thumb|upright=0.85|Titre :Tota pulchra es, Maria (incipit)Titre en français :Tu es toute belle, MarieUsage liturgique (fête) :Immaculée ConceptionUsage traditionnel :chez les FranciscainsManuscrit le plus ancien :1645 (manuscrit franciscain de Zadar)Publication la plus ancienne :1657 (Lyon)Lieu et date de composition :inconnusAuteur :inconnu ou anonymeImage :statue de l'église de Michelau.
La Tota pulchra es, Maria est une prière catholique dédiée à la Vierge Marie. C'est l'incipit de la formule latine qui signifie Tu es toute belle, Marie en français. Le chant était pratiqué dans la tradition des Franciscains. Cette prière fut promue, à la suite de la proclamation du pape Pie IX en faveur du dogme de l'Immaculée Conception, déclarée le Site du Vatican , le 8 décembre 1854.
Si celle-ci souligne la beauté de la Vierge Marie, son sujet est la pureté et la sainteté de la Vierge Marie. Cette idée de pureté de Marie peut associer à celle de la prédestination éternelle à la Mère de Dieu, qui est comparable à celle de Jésus-ChristMartina Wehrli-Johns, L'Immaculée Conception après le concile de Bâle dans les provinces dominicains et franciscains de Teutonie et de Saxe, 2012 .
La première strophe est un texte biblique issu du Cantique des cantiques et qui inspira une strophe de lO Sanctissima ajoutée au . En outre, il s'agit d'un texte officiel du rite romain.
Texte latin français texte issu deTota pulchra es, Maria.Et macula originalis non est in te.Tu gloria Jérusalem. Tu lætitia Israel.Tu honorificentia populi nostri.Tu advocata peccatorum.O Maria. Virgo prudentissima.Virgo clementissima. Ora pro nobis.Intercede pro nobis ad Dominum Jesum ChristumDictionnaire encyclopédique de Marie, p. 3484, 2015Manuel paroissial à l'usage de l'église Notre-Dame de Senlis, p. 92, 1847 .Tu es toute belle, Marie.Et la faute originelle n'est point en toi.Toi qui es la gloire de Jérusalem, la joie d'Israël.Toi qui es l'honneur de notre peuple.Toi l'avocate des pécheurs.Ô Marie, Vierge très prudente.Vierge très clémente. Prie pour nousIntercède pour nous au Seigneur Jésus-Christ.Cantique des cantiques : IV, 7 Livre de Judith : XV, 10 Issus de la Bible, les deux premiers versets, Tota pulchra et Tu gloria, sont officiels dans le rite romain depuis 1476, d'abord en faveur de l'office, puis pour la messe de l'Immaculée Conception . Il s'agit d'un verset du Cantique des cantiques (IV, 7) hormis le terme Maria et d'un du Livre de Judith (XV, 10)Académie de chant grégorien (Belgique).
Il ne faut pas confondre avec un simple extrait de ce cantique, Tota pulchra es, amica mea, et macula non est ne. Plusieurs compositions musicales, celle de Charles Gounod par exemple, sont d'après le texte de Cantique, même si l'utilisation est réservée à la Vierge Marie.
Historique Origine Dans le fonds ancien du chant grégorien, le texte était enregistré singulièrement issu du Cantique des cantiques . Cette version Tota pulchra es anima mea était réservée, en général, au , fête de l'Assomption, et au , Nativité de MarieUniversité de Ratisbonne . Le chant se trouve dans des manuscrits assez anciens, par exemple, Antiphonaire de Hartker mais sans doute un ajout du .
Quant au texte Tota pulchra es, Maria, l'origine exacte reste encore floue. L'auteur n'est pas connu, tout comme de nombreux chants anciens. Auparavant, celui-ci était attribué au Hubert Du Manoir, Maria, tome V, p. 817, 1961. L'attribution au est de nos jours assez fréquente (par exemple Pie Raymond Régamey, 1962Francis Gag, L'espace spirituel, p. 21, 2007), mais sans indice concret.
Texte peu étudié, encore faut-il des recherches scientifiques pour identifier l'origine.
Origine théologique Il est vraisemblable que le texte actuellement utilisé fut établi dans le contexte théologique et non liturgique. Car c'était exactement au que le premier verset avait été lié au dogme de l'Immaculée Conception. Et c'est la raison pour laquelle le chant est réservé, à la différence de la tradition grégorienne, à la fête de l'Immaculée Conception, le .
