Le lycée Dupuy-de-Lôme est un établissement français d'enseignement secondaire et supérieur, situé au 4, rue Jean Le Coutaller à Lorient. C'est le plus ancien établissement secondaire de Lorient. Institution municipale en 1822, collège municipal en 1823, il ouvre en 1824 une classe préparatoire au concours d'entrée au Collège royal de la Marine. Il va dès lors former un grand nombre de futurs amiraux et vice-amiraux. Collège royal en 1833, collège d'Aumale en 1842, lycée impérial en 1863, lycée de Lorient en 1870, il prend son nom actuel en 1922.
Il accueille à la rentrée 2020 près de , dont un tiers suivent une filière post-bac (classes préparatoires, BTS et DCG).
Historique
Au début du , Lorient ne possède pas d'établissement secondaire. La création des lycées en France date de la loi du (). Cette loi prévoit un lycée par arrondissement de cour d'appel. Le , le maire de Lorient, Casimir Eugène Audren de Kerdrel, décide d'ouvrir dans les locaux de la mairie« Dupuy-de-Lôme : près de d'histoire », sur letelegramme.fr, 14 février 2015 (consulté le 10 novembre 2015). une institution où l’on enseigne les langues anciennes, les mathématiques, le français, la langue anglaise, le dessin, l'écriture, la tenue des livres. La direction de l'établissement est confiée à Louis-Antoine Dufilhol. Reçu troisième à Polytechnique, bachelier ès sciences et licencié ès lettres, il a enseigné les mathématiques au collège royal de Rouen pendant sept ansEtat de service sur le dossier de la légion d'honneur, puis a obtenu la qualité de docteur en médecine en 1820 à la faculté de Paris.
Le , l'institution de Lorient est transformée en collège, dont Dufilhol est le principal. Le , le collège occupe des locaux construits entre les rues Petite Porte, de Tourville et Concorde. Cette année-là, est créée une classe préparatoire au concours d'entrée au Collège royal de la Marine (la future École navale), à Angoulême.
Le collège de Lorient compte à la rentrée de 1826, et 200 en 1827. Louis Dufihol quitte « son » collège en 1830. Il devient proviseur à Nantes, puis à Rennes, recteur d'académie en Corse, puis à Rennes en 1839A. Rebillon, « L’Université et l’Église à Rennes au temps de Louis-Philippe », sur persee.fr, Annales de Bretagne, 1945, vol. 52, , , note 2..
vignette|alt=Carte avec le tracé des rues d'aujourd'hui. L'emplacement de l'ancien lycée s'y superpose par transparence. Sa partie ouest recouvrait l'actuelle rue La Pérouse. Sa partie orientale se trouvait dans l'actuel périmètre de l'arsenal.|gauche|redresse=1|Emplacement de l'ancien lycée, à l'est de la ville.
Des préparations à l'École navale et à l'École de Saint-Cyr sont ouvertes en 1831. En 1833, le collège municipal de Lorient devient collège royal. Il compte en 1834 et 293 en 1839. En 1842, il prend le nom de collège d'Aumale« 1840-1859 », sur archives.lorient.fr (consulté le 10 novembre 2015).. Changement évoqué depuis 1852, il devient lycée impérial le . En 1868, l’établissement comprend un lycée classique, une école préparatoire aux écoles de l'État, des cours d'enseignement secondaire spécial (enseignement industriel et commercial), une classe primaire préparatoire pour les enfants de 5 à . En 1870, il devient lycée de Lorient.
Le , une délibération du conseil municipal de Lorient émet le vœu que le lycée prenne la dénomination de lycée Dupuy-de-Lôme, en hommage à l’un de ses anciens élèves, Henri Dupuy de Lôme (1816-1885), fameux ingénieur militaire du génie maritime et homme politique. Le , le ministre de l'Instruction publique (gouvernement Waldeck-Rousseau) y oppose un avis défavorable, compte tenu que Dupuy de Lôme en tant que député a siégé avec le groupe bonapartiste et toujours voté contre les ministres républicains.
thumb|alt=Gravure, portrait en buste : collier de barbe blanche, nœud papillon.|left|upright=1|Henri Dupuy de Lôme.
