Les records du monde du saut en longueur sont actuellement détenus par l'Américain Mike Powell, avec la distance de le en finale des championnats du monde de Tokyo, au Japon, et par l'ex-Soviétique Galina Chistyakova qui atteint la marque de le à Leningrad en URSS.

Le premier record du monde du saut en longueur homologué par World Athletics est celui de l'Irlandais Peter O'Connor en 1901 avec , la première meilleure marque féminine étant établie en 1922 par la Tchécoslovaque Marie Mejzlíková avec . 18 records du monde masculins et 36 records du monde féminins ont été ratifiés par l'IAAF.

Les records du monde en salle du saut en longueur appartiennent à l'Américain Carl Lewis ( le à New York ) et à l'Allemande Heike Drechsler ( le à Vienne).

Record du monde masculin Jesse Owens au-delà des 8 mètres

Le premier record du monde masculin du saut en longueur homologué par l'Association internationale des fédérations d'athlétisme (IAAF) est celui de l'Irlandais Peter O'Connor qui réalise un saut à le à Dublin .

Le record n'est amélioré que vingt ans plus tard, le à Cambridge dans le Massachusetts lors de la rencontre universitaire Harvard - Yale contre Oxford - Cambridge, par l'Américain Edward Gourdin, avec .

Le à Paris, lors des Jeux olympiques, l'Américain Robert LeGendre améliore de sept centimètres la performance de Gourdin dans le cadre du concours du pentathlon, en franchissant .

Le , son compatriote DeHart Hubbard, considéré par les spécialistes comme le premier grand sauteur en longueur de l'ère moderne, atteint la marque de au cours des championnats NCAA se déroulant à Chicago, améliorant de le record de LeGendre.

Le , l'autre américain Ed Hamm s'empare du record mondial en réalisant un saut à à Cambridge dans le Massachusetts, mais se voit supplanté deux mois plus tard, par l'Haïtien Sylvio Cator qui établit la marque de le au Stade de Colombes.

Le , le Japonais Chūhei Nanbu se rapproche de la limite des huit mètres en accomplissant un saut à à Tokyo, nouveau record mondial.

Le , lors des championnats de la Big Ten Conference à Ann Arbor dans le Michigan, l'Américain Jesse Owens, malgré une grande douleur au dos à la suite d'une chute dans un escalier quelques jours plus tôt, battra six records mondiaux en l'espace d'une heure, dont ceux du et du . Au saut en longueur, après avoir placé un morceau de papier sous un caillou à hauteur des (matérialisant le record du monde de Chūhei Nanbu), il s'élance pour un unique essai car il est engagé dans d'autres courses. Il améliore avec 8,13 m de le record mondial du Japonais et devient le premier athlète de l'histoire à dépasser la limite des huit mètres au saut en longueur.

Jesse Owens réalisera lors de sa victoire aux Jeux olympiques de 1936 mais sa performance reste inégalée jusqu'en 1960, soit vingt-cinq ans après son exploit d'Ann Arbor.

Ralph Boston 25 ans après

Le , à Walnut en Californie, l'Américain Ralph Boston réalise un saut à et améliore de le record du monde de Jesse Owens. Titré lors des Jeux olympiques de 1960, Boston améliore à deux reprises son propre record mondial lors de la saison 1961 en sautant le à Modesto lors des California Relays, puis le à Moscou au cours de la rencontre URSS-USA .

Le , lors du Mémorial Safaryan à Erevan, le Soviétique Igor Ter-Ovanessian, premier Européen à franchir la limite des huit mètres au saut en longueur, dépasse la marque de Ralph Boston en retombant à . Le , lors des Modesto Relays à Modesto, l'Américain Phil Shinnick, qui détient alors un record personnel à , atteint les , mais cette performance n'est pas homologuée en raison d'un vent supérieur à la limite autorisé. Mais contestant la présence de vent ce jour-là, l'athlète américain verra finalement son saut validé, une première fois en 2003 par l'USATF en tant qu'ancien record des États-Unis, et surtout en 2021 par World Athletics en tant qu'ancien record du monde, 58 ans après sa performance de Modesto . Le saut de établi le à Kingston par Ralph Boston, qui égalait la marque de Ter-Ovanessian, a été homologué comme un record du monde jusqu'en 2021, avant que le saut de de Phil Shinnick ne soit validé.

