Le château de Tintagel est une fortification médiévale située en Cornouailles, au Royaume-Uni, à proximité du village de Tintagel. Au début du Moyen Âge, il sert de résidence d'été aux rois de Domnonée, et c'est à Richard de Cornouailles que l'on doit la construction actuelle.
Des recherches archéologiques sur le site commencèrent au , période à laquelle il devint une attraction touristique, avec des visiteurs venant voir les ruines du château de Richard. Dans les années 1930, des fouilles révélèrent des traces significatives prouvant l'existence d'un lieu d'habitation de haut statut et beaucoup plus ancien, ayant des liens commerciaux avec la Méditerranée à la fin de la période romaine.
Le château est depuis longtemps associé aux légendes arthuriennes. Tout commence au , lorsque Geoffrey de Monmouth, dans son récit mythique de l'histoire britannique, l'Historia regum Britanniae, en fait le lieu de la conception d'Arthur. Selon Geoffrey de Monmouth, le roi Uther Pendragon, le père d’Arthur, a été déguisé grâce à la magie de Merlin afin de ressembler à Gorlois, duc de Cornouailles et mari d'Ygraine, la mère d'Arthur.
Le château de Tintagel est devenu une attraction touristique depuis le milieu du , il est aujourd'hui géré par l'English Heritage.
Histoire Période romano-britannique Au cours du , le Sud de la Grande-Bretagne fut envahi et occupé par l'Empire romain. Le territoire des Cornouailles modernes fut attribué à la région administrative romaine de civitas Dumnoniorum, nom dont l'origine provient du groupe tribal britannique local que les Romains appelaient les Dumnonii.
Au , cette zone de la Grande-Bretagne du sud-ouest est Les archéologues découvrent en Cornouailles cinq bornes érigées pendant la période romano-britannique. Deux d'entre elles se trouvent à proximité de Tintagel, indiquant qu'une route traversait la localité.
Comme le fit remarquer l'historien et archéologue cornique Charles Thomas en 1993, . Malgré cela, une quantité de poteries apparemment romano-britanniques furent découvertes sur le site, comme un sac à main en cuir avec cordon, de style romain, contenant dix petites pièces de monnaie romaines, remontant à l'époque du règne de Tetricus I (vers 271-274) à celui de Constance II (337-361). Cela suggère qu', même si aucune preuve de bâtiments datant de cette période n'a été trouvée.
Au Haut Moyen Âge
À la suite du déclin de l'Empire romain d'Occident au début du , la domination romaine au sud de la Grande-Bretagne s'effondra également, et elle se divisa en plusieurs royaumes différents, chacun avec son propre chef ou roi respectif. L'ancien quartier romain de civitas Dumnoniorum devint apparemment le royaume de Domnonée, gouverné par sa propre monarchie au cours de cette première période médiévale entre les . Ce fut dans ce contexte régional que la colonisation se poursuivit au château de Tintagel, avec la création de ce que les archéologues connaissent sous le nom de Période II du site. Il y a cependant eu des différends entre les archéologues quant à la finalité exacte du site de Tintagel Island à cette époque : au milieu du , on pensait généralement qu'un ancien monastère chrétien se trouvait sur ce site, mais , les archéologues croyant alors qu'il s'agissait en fait d'un lieu réservé à l'élite, habité par un puissant seigneur local ou même par la famille royale de Domnonée.
L'hypothèse mentionnant que le château de Tintagel fut un monastère pendant la période II fut lancée par l'archéologue du Devon Ralegh Radford qui fouilla le site de 1933 à 1938. Il arriva à cette conclusion en raison des similitudes dans les structures relatives aux premiers éléments du château de Tintagel datant du début de la période médiévale et du monastère datant du situé sur le site de l'abbaye de Whitby, dans le Yorkshire.
Les archéologues n'acceptent toutefois plus ce point de vue. Ils croient aujourd'hui en revanche qu'au début de la période médiévale, il s'agissait d'un lieu réservé à l'élite dans lequel vivaient la famille royale de Domnonée et son entourage. L'archéologue et historien Charles Thomas pensait que ces personnes ne restaient pas toute l'année à Tintagel mais qu'elles se déplaçaient : . Le site est également devenu plus défendable au cours de cette période, avec la création d'un grand fossé à l'entrée de la péninsule, ne laissant qu'une voie de circulation étroite pour les personnes voulant s'en approcher.
Divers articles de luxe datant de cette période ont été trouvés sur le site, notamment des poteries d'Afrique proconsulaire (sigillées claires africaines) et de Phocée (Phocaean red slip ware), qui avaient été échangées sur le chemin du retour de la Méditerranée. En examinant ces poteries, Charles Thomas fit remarquer que . À partir de ce constat, il poursuivit, notant que la quantité de poteries importées de Tintagel était . Cette conjecture l'amena à croire que Tintagel était un site où les navires transportant leurs marchandises en provenance d'Europe méridionale se mettaient à quai pour déposer leur cargaison au début de la période médiévale.
Moyen Âge tardif
En 1225, Richard, de Cornouailles, échangea avec Gervase de Tintagel la terre de (qui, à l'origine, faisait partie du manoir de Winnianton) contre le château de Tintagel.