Le , le conseil municipal, quelques jours après le centenaire de la naissance de Dupuy de Lôme, émet le même vœu qu'en 1899. Par décret du , . Entre 1850 et 1925, des amiraux et vice-amiraux français sont d'anciens élèves de l'établissement.
Lors de la Première Guerre mondiale, et professeurs de l'établissement meurent au combat ou sont portés disparus« Lorient. Dupuy-de-Lôme a payé un lourd tribut lors de la Grande Guerre », dans Ouest-France, le 9 novembre 2018, consulté sur www.ouest-france.fr le 9 novembre 2018.
En janvier et février 1943, la ville de Lorient est rasée par les bombardements alliés« 1940-1949 », sur archives.lorient.fr (consulté le 10 novembre 2015).. Le lycée est délocalisé, en même temps que le collège de jeunes filles, à l'hôtel de La Pomme d'or, à Guémené-sur-Scorff, à de làPierre Madiot, « La pomme d’or - Le lycée de Lorient à Guéméné (1943-1945) », sur cahiers-pedagogiques.com, 12 octobre 2000 (consulté le 10 novembre 2015).. L'établissement devient donc le premier lycée mixte de France, mais un lycée qui n'a plus ni matériel ni fournitures ni manuels. Cette situation de précarité crée un fort sentiment de solidarité entre élèves, et aussi entre élèves et enseignants. En 1945, garçons et filles reviennent à Lorient. Ils ont pour locaux scolaires des baraques de bois qu'ils croient provisoires. Ce n'est qu'en 1954 que les premiers bâtiments du lycée actuel s'élèvent, sur un terrain de neuf hectares, en plein centre ville.
En 1956, Dupuy-de-Lôme est sans doute le premier lycée de France à songer à un rapprochement entre élèves allemands et français« de jumelage lycéen avec Wuppertal », sur lorient.maville.com, 13 avril 2007 (consulté le 10 novembre 2015).. Les deux initiateurs en sont le professeur Jules Potier et le docteur Joachim Schwalbe, du Gymnasium Aue de Wuppertal (devenu le ). Les deux hommes, qui se sont connus dans un camp de prisonniers, échangent leurs postes durant le premier trimestre de l'année 1957-1958. Des élèves allemands viennent à Lorient au troisième trimestre. L'échange perdure, et fête son cinquantenaire en 2007.
En 2004, cinq bâtiments du lycée sont détruits pour être reconstruits selon les normes applicables aux établissements scolaires. Le lycée accueille à la rentrée 2014 près de , dont un tiers suivent une filière post-bac : brevet de technicien supérieur (BTS), diplôme de comptabilité et de gestion (DCG), classe préparatoire aux grandes écoles (CPGÉ)« Le lycée Dupuy-de-Lôme prêt pour la rentrée », sur ouest-france.fr, 27 août 2014..
Classement du lycée En 2015, le lycée se classe sur 21 au niveau départemental quant à la qualité d'enseignement, et 1410 au niveau national. Le classement s'établit sur trois critères : le taux de réussite au bac, la proportion d'élèves de première qui obtient le baccalauréat en ayant fait les deux dernières années de leur scolarité dans l'établissement, et la valeur ajoutée (calculée à partir de l'origine sociale des élèves, de leur âge et de leurs résultats au diplôme national du brevet).
Enseignement
Secondaire
Classe de seconde En plus de l'enseignement commun, la classe de seconde propose (sans que le choix de ces enseignements conditionne une pré-orientation pour la classe de première) : deux enseignements d'exploration obligatoires : un enseignement d'économie obligatoire : connaissance du monde économique, social et de l'entreprise, un enseignement au choix : méthodes et pratiques scientifiques, littérature et société, LV 3 : italien, russe ou chinois, latin ou grec ancien, arts visuels, informatique et création numérique ; une option facultative : LV 3 : italien, russe ou chinois, latin, grec ancien, section européenne anglais, arts visuels« La classe de seconde », sur dupuydelome-lorient.fr (consulté le 13 novembre 2015)..
Baccalauréat Le lycée Dupuy-de-Lôme prépare aux baccalauréats : Baccalauréat général Sciences et technologies du management et de la gestion (STMG), spécialités Gestion et finance, Mercatique, Ressources humaines et communication et Systèmes d'information de gestion.
