Adelbert Ames ( - ) est un marin, soldat et homme politique américain. Il servit avec distinction comme général de l'Armée de l'Union pendant la guerre de Sécession.

Républicain radical et Carpetbagger (littéralement « porteur de sac en tapis », Nordiste venu s'installer dans le Sud après la guerre), il fut gouverneur militaire, sénateur et gouverneur civil du Mississippi pendant la Reconstruction qui suivit la guerre. En 1898, pendant la guerre hispano-américaine, il reprit du service comme général de l'armée de terre des États-Unis.

Ames fut le dernier général de la guerre de Sécession à mourir, à 97 ans, en 1933.

Biographie Début de sa vie et de sa carrière Adelbert Ames est né en 1835 à Rockland, ville du Maine située dans le comté de Knox. Il était le fils de Jesse Ames, capitaine de la marine marchande.

Adelbert Ames devint marin et même second capitaine sur un clipper. Il servit aussi brièvement sur le navire de son père. Le , il entra à l'Académie militaire de West Point, où il était encore en 1861, lorsque débuta la guerre de Sécession.

Service pendant la guerre de Sécession Ames est diplômé de l'Académie militaire de West Point le , sortant cinquième sur une promotion de Il est de la même promotion que les futurs généraux Guy Vernon Henry Sr., Hugh Judson Kilpatrick et Emory Upton, tous trois généraux de l'Union. À cette même date, on lui attribue le grade de second-lieutenant dans le second bataillon d'artillerie de l'armée des États-Unis. Huit jours plus tard, il est promu premier-lieutenant et est nommé dans le cinquième régiment d'artillerie.

Le , il obtient une commission de lieutenant dans le 4th Maine Infantry, sous les ordres du colonel Hiram Gregory Berry, mais celle-ci n'est pas acceptée par le département à la guerre. Pendant la première bataille de Bull Run en juillet de la même année, il fut sérieusement blessé à la cuisse droite mais refusa de déposer les armes. Il reçut un brevet de commandant (Major) le pour son action pendant la bataille de Bull Run. En 1893, Ames reçut également la Médaille d'honneur pour tout ce qu'il y avait accompli. La citation est la suivante :

Reprenant son service le printemps suivant, Ames fut chargé de défendre Washington. Il combattit par la suite dans la campagne de la Péninsule et vit le feu lors du siège de Yorktown du au , de la bataille de Gaines's Mill le et de la bataille de Malvern Hill en juillet. Le général Hiram G. Berry mentionne attitude les de la bataille de Malvern Hill dans une lettre du . À Malvern Hill, le colonel Henry Jackson Hunt, alors chef de l'armée du Potomac, fit l'éloge de sa conduite et il fut promu lieutenant colonel à titre honorifique le .

Bien qu'il fût devenu un excellent artilleur, il réalisa que seule l'infanterie permettrait d'obtenir des promotions intéressantes. Il retourna dans le Maine et, grâce à des relations politiques, il fut nommé, le , au commandement d'un régiment d'infanterie à mettre sur pied, le d'infanterie volontaire du Maine}.

Le du Maine combattit lors de la campagne du Maryland mais il vit très peu le feu lors de la bataille d'Antietam le faisant, à ce moment, partie d'un corps de réserve.

Lors de cet hiver, le , alors que l'Union subissait une défaite lors de la bataille de Fredericksburg, Ames était à la tête de son régiment dans l'une des dernières attaques contre Marye's Heights. En , pendant la campagne de Chancellorsville, Ames s'engagea comme volontaire pour être aide de camp auprès du major-général George G. Meade, qui commandait alors le corps. Probablement à la suite de cette fonction et grâce à sa proximité avec le très influent Meade, Ames fut promu Général de brigade de l'armée de l'Union le , deux semaines après la bataille de Chancellorsville.

Ames prit en main les commandes d'une brigade dans le corps de l'armée du Potomac, renonçant à sa fonction de commandant du Régiment du Maine en faveur du lieutenant-colonel Joshua Lawrence Chamberlain qui allait bientôt conduire le régiment vers la gloire lors de la bataille de Gettysburg en juillet de cette même année.

Bien que sa propre expérience à Gettysburg ne lui ait pas permis d'atteindre la gloire que Chamberlain lui-même obtint lors de ses opérations, Ames remplit sa mission avec succès dans des circonstances difficiles.

Le , pendant l'attaque menée par Richard Stoddert Ewell, alors lieutenant général des États confédérés, le brigadier général Francis C. Barlow, commandant de la division d'Ames, déplaça son régiment au devant d'autres soldats du Corps pour se retrouver au sommet d'une petite colline maintenant connue sous le nom de « monticule de Barlow » (Barlow's Knoll). Cette position saillante fut rapidement dépassée et Barlow fut blessé et capturé. Ames prit les commandes de la division et fit battre en retraite l'ennemi à travers les rues de Gettysburg pour finalement se poster sur une colline appelée Cemetery Hill.

Le , le deuxième jour de la bataille, la division meurtrie que dirigeait Ames essuya le plus fort de l'attaque lancée par le major général Jubal Anderson Early à l'est de Cemetery Hill, mais fut capable de garder la position cruciale avec l'aide des unités présentes aux alentours. Un moment donné, Ames lui-même participa aux combats corps à corps. Après la bataille, les hommes du Régiment du Maine offrirent à Ames leur drapeau de guerre en témoignage de l'estime qu'ils avaient pour lui.

Après la bataille, Ames retourna vers le commandement de brigade et fut promu à titre honorifique au rang de colonel dans l'armée régulière. Sa division, obéissant aux ordres du Brigadier Général George Henry Gordon, fut transférée au Département militaire du Sud où il servit en Caroline du Sud et en Floride.

