thumb|Mouvement de brasse de surface (retour des bras vers l'avant), Katie Hoff, 2008. vignette|Brasse subaquatique en apnée dynamique sans palme. La brasse est un style de nage polyvalent dont les variantes permettent d'évoluer aussi bien en surface que sous l'eau ou encore de nager avec la tête hors de l'eau. Son mouvement des jambes caractéristique, appelé « ciseau de brasse », permet, à l'instar du rétropédalage, de se maintenir sur place en position verticale, la tête hors de l'eau. Il s'agit également de la nage la plus efficace lors d'une chute accidentelle dans l'eau pour un individu habilléChoi SW, Kurokawa T, Ebisu Y, Kikkawa K, Shiokawa M, Yamasaki M. Effect of Wearing Clothes on Oxygen Uptake and Ratings of Perceived Exertion while Swimming. Journal of Physiological Anthropology and Applied Human Science, 19(4), 167–173, 2000, y compris chez les enfantsPotdevin F, Jomin-Moronval S, Pelayo P, Dekerle J. What is the best swimming stroke to master for beginners in water safety tests? European Physical Education Review, 25(1), 174–186. Première publication en ligne en 2017, numéro imprimé 2019. En revanche, avec une tenue adaptée à la natation, elle ne permet pas de nager aussi rapidement qu'en crawl. Sa forme très horizontale, appelée brasse élémentaire, ainsi que sa variante dorsale appelée brasse dorsale, dos élémentaire ou encore dos de survie permettent de nager lentement de manière économique sur le plan énergétique.

La brasse est pratiquée en compétition depuis le en Europe. Sa variante de surface fut pratiquée en nage libre dès les premiers Jeux olympiques de l'ère moderne à Athènes en 1896 puis fut ensuite l'objet d'une codification en compétition conduisant à en faire une catégorie à part entière. La brasse subaquatique William Trubridge explains No Fins techique, Auckland Freediving Club, explication de la technique de brasse subaquatique par William Trubridge, recordman mondial d'apnée sans palme est de son côté employée dans l'apnée sportive de manière exclusive dans les compétitions d'apnée dynamique sans palme et d'apnée en poids constant sans palme. Il s'agit également de l'unique mode de déplacement lors d'une plongée en apnée de loisir sans palme.

Outre sa polyvalence, la brasse présente la particularité d'être une nage aisément accessible au débutant dans ses variantes populaires et est largement pratiquée en natation de loisir notamment en raison de la possibilité de garder la tête hors de l'eau. Moins rapide que le crawl, sa place dans l'enseignement de la natation a progressivement décliné à partir des années 1980, mais en raison de son efficacité très supérieure aux autres nages chez les individus habillés (cas d'une chute accidentelle dans l'eau), son apprentissage prioritaire aux enfants est préconisé depuis la fin des années 2010. L'exécution de la brasse coulée, variante conforme aux codes et exigences de World Aquatics, en fait toutefois une nage complexe en compétitionMichel Pedroletti, Les fondamentaux de la natation, .

Chronologie En 1696, dans son livre : L'Art de nager, démontré par figures, avec des avis pour se baigner utilement, Melchisédech Thévenot décrit les premiers principes de la brasse et contribue à sa popularisation au . La brasse est la première nage utilisée en compétition, qui fut organisée pour la première fois en Grande-Bretagne, en 1837http://www.olympic.org, sous l'égide de la National Swimming Association. La technique du crawl est également employée.

Le , le capitaine anglais Matthew Webb utilise la technique de la brasse pour devenir le premier homme à effectuer la traversée de la Manche à la nageFirst Man to Swim the English Channel Capt. Matthew Webb Part 1.

La brasse est utilisée en nage libre lors des Jeux Olympiques d'Athènes de 1896.

En 1926, le nageur allemand Erich Rademacher effectue lors d'une compétition le retour des bras au-dessus de la surface de l'eau, comme ne lui interdit pas le règlement international de la brasse en vigueur. Ce mouvement, qui limite les frottements lors de la phase de retour des bras, constitue la naissance de la brasse-papillon.

