 à 7 ans passés bon gré mal gré sous les drapeaux, selon les âges et circonstances cf. Mobilisation française de 1914, voir en particulier ce tableau référencé en note (lien brisé, voir archive), il se porte volontaire en , ayant plus que les 17 ans minima, et devance ainsi l'appel. Cela lui laisse le choix du corps d'armée. Il choisit la Royale. Il rejoint le dépôt des équipages de la flotte à Brest, puis en rejoint en Méditerranée à Malte le cuirassé Mirabeau comme apprenti timonier, puis en , toujours simple matelot, comme infirmiertrès certainement après avoir étudié et obtenu le brevet élémentaire d'infirmier de la Marine Nationale comme cela était possible à Brest et surtout à bord de son cuirassé, cf. avant-propos du Manuel de marin infirmier, ed., 1915, 386 p., Marine Nationale Gallica. Il sera ainsi pendant près de quatre ans, de 1916 à 1919, infirmier puis médecin auxiliaire, en poste sur divers cuirassés opérant en Méditerranée : MirabeauMirabeau fiche détaillée sur navires-14-18.com, CondorcetCondorcet fiche détaillée sur navires-14-18.com... Il relate par écrit trois épisodes de guerre, marquants et historiques, qu'il vit durant cette mobilisation dans la Marine jusqu'en voir fiche militaire Arch. Nièvre. Ces trois brefs récits sont publiés en 1926-1930 dans des revues nivernaises.

En , il participe alors qu'il vient de passer du Mirabeau au Condorcet, pendant quelques jours, avec les compagnies déjà débarquées de différentes escadres des Alliés vers Athènes, à de brefs derniers combatsescarmouches d'arrière-garde aux alentours d'Athènes, dans les semaines qui suivent cette très brève petite bataille de la Grande Guerre, d'une journée, le , à Athènes, qui sera surnommé Les vêpres grecques; une défaite des Alliés qui se replient dès le 2 déc., avec à Athènes ce déc. du côté des Alliés, débarquement de et quelques bombardements par les escadres sur la ville, en particulier sur le Palais Royal grec; cette ponctuelle défaite des Alliés, après des combats d'une journée, est suivi d'un blocus des Alliés autour de la Grèce, qui, toujours divisée, ne rejoint les Alliés qu'en juillet 1917 après l'abdication du roi ; à la suite de la défaite et des morts, près de 200, et de ce désastre diplomatique, de ce chez les Alliés, le vice-amiral français Dartige du Fournet sera démis de ses fonctions, au cours d'une difficile entreprise militaro-diplomatique des Alliés en Grèce, dans un complexe contexte de quasi guerre civile en 1915-1917 entre Grecs, s'opposant politiquement entre eux quant à leurs alliances, faction du roi contre celle du premier ministrehistoire relatée et publiée sous son nom, René Le Droumaguet, en 1928, dans un article titré Comment les Français bombardèrent Athènes, in Mémoires de la Société académique du Nivernais - (Tome III), ., impr. Fortin Paris-Nevers, 1928, texte intégral BNF-GAllica.

En , lors d'un retour de permission, son navire de transport, le Golo IInaufrage et épave du Golo II sont relativement bien documentés, voir sites spécialisés : memorial-national-des-marins.fr, archeonaval.org, forum.pages14-18.com, coule, torpillé par un sous-marin allemand. Il sera naufragé, agrippé plus d'une journée à un radeauson récit de cette aventure, sous le nom de plume Hervé Saint Cosme, sera publié dans Fédération Morvandelle de Tourisme - L'Année Nivernaise 1930 - Littéraire, Archéologique, Régionaliste, ed. de la Revue du Centre, Paris & Nevers, , env. 20 p., titre Le dernier voyage d’un corsaire. ref. Médiath. Nevers. En 1932 l'auteur en fera éditer un tiré à part, ref. Médiath. Nevers.. Près d'un tiers des occupants du Golo II ont disparu. Sauvé avec les autres par la Marine, René Le Droumaguet retrouve peu après le Condorcet, toujours affecté à la surveillance autour de la Grèce.