Le à Los Angeles durant les sélections olympiques américaines, Ralph Boston redevient de nouveau recordman du monde en atteignant la marque de . Puis, le lors des California Relays de Modesto en Californie, il établit le cinquième et dernier de ses records du monde avec un saut à , performance qui sera égalée par Igor Ter-Ovanessian le au cours de la semaine pré-olympique à Mexico, en altitude.

Bob Beamon 55 cm plus loin

Le , en finale des Jeux olympiques de Mexico, l'Américain Bob Beamon améliore considérablement, de , le record du monde co-détenu par Ralph Boston et Igor Ter-Ovanessian en effectuant un saut à , et ce dès sa première tentative. Beamon bénéficie de conditions exceptionnelles lors de son saut, l'altitude élevée de la ville de Mexico (), la piste d'élan en synthétique, ainsi qu'un vent favorable de .

En 1979, lors de la coupe du monde des nations de Montréal, au Canada, l'Américain Larry Myricks établit avec un saut à la deuxième meilleure performance de tous les temps derrière les de Bob Beamon, mais également le meilleur saut jamais enregistré au niveau de la mer. Cette performance est rééditée par son compatriote Carl Lewis, qui atteint la marque de en 1982 à Indianapolis. En 1984, Carl Lewis devient détenteur du record du monde en salle en effectuant un bond à à New York. Le , à Tsakhkadzor en Arménie, en altitude, le Soviétique Robert Emmiyan approche de quatre centimètres la marque de Bob Beamon avec un saut à (+ 1,9 m/s), signant à l'occasion un nouveau record d'Europe.

Mike Powell et le duel de Tokyo Le , au cours de la finale des championnats du monde de Tokyo au Japon, l'Américain Carl Lewis réussit à sauter un centimètre au-delà du record du monde de Bob Beamon (), mais la performance n'est finalement pas validée en raison d'un vent trop favorable. Lors de ce même concours, son compatriote Mike Powell établit la marque de (+ ) à son cinquième essai et améliore de le record du monde de Beamon datant des Jeux olympiques de 1968 . Dans cette finale, Carl Lewis réalise le meilleur concours de sa carrière en effectuant notamment un saut à , ce qui le place troisième performeur de tous les temps derrière Powell et Beamon.

Les deux meilleurs sauteurs depuis sont Erick Walder en 1994 et Dwight Phillips en 2009, tous deux à mesurés à . En 1992, Powell franchit , mais le saut n'est pas validé en raison d'un vent supérieur à la limite autorisée. Le , lors du meeting de Sestrières en Italie, le Cubain Ivan Pedroso atteint la marque de avec un vent régulier mesuré dans un premier temps à . Le Cubain pense avoir battu le record du monde mais le jury italien, après enquête et visionnage des vidéos, décide de ne pas valider cette performance en raison de la présence d'un officiel italien placé volontairement devant l'anémomètre, et uniquement lors des six sauts du Cubain, en faussant ainsi la mesure « Long Jump Record Unlikely to Be Ratified », New York Times, 4 août 1995. En 2010 Fabrice Lapierre saute à mais avec trop de vent. Le , Juan Miguel Echevarría saute à 8,83 m mais cette fois encore avec trop de vent.

Progression du record du monde 18 records du monde masculins du saut en longueur ont été ratifiés par World Athletics. +Évolution du record du monde masculin Marque Vent(m/s) Athlète Lieu Compétition Date - Peter O'Connor Dublin 7,69 m- Edward Gourdin CambridgeMatch Harvard-Yale 7,76 m- Robert LeGendre ParisJeux olympiques 7,89 m- DeHart Hubbard ChicagoChampionnats NCAA 7,90 m- Edward Hamm CambridgeSélections olympiques 7,93 m0,0 Sylvio Cator ParisMatch international 7,98 m0,5 Chūhei Nanbu TokyoMatch international 8,13 m1,5 Jesse Owens Ann ArborBig Ten Conference 8,21 m0,0 Ralph Boston WalnutTest olympique 8,24 m1,8 Ralph Boston ModestoCalifornia Relays 8,28 m1,2 Ralph Boston MoscouMatch URSS-USA 8,31 m-0,1 Igor Ter-Ovanessian ErevanMémorial Safaryan 8,33 m0,0 Phil Shinnick ModestoModesto Relays 8,34 m1,0 Ralph Boston Los AngelesSélections olympiques 8,35 m0,0 Ralph Boston ModestoCalifornia Relays 8,35 m 0,0 Igor Ter-Ovanessian MexicoSemaine pré-olympique 8,90 m 2,0 Bob Beamon Mexico Jeux olympiques 8,95 m0,3 Mike Powell TokyoChampionnats du monde