En 1864, la division d'Ames, faisant maintenant partie du Corps de l'Army of the James, servit sous les ordres du Major général Benjamin Franklin Butler lors de la Campagne de Bermuda Hundred et du siège de Petersburg. Plus tard, il allait devenir le gendre de Butler. Cet hiver là, cette division fut réaffectée au corps et fut envoyée en Caroline du Nord.

Pendant les deux années qui suivirent son service dans l'Armée du Potomac, Ames passa du commandement de brigade au commandement de division (et dirigea même deux fois ses corps), bien qu'on puisse généralement l'identifier comme étant commandant de division. Alors commandant de la deuxième division du corps, il mena l'assaut victorieux lors de la bataille de Fort Fisher accompagnant ses hommes jusqu'à la redoutable forteresse côtière où la plupart de ses soldats tombèrent sous les balles de tireurs isolés des forces des États confédérés.

Le , il fut promu Major général de l'Armée de l'Union (et brigadier général de l'armée régulière) à titre honorifique pour son rôle dans la bataille.

Carrière politique dans le Mississippi et au Sénat En 1868, Ames fut nommé gouverneur provisoire du Mississippi par le Congrès. Il étendit bientôt son autorité au District Militaire qui comprenait les États du Mississippi et de l'Arkansas. Sous son administration, il prit des mesures pour développer les droits en faveur des esclaves libérés, nommant directeur de bureau le premier noir de l'histoire de l'État. Les phénomènes de violence résultant de la conviction qu'avaient les blancs de la supériorité de leur race étaient très fréquents dans l'État du Mississippi, l'un des derniers États à se conformer aux règles imposées par la Reconstruction.

En 1869, pendant qu'Ames était en fonction, une élection générale eut lieu et le corps législatif se réunit au début de l'année suivante. À la suite de la réadmission de l'État du Mississippi dans l'Union, le corps législatif élut Ames membre du Sénat américain, un poste qu'il occupa du au sous l'étiquette républicaine.

À Washington, Ames rencontra puis épousa le , fille de son ancien commandant Benjamin Butler devenu un élu de la Chambre des Représentants. Ils eurent six enfants dont et Butler Ames. Lorsqu'il était sénateur, Ames devint un orateur talentueux, à tel point que même certains de ses opposants du parti démocrate lui reconnurent ce talent.

Au Sénat, Ames fut président du comité du Sénat traitant des projets de loi ratifiés par les deux chambres (). Élu gouverneur du Mississippi, il abandonna son siège pour assumer ses fonctions. Ames le Carpetbagger, s'opposa à James Lusk Alcorn, un ancien général des États confédérés devenu un Scalawag (terme péjoratif désignant les sudistes blancs qui se pliaient, le plus souvent par intérêt politique, aux conditions de la Reconstruction imposée par les Républicains nordistes) pour le contrôle du parti républicain, dont la plupart des électeurs étaient noirs. Leur affrontement déchira le parti.

En 1873, tous deux eurent pour ambition de briguer le poste de gouverneur. Ames avait le soutien des radicaux et de la plupart des Afro-Américains, alors qu'Alcorn avait celui des conservateurs blancs et de la plupart des Scalawags. Ames l'emporta avec contre à son adversaire. Une émeute éclata à Vicksburg en et ce fut le début d'une série de représailles contre bon nombre de partisans républicains, dont la plus grande partie était noire.

Il y eut des discordes à l'intérieur du parti démocrate entre ceux qui voulaient suivre la voie traditionnelle et ceux qui désiraient donner au parti de nouvelles orientations. Mais, avec l'approche des élections de 1875, ils s'unirent et publièrent le « Plan du Mississippi » qui prévoyait une organisation méthodique pour vaincre les Républicains. Des attaques armées menées par deux groupes paramilitaires blancs (les et la White League) contre des activistes républicains prolifèrent et le Gouverneur Ames en appelle au gouvernement fédéral pour obtenir de l'aide, mais elle lui est refusée.

Ce même mois de novembre, les Démocrates réussirent à obtenir un contrôle ferme des deux chambres du corps législatif. Croyant à une fraude électorale et à une intimidation des électeurs, Ames demanda l'intervention du Congrès américain. Après s'être réuni, le corps législatif de l'État rédigea des articles relatifs à une procédure d'impeachment à son encontre et à celle d'autres personnages officiels d'un bout à l'autre de l'État. Il démissionna quelques mois après que le corps législatif

Fin de vie vignette|upright|Le monument funéraire du général Ames. Après avoir quitté ses fonctions, Ames s'installa brièvement à Northfield, dans le Minnesota, où il rejoignit son père et son frère dans leur minoterie. En , pendant qu'il résidait là-bas, Jesse James et son gang constitué d'anciens guérilleros des États Confédérés braquèrent la banque de la ville, surtout parce qu'Ames et le controversé Major général Benjamin Butler y avaient investi, mais leur tentative de vol échoua.

Ensuite, Ames se rendit à New York, puis s'installa plus tard à Tewksbury, dans le Massachusetts, où il devint cadre dans une minoterie. Il avait également d'autres intérêts commerciaux dans la ville voisine de Lowell.

En 1898, il fut nommé brigadier général des soldats volontaires lors de la guerre hispano-américaine et combattit à Cuba. Plusieurs années plus tard, il abandonna ses activités commerciales à Lowell. Pendant cette période, Ames correspondit beaucoup avec l'historien . Dans sa thèse, ce dernier considérait la Reconstruction comme mais absolvait Ames de corruption personnelle.

La veuve d'Ames fit une compilation des lettres qu'elle échangeait avec lui. Elles parurent sous le nom de Chroniques du (Chronicles from the Nineteenth Century) et furent publiées en 1957 après la mort de cette dernière, survenue en 1939.