La contestation des élections législatives russes de 2011, rebaptisée par Boris Nemtsov révolution blanche ou révolution des neiges« Révolution blanche », drapeaux rouges et forces de l’ombre Monde diplomatique du 22 décembre 2011, est une série de manifestations se déroulant à la suite des élections législatives russes du 4 décembre 2011.

Contexte

Selon les résultats officiels, Russie unie, présidée par Vladimir Poutine, remporte la majorité absolue des sièges avec 49,32 % des voix. Au mois de , Vladimir Poutine, président de la fédération de Russie de 2000 à 2008 et président du gouvernement depuis 2008, avait annoncé son intention de retrouver son poste de président à l'occasion de l'élection présidentielle de 2012 et promis, une fois élu, de nommer l'actuel chef de l'État, Dmitri Medvedev, à la tête du gouvernement. Ce « tour de passe-passe » aurait mécontenté la population et fait perdre de nombreuses voix à Russie unie lors de ces élections législatives« Poutine passe mal », Le Point, 15 décembre 2011., puisque le parti recule de 15 points par rapport au scrutin de 2007.

L'ONG GolosRegional Civic Organization in Defense of Democratic Rights and Liberties “GOLOS”: Vote Watchdog Caught Between Kremlin and WestMark C. Toner, Deputy Spokesperson, Daily Press Briefing, Washington, DC, December 5, 2011 rapporte des irrégularités et pressions durant la campagne électorale et pendant le scrutinManifestations en Russie : Clinton soutient "les droits du peuple" Le Monde du 8 décembre 2011. Le Parti communiste de la fédération de Russie dénonce, dès le début du scrutin, des fraudes massives. Le Parti libéral-démocrate de Russie et Iabloko remettent également en cause les résultats. L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe relève de « sérieuses indications de bourrages des urnes », tandis que plusieurs médias font état d'exemples de fraudes flagrantes. Une vidéo montre ainsi un homme qui déclare : « Si on commence à vous embêter, appelez un policier… Il est au courant ». Plusieurs chaines de télévision diffusent au soir des élections des résultats pour le moins surprenants. Ainsi dans la région de Rostov, la somme des scores de chaque formation atteint 146,47 %« En Russie, de nombreuses voix s'élèvent pour dénoncer les fraudes électorales », Le Monde, 6 décembre 2011., un phénomène que certaines ONG russes expliquent comme le résultat d'un bourrage d'urnes en faveur de Russie unie mais dont les auteurs auraient oublié d'enlever des voix aux autres partis. Dans les casernes, les prisons, les hôpitaux psychiatriques, le parti au pouvoir a recueilli de 92 à 95 % des voix et même 99 % en Tchétchénie. Une ONG, l'Observateur citoyen, avance même sur son site internet que le score réel de Russie unie serait à peine de 30 % et donc surévalué de 20 points.

+ Estimations des résultats selon l'Observateur citoyen http://www.nabludatel.org/hod-vyborov, site de l'ONG.Parti % Russie unie30,90 Parti communiste de la fédération de Russie22,80 Russie juste20,50 Parti libéral-démocrate de Russie13,80 Iabloko7,80 Patriotes de Russie1,50 Juste Cause0,90

Manifestations thumb|right|Manifestations, place Bolotnaya, le . Le journal Huffington Post rapporte que Le mouvement de contestation est organisé sur Internet et rassemble des militants de partis nationalistes, communistes, libéraux, associations, ONGManifestation monstre à Moscou contre Poutine La Dépêche du 24 décembre 2011.

Le Parti communiste (KPRF), premier parti d'opposition, marque cependant ses distances à l’égard de « l’orangisme » des libéraux. Son président, Guennadi Ziouganov, rappelle ainsi les précédents de la Yougoslavie, de la Géorgie et de l’Ukraine et qualifie les leaders libéraux de « pope Gapone collectif », en référence à un prêtre qui joua un rôle provocateur lors du dimanche rouge de 1905.

Durant la journée du scrutin, plusieurs manifestations ont lieu à Moscou et Saint-Pétersbourg contre Russie unie et sont réprimées. Il y aurait eu 170 arrestationsVictoire de Poutine sur fond d'arrestations d'opposants. La chaîne américaine Fox News montre dans un reportage une vision d’une Russie « à feu et à sang » « illustrée » par des images d’émeutes en GrèceProtester's Express Outrage Over Russian Elections - Fox News.