Record du monde féminin Premiers records

Le premier record du monde féminin du saut en longueur, régi alors par la Fédération sportive féminine internationale est celui de la Tchécoslovaque Marie Mejzlíková qui établit la marque de le à Prague, un an avant de porter ce record à le à Prague .

Le record du monde est amélioré par la Britannique Muriel Gunn ( le à Londres), puis par la Japonaise Kinue Hitomi (, le à Göteborg lors des Jeux mondiaux féminins). Muriel Gunn s'approprie de nouveau le record mondial le à Londres avec mais Kinue Hitomi l'améliore de avec un saut à , établi le à Osaka au cours des championnats du Japon. Cette marque constitue le premier record du monde féminin homologuée par l'IAAF.

Le , au meeting ISTAF de Berlin, l'Allemande Christel Schulz devient officiellement la première athlète féminine à dépasser la ligne des six mètres au saut en longueur en atteignant la marque de . Ce record n'est battu que quatre ans plus tard le par la Néerlandaise Fanny Blankers-Koen qui réalise à Leyde.

La Néo-Zélandaise Yvette Williams, championne olympique du saut en longueur en 1952 à Helsinki, devient la nouvelle détentrice du record du monde, onze ans après la performance de Fanny Blankers-Koen, en effectuant un saut à le à Gisborne. Le record est amélioré à deux reprises lors de la saison 1955 par la Soviétique Galina Vinogradova : une première fois le à Moscou au cours du match URSS - Grande-Bretagne avec , et une seconde fois le à Tbilissi avec . La Polonaise Elżbieta Krzesińska l'améliore lors de la saison suivante en réalisant à deux reprises : le à Budapest, puis le à Melbourne à l'occasion de sa victoire en finale des Jeux olympiques .

Le record de Krzesińska est battu de le à Erfurt lors des sélections olympiques par l'Est-Allemande Hildrun Claus avec , record qu'elle porte à le à Berlin. Le , à Moscou au cours du match URSS-USA, la Soviétique Tatyana Shchelkanova ajoute au record du monde de Hildrun Claus en atteignant la marque de , performance qu'elle améliore à deux reprises : une première fois le à Leipzig avec , et une deuxième fois le à Moscou au Mémorial Znamensky avec . Le , la Britannique Mary Rand remporte la finale des Jeux olympiques, à Tokyo, en fixant le record du monde à .

Le record de Mary Rand est amélioré quatre ans plus tard, le , par la Roumaine Viorica Viscopoleanu qui remporte les Jeux olympiques de Mexico avec un saut à , profitant des conditions atmosphériques du site. Le , au cours des l'Universiades d'été de Turin, l'Allemande de l'Ouest Heide Rosendahl, championne olympique en 1972, améliore de 6 centimètres le record du monde de Viscopoleanu en établissant la marque de .

Le , quelques mois avant son titre olympique obtenu aux Jeux de Montréal, l'Est-allemande Angela Voigt porte le record du monde à à Dresde au cours de la coupe nationale des clubs. Ce record est amélioré quelques semaines plus tard, le , toujours à Dresde lors de la journée olympique, par sa compatriote Siegrun Siegl qui effectue un saut à .

Au-delà des sept mètres

La limite des sept mètres au saut en longueur féminin est franchie pour la première fois le , à Chișinău en Moldavie, par la Lituanienne Vilma Bardauskienė qui sous les couleurs de l'Union soviétique, réalise un saut à , aidée par un vent favorable de . Onze jours plus tard, le , lors du concours de qualifications des championnats d'Europe, à Prague, elle améliore de son propre record du monde en établissant la marque de à son premier essai, par vent nul.