Il s'agissait du dit procès de Jean de Montson. En 1386, ce dominicain originaire du royaume d'Aragon contesta à Paris, publiquement, la conviction de l'Immaculée Conception de Sainte Marie, en enseignant que cette dernière serait née avec le péché originel. Cela provoqua une grosse dispute théologiqueGeorges Bourgin, Notice sur le manuscrit latin 870 de la reine Christine, p. 547- 548, note , 1904 La conviction de l'Immaculée Conception était issue de l'Angleterre et par conséquent introduite en Normandie où la fête du 8 décembre était pratiquée à partir du . Or, saint Bernard de Clairvaux et saint Thomas d'Aquin n'étaient pas d'accord. D'où, ce conflit. (Françoise Thelamon, Marie et la Fête aux Normands, 2011 ). La querelle fut finie par la défense de la conviction, grâce à de nombreux religieux mobilisés. L'un des franciscains espagnols, Jean Vital, dénonça son sermon Tota pulchra es, amica mea et macula non est in te, qui aurait été présenté devant le roi Charles VIXavier de la Selle, La cour de Charles VI, lieu de vie religieuse, p. 64, note et 27, 2019 ; Françoise Thelamon, Marie et la Fête aux Normands, p. 240, 2011 Il est à noter que ce sermon était affecté depuis longtemps à Jean de Gerson. Or, les études récentes identifièrent qu'il s'agit de l'œuvre de Jean Vital..
La chapelle royale sous Charles VI commença en conséquence la célébration de l'Immaculée Conception, sans doute à partir du Louis Archon, Histoire ecclésiastique de la Chapelle des rois de France, p. 307, 1711 . Or, le texte reste inconnu. Et il est probable que, plus tard, le terme amica mea fut remplacé par Maria, afin de préciser cette conviction. Une autre hypothèse, c'est que les Franciscains diffusèrent ce chant à la suite de cet événement, ce qui reste à confirmer. Mais, par exemple, un manuscrit franciscain corse du contenait le chant Tota pulchra es, MariaNotice Bnf ; Harmonia Mundi Tota pulchra es Maria (voir aussi ci-dessous, manuscrit de Zadar). Tels sont ceux qui se commencèrent à la fin du .
Intervention de Sixte IV L'histoire raconte que le conflit entre les Dominicains et les Franciscains se continuait, quoique la session du concile de Bâle, tenue le , ait déclaré que la doctrine de l'Immaculée Conception de la Sainte Vierge est pieuse, conforme au culte de l'Église catholique, à la foi catholique, à la raison et à l'écriture sainteAdolphe Charles Peltier, Dictionnaire universel et complet des conciles, p. 290, 1843 . À la suite de la propagande du dominicain Vincenzo Bandello contre la doctrine, le pape franciscain Sixte IV († 1484) fut obligé d'intervenir en interdisant les excommunications réciproques entre les deux ordresPhilippe Barbarin (éd.), Dictionnaire encyclopédique de Marie, p. 1576, 2015 (bulle pontificale Grave nimis, révisée plus tard en 1482). Puis, le protonotaire apostolique Léonard Nogarole, franciscain, demanda au pape d'autoriser l'office et la messe de l'Immaculée Conception. Sixte IV donna son approbation le avec sa constitution Cum praeexcelsa en faveur de l'Église universelle. Et dans cet office, fut inseré le verset Tota pulchra es, Maria, et originalis ↔ macula non est in tePierre-Louis Parisis, Démonstration de l'Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, mère de Dieu, p. 52, . Extrait de l'office de l'Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge Marie (rédigé par Léonard Nogarole, approbation de Sixte IV en 1476) : Incipit officium Immaculatæ Conceptionis Virginis MariæIn Primis Vesperis.Sicut lilium inter spinas, sic amica mea inter filias Adæ. Alleluia.
Tota pulchra es, Maria, et originalis macula non est in te. Alleluia.
Tu gloria Jerusalem, tu lætitia Israel, tu honorificentia populi nostri. Alleluia.
Immaculata Conceptio est hodie Sanctæ Mariæ Virginis. Alleluia.
