La rue de Rennes est une voie du de Paris. Elle est une artère commerçante majeure de la rive gauche de la capitale.
Situation et accès La rue de Rennes débute place du Québec et finit place du 18-Juin-1940. De tracé rectiligne et d'orientation nord-sud, elle mesure plus d'un kilomètre de longueur et vingt mètres de largeur. Ouverte au milieu du , c'est une voie récente à l'échelle de l'histoire de Paris : son bâti, de gabarit assez homogène, rassemble en effet uniquement des bâtiments postérieurs à 1850.
La rue de Rennes est desservie par la ligne 4 du métro aux stations Saint-Germain-des-Prés, Saint-Sulpice et Saint-Placide, la ligne 12 à la station Rennes et les lignes 4, 6, 12 et 13 à la station Montparnasse - Bienvenüe.
Origine du nom La rue est nommée d'après la ville de Rennes car en 1853, la rue aboutissait à la « gare de Rennes » à partir de laquelle partent des lignes desservant la Bretagne.
Historique thumb|left|Rue de Rennes vers 1853-1870 (photographie attribuée à Charles Marville), depuis le boulevard Raspail, vers la gare. thumb|left|Le Grand bazar de la rue de Rennes, en 1907.
La rue de Rennes est une réalisation du Second Empire. Elle devait à l'origine rejoindre la Seine. C'est pour cette raison que la numérotation commence au 41, les numéros précédents ayant été réservés pour la partie de la rue qui devait être percée au nord du boulevard Saint-Germain .. La partie existante a été percée en deux fois.
Son ouverture s'est faite à la suite du décret du depuis les rues Notre-Dame-des-Champs et de Vaugirard jusqu'à la place du 18-Juin-1940. Le plan annexé à ce décret n'attribuait à la voie qu'une largeur de . Elle a cependant été ouverte, suivant des alignements différents, sur une largeur de , telle qu'elle figure sur le plan annexé au décret du et fixant son nivellement entre la rue de Vaugirard et la place du 18-Juin-1940.
La seconde tranche fait suite au décret du depuis le boulevard Saint-Germain jusqu'aux rues de Vaugirard et du Regard. Le percement de cette voie entraîne la disparition de plusieurs ruesJanson, Percement de la rue de Rennes entre Saint-Germain-des-Prés et la rue du Vieux-Colombier, 1867 : rue Beurrière, rue-neuve Guillemin, rue de l'Égout, le carrefour Saint-Benoît.
La troisième tranche n'a jamais été percée ; le tracé finalement retenu impliquait la destruction de l'Institut de France« La rue de Rennes, un siècle d'hésitations », www.ruederennes.com.« On l'a échappé belle ! », www.ruevisconti.com..
En 1880, le débouché de la rue de Rennes sur le boulevard du Montparnasse a pris le nom de « place de Rennes » (aujourd'hui place du 18-Juin-1940). En 1977, la partie située au contact de la place Saint-Germain-des-Prés s'est trouvée englobée à cette dernière.
Le 30 mars 1918, durant la première Guerre mondiale, un obus lancé par la Grosse Bertha explose à l'angle de la rue de Rennes et du boulevard Raspail Excelsior du 9 janvier 1919 : Carte et liste officielles des obus lancés par le canon monstre et numérotés suivant leur ordre et leur date de chute. Le lendemain un autre obus éclate au .
On parle souvent de la rue de Rennes en référence à l'attentat de la rue de Rennes, perpétré devant le magasin Tati, le . C'est le dernier et le plus meurtrier ( et une soixantaine de blessés) d'une série commencée le ( en tout). Perpétré en plein jour, il est revendiqué par le CSPPAC, un faux nom dissimulant le Hezbollah agissant pour le compte de l'Iran., qui réclame la libération du chef libanais Georges Ibrahim Abdallah. Le chef du commando terroriste responsable des attaques, Fouad Ali Salah, est arrêté en . Une plaque inaugurée par le président François Mitterrand honore la mémoire des victimes.
La rue de Rennes a été réaménagée au début des années 2010. Une première étape concernant la partie sud entre la place du 18-Juin-1940 et le boulevard Raspail a été lancée en . et s'est achevée le . : élargissement des trottoirs, création de bandes cyclables et de places de livraison. Pour permettre ces aménagements, les couloirs de bus ont été supprimés bien que quatre lignes de bus, dont deux lignes Mobilien, y circulent..