Un château fut construit sur le site par le comte Richard en 1233 afin d'établir un lien avec les légendes arthuriennes que Geoffroy de Monmouth associait à cet endroit, et parce qu'il était considéré comme le lieu traditionnel pour les rois de Cornouailles. Le château fut construit dans un style démodé pour l'époque afin de lui donner une apparence plus ancienne. Richard espérait ainsi gagner la confiance des Corniques, car ces derniers se méfiaient des étrangers. Le château lui-même n'avait réellement aucune valeur stratégique.
Cependant la date fixée à la période du comte Richard remplaça l'interprétation de Raleigh Radford qui attribuait les premiers éléments du château au comte Reginald de Dunstanville et ceux qui vinrent s'ajouter plus tard au comte Richard. Dans l'ouvrage de Sidney Toy intitulé Castles: a short history of fortifications from 1600 B.C. to A. D. 1600 (Londres, Heinemann, 1939), une période de construction antérieure est suggérée. Début de la période moderne
Les comtes de Cornouailles succédant à Richard n'étaient pas intéressés par le château qui, par conséquent, fut laissé au . Certaines parties de la structure servirent de prison, et les terres furent laissées en pâture. Le château ne cessa de se délabrer, et dans les années 1330, le toit abritant la salle des Chevaliers (Great Hall) n'existait plus. Par la suite, le château devint de plus en plus ruineux et subit peu à peu des dégâts causés par l'érosion de l'isthme. Lors de sa visite au début des années 1540, John Leland dut traverser un pont de fortune fait de troncs d'arbres permettant l'accès sur l'île. Lorsque l'Angleterre fut menacée d'une invasion espagnole dans les années 1580, les moyens défensifs furent renforcés à la porte « Iron Gate ». En tant que propriété du duché de Cornouailles, le manoir de Tintagel fut parmi ceux saisis par le gouvernement du Commonwealth des années 1650 (il revint au duché en 1660). La location de pâturage destiné aux moutons se poursuivit jusqu'au .
thumb|Passerelle permettant de rejoindre l'île. À l'époque victorienne, il y avait une fascination pour les légendes arthuriennes, et les ruines du château devinrent une destination touristique. Le village moderne de Tintagel était connu sous le nom de Trevena jusqu'aux années 1850, période à laquelle le bureau de poste trouva pratique d'utiliser le nom de la paroisse plutôt que celui du village. Strictement parlant, le nom de Tintagel s'applique à la pointe seulement (celui de Tintagel Head concerne en revanche la pointe extrême située au sud-ouest de Castle Island), et les ruines du château sont en partie sur l'« île » et en partie sur le continent voisin, la pointe de l'île en direction de la mer se nomme Pen Diu (en cornique : Penn Du, signifiant « pointe noire »). Le révérend R. B. Kinsman qui fut connétable honoraire, construisit le mur de la cour : un guide était employé pour introduire les visiteurs dans le château. Jusqu'à sa présence, les marches situées de chaque côté de l'isthme étaient dangereuses, bien que la plateau pût être atteint par ceux qui y élevaient des moutons. À partir de 1870, une mine de plomb près de la grotte de Merlin (Merlin's Cave) fut exploitée. Au , le site fut entretenu par l'Office of works et par ses successeurs (à partir de 1929). En 1975, la traversée de l'isthme fut facilitée par l'installation d'un pont de bois.
À la fin du , aucune fouille n'avait été entreprise, sauf dans la chapelle, ainsi les idées suggérant que le jardin aurait été un cimetière, et que King Arthur's Footprint (l'« empreinte du roi Arthur » en français) serait l'endroit d'où le roi Arthur aurait sauté pour rejoindre le continent, étaient crédibles. King Arthur Footprint est un creux dans la roche, situé au point le plus élevé sur le côté sud de Tintagel Island. Il n'est pas tout à fait naturel car, à un moment donné, des mains humaines sont venues le façonner. Il a peut-être été utilisé pour l'investiture des rois ou des chefs puisque le site est connu pour avoir une longue histoire remontant au Moyen Âge.
Le château de Tintagel fait partie des propriétés foncières appartenant au duc de Cornouailles, le prince Charles, qui refuse de révéler la date ou les circonstances dans lesquelles le château a été confié aux soins de l'English Heritage.
En 1999, il y eut quelques controverses concernant ce site et d'autres sites gérés par l'English Heritage dans les Cornouailles. Des membres d'un groupe de pression nommé , supprimèrent plusieurs panneaux portant le nom English Heritage car ils s'opposaient à la dénomination « English », affirmant que la Cornouailles est à juste titre une nation indépendante. Plus tard, trois hommes payèrent des amendes pénales liées à ces actions. Depuis cet épisode, plusieurs sites parmi les plus petits ont été transférés afin d'être gérés par le Cornwall Heritage Trust, comme , Les Hurlers, , , , et .
Parmi les navires composant la flotte de la compagnie de navigation Union-Castle se trouvait le Tintagel Castle qui fut en service de 1954 à 1971. En 1900, un navire plus ancien portant le même nom, circulait entre l'Angleterre et l'Afrique du Sud. On construisit la locomotive « Tintagel Castle » pour la Great Western Railway, elle faisait partie de la et fonctionna de 1927 à 1962. L'une des locomotives de la , la 57603, appartenant à la First Great Western, porte également ce nom.
Les légendes arthuriennes thumb|right|Ruines du château normand à Tintagel.