La gare de BellegardeLe nom officiel de la gare ne comporte pas le suffixe « -sur-Valserine », comme l'atteste la liste des gares de voyageurs de la SNCF, consultée le 25 juillet 2023. est une gare ferroviaire française des lignes de Lyon-Perrache à Genève (frontière) et de Bourg-en-Bresse à Bellegarde, située sur le territoire de la commune nouvelle de Valserhône et plus précisément sur la commune déléguée de Bellegarde-sur-Valserine, dans le département de l'Ain.

C'est une gare de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF), desservie par des TGV et des trains TER Auvergne-Rhône-Alpes et Léman Express. Elle accueille environ par an dont sur le réseau TER emprunté notamment par les frontaliers travaillant dans les environs de Genève en Suisse.

Le premier bâtiment voyageurs a été ouvert en 1858 pour permettre un point d'arrêt sur la ligne qui relie Seyssel à Genève. Mais un incendie a réduit l'édifice en bois à néant et a nécessité la construction d'un nouveau bâtiment en 1907. Au cours des années, d'autres lignes se sont greffées à la gare et lui ont permis de se développer en accueillant notamment le TGV en 1981 sur sa liaison entre Paris et Genève. De simple gare ferroviaire, le site a subi une grande restructuration en 2010 pour devenir un pôle multimodal., c'est-à-dire combinant plusieurs modes de transports. Cette refonte est décidée par la déclaration d'utilité publique et urgents. des travaux nécessaires à la modernisation et à l'électrification de la ligne du Haut-BugeyÉnoncé complet : « Décret du 31 janvier 2005 qui a déclaré d'utilité publique et urgents les travaux nécessaires à la modernisation et à l'électrification de la ligne ferroviaire de Bourg-en-Bresse à Bellegarde dite « ligne du Haut-Bugey » et emportant mise en compatibilité des plans locaux d'urbanisme ou des plans d'occupation des sols de Bourg-en-Bresse, Péronnas, Saint-Just, Ceyzériat, Corveissiat, Nurieux-Volognat, Brion, Montréal-la-Cluse, Port, Nantua, Le Poizat, Lalleyriat, Châtillon-en-Michaille et Bellegarde-sur-Valserine » qui permet de réduire d'une vingtaine de minutes le temps de parcours entre Paris et Genève.

Situation ferroviaire Établie à d'altitude, la gare de bifurcation de Bellegarde est située au point kilométrique (PK) 134,252 de la ligne de Lyon-Perrache à Genève (frontière) entre les gares ouvertes de Seyssel - Corbonod et Pougny - Chancy (s'intercalait la gare fermée de Longeray-Léaz) et au PK 64,523 de la ligne de Bourg-en-Bresse à Bellegarde après la gare ouverte de Brion - Montréal-la-Cluse.

Histoire

Gare PLM vignette|gauche|Façade de la gare au .On remarque une motrice du Tramway de Bellegarde à Chézery, dont la gare fut l'un des terminus pendant l'exploitation de la ligne, qui dura de 1912 à 1937. L'histoire du transport ferroviaire à Bellegarde-sur-Valserine débute au milieu du .. Dès 1830, des études sont faites pour effectuer une liaison entre les communes de Lyon et Genève.. La construction de la ligne Lyon - Genève qui est incluse dans un projet visant à réduire le temps de voyage entre Paris et la frontière de douze heures au lieu de six jours., devient effective dès la parution d'une loi le par Napoléon III relatant « les engagements au trésor, pour l'exécution du chemin de fer de Lyon à la frontière de Genève ».. La section Seyssel-Genève est ouverte le . avec un point d'arrêt dans ce qui deviendra, le suivant, la toute nouvelle commune de Bellegarde, dont le bâtiment voyageurs est de style chalet. Cette gare, conçue pour éviter un tracé par le canton suisse enclavé dans le territoire français, étant la dernière bifurcation avant la frontière, elle a donc été utilisée pour les contrôles de douane des marchandises et des voyageurs..