Enseignements spécifiques Le lycée offre un enseignement d'exploration, « Méthodes et pratiques scientifiques » — voie possible vers un bac ES –, avec deux possibilités de travail : travail pluridisciplinaire associant des professeurs de mathématiques, SVT et sciences physiques ; travail en physique et chimie.
Dupuy-de-Lôme offre en terminale une option permettant de se préparer aux concours des instituts d'études politiques (IEP).
Enfin, des sections sportives permettent de mener de front études et pratique sportive : karaté, voile ou planche à voile« Enseignements spécifiques », sur dupuydelome-lorient.fr (consulté le 13 novembre 2015)..
Langues Section européenne anglais LV1 : allemand et anglais LV2 : allemand, anglais, chinois, espagnol et italien LV3 : chinois, italien et russe
Classes préparatoires aux grandes écoles Les classes préparatoires aux grandes écoles sont des formations du premier cycle de l'enseignement supérieur implantées dans les lycées.
Classes préparatoires scientifiques Plusieurs classes préparatoires existentRubrique CPGE du site officiel : Deux classes de première année (dites de Mathématiques Supérieures ou Math Sup) : MPSI et PCSI. Trois classes de deuxième année (Mathématiques Spéciales ou Math Spé) : MP, PC et PSI.
Classes préparatoires économiques et commerciales Deux classes préparatoires (EC) existent, avec option scientifique (ECS)Site CPGE du Lycée Dupuy-de-Lôme : Une classe de première année : ECS1 Une classe de deuxième année : ECS2
Classement des classes préparatoires Le classement national des classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) se fait en fonction du taux d'admission des élèves dans les grandes écoles. En 2015, L'Étudiant donnait le classement suivant pour les concours de 2014 : Filière Élèves admis dansune grande école* Tauxd'admission* Taux moyensur Classementnational Évolutionsur un an ECS Classement 2015 des prépas ECS 0 / 0 % 0 % ex-æquosur 95 = MP / MP* Classement 2015 des prépas MP 1 / 4 % 2 % sur 114 64 PC / PC* Classement 2015 des prépas PC 1 / 4 % 2 % ex-æquosur 110 7 PSI / PSI* Classement 2015 des prépas PSI 2 / 7 % 2 % ex-æquosur 120 68Source : Classement 2015 des prépas - L'Étudiant (Concours de 2014).* le taux d'admission dépend des grandes écoles retenues par l'étude. Par exemple, en filières ECE et ECS, ce sont HEC, ESSEC, et l'ESCP qui ont été retenues; en filières scientifiques, c'est un panier de 11 à 17 écoles d'ingénieurs qui a été retenu selon la filière (MP, PC, PSI, PT ou BCPST).
BTS et DCG Formations assurées : Brevet de technicien supérieur - Assurance Brevet de technicien supérieur - Assistant de manager Brevet de technicien supérieur - Comptabilité et gestion Diplôme de comptabilité et de gestion : diplôme d'État de niveau licence menant à l'expertise Comptable
Personnalités liées
Enseignants
Louis-Antoine Dufilhol (1791-1864), premier principal du collège. Jules Noël (1810-1881, peintre. Professeur de dessin au collège royal de 1835 à 1838. Auguste Nayel (1845-1909), sculpteur. Nommé en 1882 professeur de dessin au lycée de Lorient. Georges Desdevises Du Dézert, dit Jean Lalouette (1854-1942), historien, romancier, poète, critique littéraire. En 1878, il est chargé de cours d'histoire au lycée de LorientMartine François, « Desdevises du Dézert Georges, dit Jean Lalouette », sur cths.fr, 6 janvier 2011 (consulté le 12 novembre 2015).. Léon Brunschvicg (1869-1944), philosophe. Enseigne la philosophie au lycée de Lorient de 1891 à 1893Institut de France, « Brunschvicg Léon », sur cths.fr, 25 février 2013 (consulté le 12 novembre 2015).. Émile Chartier, dit Alain (1868-1951), philosophe, journaliste, professeur. Enseigne la philosophie au lycée de Lorient de 1893 à 1900« Alain et Mortagne-au-Perche », sur alainmortagne.fr (consulté le 12 novembre 2015)..