François de Signier, seigneur de Piosin dit le « bailli de Piosin », né à Ollioules (près de Toulon) le et mort à Toulon le ou à Toulouse, le , est un officier de marine français du . Il intègre la Marine royale pendant la guerre de Succession d'Autriche. Il termine sa carrière avec le grade de chef d'escadre.

Biographie Origines et famille Il est le fils ainé de Jean-Baptiste-Henri de Signier (1648-1692), seigneur de Piosin et d'Evenos et de sa seconde femme Anne d'Arène de la Fourbine (v. 1660- morte après 1711). Le couple se marie par contrat passé devant Aubert, notaire royal a Toulon, le . Sa mère est la fille de Paul-Émile d'Arène, premier consul de la ville de Marseille. Le couple a trois autres filles.

Né à Ollioules, le ou , il n'est baptisé que le suivant à Toulon. En 1681, il perd son grand-père Louis de Signier, seigneur de Piosin, d'Evenos et d'Orves (en partie), ancien viguier de Toulon (en 1648) ; ainsi que son vieux cousin, le chef d'escadre Jean-Baptiste de Valbelle.

Carrière dans la Marine royale Débuts dans l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem Le , François de Signier et son cousin germain Louis de Martini d'Orves sont reçus gardes de la Marine le même jour. Les deux adolescents ont exactement quinze ans, Signier depuis le , d'Orves depuis le .

En 1692, Signier perd son père. L'année suivante, il est fait seulement sous-brigadier des gardes de la marine, alors que d'Orves est promu lieutenant de vaisseau. Il y a cependant une forte différence entre les jeunes gens : Signier est présenté de minorité dans l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem en 1690 ou 1698, d'Orves non, et Signier partira donc seul à Malte.

Guerre de Succession d'Espagne (1701-1714)

En 1702 décède son vieux cousin, le chef d'escadre Pierre-Bruno de Valbelle. En , Signier, le « chevalier de Piosin » est toujours mentionné sur les registres des Soldes et Revues du port de Toulon, comme sous-brigadier des gardes-marine, depuis neuf ans… Le , il est enfin fait enseigne de vaisseau, après quatorze ans de service dans la Marine. Son cousin germain d'Orves l'est depuis dix ans. Le , il part « pour les Cévennes ». Le , sa mère lui fait donation de son bien, par devant notaire. Le , il est de retour. Piosin embarque sur L'Entreprenant le jusqu'au . De retour, il part « pour les Cévennes » le . Il sert de « lieutenant à M. de la Borde, faisant fonction de lieutenant au bataillon Le Triton ».

Il arrive des Cévennes le . En , il est l'enseigne de M. de Girenton et en , il est enseigne d'une compagnie de à Ollioules, sa terre nataleEn 1703, sur L'Entreprenant, il était enseigne de M. de Mauvens, il l'avait été d'une compagnie de 103 hommes. Le , il embarque sur Le Constant, un vaisseau commandé par le marquis de Sainte-MaureCharles d'Augé de Sainte-Maure (1655-1744), capitaine de vaisseau depuis 1682, futur chef d'escadre en 1712, lieutenant général en 1720 et vice-amiral en 1730. Le marquis de Sainte-Maure appartient à l'avant-garde de l'escadre placée sous les ordres du comte de Toulouse (1678-1737), Amiral de France. L'escadre devait livrer le la célèbre bataille navale de Vélez-Málaga. Après la victoire, Piosin est « resté à Gibraltar ». Il n'arrive « du siège » à Toulon que le .

thumb|Carte de Toulon pendant le siège de 1707. Le jour même, Piosin sert comme lieutenant « dans le bataillon le Fier » en jusqu'au suivant. Le , il embarque sur Le Mercure, « en course », jusqu'au . Piosin reste sur Le Mercure, en « continue du pour le Roy », jusqu'au . Dès le , il embarque sur Le Parfait, jusqu'au . Puis il embarque à nouveau sur Le Mercure « en course » du au . Toulon est assiégée par les Impériaux. En juillet et août, Piosin est lieutenant de M. de Grandval dans le bataillon de M. de Grancey. À partir d'octobre, il est en service à La Ciotat et y reste au premier trimestre 1708.

