Wadia Sabra (en ), né le à Beyrouth et mort le dans la même ville, était un compositeur libanais et fondateur du Conservatoire libanais national supérieur de musique en 1925.
Il est considéré comme l'un des pères fondateurs de la musique savante libanaise. En tant que compositeur, sa musique se caractérise par un mélange de langage musical d'Ouest et d'Est, intégrant les forces et les charmes de ces deux traditions. Il est resté célèbre pour avoir composé l'hymne national libanais, populairement connu sous le titre de Kulluna lil Watan (paroles de Rachid Nakhlé), qui a été officiellement adopté par le gouvernement libanais par décret présidentiel le .
Biographie Après avoir étudié à l'université américaine de Beyrouth, Wadia Sabra part pour Paris en 1892. Il y sera, pendant sept ans, sous l'égide du musicologue Albert Lavignac, un brillant élève du Conservatoire de Paris, avant de s'installer comme titulaire au banc d'orgue de l'église évangélique du Saint-Esprit. Il retourne ensuite à Beyrouth, où il fonde, en 1910, la première École de Musique (Dar ul Musica). Bien qu'attaché à l'étude des disciplines occidentales, Wadia Sabra s'est fait, lors de son premier séjour parisien, le précurseur d'un nouveau style en matière de musique orientale, et très particulièrement libanaise.
Le fondateur-administrateur de Dar ul Musica a eu la satisfaction de voir cette école devenir (), puis en 1929, , qu'il sera appelé à diriger jusqu'à sa mort. L'École nationale de musique avait été dotée d'une revue mensuelle, sorte de lien permanent entre cette institution, ses élèves, et les premiers mélomanes du Liban.
Son goût prononcé pour les recherches le fait retourner à Paris en 1919, où il travaille, dans les studios Pleyel, à la mise au point d'une , dite , ce qui débouche sur la fabrication de deux pianos adaptés à la musique orientale. Il comptait faire connaître ses travaux aux spécialistes de la musique, lors d'un Congrès prévu à Beyrouth, mais son décès, le , l'en a empêché.
Malgré de nombreuses demandes de subvention restées sans suite auprès du gouvernement libanais, Sabra meurt ruiné et son épouse, Adèle Misk, se retrouve sans pension de retraite. Elle se réfugie alors chez son neveu, le Robert Misk. Par ailleurs, en raison de tensions avec leur fille adoptive, Badia Sabra Haddad, Adèle décide de cacher l'ensemble de son œuvre dans une grande malle bleue en fer qui n'est retrouvée qu'en 2016.
Il laisse aussi en héritage un clavier aux intervalles en quarts de ton, et un ouvrage apprécié - et discuté - sur La Musique arabe, base de l'art occidental, ainsi qu'un certain nombre d'œuvres diverses, dont l'hymne national libanais.
Il est le père adoptif de Badia Sabra Haddad, dont il a été le professeur au Conservatoire National libanais ; elle-même enseigne par la suite dans cette institution et y forme de très nombreux chanteurs et chanteuses qui font de grandes carrières internationales.
Aujourd'hui, l'ensemble du fonds Sabra est mis en dépôt par la famille Misk au Centre du patrimoine musical libanais (CPML).
Grâce à ces archives, Zeina Saleh Kayali rédige sa biographie complète en 2018 dans la collection Figures musicales du Liban aux éditions Geuthner.
En 2021, le baryton Fady Jeanbart publie deux recueils de partitions des œuvres de Sabra :
Les Bergers de Canaan & L'Émigré (extraits) pour piano Certaines partitions se trouvent également à la BNF (Bibliothèque nationale de France).
Décorations
Médaille d’argent du Mérite Libanais : 22-05-1935 (décret No. 1853) Médaille d’or du Mérite Libanais : 12-04-1952 (décret No. 299)
À l'initiative de la Friend of the Cedars Forest Comitte-Bsharry ainsi que du baryton Fady Jeanbart, un cèdre est baptisé au nom de Wadia Sabra dans la nouvelle réserve de la forêt des Cèdres de Dieu dans le nord du Liban le dimanche .
Il porte le numéro : Z10-2066/6477.
Œuvre Opéras 1917 : Les Bergers de Canaan, opéra biblique en langue turque, livret de Halide Edib Hanoum, version française de Jean Philip 1928 : Les Deux Rois, opéra en langue arabe sur un livret du père Maroun Ghosn 1931 : L'Émigré, opérette en langue française sur un livret de Robert Chamboulan
Oratorio 1896 : Les Voix de Noël, Oratorio pour solistes (Baryton, Mezzo, ténor et chœur), paroles d'Auguste Fisch 1896 : Nous prêchons ton amour, cantique pour l'Assemblée Annuelle de la Mission Populaire Évangélique pour solo et chœur, paroles d'Edward Monod 1896 : Venez à moi, cantique pour solo (Mezzo ou Baryton) et chœur, paroles d'Auguste Fisch 1880-1940 : La gloire du Liban, cantique pour solo et chœur, paroles du père Maroun Ghosn
Mélodies Quoi ? tout est fini ?, paroles de Saïd Akl Souvenir d'une mère, paroles de Shibli Mallat Notre mère la Terre, paroles de Rushdi Ma'louf Me voilà Liban, pour soliste et chœur Voici le matin, paroles de Gibran Khalil Gibran Le desert, pour soliste et chœur Ya Misrou, Chant Patriotique en l'honneur du héros national Saad Zaghloul Pacha, paroles d' L'Hymne de la Gaule, paroles d'E. Creissel
Piano
1906 : Valse de Concert 1933 : Valse Caprice Valse Orientale 1913 : La Rozana, 12 variations sur l'air populaire El Dabké, le véritable quadrille oriental Gavotte en ré mineur 1924 : Hawed min hona, 12 variations
Notes et références
« Figures Musicales du Liban » Wadia Sabra par Zeina Saleh Kayali, ed Geuthner. 2018 Éditions Geuthner
Liens externes
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