Les 5 et , les manifestations continuent à Moscou avec jusqu'à plusieurs milliers de manifestants. Parmi les figures de l'opposition, l'ancien vice-Premier ministre Boris Nemtsov et le chef de Iabloko Sergueï Mitrokhine sont arrêtés, de même que le blogueur Alexeï Navalny. Au total, plusieurs centaines de personnes ont été arrêtéesMoscou: arrestations en pagailles pour la seconde journée consécutive.

Le , une manifestation rassemble entre et personnes« Plus de 100.000 personnes défilent dans les rues de Moscou », nouvelobs interactif, 24 décembre 2011.. Le , de nouvelles manifestations mobilisent plusieurs milliers de personnes à travers plusieurs villes de Russie occidentale Thousands rally in Russia over fraud-tainted vote, AP, 18 décembre 2011 Poll protest in downtown Moscow gathers over 3,000, RIA Novosti, 18 décembre 2011.

Le , le nombre de personnes s'étant rassemblées à Moscou pour défiler est estimé à par les organisateurs et au moins selon la police, tandis qu'un expert mandaté par RIA Novosti en dénombrait au moins Manifestation du 24 décembre : le résultat n’est pas évident, RIA Novosti, 26 décembre 2011.. La présentatrice de télévision Ksenia Sobtchak lors de son discours du , devant manifestants, a été sifflé et beaucoup doutent de sa sincéritéAnne Nivat, « La poupée qui dit niet », Vanity Fair , juillet 2013, pages 204-213..

Contre-manifestations vignette|Manifestation de soutien à Vladimir Poutine au stade Loujniki, le 23 février 2012. Le , Russes se rassemblent à Iekaterinbourg pour soutenir Vladimir Poutine, brandissant des banderoles où on peut lire , ou encore 15.000 personnes à une manifestation pro-Poutine dans l'Oural La Libre du 28 janvier 2012.

Le , le stade Loujniki de Moscou est rempli de Russes favorables à la réélection de Vladimir PoutineRussie, Manifestations anti-Poutine: chronologie d'une contestation sans précédent Huffington Post du 3 mars 2012.

Réactions Soutiens du mouvement Les contestataires reçoivent notamment le soutien de l'ancien maire de Moscou Iouri Loujkov, de l'ancien ministre des Finances Alexeï Koudrine, ou encore de l'écrivain Boris AkounineGorbatchev réclame de nouvelles élections, l’opposition russe ne désarme pas euronews. L'ancien dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev estime que Vladimir Poutine devrait quitter le pouvoir car .

Soupçons d'ingérence américaine C'est l'ONG russe Golos financée et soutenue par les États-Unis qui rapporte des irrégularités et pressions durant la campagne électorale et pendant le scrutin. Le département d’État américain avait publiquement annoncé en que les fonds accordés aux ONG et « médias indépendants » russes seraient augmentés en 2012 jusqu’à plus de 9 millions de dollars. Le sénateur républicain John McCain twitte que Washington pris à contre-pied par le «printemps russe» Le Figaro du 12 décembre 2011. Le blogueur Alexeï Navalny qui a étudié aux États-Unis à l’université Yale, où il fut un « » ., serait lié à la National Endowment for Democracy Stephen Lendman, [Putin Wins], International, March 6th, 2012 : . Le , la secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton déclare au siège de l'OTAN à Bruxelles que les États-Unis soutiennent et ses espoirs pour . Vladimir Poutine accuse les États-Unis de soutenir l'opposition Putin says U.S. encouraging Russian opposition, RIA Novosti, 8 décembre 2011, reproche à Hillary Clinton d'avoir et ajoute que . Lors d'une émission télévisée, Vladimir Poutine compare les manifestants aux , les singes du Livre de la jungle« Poutine dévisse, l'opposition mobilise », Le Figaro, 16 décembre 2011. dont le terme est devenu synonyme de Entry for bandar-log in the Oxford English Dictionary Online, 2013.

Le journaliste Jean-Marie Chauvier souligne que « la vision d’une Russie "à feu et à sang" a été exagérée dans certains médias occidentaux ». La chaîne américaine Fox News a ainsi été jusqu'à diffuser des images d’émeutes en Grèce dans un reportage sur les incidents en Russie.

Félicitations pour la réélection de Vladimir Poutine Le , le président français Nicolas Sarkozy a félicité Vladimir Poutine après son élection et exprime ses de la RussieSarkozy félicite Poutine pour son élection Le Figaro du 05 mars 2012.

Le , Barack Obama a téléphoné à Vladimir Poutine pour le féliciterObama a téléphoné à Poutine pour le féliciter Tribne de Genève du 10 mars 2012.

Notes et références

Voir aussi

Poutine doit partir (mouvement lancé en 2010) Printemps arabe Révolutions de couleur

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