Oratio : Deus, qui per Immaculatam Virginis Conceptionem dignum Filio tuo etcThomas-Marie-Joseph Gousset, La croyance generale et constante de l'Église touchant l'Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge Maris, p. 800, 1855 . Dans ce texte de l'office, Léonard Nogarole employait tout à fait le terme Maria. Il s'agit du remplacement le plus ancien du mot amica mea. Ces premières vêpres, qui se commencent avec le verset II, 2 de Cantique des cantiquesAcadémie de chant grégorien, annonçaient le texte de l'antienne Tota pulchra es. On peut considérer qu'il y a trois possibilités hypothétiques : L'office et la prière actuelle seraient, tous les deux, issus d'un texte inconnu ou perdu. Cet office serait l'origine de la prière actuelle. Au contraire, la prière serait plus ancienne que le texte de l'office.
Chant en alternance thumb|upright=0.8|Abbaye franciscaine Saint-François-d'Assise à Zadar, qui conserve un manuscrit de Tota pulchra es Maria, daté du . À cette époque-là, la Croatie était étroitement liée à l'Italie, notamment à Venise. Il est assez possible que l'antienne Tota pulchra es Maria était, à l'origine, exécutée par le double-chœur et en alternanceHenri de Villiers (Schola Sainte Cécile), Tota pulchra es, Maria - antienne à la Vierge du , 2015 Il est à noter que cette forme se trouve très souvent dans le rite byzantin ou le rite romain issu du byzantin tel le Trisagion. Or, aucune étude ne mentionne ce lien hypothétique.. Un manuscrit retrouvé et copié jadis à un monastère franciscain de ZadarCe monastère est l'abbaye franciscaine Saint-François d'Assise de Zadar , car saint François d'Assise aurait visité Zadar. présente cette caractéristiqueBrochure du disque DALMATICA from oral to written transmission : chants of the Adriatic, p. 8 et 24 (texte), Outhere Music France et Fondation Royaumont, 2016 (manuscrit de frère franciscain Divnić de Zadar, 1645). Celui-ci est une partition en quatre lignes et en carrésHana Breko Kustura, Project Croatian musical and liturgical chant codies, p. 10, 2017 , donc en monodie. Tota pulchra es Maria.Tota pulchra es Maria.Et macula originalis non est in te.Et macula originalis non est in te.Tu gloria Jerusalem.Tu lætitia Israel.Tu honorificentta populi nostri.Tu advocata peccatorum.O Maria.O Maria.Virgo prudentissima.Mater clementissima.Ora pro nobis.Intercede pro nobis ad Dominum Jesum Christum.Alleluia, alleluia.
Tradition des Franciscains Quelle que soit l'origine de ce texte, les publications indiquent que c'était la tradition des Franciscains. Ainsi, cette alternance était respectée auprès du Tiers-Ordre franciscain. Sa Séraphique règle à reciter, publiée en 1863, contenait cette prière, en tant qu'antienne après l'office de la Sainte Marie, dont la pratique était demandé lors des complies et chaque jour. Il s'agissait de l'alternance entre le verset (V) et le répons (R) Le même texte se trouve dans le Petit manuel de dévotion au thaumaturge des frères mineurs Saint Antoine de Padoue (Lyon, 1876), qui était placée dans la rubrique Prières extraites du bréviaire franciscain , tout comme le manuscrit de Zadar.
Le texte connaissait deux versets supplémentaires : verset réponsIn conceptione tua Virgo immaculata fuisti.Dans ta conception, ô Vierge,tu as été immaculée.Ora pro nobis Patrem, cujus Filium peperisti.Prie pour nous Dieu le Père,qui t'a choisie pour la Mère de son Fils. De nombreux livres, sortis au , contenaient le même texte, ce qui témoignait l'évolution de l'enthousiasme en faveur de Notre Dame de l'Immaculée Conception. La Tota pulchra es devint une prière universelle.
Ce texte avait été établi plus tôt. La publication remonte au . Le Rituel ou cérémonial, à l'usage des monastères de Sainte Cécile, qui avait été publié à Lyon en 1657, précisait qu'il s'agissait du chant qui pouvait remplacer la bénédiction du soir Un livre publié à Toulouse en 1691 le présentait comme Antienne de l'Immaculée Conception qui se chante tous les jours dans l'Ordre de S. François .. La publication au n'était pas nombreuse tandis que dans les archives en ligne, il n'y a pas de publication du .