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire
À un numéro inconnu vécurent François Hollande et Ségolène Royal dans les années 1980. : le , les frères Lumière y donnent leur première projection publique de cinéma, devant la Société d'encouragement pour l'industrie nationale« 22 mars 1895 : première projection publique des frères Lumière », www.franceinter.fr, 22 mars 2013..Ancien siège de la Faculté libre de droit, d'économie et de gestion de Paris. : le peintre Charles Wislin (1852-1932) y résida. : au-dessus de la porte se trouve un bas-relief figurant le dragon de sainte Marguerite réalisé en 1732 par Paul-Ambroise Slodtz. Il surplombait à l'origine un portail donnant sur une cour intérieure, la cour du Dragon. La cour fut détruite au milieu du et le portail, pourtant classé monument historique, fut détruit en 1935 pour laisser place à un immeuble en béton. La fresque présentée de nos jours est une copie, l'originale se trouvant au musée du Louvre. : Charles Pigeon y est décédé.
: Gaston Prost (1881-1967), peintre et lithographe, y vécut Catalogues du Salon d'hiver, 1941-1954.. : ici avait lieu pendant le siège de Paris le conseil municipal de Bourg-la-Reine, qui se réunit du au dans un premier temps dans l'ancien immeuble du boulevard Saint-Germain (l'immeuble actuel date de 1890), puis ici, Jean Alphonse Gosse étant maireXavier Lenormand, Bour g-la-Reine, Histoire des Rues, PAO Imprimerie Nouvelle Orléans, , 1994 , .. : en 1919, Simone de Beauvoir, encore enfant et qui vit jusqu'alors dans le bel appartement où elle est née en 1908, au 103, boulevard du Montparnasse., sa famille ayant subi des revers de fortune, déménage à cette nouvelle adresse dans un logement moins cossu au sixième étage, sans ascenseur pour y accéder, ni eau courante ; elle y vit jusqu'en 1929« Simone de BEAUVOIR à Paris, Marseille, Rouen et ailleurs », terresdecrivains.com, 26 novembre 2004.. : cinéma L'Arlequin.Une partie du sous-sol de l'immeuble a abrité, de 1948 à 1956, le cabaret-théâtre La Rose Rouge () dirigé par Nikos Papatakis (1918-2010) qui en avait été cofondateur lors de son ouverture, en 1947, dans un restaurant du même nom situé 53, rue de la Harpe . Le film de fiction La Rose rouge (1951) réalisé par Marcel Pagliero (1907-1980) retrace l’ambiance du lieu.
: ancien bâtiment du Crédit municipal de Paris. Depuis 1983, bibliothèque André-Malraux.. : l'architecte Theodor Josef Hubert Hoffbauer (1829-1922) y habite en 1868. 136-138 : ancien immeuble du Grand bazar de la rue de Rennes, inauguré le , dû à l'architecte Henri Gutton (qui s'est fait remarquer à Nancy avec le mouvement Art nouveau). Les poutrelles métalliques de l'immeuble proviennent des ateliers de l'ingénieur Armand Moisant. En 1910, il devient les Grands Magasins de la rue de Rennes, qui deviennent dans les années 1920 la propriété des Magasins Réunis. Vers 1960, ceux-ci plaquent une nouvelle façade plus banale sur la façade d'origine. Le bâtiment originel est détruit puis reconstruit« Le Grand bazar de la rue de Rennes, Paris », paris199.lartnouveau.com (consulté le 23 avril 2017).. En 1974, l'édifice devient un magasin Fnac, le premier magasin de l'enseigne à Montparnasse qui propose des livres.
: immeuble de l'ancien magasin Félix Potin, ouvert en 1904, œuvre de l'architecte Paul Auscher, grande surface alimentaire de six étages richement décorée en style Art nouveau qui proposait notamment un « service de cuisine pour la ville » avec son rayon traiteurJean-Michel Dumay, « Félix Potin réinvente l'épicerie », Le Monde Magazine, 7 août 2010, .. La façade et la toiture du bâtiment sont classées monuments historiques. Cet immeuble fut ensuite repris par Tati. L'attentat de la rue de Rennes y est commis le . La zone commerciale est désormais occupée par Zara.
: emplacement de la première église de la paroisse Notre-Dame-des-Champs, créée en 1858 et qui couvre une partie de ce quartier. Le bâtiment était en bois. Elle a été remplacée depuis par la nouvelle église Notre-Dame-des-Champs, construite de 1867 à 1876 à l'angle du boulevard du Montparnasse et de la rue du même nom. En 1931, elle a été remontée à Fermanville, page 752..
Plaques commémoratives
Notes et références
Pour approfondir Bibliographie .
planche II
Articles connexes Liste des voies du de Paris
Liens externes
Carte interactive des voies de Paris sur le site de la direction de l'urbanisme de la Ville de Paris « La rue de Rennes. Histoire, urbanisme et architecture ».
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