Il est au Port Mahon à partir du jusqu'au mois d'octobreLe royaume de France a pris Minorque en 1707. Dès son retour à Toulon, Piosin n'a alors que 34 ans l'envoie comme « prisonnier à la Tour » à partir du . Il n'en sortira que le après six mois de prison. À sa décharge, Piosin appartient à une famille provençale qui a le sang chaud, ses cousins Valbelle et Forbin en témoignent. Le chef d'escadre Jean-Baptiste de Valbelle(mort en 1681) avait été condamné à mort pour duel en 1660, puis gracié. Le comte Claude de Forbin-Gardanne (1656-1733) est lui aussi condamné à mort par le Parlement d'Aix, pour avoir tué en duel le chevalier de Gourdon. Lui aussi obtint des lettres de rémission et put rester dans la marine, où il devint chef d'escadre en 1707, en usurpant l'identité de son frère…

Sorti de la tour royale de Toulon, Piosin embarque sur Le Fendant du au . Il embarque sur le Toulouse « en course », du au . En 1711, il embarque sur La Vestale « en course », le . Ce navire fait une prise, le César-galère, et Piosin passe à son bord « pour le conduire à Marseille ». Il arrive à Toulon le et « demande ses appointements du au compris, à » et il touche ses sept mois, soit , avec les de novembre. Depuis 1708, l'Angleterre a repris Minorque, et Piosin participe à la seule activité du port de Toulon pendant les années 1709 à 1711 : la courseV. Brun, Guerres maritimes de la France, port de Toulon, Paris, Plon, 1861..

Fait lieutenant de vaisseau le , peu de temps avant la signature de la Paix d'Utrecht (1713). En , Piosin est « destiné par l'artillerie ». Il passe « au siège de Barcelone, du », et revient à Toulon le . À son retour, il est fait lieutenant de la compagnie des gardes de la marine de ToulonArchives du Port de Toulon, 2E4, 15, le .

Retour de la paix Piosin part pour Malte le avec le Bailli de VastanLe chevalier Claude Aubery de Vatan (1664-1738), chevalier de l'Ordre de Malte depuis 1678, étant déjà page du Grand-Maitre, futur commandeur de Montchamp, futur grand-bailli de Lyon, futur chef d'escadre des armées navales en 1728. Mais ce jeune chevalier normand n'est alors que capitaine de la compagnie des gardes de la marine de Toulon. Le séjour à Malte est bref. Vastan rentre à Toulon le et Piosin le suivant. Piosin est présent à Toulon lorsque le port apprend la mort de Louis XIV qu'il a servi pendant vingt-six ans.

Pendant toute l'année 1716, Piosin est présent à la compagnie des gardes-marine dont il est lieutenant à , , par mois, plus à titre de gratification. L'année suivante, il embarque sur Le Henry, du au . Il a pour commandant Abraham Duquesne-MonierAbraham Duquesne-Mosnier (1653-1726), chef d'escadre depuis 1715, neveu du « Grand Duquesne »., sous les ordres duquel il fait campagne en Barbarie, à Alger…. Entre 1718 et 1720, Piosin est toujours présent à terre, à la compagnie des gardes-marine.

L'épidémie de Toulon (1720-1721) et missions diplomatiques en Méditerranée En 1720 et 1721, Toulon et le sud de la France sont ravagés par une épidémie de peste. Piosin est mis à l'abri, « au jardin du roi, avec les gardes, de à Archives du Port de Toulon, 2E4 18 ». Mais plusieurs jeunes gens quittent provisoirement Toulon pour se rendre dans leurs familles à la campagne. Entre 1721 et 1723, il est toujours présent à terre aux gardes.

L'année suivante, il embarque sur Le Solide du au . Le vaisseau est commandé par Claude de BeaucaireClaude de Beaucaire (1659-1735), futur chef d'escadre des armées navales en 1734, il croise à Constantinople où il conduit l'ambassadeur de France, M. d'Andrezel. En 1725 et 1726, il est toujours présent aux salles des gardes.

Le , Piosin est fait capitaine de vaisseau, le même jour que son cousin germain, M. d'Orves. Garde-marine, en même temps, les deux hommes accèdent au grade d'officier supérieur en même temps malgré un parcours différent dans les grades subalternes. Tous deux ont alors .

