Le puits Saint-Joseph est l'un des principaux puits des houillères de Ronchamp, sur la commune de Ronchamp, dans la région française de Bourgogne-Franche-Comté. Il est l'un des charbonnages les plus productifs du bassin minier ronchampois pendant la seconde moitié du . Pendant toute cette période, il est le centre d'activité de la compagnie minière avec l’installation d'une cokerie et d'un lavoir à charbon, avant d'être remplacé par le puits du Chanois. Le puits Saint-Joseph sera touché plusieurs fois par des catastrophes. Le , un coup de grisou fait vingt-neuf morts. Le , une nouvelle explosion détruit les galeries du fond et la toiture du bâtiment de recette en surface.
Après la fermeture du puits Saint-Joseph en 1895, les bâtiments sont rasés pour être remplacés par une petite scierie, dont les bâtiments, devenus magasins pour matériaux de construction, existent toujours au début du . Des terrils et le passage d'une ancienne voie ferrée subsistent.
Fonçage
En 1830, Monsieur Thirria ingénieur des mines de l'État exerçant à Vesoul, prévoit déjà la nécessité de creuser un puits à au Sud-Ouest du puits 1.. Le fonçage du puits est finalement entrepris à partir du avec une section de x divisée en deux sections, l'une pour l'extraction ( x ), l'autre pour l'aérage ( x ).. L'approfondissement moyen est de sept mètres par mois. grâce à l'ancienne machine d'extraction du puits Saint-Louis d'une puissance de .. Il aurait dû recevoir la machine à taquets de Méhu et seconder le puits Saint-Charles qui était alors le seul puits en exploitation du bassin houiller.. Sa section est rectangulaire, large de et longue de ; le puits est équipé de deux compartiments dont celui réservé à l’aérage. Un cuvelage en fonte composé de soixante anneaux cylindriques a été établi avec une base à de profondeur, sur une hauteur de . Les anneaux sont constitués de plusieurs segments, les joints horizontaux et verticaux sont faits de plomb-béton et, au fur et à mesure de la pose des anneaux, du béton de ciment est coulé entre le cuvelage et le terrain. De forts dégagements de grisou dans les couches de houille sont remarqués..
Lors du fonçage du puits, de nombreuses difficultés sont rencontrées pour l'aérage des travaux du fond malgré l’utilisation d'une cheminée d'appel et d'une gaine en planches. L'aérage est amélioré en 1856, lorsque le système avec toc-feu est remplacé par deux ventilateurs Duvergier..
Exploitation left|thumb|alt=Schéma ancien représentant une machine à vapeur horizontal classique.|La machine à vapeur du puits Saint-Joseph.
Le , le fonçage est terminé à de profondeur, après avoir traversé la première veine de houille épaisse de ; la seconde couche est recherchée par trois sondages entrepris au fond mais sans succès. Une machine à vapeur de . à deux cylindres horizontaux de de diamètre et deux mètres de course est achetée au Creusot pour l'extraction. Elle est alimentée par six générateurs composés d'un cylindre de dix mètres de long et de , chauffés directement par les flammes du foyer de diamètre qui peuvent consommer jusqu'à dix-sept tonnes de houille quotidiennement..
En 1858, le puits Saint-Joseph est relié au réseau ferré des houillères par une voie ferrée qui assure le transport du charbon via la ligne de Paris-Est à Mulhouse-Ville..
En 1859, les chaudières de la machine à vapeur sont remplacées par six générateurs de Mulhouse avec une surface de chauffe plus importante permettant une économie de cinq tonnes de charbon par jour grâce à leur surface de chauffe de (les anciennes n'ayant que ). Des cages en fer à deux étages (correspondant à deux niveaux de recettes au fond et au jour) munies du parachute Duvergier puis Fontaine (à la suite d'accidents) sont utilisées pour transporter des chariots de . Un chevalement de quatorze mètres de haut en sapin et en chêne supporte des molettes de de diamètre par lesquelles passent des câbles en aloès..
La même année, des câbles en fer sont testés à Saint-Joseph dans des conditions défavorables (fortes infiltrations d'eau), de ce fait les résultats ne sont pas satisfaisants.. En , de houille extraites du puits Saint-Joseph sont expédiées à la gare de Dornach pour être testées par la Société industrielle de Mulhouse (test du pouvoir calorifique et de la composition)..
thumb|alt=Plan montrant les nombreuses galeries minières évitant une zone appelée soulèvement Saint-Joseph.|Plan des travaux d'exploitation de la première couche.
Le , une explosion de grisou fait vingt-neuf morts dans les travaux du couchant. La reprise du travail, dans ce secteur d'exploitation, ne se fit qu'en 1874. Le , à 11 heures, un jet enflammé de grisou se forme à cause d'un tamis percé. Le puits est fermé jusqu’au pour des raisons de sécurité mais cela ne suffit pas puisque le à 3 heures se produit une violente détonation. Puis une autre à 9 h 30, si violente qu'elle enlève le barrage composé de terre et de plateaux ainsi que toute la toiture du bâtiment. La décision est prise de noyer les chantiers du puits pour éteindre l’incendie. Quelques jours plus tard, débute l’épuisement des eaux dont le volume excède les .
Le , une galerie de liaison est creusée avec le puits Saint-Charles qui assure l'aérage. En , le puits Saint-Joseph est le plus productif du bassin minier avec de houille extraite au cours du mois contre pour le puits Saint-Charles, pour le puits Sainte-Barbe et pour le puits Sainte-Pauline.. La production s'élève à en 1861, en 1862 et en 1863..
En 1862, une cage à trois étages est installée. La même année sont construits des fours Appolt (verticaux) de grand volume puis des fours à coke belges horizontaux. Par la suite, ils sont remplacés par des fours plus perfectionnés à côté de l’atelier de lavage.
Au cours de l'année 1868, de houille sont extraites à Saint-Joseph, l'année suivante la production passe à , il reste donc le puits le plus productif de la compagnie.. En 1878, les ingénieurs constatent que l’eau du Rahin envahit le puits.. En 1895, l’extraction cesse définitivement au puits Saint-Joseph. La cokerie est remplacée en 1898 par celle du Chanois..
Reconversion Les installations du puits Saint-Joseph sont rasées pour être remplacées, au début du , par la scierie de l'Union Industrielle qui emploie une vingtaine de personnes en 1918. Elle produit de pièces de charpente en 1938. À cette époque, l'usine fonctionne grâce à un moteur électrique de .. Une ébénisterie et un atelier de carrosserie font également partie des installations. L'ensemble devient par la suite un magasin de vente de matériaux de construction..
Au début du , les bâtiments industriels ayant accueilli une scierie puis le magasin existent toujours. Ils sont classés le à l'inventaire général du patrimoine culturel. Le puits se situe sous un des bâtiments du site industriel, entre la RN 19 et la départementale 4..
Terrils et voie ferrée
Le puits Saint-Joseph possédait de nombreux terrils qui sont exploités après la fermeture des mines en 1958 et ont presque disparu à la fin du . Ils sont traversés par une ancienne voie de chemin de fer construite en 1858 et utilisée jusqu'à la reconversion de la scierie de l'Union. Elle appartient au réseau ferré des houillères de Ronchamp est passe sur un pont en bois qui n'existe plus au début du ...
Notes et références Références
Références aux fiches du BRGM Le BRGM est l'organisme public français référent dans le domaine des sciences de la Terre pour la gestion des ressources et des risques du sol et du sous-sol.
Voir aussi
Articles connexes Mine en France Houillères de Ronchamp
Liens externes
Bibliographie
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