La borne milliaire de la Calanque, parfois dite d'Aureille ou peut-être anciennement le Long TermeIsidore Gilles 1884, p. 69. Cf. Statistique, 1824, p. 1090. Mais Gerold Walser attribue cette dénomination au milliaire CIL, XVII-2, 64., est une borne milliaire romaine dédiée à l'empereur Auguste, en l'an , installée au bord de la Via Julia Augusta, sur la commune d'Aureille, à sa frontière avec Saint-Martin-de-Crau, en France. Elle signale le quatrième mille après Mouriès vers AixFernand Benoit dans La voie d'Italie en Espagne à l'époque d'Auguste sur le territoire d'Arles, p.146.
Description
La borne fait de diamètreD'après Antoine Héron de Villefosse, repris par Otto Hirschfeld en 1888 dans CIL XII, 5482., et est brisée en deux parties.
Localisation
Le milliaire était dernièrement au nord-ouest du mas d'Archimbaud-en-Crau, à la frontière de la commune d'Aureille (cad. AZ 13) avec celle de Saint-Martin-de-Crau. Cette section de voie antique, dans l'axe de la D 17 traversant Mouriès vers Salon-de-Provence, est très probablement la via Aurelia (à propos de la localisation de la voie autour de Salon)., et serait aujourd'hui impraticable dans sa continuitéSelon Gabriel Thiollier-Alexandrowicz, qui n'identifie pas cette voie de Maussane à Salon avec la via Aurelia (voir itineraires-romains-en-france)..
Peut-être déplacée avant le non loin de son lieu de découverte, pour être rapprochée du tracé de la voie, la borne est toutefois considérée comme in situ par plusieurs auteursComme Fernand Benoit, par exemple. Mais c'est à vérifier dans les volumes de la Carte archéologique de la Gaule et dans les conclusions de Michel Poguet..
À la suite des fouilles de 1998, les fragments sont par Michel PoguetSelon via-aurelia.net, voir aussi les limages de la fouille, sur la base Mémoire, en lien externe.. La pierre ne serait donc pas visible, bien que l'emplacement soit accessible au public par un chemin de servitude.
Anciennes localisations, déplacements, dégagements et fouilles
La localisation précise de la borne, d'après les mentions textuelles du , reste relativement incertaine et floueMais c'est aussi à confirmer dans les volumes de la Carte archéologique de la Gaule et dans les conclusions de Michel Poguet.. Par ailleurs, les bornes de cette voie seraient mentionnées dans une enquête de 1268Isidore Gilles 1884, p. 69. Cf. Du Cange, Glossarium mediae et infimae latinitatis, 6, nouv. éd. sous la dir. de Leopold Favre, Niort, L. Favre, 1886, s. v. « 3. Peironus », p. 248 (en ligne)..
Selon Antoine Héron de VillefosseRepris par Otto Hirschfeld en 1888 dans CIL XII, 5482. Cf. CIL XVII-2, p. 19., en 1882, « cette pierre a été trouvée sur le bord de la Calanque, à 630 pas environ après avoir dépassé le chemin qui va de la Calanque au mas de Tomanque, à gauche en se dirigeant vers Archimbaud, enfoncée dans la levée d'un fossé, au milieu d'un terrain marécageux ». Soit « près du bois d'Aureille », selon Nicolas Bergier en 1662, que Pierre Véran localisait, au début du , « dans les environs de ce que l'on appelle aujourd'hui la Tapie-d'EyguièresProbablement la « Tapie d'Aureille » de la Carte de Cassini, levée en 1778. Voir sur Géoportail (avec un décalage et peu lisible), la feuille 123 (Aix-en-Provence), ou plutôt sur la version de David Rumsey), où le texte est sans ambigüité. ».
Fernand Benoit note que le milliaire a été dégagé en 1934Fernand Benoit 1938, p. 146., mais certaines parties toujours enfouies ont nécessité un chantier de fouilles dans les années 1990.
À Saint-Martin-de-Crau, puis à Aureille
Dans leur article de 1993, Jean-Pierre PelletierChercheur du Laboratoire d'archéologie médiévale méditerranéenne (Lamm) au CNRS. et Michel PoguetChercheur associé du Lamm. avaient repris l'ancienne localisation à Saint-Martin-de-CrauCf. Pelletier Poguet 1993, p. 189., semble-t-il proposée au dans un manuscrit de PeirescLe manuscrit de la BnF, Lat. 8959 f. 18. Cf. CIL XVII-2, p. 19., en tout cas encore indiquée dans le CIL en 1986. Mais, en 1999, Poguet signale dans plusieurs publications l'attachement administratif de la borne à la commune d'Aureille. Celui-ci sera entériné en 2006 par le conservatoire.
L'inscription latine
Transcription du texte
D'après Antoine Héron de Villefosse et Henri Thédenat. Cf. le fragment fouillé en 1998 par .
pater.patriae imp.caesar.divi.faugustus.pontifexmax/mus.cos.XIIcos.designatus.XIII//p.XIIII.tribunit.potest <?> XXIIII
Restitution
D'après le Corpus Inscriptionum Latinarum, avec des révisions par Manfred Clauss.
Pater patriae Imp(erator) Caesar divi f(ilius)Augustus pontifexmax[u]mus(!) co(n)s(ul) XIIco(n)s(ul) designatus XIII[im]p(erator) XIIII tribuni<c>(ia) potest(ate) XX[I](Tericiis milia passuum) IIII
Traduction
Historique thumb|150px|Réplique de la borne du mas de Sabran (Maussane).