Le , Piosin est fait capitaine-commandant de la compagnie des gardes de la marine. Il succède au chevalier de Vastan, devenu commandeur depuis. Le , il embarque sur Le Léopard, jusqu'au . Il appartient à l'escadre d'Étienne Nicolas de GrandpréÉtienne Nicolas de Grandpré (1661-1731), chef d'escadre depuis le qui fait campagne en Barbarie, à Tunis, et est présente au bombardement de Tripoli. Au retour, le , Piosin est « mis en quarantaine ». En 1729-1730, Piosin est à terre, il commande les gardes-marine.

Il embarque à bord du Léopard du au . Il appartient à l'escadre de Duguay-TrouinRené Duguay-Trouin (1673-1736), lieutenant général des armées navales depuis 1728. qui fait campagne en Barbarie, à Alger, Tunis, et Tripoli. De retour, Piosin est légèrement souffrant, et il s'absente en et , « par permission du roi ». il se rend aux eaux de Digne, dont il revient en .

Guerre de Succession de Pologne (1733-1738)

Il commande Le Tigre du au . Il appartient à l'escadre du chevalier de LuynesCharles-Hercule d'Albert de Luynes (1674-1734), chef d'escadre des armées navales depuis 1722, fils du duc de Luynes (1620-1690), et descendant comme lui des Glandevès qui fait campagne en Méditerranée, à Gibraltar, dans l'océan Atlantique, puis en mer Baltique, au moment de Dantzig. Le , Piosin reçoit à diner, à bord du Tigre, le comte et la comtesse de Plélo… avant que l'escadre rentre à Toulon.

Il commande à nouveau Le Tigre du au . Il appartient à l'escadre de Claude de Beaucaire, terrassé à par deux attaques d'apoplexie, à bord de son bâtiment, le . L'escadre est alors confiée au marquis d'AntinAntoine-François de Pardaillan de Grondin, marquis d'Antin (1709-1741), futur vice-amiral en 1737.

En 1737, alors âgé de , Piosin obtient « la permission de Monseigneur le comte de Maurepas, d'aller prendre les eaux de Montfrin en Languedoc, du ». Comme beaucoup de ses collègues, Piosin aime à se rendre aux eaux, à Digne en 1732, à Montfrin en 1737. Il ne pouvait cependant ignorer que leur pouvoir était fort limité, puisque son cousinCosme de Valbelle (1663-1727), arrière-petit-fils de Barthélémy de Valbelle, décède aux eaux de Balaruc en 1727, et Piosin le connut. En , Piosin rentre à Toulon. En 1739, il rachète la moitié du fief d'Evenos dont avait été contraint de se séparer dans sa jeunesse.

Guerre de Succession d'Autriche (1740-1748)

Il commande Le Diamant du au . Il appartient à l'escadre du marquis de la Roche-AllardCharles-Gaspard de Goussé, marquis de la Rochalard (v.1672-1748), chef d'escadre depuis 1728, et lieutenant général le avec lequel il fait campagne aux Indes occidentales. Une épidémie de fièvre jaune ravage une partie de l'escadre. Au cours de cette campagne, il combat avec une rare intrépidité contre trois vaisseaux anglais qui l'avaient attaqué, en met un hors de combat, coule l'autre à fond, et s'empare du troisième. C'est par allusion à ce combat que Louis XV répond un jour à un courtisan qui lui vantait la beauté du diamant que le Roi avait à son chapeau : .

thumb|Gravure représentant la bataille du cap Sicié, . Piosin commande Le Saint-Esprit du au . Il appartient à l'escadre de M. de Court de la BruyèreClaude-Élisée de Court de la Bruyère (1666-1752, futur vice-amiral de France en 1750 qui croise en Méditerranée, au large de Barcelone, Carthagène, des îles d'Hyères et de la Spezzia.

Il commande Le Saint-Esprit du au , appartenant toujours à l'escadre de M. Court de la Bruyère. Il est au combat du cap Sicié du . Le , il passe sur Le Tonnant « pour le commander » et désarme à Rochefort le .