En 1948, le règlement international de la FINA oblige le nageur à choisir un des deux types de brasse pour la totalité de l'épreuve.

Aux Jeux Olympiques d'Helsinki en 1952, les du brasse adoptent la technique de la brasse-papillonBiographie de l'Australien John Davies, vainqueur de l'épreuve. En conséquence, la même année, la FINA décide de distinguer la brasse et le papillon en deux techniques distinctesCraig Lord, FINA Centenary Book, 2008..

Le , à Moscou, le Russe Roman Sludnov est le premier à nager le brasse en moins d'une minute ()http://multimedia.olympic.org/pdf/en_report_210.pdf.RFI - Dépêche AFP - Brendan Hansen lors de l'épreuve du brasse, le août 2006 à Irvine, en Californie..

Le août 2006, à Irvine, aux États-Unis, l'Américain Brendan Hansen établit le record du monde de l'épreuve du brasse en www.fina.org | Official FINA Website | swimming..

Particularités Mouvements La brasse est souvent la première nage qu'apprennent les débutants, car ils peuvent nager en gardant la tête en permanence hors de l'eau, ce qui leur évite de devoir coordonner leur respiration avec leurs mouvements. En outre, les mouvements des bras et des jambes, même s'ils perdent en efficacité, peuvent être réduits à leur plus simple expression.

La brasse se pratique sur le ventre et se base sur les actions successives, coordonnées et symétriques des jambes et des bras. Ceux-ci restent sous l'eau en permanence : seul l'axe formé par la tête et les pieds oscille par rapport à la surface de l'eau lors de l'enchaînement des mouvements. L'avancée du corps est assurée alternativement par les membres supérieurs (mains, avant-bras et bras) et inférieurs (pieds, jambes et cuisses). L'action de poussée des jambes, appelée ciseau de brasse, est parfois comparée à l'action des pattes arrière d'une grenouille lorsqu'elle nage : les jambes du nageur se replient, se détendent vers l'extérieur, puis se rapprochent vivement l'une de l'autre, ce qui contribue à le propulser.

La brasse est la seule nage dont la phase de poussée des brasTandis que la traction consiste à ramener les bras (tendus vers l'avant) au niveau des épaules, la poussée (ou propulsion) consiste à les en éloigner, en direction des jambes. est très réduite. En effet, après la phase de traction, les mains ne doivent pas être amenées en arrière au-delà de la ligne des hanches (SW 7.3). Par ailleurs, à la différence du crawl ou du dos crawlé par exemple, le temps d'inspiration nécessite un redressement de la tête et par conséquent du tronc, offrant ainsi de grandes résistances à l'avancement. Le mouvement de bras en brasse est par conséquent le moins efficace des 4 nages officielles.

Efficacité énergétique Alors qu'en crawl, la force propulsive est assurée essentiellement par les membres supérieurs, en brasse, la propulsion assurée par les membres inférieurs est au moins égale à celle fournie par les bras. Cette différence joue sur l'efficacité comparée de ces deux nages : la phase propulsive des jambes étant moins rentable énergétiquement, il a été observé chez des nageurs de haut niveau que le rendement mécanique est de l'ordre de 4 à 6 % en brasse, tandis qu'il est de 6 à 7 % en crawlTextbook of work physiology, [Précis de physiologie de l'exercice musculaire], Per-Olof Åstrand, Kaare Rodahl, trad. Jean René Lacour, Danielle Duizabo, 1994, Masson, .

D'une manière générale, à vitesse égale, la brasse est moins économique que le crawl et l'est plus que le papillon. Cependant, quand la vitesse de nage est faible, le coût énergétique de la brasse se rapproche de celui du crawl tandis que pour des vitesses élevées, il est comparable à celui du papillon. Par ailleurs, chez le nageur débutant, la brasse est plus économique que le crawl, ce qui peut expliquer la préférence de celui-ci pour cette nageHugues Monod, Roland Flandrois, Physiologie du sport, , 2003 .