Ce milliaire de la via Aurelia, sur une section allant de Tarascon à Aix, signale le quatrième (IIII) mille depuis le sud de Mouriès (au lieu-dit la Figuière), marquant la frontière entre le territoire antique de la Crau d'Arles avec celui de SalonCf. Pelletier Poguet 1993, p. 192.. Dédié à Caesar Augustus, il a été posé en l'an d'après la titulature inscrite sur la borne.
On note que plusieurs hésitations dans l'identification, et des doublonsComme la borne CIL XII, 5481 = CIL XII, 5495 = CIL XVII-2, 61., ont été indiqués à propos des bornes de cette partie de la voie, sur le territoire antique de Salon (milliaires VICIL XVII-2, 61 : in situ. - dit du Merle, aujourd'hui anépigraphe - et VIICIL XVII-2, 60 : au musée de Salon et de la Crau. - dit du Petit Merle), voire avec la borne du mas de Chabran à Maussane (milliaire XICIL XVII-2, 64 : au musée d’archéologie méditerranéenne de Marseille. du territoire d'Arles). Ces trois dernières bornes étant aussi dédiées à Auguste.
La borne est classée au titre des monuments historiques en 1945, sur la commune de Saint-Martin-de-Crau, puis, suivant les avis scientifiques et administratifs, la localisation est corrigée en 2006.
Annexes
Notes
Bibliographie
Carte archéologique Marie-Pierre Rothé, Marc Heijmans, et al., Arles, Crau, Camargue, Paris, Académie des inscriptions et belles-lettres, 2008, (Carte archéologique de la Gaule [Pré-inventaire archéologique], 13-5) [CAG-13-05, 832]. (« Aureille » par Michel Poguet) [CAG-13-02, ].
Corpus Corpus Inscriptionum Latinarum . Miliaria Imperii Romani. Pars secunda, Miliaria provinciarum Narbonensis Galliarum Germaniarum, éd. par Gerold Walser, Berlin, New York, Berlin-Brandenburgische Akademie der Wissenschaften, 1986, inscription (en ligne) [= CIL XVII-2, 62]. , Die Meilensteine der Gallia Narbonensis : Studien zum Strassenwesen der Provincia Narbonensis, Bern, 1970, milliaire (Itinera romana : Beiträge zur Strabengeschichte des Römischen Reiches, 3) [= IR-03, 62]. Corpus Inscriptionum Latinarum . Inscriptiones Galliae Narbonensis Latinae, éd. par Otto Hirschfeld, Berlin, Berlin-Brandenburgische Akademie der Wissenschaften, 1888, inscription et add. (en ligne) [= CIL XII, 5482].
Études récentes Michel Poguet, « Aureille. La borne milliaire de la Calanque », dans Bilan scientifique de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur 1998, Aix-en-Provence, DRAC-PACA, 1999, . Michel Poguet, « La borne milliaire de la Calanque à Aureille (13) », dans Bulletin d’informations municipales de la ville d’Aureille [Aureille Infos], 9, janvier 1999, . Jean-Pierre Pelletier, Michel Poguet, et al., « Des prospections à la fouille : recherches à Eyguières (B.-du-R.) », dans Revue archéologique de Narbonnaise, 26, 1993, n. 19, 191, Fig. 15 et 21 (en ligne).
Documentation ancienne Fernand Benoit, « La voie d'Italie en Espagne à l'époque d'Auguste sur le territoire d'Arles », dans Revue des études anciennes, 40, Bordeaux, 1938, milliaire (en ligne). Isidore Gilles, « 7° De Pisavis à Tericias », dans Les voies romaines et massiliennes dans le département des Bouches-du-Rhône. Livre premier : Voies romaines, Avignon, Seguin, 1884, , et part. (en ligne). Christophe de Villeneuve-Bargemon (dit comte de Villeneuve), Nicolas Toulouzan (dit Toulouzan de Saint-Martin), et al., Statistique du département des Bouches-du-Rhône, vol. II. Antiquités. Topographie administrative, Marseille, A. Ricard, 1824, , 365, 449 et surtout (en ligne).
Articles connexes Liste des bornes milliaires de France protégées aux monuments historiques (dont plusieurs bornes des Bouches-du-Rhône) Liste des monuments historiques des Alpilles Liste des monuments historiques des Bouches-du-Rhône
Liens externes Des images des prospections de 1994 et des fouilles de 1998, à Aureille (attention au décalage entre les images et les fiches - ), sur la base Mémoire, ministère de la Culture Le texte de l'inscription = CIL 12, 05482 () = IR-03, 00062 = ZPE-124-277 = CAG-13-02, = CAG-13-05, 00832 = AE 1995, +01030 = AE 1999, +01008 et une image, sur le site de Epigraphik-Datenbank Clauss Slaby. Une vignette de la pierre (fig. 5), sur via-aurelia.net par Bruno Tassan.
Calanque Catégorie:Monument romain dans les Bouches-du-Rhône Catégorie:Monument historique dans les Bouches-du-Rhône Catégorie:Monument historique dans les Alpilles Catégorie:Monument historique classé en 1945 Catégorie:Monument historique classé en 2006 Catégorie:Épigraphie latine Catégorie:Aureille