Une nouvelle desserte est inaugurée lors de l'ouverture, le , de la ligne Longeray - Évian-les-Bains via Thonon-les-Bains et Annemasse. Celle-ci est gérée par la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la MéditerranéeLa Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée est couramment abrégée en PLM. Deux ans plus tard, le , c'est la section La Cluse à Bellegarde de la ligne de Bourg-en-Bresse à Bellegarde qui est ouverte. Ce tronçon, géré par la Compagnie des Dombes et du Sud-Est, est le dernier maillon du projet de liaison Bourg-en-Bresse - Bellegarde initié en 1872.. En 1883, la Compagnie PLM rachète la Compagnie des Dombes. ce qui implique que la gare de Bellegarde est desservie exclusivement par les rames du Paris-Lyon-Méditerranée.

Un incendie se déclare, le , dans le bâtiment voyageur originel. Il est totalement détruit et nécessite une nouvelle construction. Un nouveau bâtiment, construit à la même place que l'ancien et ouvert en 1907., brûlera lui aussi, dans la nuit du .

Gare SNCF vignette|gauche|La façade de la gare de Bellegarde sur une carte postale du début du . Dès sa création en 1938, la Société nationale des chemins de fer français récupère l'exploitation de la ligne de Culoz à Bellegarde à la compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée, et au fil des années, entreprend la création de nombreuses nouvelles liaisons pour desservir la suisse romande. La gare de Bellegarde se retrouve ouverte à toute la France.

Au cours des années et des évolutions technologiques, plusieurs types d'autorails ont effectué des passages en gare de Bellegarde. Une RGP2 de la série X 2700 est passée lors de sa première liaison entre les gares de Lyon-Perrache et Genève, le . L'année suivante, le , la section Culoz - Bellegarde est électrifiée en continu. À partir du , la relation “Alpazur” Genève - Bellegarde - Grenoble - Veynes - Dévoluy - Digne avec retour par la ligne des Alpes est assurée par les autorails panoramiques de la série X 4200. Puis la ligne reliant Genève à Marseille via Bellegarde, Grenoble et Avignon se voit affectée un train rapide de première classe avec supplément GM/MG “Le Rhodanien” à partir du . En 1969, à partir du , lors de la création de la ligne Trans-Europ-ExpressTrans-Europ-Express est couramment abrégée en TEE reliant Genève à Barcelone via Bellegarde, Chambéry et Grenoble des trains de type Catalan-Talgo circulent dans la gare. En 1972, les trains de voyageurs effectuent jusqu'à douze allers-retours par jour entre Grenoble et Genève. Le , des autorails de la série X 4500 sont mis en service pour la liaison Valence-Genève via Grenoble, Chambéry et Bellegarde puis le , des turbotrains de première génération, dit ETG sont mis en place sur cette même ligne. Le succès est tel qu'il faut rapidement faire circuler deux rames accouplées pour faire face à la demande.

L'arrivée du TGV et les projets vignette|gauche|Entrée en gare d'un TGV en direction de Genève. L'arrivée du TGV à Bellegarde-sur-Valserine le couplée avec l'achèvement des autoroutes reliant Lyon à Genève et au tunnel du Mont-Blanc, permettent à la ville de se développer en effectuant une restructuration industrielle qui favorise le maintien du taux de chômage, de la commune, sous la moyenne nationale.. Deux aller-retours Paris - Genève sont mis en place, faisant de Bellegarde la première ville de moins de à être reliée quotidiennement par TGV à Paris, avec néanmoins comme conséquence la suppression des trains classiques de jour et de nuit sur cette relation. Mais cette période faste avec l'avènement du TGV coïncide avec le déclin du Trans-Europ-Express Genève - Barcelone puisqu'à partir du les trains Catalan Talgo passent EuroCity mais conserve la liaison via Lyon. Le même jour est mis en service le train IC 5642/3, qui reprend le nom « Le Rhodanien ». Il effectue la liaison Genève - Marseille via Bellegarde, Chambéry, Grenoble, Valence et Avignon. À l'été 1983, un TGV Paris - Genève/Annecy est créé il est raccordé ou coupé à Culoz. Mais à partir des années 1980 et comme beaucoup d'autres gares en France, Bellegarde s'est vue supprimer un certain nombre de relations qui la desservaient. À la fin de l'été 1984, le train la Rochelle - Saint-Gervais est supprimé. En 1985 les automotrices Z 7500, Z 9500 et 9600 sont mises en service sur des relations Lyon - Genève/Évian/Saint-Gervais, puis en 1987, les BB 25200 rendues disponibles par l'arrivée des BB 22200 sont utilisées avec des rames corail réversibles sur Lyon - Genève. Dans les années 1990, la suppression des lignes se poursuit et mis à part les relations TER, seule la ligne de nuit Hendaye/Irun - Genève subsiste. En 2001, le train Lunéa “Rhône-Océan” Lyon - Quimper est prolongé jusqu'à Genève et permet la création d'un arrêt à Bellegarde.

