La borne honorifique gallo-romaine de Limoges était probablement une colonne itinéraire romaine, connue au moins depuis le et malheureusement détruite en 1893 par le Service des travaux publics de la ville de Limoges.

Plusieurs auteurs ont cependant considéré cette pierre comme illisible, et mettaient même en doute son caractère milliaire.

Description

Selon Charles-Nicolas Allou, cette colonne en « pierre du pays » (un granite blanchâtre) était « assez fortement inclinée par rapport à la verticale », et faisait environ de haut pour de diamètreSoit respectivement et , environ.. Plus précisément, Florian Vallentin lui donnait de haut et de diamètre, et notait que sa base était enfoncée dans le sol.

thumb|left|La lecture de Vallentin, tel que publiée dans le CIL XIII () en 1907.Ce dernier, par ailleurs fondateur du Bulletin épigraphique de la Gaule, y aurait déchiffré les fragments d'une inscription sur un flanc très arasé par l'action des agents atmosphériques et mécaniques :

Que l'on pourrait restituer, en toute hypothèse, par , et traduire par « À l'empereur César, (...) Antonin ».

Avec grande prudence, Émile Espérandieu, lui aussi fin épigraphiste, n'a toutefois distingué qu'un :

ou, au plus, la ligature TI :

Pour sa part et avant les deux auteurs précédents, Charles-Nicolas Allou n'avait cru lire, en son sommet, qu'un grand :

Localisation

Avant sa destruction, le monument était situé non loin de la porte PanetPour localiser la porte Panet, voir Julien Denis, Étude documentaire et topographique de la Haute-Cité de Limoges, Limoges, Éveha, 2008 , planche VI, XI et XV de l'atlas (Vol. I : Synthèse historique et Vol. 3 : Atlas historique). Soit aux environs de , une extension du de l'enceinte de la Cité de Limoges, au milieu de la rue ou sur la place de la RègleDite au petite place du Séminaire., en face des entrées de l'ancienne abbaye de la Règle, transformée à ce moment-là en Grand séminaireCf. Espérandieu, et la notice Palissy..

Allou a mentionné l'hypothèse de certains auteurs, localisant son emplacement d'origine dans le bourg du PalaisPeut-être localisé auprès de l'église, aux coordonnées suivantes (alors à une lieue de son emplacement à Limoges) où elle aurait signalé un point de départ de distancesCf. Allou, et 278.. Cette localisation correspondrait plutôt à une autre pierre, un bloc de granit en forme de prisme triangulaire placé à l'entrée du cimetière du bourg en question, et déjà connue à cette date. Selon ce même auteur, celle-ci comportait « quatre petits cercles, creusés sur la base supérieure ».

Enfin, en 1893, la Société archéologique et historique du Limousin ne semblait pas envisager que la borne de Limoges aie jamais été déplacéeCf. la notice Palissy..

Une autre borne à Limoges

La colonne en question ne doit pas non plus être confondue avec une autre inscription disparue, trouvée elle aussi à Limoges. Celle-ci publiée en 1884 par Antoine Héron de VillefosseCf. Antoine Héron de Villefosse, dans Bulletin de la Société nationale des antiquaires de France, 1884, (partiellement (en ligne)., et gravée sur un fragment «engagé dans le soubassement de la tour d'entrée de la cathédrale, pilier N.-E. », était peut-être une borne milliaireCf. Espérandieu, p. 201, inscr. = = CIL XIII, 1415..

Historique

Première mention et lectures

La pierre, très probablement connue précédemment, voire christianisée vu sa localisation devant l'abbaye, est représentée dans les dessins de « monuments d'origine romaine » par l'antiquaire Pierre Beaumesnil, entre 1774 et 1787. Comme d'autres à son époque, et Émile Espérandieu plus tard (pour qui cela est « hors de doute »), il la qualifie de borne milliaire.

thumb|right|Le milliaire de Gordien III à Moutier-d'Ahun, considéré comme « semblable » par Vallentin. De son côté, Charles-Nicolas Allou, en 1821, observe qu'elle « ne porte aucun des caractères ordinairement assignés aux milliaires», pourtant Florian Vallentin indiqueVoir en bibliographie. que son aspect est « exactement semblable » à celui du milliaire de l'année 243, trouvé dans l'abbaye de Moutier-d'AhunCf. Espérandieu, p. 43-45, inscr. = . et dédié à Gordien III.

À la suite de l'hypothèse de lecture ici en illustration et faite par Vallentin, en 1882, Espérandieu se déplace vainement sur place, en 1890, pour relire la pierre. On notera dans son ouvrage que, huit ans après Vallentin, Espérandieu (comme le chanoine J. Arbellot avec lui) considérait plutôt ce milliaire comme anépigraphe, en dehors d'une lettre T possible, voire d'un TI ligaturé en forme de croixCf. CIL XIII..