En brasse, il a été montré qu'à vitesse donnée, la consommation d'oxygène est moins importante chez les femmes que chez les hommes, induisant qu'en brasse, le rendement énergétique est meilleur chez celles-ci. Outre des différences de technique de nage, des différences anthropomorphologiques ont été avancées, notamment un rapport (masse adipeuse / masse totale) plus élevé chez la femme que chez l'homme, ce qui diminuerait chez celles-ci la dépense énergétique nécessaire pour se maintenir à la surfaceTextbook of work physiology, [Précis de physiologie de l'exercice musculaire], Per-Olof Åstrand, Kaare Rodahl, trad. Jean René Lacour, Danielle Duizabo, 1994, Masson, .

Vitesses S'il est pris pour exemple comparatif les records du monde messieurs, grand bassinLes vitesses moyennes des nageurs varient suivant de nombreux facteurs : sexe, technique, type de bassin, durée de l'épreuve, etc. Par ailleurs, pour une même nage, la vitesse instantanée varie suivant le mouvement en cours. en brasse (Adam Peaty, 21/07/2019) et en crawl (Pan Zhanle, 31/07/2024), les vitesses moyennes de nage sont les suivantes : Brasse : () Crawl : ()

Techniques de nage Brasse « traditionnelle » Mouvement des bras et de la tête

Ceux-ci se décomposent de la manière suivanteibid, :

bras tendus vers l'avant, mains à l'horizontale, jointes et les pouces collés ; la tête est submergée, rentrée sous les bras, le regard vers le fond. Le nageur est en phase d'expiration.

les bras s'écartent largement, les paumes dirigées vers l'extérieur, doigts serrés, pour former un angle de 45° par rapport à l'axe tête / pieds. Vers la fin du mouvement, les paumes s'orientent vers le fond, pour faciliter la sortie de la tête et des épaules de l'eau (l'eau constitue le support d'appui). Cette phase constitue la phase de traction des bras.

Les bras effectuent leur phase de retour au niveau du thorax. Cette phase entraîne des frottements, nuisibles à l'avancement. La tête sort de l'eau, le nageur inspire très rapidement.

Retour à l'état initial : les bras fléchis entrent en extension, les mains sont jointes. La tête se place sous les bras, le menton est rentré.

Mouvement des jambes

Il se compose de trois parties qui s'enchainent les unes aux autres en accélérationMichel Pedroletti, Les fondamentaux de la natation, :

Les jambes sont tendues sans excès et collées l'une à l'autre ; les pieds sont en position allongée.

Les talons sont ramenés vers les fesses en se touchant ; les pointes des pieds sont fléchies (elles se dirigent vers l'extérieur, comme les genoux).

Les jambes s'écartent en poussant les talons et les plantes des pieds vers l'extérieur. Les pointes des pieds restent tirées et écartées.

Retour à l'état initial : les jambes se resserrent sous l'action des pieds ; les pointes des pieds s'allongent dans l'axe du corps pour amplifier le mouvement de ciseau.

Coordination

Il existe une interaction de chacune des trois phases des jambes et des bras associée à la glisse pour une bonne continuité de la nageMichel Pedroletti, Les fondamentaux de la natation, :

Quand le corps est en position de glisse (jambes et bras allongés), les mains qui sont en appui, à plat sous la surface de l'eau, se tournent vers l'extérieur ;

Les bras et les mains s'écartent vers l'extérieur, horizontalement sous la surface de l'eau, pour faire avancer le corps, qui doit offrir un minimum de résistance à l'avancement ;

Les jambes sont ramenées vers le corps à la fin de l'écartement des bras et pendant leur retour vers la poitrine ;

Elles commencent à s'écarter à la fin du retour des bras et pendant la première partie de l'extension des bras ;

Les jambes, sous l'action des cuisses, se resserrent à la fin de la phase du retour des bras vers le corps et au début de la phase de glisse. Cette position est maintenue pour profiter de la vitesse acquise.

Erreurs fréquentes