Henri Bisson ( à Mayenne - à Laval) est un dirigeant français de football et chef d’entreprise d’une bonneterie lavalloise. Il est le président historique du Stade lavallois, qu'il dirige de 1947 à 1986. En 1976 il est élu dirigeant de l'année par le magazine France Football. Il est fait officier de la Légion d'Honneur en 1987.
Il est le fils d’Henri Paul Bisson (1876-1904) et d’Henriette Jeanne Léontine Chevrinais (1883-1958). Son père décédant prématurément, il fut élevé auprès de la famille Doux à Gorron en Mayenne, époux de sa maman d’un deuxième mariage. La famille Doux était pépiniériste.
Biographie Débuts Né à Mayenne en 1902, Henri François Jean Bisson est issu d'une longue filiation laïque. Son père Henri-Paul BissonNé le 24 juillet 1876 à Couesmes. Frère de Joseph Bisson. est instituteur-adjoint à Mayenne en 1902, puis instituteur à Gorron.
Sa mère est Henriette ChevrinaisDécédée le 22 avril 1958 à Gorron., institutrice, directrice de l'école maternelle de Gorron. Il est élevé à Gorron par son beau-père M. DouxIl était prévu qu'une rue porte le nom de Doux-Bisson à Gorron dans le lotissement de la Roseraie. .
Il passe toute sa jeunesse en Mayenne fréquentant notamment le collège d'Ernée, où il est boursier. Il signe sa première licence sportive en 1915, mais n'a jamais joué au football. Malade, il ne peut pas poursuivre ses études, et étudier à l'École normale, qui était son ambition.
En 1921, il effectue son service militaire à Constantinople. Libéré de ses obligations militaires, il revient en France. Pendant 11 années, interrompant la filiation laïque du métier d'instituteur, il est représentant, voyageur de commerce dans toute la France. En 1932, il ouvre à Laval avec peu de moyens une industrie de bonneterie qu'il dirigera jusqu'en 1978. Cette industrie va prospérer et couvrir l'ensemble de l'Ouest de la France.
Stade lavallois D'abord supporter du Stade lavallois, il en devient le fabricant de maillots pendant la Seconde Guerre mondiale, ce qui lui vaut en 1945 une élection au Comité directeur du club, alors présidé par le docteur Francis Le Basser. Il est élu président de la section de football du Stade lavallois omnisports à la mort d'Eugène Brault, le , et vice-président du club, où il remplace de façon active Francis Le Basser lorsqu'il n'est pas disponible.
Ses relations furent homériques et rivales avec l'abbé Hervé Laudrin (qui dirigeait le CEP Lorient) au sein de la LOFA.
Il est élu président du comité directeur du Stade lavallois en à la suite du décès de Francis Le Basser, tout en conservant ses fonctions de président de la section football.
En 30 ans, il fit gravir à cette équipe de football, tous les échelons de la hiérarchie, l'amenant de la promotion d'honneur de la Ligue de l'Ouest jusqu'à la Coupe d'Europe en 1983. Il a mené « son Stade » comme une affaire personnelle, en patron de choc. Obstiné, mais pas entêté au point d'être aveuglé par ses idées, il a su s'entourer, dialoguer et se débrouiller dans un écheveau politique assez complexe. Laïque convaincu, ce « miracle lavallois », expression qui lui déplaisait est d'abord dû à son talent, un étrange mélange d'autoritarisme, parfois de despotisme, d'orgueil, de rouerie, mais aussi d'une fidélité à des principes et des valeurs humaines. Conscient du facteur humain, il n'hésita pas parfois à dépasser les préjugés pour s'attacher les services d'un joueur, par exemple Raymond Keruzoré.
En 1976, le Stade lavallois doit quitter le statut de club amateur pour celui de club professionnel. Son arrivée parmi l'élite du football hexagonal suscite beaucoup de curiosité et de scepticisme. Les décisions sportives sont effectuées par l'entraineur Michel Le Milinaire dont la voix est prépondérante, mais sont toujours l'objet d'une discussion avec Henri Bisson et les dirigeants qui l’entourent dont parmi eux Louis Béchu et l'ancien joueur professionnel Henri Mauduit, parfait connaisseur du milieu du football. Bisson aime être sur le banc de touche, mais sans jamais se mêler du domaine sportif et du travail de l’équipe.
D'une longévité remarquable, il assiste du banc de touche, à 81 ans, à l'exploit que réalise son équipe en 1983 en Coupe de l'UEFA lors de la double confrontation avec la grande équipe du Dynamo Kiev de Blokhine et Zavarov.
Monde industriel, associatif et culturel Homme intelligent, distingué et érudit, son action ne se limitait pas au sport, elle s'étendait au monde industriel, associatif et culturel. Président-directeur général d'une entreprise de bonneterie-mercerie en gros à Laval, il fut, de à , administrateur de l'URSSAF, élu sur une liste du CNPF représentant les employeurs et les travailleurs indépendants. De 1973 à 1984, il siège au conseil d'administration de l'Hôpital de Laval où il représente la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM). Président de la Fédération des œuvres laïques de la Mayenne du au , vice-président des Pupilles de l'enseignement public et du Comité départemental de La Jeunesse au plein air, il était officier de la Légion d'honneur (1987).
Accueilli d'abord avec condescendance par la Ligue Nationale de Football (devenue LFP), il a fini par devenir membre de son conseil d'administration, jusqu'à sa mort en 1988. Son franc-parler ne manquait pas de bon sens. Il était écouté. Le , il annonce qu'il ne souhaite pas voir son mandat renouvelé, et devient président d'honneur de la section football, tout en restant président du Stade lavallois omnisports jusqu'en 1986. Il a suivi avec attention l'évolution des mœurs et des pratiques du football, l'escalade des salaires, qui fit revenir son club après sa mort en division inférieure.
En 1989, la partie orientale de la rue Jeanne-d'Arc, où se situe le siège du Stade lavallois, est renommée place Henri-Bisson.
Distinctions personnelles
; chevalier en 1954
(1970)
Henri Bisson est fait chevalier de la Légion d'honneur en 1954 par ses services rendus à l'Education nationale. Il reçoit la décoration des mains de Francis Le Basser qui le traite comme son filleul, et ami, montrant la proximité des deux hommes, l'un étant président du Stade Lavallois, l'autre alors vice-président.
Il est promu officier de Légion d'honneur en . Il reçoit sa distinction à Laval le , des mains de Jean Sadoul, président de la Ligue Nationale de Football. Il est également commandeur de l'ordre des Palmes académiques et officier de l'ordre national du MériteMichel Jouneaux, Le Stade lavallois, une histoire, Laval, Éditions Siloë, 1994, .
Il est élu dirigeant de l'année 1976 par le magazine France Football. En , l'hebdomadaire le placera en position du classement des plus grands présidents de l'histoire de la Ligue 1.
Notes et références Notes
Références
Liens externes
Portrait de Henri Bisson sur le blog de footalaligne. Interview de Henri Bisson, président du Stade Lavallois en 1985 en compagnie de Rolland Courbis lors d'un match contre le SC Toulon, par Thierry Roland et Jean-Michel Larqué.
Voir aussi Articles connexes Historique du parcours européen du Stade lavallois Liens externes
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