En 1991, un projet de rapprochement de Paris et Genève est étudié : construire une ligne à grande vitesse le long de l'autoroute A40.. Cette opération, nommé LGV des Titans, est estimé à de francs équivaut à actuel se révèle beaucoup trop coûteuse et a donc été abandonné en 1997. pour se tourner vers d'autres projets dont la réalisation est plus abordable. Le projet choisi a été de diminuer le trajet Bourg-en-Bresse - Bellegarde-sur-Valserine de en modernisant la ligne de Bourg-en-Bresse à Bellegarde..

De la gare au pôle multimodal L'incendie de 2003 accentue le projet de la ligne de Bourg-en-Bresse à Bellegarde et la création d'un pôle multimodal à Bellegarde.. De ce fait, la première pierre des travaux est posée par le ministre des transports Dominique Perben le .. Le , la région Rhône-Alpes met en place l'horaire cadencé sur l'étoile de Lyon pour tous les trains TER de la région, cela s'applique donc aux TER de la relation Lyon-Part-Dieu - Genève-Cornavin/Évian-les-Bains/Saint-Gervais-les-Bains-Le Fayet.

L'inauguration et l'ouverture commerciale de la nouvelle ligne du Haut-Bugey a eu lieu en .. Le pôle multimodal quant à lui est inauguré le et ouvert au public le ..

La gare Bâtiments voyageurs vignette|Le bâtiment voyageurs et son installation provisoire en mars 2010. vignette|Le bâtiment voyageurs historique réhabilité en « Passerelle des Arts ». Le second bâtiment voyageurs de la gare de Bellegarde est construit en 1907. par la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée. Ce bâtiment de style chalet est doté d'un corps de logis à deux niveaux de neuf travées, flanqué de plusieurs extensions. Sa façade est surmontée d'une horloge ainsi que de quatorze écussons polychromes représentant les villes de Grenoble, Saint-Claude, Genève, Lyon, Paris, Marseille, Mâcon, Lons-le-Saunier, Chambéry, Thonon, Bonneville, Seyssel, Annecy et Trévoux.

Une passerelle métallique, directement accolée au bâtiment principal, permet la traversée des voies sans donner accès aux quais. Plusieurs bâtiments annexes ont été construits de part et d'autre.

Victime d'un incendie dans la nuit du , le bâtiment des voyageurs perd sa couverture et son dernier étage. À la suite de cet accident, le vendeur de tabacs et journaux, le loueur de voitures AVIS ainsi que la billetterie SNCF ont été transférés à l'extérieur, dans des bâtiments préfabriqués. Le premier projet de reconversion du bâtiment voyageurs endommagé est de le transformer en hôtel communautaire de la communauté de communes Terre Valserhône.. Le projet de restructuration du bâtiment a été établi par Jean-Pierre Baillet, architecte basé à Bellegarde-sur-Valserine.

Cependant, ce projet n'aboutit pas et la ville de Bellegarde-sur-Valserine achète alors le bâtiment et décide d'y installer son pôle culturel La Passerelle des Arts regroupant la bibliothèque-médiathèque et l'école de musique. L'ouverture de cette structure est effective en .