Les deux autres auteurs plus anciens n'avaient pu la déchiffrer : ni Charles-Nicolas AllouAllou () la qualifiait d'ailleurs de « borne ou colonne milliaire présumée (...) dont l'origine et la destination sont au moins douteuses ». (sauf un P gravé profondément dans la partie supérieure, dont la jambe a environ de longueur, soit ), ni Pierre Beaumesnil.

Destruction, classement, radiations

En 1900, Louis Guibert indique que la « pierre a disparu il y a cinq ou six ans, lors d'une réparation faite au pavéCf. Louis Guibert, « Anciens dessins des monuments de Limoges », dans Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, 49, Limoges, 1900, 74 n. 1 (dessin n° 150 de son inventaire, section des dessins connus mais perdus) (en ligne). ».

Bien que détruite avant le par le Service des travaux publics de la ville, alors sous la responsabilité du maire François ChénieuxUn professeur de clinique chirurgicale, non apparenté (1845-1910). Voir aaccc.fr., elle est classée par l'arrêté du 29 (ou 24) au titre des monuments historiques comme objet mobilier.. La borne figure ensuite dans la liste immeuble de 1900, mais n'est pas classée à ce titre, contrairement à ce qui est indiqué dans la base Mérimée. Cette dernière liste est reprise par le Journal officiel du .

Le monument est ensuite rayée des listes objets mobiliers en , et radiée des listes immeubles en 1984, au titre desquels elle n'avait d'ailleurs jamais été protégée. La base Palissy signale toutefois qu'aucun arrêté de déclassement au titre objet n'a été pris depuis.

Annexes Bibliographie

Carte archéologique Jean Perrier, avec la collab. de Jean-Pierre Loustaud et Dominique Dussot, La Haute-Vienne, Paris, Académie des inscriptions et belles lettres, 1993, (Carte archéologique de la Gaule [Pré-inventaire archéologique], 87) [= CAG-87, ]. Jean Perrier, Carte archéologique de la Gaule romaine. Carte et texte du département de la Haute-Vienne, Paris, CNRS Éditions, 1964, (Forma orbis romani. Carte archéologique de la Gaule romaine, 14).

Corpus Corpus Inscriptionum Latinarum . Miliaria Imperii Romani, Pars secunda, Miliaria provinciarum Narbonensis Galliarum Germaniarum, éd. par Gerold Walser, Berlin, New York, Berlin-Brandenburgische Akademie der Wissenschaften, 1986, inscr. (en ligne) [= CIL XVII-2, 361]. Corpus Inscriptionum Latinarum . Inscriptiones Trium Galliarum et Germaniarum Latinae. Partis secundae. Fasciculus II. Miliaria Galliarum et Germaniarum, éd. par Theodor Mommsen, Otto Hirschfeld, Alfred von Domaszewski, Berlin, Berlin-Brandenburgische Akademie der Wissenschaften, 1907, inscr. [= CIL XIII, 8913] (en ligne) ; et CIL XIII, Fasc. 4 : Addenda ad partes primam et secundam, éd. par Otto Hirschfeld et H. Finke, 1916, (en ligne).

Éditions de l'inscription Émile Espérandieu, Inscriptions de la cité des Lémovices, Paris, E. Thorin, 1891 (extrait des Mémoires des antiquaires de l'Ouest, 1890, , inscr. ) (en ligne). Florian Vallentin, Bulletin épigraphique de la Gaule, 2, Paris, 1882, n. 1 (en ligne). Charles-Nicolas Allou, Description des monumens des différens âges, observés dans le département de la Haute-Vienne : avec un précis des annales de ce pays, Limoges, F. Chapoulaud, 1821, (borne du Limoges) et 278 (pierre du cimetière de Palais) (en ligne).

Autres publications Paul Ducourtieux, « Les voies romaines en Limousin, partie », dans Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, 56, Limoges, Société archéologique et historique du Limousin, 1907, part. (en ligne). Alfred Leroux, « Procès-verbal de la séance du mardi », dans Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, 42, Limoges, Société archéologique et historique du Limousin, 1894, (en ligne).

Documents d'archives , 1998. Pierre Beaumesnil, Recueil. Mélanges d'antiquités et de monuments anciens dessinés ou recueillis par Beaumesnil, [rédigés vers] 1774-1787 (dessin, non localisé depuis, de la colonne itinéraire).

Références

Articles connexes

Histoire de Limoges Liste des monuments historiques de Limoges Voies romaines en Gaule Liste des bornes milliaires de France protégées aux monuments historiques

Liens externes Le texte latin (lecture de Florian Vallentin) de = CIL 13, 08913 = CAG-87, , sur Epigraphik-Datenbank /Slaby.

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